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Janvier 1997
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Conseil Municipal
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69 - QOC 97-36 Question de Mme Laure SCHNEITER, élue du Mouvement écologiste indépendant, à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative aux centres d'accueil pour les S.D.F.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1997



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons à la question orale de Mme SCHNEITER à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative aux centres d'accueil pour les S.D.F.
Elle est ainsi libellée :
" Ces dernières semaines, la vague de froid a entraîné la mort de sans-abri. Malheureusement, tous les ans, de tels drames se produisent. Pourtant, la situation inhumaine dans laquelle ils vivent - ou plutôt survivent - dure toute l'année.
Le S.A.M.U. social s'est mis en place, des centres d'hébergement ont été créés, mais c'est totalement insuffisant.
D'une part, de nombreuses personnes sans domicile fixe, pour des raisons affectives et de sécurité, possèdent un chien dont elles ne peuvent se séparer. Mme Laure SCHNEITER demande à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police de réserver dans les centres d'accueil des espaces pour héberger ces personnes avec leur animal.
D'autre part, les personnes accueillies pour la nuit sont remises à la rue au petit matin, renvoyées à l'errance, d'une soupe populaire à une station de métro, pour quémander de quoi se maintenir en vie. Mme Laure SCHNEITER demande à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police de permettre l'ouverture de ces centres dans la journée et d'étendre leur usage au-delà d'un simple hébergement nocturne afin que ces lieux soient une passerelle vers la réinsertion. "
Je vous donne la réponse au lieu et place de Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint.
La Ville a toujours veillé à adapter au mieux son dispositif d'accueil, d'hébergement et d'insertion aux besoins des sans-domicile fixe. C'est ainsi que sur le constat de demandes de sans-domicile fixe de garder leur animal auprès d'eux, le Centre d'action sociale de la Ville de Paris a fait installer un chenil au sein du C.H.R.S. " Relais de la Poterne-des-Peupliers " situé 8-14, rue de la Poterne-des-Peupliers (13e).
Par ailleurs, il est inexact d'affirmer que les personnes accueillies dans les établissements du Centre d'action sociale de la Ville de Paris sont remises à la rue au petit matin, puisque celles-ci ont toute liberté de demeurer dans les locaux si elles le souhaitent, ce qui permet en particulier, aux travailleurs sociaux et aux animateurs, de les recevoir et d'élaborer avec eux un travail d'insertion en liaison avec les services médicaux si besoin est.
Il convient de souligner que ces dispositifs fonctionnent toute l'année et sont renforcés durant la période hivernale, en relation avec les services compétents de l'Etat (Direction des Affaires sanitaires et sociales) : sept lieux d'accueil ont été ainsi récemment ouverts afin que les personnes sans domicile fixe puissent, pendant la nuit, être réconfortées et orientées vers des structures d'hébergement adaptées à leur situation.
Ces dispositifs sont complétés par un ensemble de services d'accueil de jour (Espaces Solidarité Insertion) qui offrent aux personnes accueillies de nombreuses prestations (vestiaire, consignes, douches, coiffure, éventuellement consultations médicales ou para-médicales). Dans le cadre d'une convention de partenariat entre l'Etat, la Ville de Paris et la R.A.T.P., il a été prévu d'augmenter le nombre de ces services d'accueil en fonctionnement à Paris.
La parole est à M. le Représentant du Préfet de police.
M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Sur le plan général, il convient de rappeler que la création des centres d'hébergement des personnes sans abri ne relève pas de la compétence de la Préfecture de police mais de celle de la Mairie de Paris.
Cependant, la Préfecture de police apporte son concours à la mission d'aide aux personnes démunies remplie par le S.A.M.U. social de la Ville de Paris par le biais de la Brigade d'assistance aux personnes sans abri et avec l'aide médicale et sociale du personnel du centre d'hébergement et d'accueil des personnes sans abri du centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre.
Pendant l'hiver, tous les moyens de la Brigade d'assistance aux personnes sans abri sont mobilisés pour aller au devant des personnes sans abri et assurer la prise en charge de celles qui le souhaitent.
Elles sont pour cela conduites au centre d'hébergement et d'accueil des personnes sans abri où elles sont accueillies de 6 heures du matin à 23 heures pour être soignées, nourries, hébergées et bénéficier d'une aide médico-sociale.
Ainsi en 1996, 21.957 personnes, dont 2.974 pour le seul mois de décembre 1996, ont été conduites par la Brigade d'assistance aux personnes sans abri au centre d'hébergement de Nanterre.
Des efforts importants ont été consentis pour améliorer l'accueil dans cette structure, non seulement dans son fonctionnement mais aussi dans ses locaux dont les travaux de rénovation déjà entrepris doivent se poursuivre jusqu'en 2001.
Néanmoins, pour ce qui est plus particulièrement de l'accueil des personnes accompagnées d'un animal domestique, les infrastructures du centre d'hébergement de Nanterre ne permettent pas, actuellement, de réserver des espaces à cet effet.
La vocation du centre est d'être un lieu d'accueil temporaire puisqu'il reçoit des personnes qui se présentent individuellement, en principe pour la nuit.
Toutefois, pour celles qui sont hébergées de nuit, le départ en début de journée n'est pas systématique et il leur est possible de bénéficier dans la journée de consultations médicales, de soins infirmiers ou de rencontrer des travailleurs sociaux.