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Decembre 2005
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Conseil Municipal
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2005, DU 209 - GPRU Joseph Bédier - Porte d’Ivry (13e). Bilan de la concertation. - Création d’une Z.A.C. - Traité de concession d’aménagement avec la SEMAPA.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2005


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous allons examiner maintenant le projet de délibération DU 209 relatif au G.P.R.U. Joseph Bédier - Porte d?Ivry, sur lequel MM. BLISKO et COUMET ont déposé l?amendement n° 45, l?Exécutif l?amendement n° 45 bis et le groupe ?Les Verts? l?amendement n° 46.

Monsieur COUMET, vous avez la parole.

M. Jérôme COUMET. - Il s?agit de la deuxième grande étape pour redonner à Bédier Boutroux un visage de ?véritable quartier parisien?. Dans ?véritable quartier parisien?, il y a d?abord ?véritable quartier? pour cette partie du 13e arrondissement, largement composée de barres, de tours et d?une importante caserne de pompiers, construites de manière quelque peu disparate entre les Maréchaux et le périphérique, le tout agrémenté d?un grand dépôt de sel de la Ville de Paris.

Dans ?véritable quartier parisien? il y a aussi ?parisien?, et j?ai été extrêmement frappé alors qu?un jour je prenais le bus 27 à partir de ce quartier, d?entendre des jeunes dire : ?On monte à Paris? ! Des jeunes Parisiens qui disaient : ?On monte à Paris?. Le deuxième grand défi, vous l?avez compris, est de relier ce quartier au reste du 13e arrondissement. Le tramway va y contribuer et ce projet d?urbanisme bien évidemment aussi.

Je disais aussi deuxième grande étape car nous nous sommes attelés, depuis 2001, à redonner des moyens importants à ce quartier, largement abandonné, pour lui donner un nouveau visage : rénovation des immeubles de l?O.P.A.C. - principal propriétaire - et travail largement entamé, reconstruction d?un immeuble pour reloger en partie les habitants de la tour T2 qui a vocation a être abattue comme cela a été annoncé à plusieurs reprises par le Maire de Paris. Plus toute une série d?actions sur le tissu social et je veux notamment citer l?ouverture du café associatif le ?Baochene?.

Ce projet de délibération qui nous est aujourd?hui présenté finalise les grandes lignes de la Z.A.C., prévoit de réorganiser ce quartier dans tous les sens du terme en lui redonnant notamment de l?urbanité : des activités et des bureaux, un projet de centre international de séjour, des logements pour personnes âgées et des logements tout court. Concernant ce dernier point, j?en profite pour regrouper mon intervention avec la présentation de l?amendement et pour parler des aménagements prévus sur l?avenue de la Porte d?Ivry qui transformera cette entrée de ville et qui fera disparaître en sous-sol et en espace intérieur le fameux dépôt de sel de la Ville.

A ce sujet, il était prévu que des logements construits soient non aidés, ce qui n?était pas normal pour ce quartier aujourd?hui composé à 83 % de logements sociaux et pour le restant, c?est beaucoup de logements réservés aux fonctionnaires de l?armée puisque ce sont des logements pour les pompiers. Nous avons souhaité, et le conseil du 13e arrondissement a souhaité que ce programme de logement puisse être dédié à 50 % au moins à des logements intermédiaires, P.L.S., et il nous semblait normal de faire un effort financier supplémentaire pour accueillir dans ce quartier des logements aidés, même si vous l?avez compris, il est déjà très largement réservé aux logements sociaux. C?est donc le sens de l?amendement que nous avons présenté et adopté en Conseil du 13e arrondissement.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur BROS, vous avez la parole.

M. Jean-Bernard BROS, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Pour ma part, je me félicite que l?opération d?aménagement du secteur Joseph Bédier - Porte d?Ivry dans le 13e arrondissement réserve 10.000 mètres carrés environ pour la création d?un centre international de séjour appelé communément C.I.S. ou 4.000 mètres carrés environ pour un hôtel de tourisme.

En effet, en raison d?une absence d?investissement depuis vingt ans, la Capitale ne compte à ce jour que 3.000 lits d?hébergement touristique spécialisé dans l?accueil des jeunes de 18 à 30 ans. Alors que chaque année, ce sont plus de 3 millions de jeunes qui visitent la Ville.

 

Depuis 2001, nous avons soutenu un certain nombre de projets venus s?insérer dans des opérations d?urbanisme. La Ville de Paris a également inscrit à son plan d?investissement la création de deux structures d?hébergement touristique pour jeunes qui viendraient compléter utilement les trois existant à Paris : le C.I.S.P., boulevard Kellermann dans le 13e arrondissement, un autre dans le 12e ainsi que le F.I.A.P. dans le 14e arrondissement. La première sera une auberge de jeunesse au sein de la

Z.A.C. ?Pajol? dans le 18e arrondissement.

J?espère que cette nouvelle Z.A.C. Joseph Bédier - Porte d?Ivry accueillera notre second projet. Paris doit valoriser son image auprès des touristes de demain. L?hébergement touristique pour jeunes n?a rien de commun avec l?hôtellerie économique. Un centre international de séjour est en effet un équipement qui mélange projet économique et associatif, qui est ouvert sur le quartier, qui permet l?échange entre jeunes de pays divers et habitants, et qui offre une multitude de services au public.

Enfin la création envisagée du C.I.S. à la place de la Tour T2 du secteur Bédier sera une chance pour les jeunes touristes, pour les habitants du 13e arrondissement et pour tous les Parisiens.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. BLET.

M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, l?intervention sur ce quartier était nécessaire. Mais comme toutes les opérations de G.P.R.U., le G.P.R.U. Joseph-Bédier - Porte d?Ivry est une opération de densification et de densification de bureaux en bordure du périphérique, qui peut aussi se justifier compte tenu des nuisances.

Sur Joseph-Bédier, ce sont 32.000 à 38.000 mètres carrés de bureaux qui sont prévus dans des immeubles qui jouxterons ce périphérique entre l?avenue de la Porte de Vitry et la rue Franc-Nohain. L?insertion de ces immeubles de bureaux n?est pas sans poser problème, notamment sur le cadre de vie des habitants du quartier. Pour desservir ces bureaux, il est en effet prévu de prolonger la rue Maryse-Bastié jusqu?à l?avenue de la Porte de Vitry. Une telle prolongation entraînera inévitablement la circulation de transit sur la rue Maryse-Bastié ainsi prolongée.

Or cette rue ne sert actuellement que de desserte aux riverains et est fréquentée par les écoliers qui se rendent au groupe scolaire Franc Nohain. La circulation y est, qui plus est, déjà dangereuse actuellement. Dans un passé récent un enfant est décédé après y avoir été renversé par une voiture, dans cette rue. Face à ce drame, le Conseil de quartier a demandé la piétonisation de la rue Maryse-Bastié.

De plus, le quartier doit prochainement faire l?objet d?un aménagement en quartier vert. La piétonisation peut ainsi être envisagée parfaitement dans le cadre de cet aménagement. Or le bilan de la concertation annexé au projet de délibération, qui est d?une rare concision, ne fait pas mention de cette proposition. Le prolongement de la rue Maryse-Bastié est ainsi maintenu sans que cette délibération du Conseil de quartier ou ce v?u soit mentionné et a fortiori pris en compte.

La vente de surfaces de bureaux prime ainsi sur la sécurité des enfants du quartier. Soumettre l?aménagement d?un quartier de Paris à de telles logiques n?est pas très acceptable. Qui plus est la desserte des immeubles de bureaux n?impose même pas de prolonger la rue Maryse-Bastié. Un accès étant également prévu par l?avenue de la Porte de Vitry. Quoi qu?il en soit, la sécurité des enfants devrait être l?objectif prioritaire face aux exigences des promoteurs de bureaux.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur CAFFET, vous avez la parole.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Il y a au moins une constante dans ce débat, c?est que tout le monde reconnaît la nécessité de travailler sur ce quartier, de l?améliorer et c?est précisément la raison pour laquelle il a été choisi comme site de G.P.R.U.

Après on peut discuter, si vous voulez, de la programmation. Moi, je considère que cette programmation, qui a d?ailleurs été concertée pendant plus d?un an, non seulement avec toutes les associations locales, mais aussi avec les comités de locataires et les conseils de quartier, est une programmation équilibrée. Et nous sommes dans une démarche où, effectivement, nous construisons des logements. Jérôme COUMET a évoqué la destruction de la tour T2 après la reconstruction de logements sociaux qui permettront de reloger de manière convenable des gens qui vivent à l?heure actuelle sur le périphérique. Les activités nouvelles qui s?implanteront en lieu et place auront justement pour fonction de protéger les logements existants, les logements nouveaux et le groupe scolaire, des nuisances liées au boulevard périphérique.

Et ce, surtout pour le groupe scolaire qui, une fois la tour T2 détruite, serait exposé au bruit et à la pollution du périphérique. C?est cela que nous avons cherché à construire. Et dans les sites G.P.R.U., ce que nous essayons de faire de façon systématique, c?est de construire des bureaux ou des activités, et j?insiste sur le terme ?activités?, qui protègent les logements, qui eux doivent être construits dans un site urbain. Par exemple, sur Claude-Bernard, les activités et bureaux formeront des bâtiments écrans protégeant les logements nouveaux qui seront construits, eux, sur le boulevard Mac Donald. On ne peut pas construire des logements n?importe où et on ne peut pas continuer la politique qui a été mise en ?uvre pendant parfois des décennies, d?exposition des locataires aux nuisances du périphérique. C?est ça la démarche.

Alors, à partir de là, il y a deux amendements qui sont déposés. L?amendement présenté par Jérôme COUMET propose d?augmenter en quelque sorte le taux de logements P.L.S. et de le faire passer à 50 % des 9.000 mètres carrés de logements. Il y a, en réalité, à peu près 12.000 mètres carrés de logements nouveaux. Sur ces 12.000 mètres carrés, 3.000 sont déjà pré-affectés à des opérations de résidentialisation et à des logements étudiants, et ce qui est demandé par cet amendement ne concerne donc que les 9.000 mètres carrés de logements restants.

L?Exécutif a regardé et ce que je peux vous dire aujourd?hui, c?est qu?il y a accord au fond entre l?Exécutif municipal, toutes tendances confondues d?ailleurs, et la proposition qui est faite.

 

Simplement, quand on regarde l?amendement de Serge BLISKO et Jérôme COUMET, il n?est pas libellé en des termes tels qu?ils puissent être intégrés. C?est la raison pour laquelle nous avons déposé un amendement de l?Exécutif qui modifie chaque fois que nécessaire dans l?exposé des motifs, dans les délibérés, cette nouvelle programmation et cette nouvelle part du logement P.L.S. Par ailleurs, il a fallu modifier l?E.P.P.C., initialement équilibré, et qui maintenant va se caractériser par une subvention d?équilibre correspondant à la perte de charges entre le logement libre et le P.L.S., à hauteur d?environ 3,7 millions.

Je demanderai donc à Jérôme COUMET de retirer son amendement et puis de voter l?amendement de l?Exécutif qui, lui, prend en compte cette demande et modifie le projet de délibération chaque fois que nécessaire.

Sur l?amendement qui a été présenté par le groupe ?Les Verts?, je voudrais faire plusieurs remarques.

Premièrement, il est faux de dire que l?entrée du groupe scolaire Franc-Nohain se situe rue Maryse-Bastié. Il se situe beaucoup plus haut, à l?intersection de l?avenue Boutroux et de la rue Franc-Nohain, donc les enfants ne rentrent pas par la rue Maryse-Bastié. Cette voie sert uniquement à la desserte de véhicules techniques qui peuvent intervenir pour faire des travaux dans l?école.

Deuxièmement, il y a un obstacle à cette piétonisation de la rue Maryse-Bastié : elle dessert également des logements sociaux. Je vois difficilement comment on pourrait interdire aux locataires des logements sociaux de pouvoir rentrer chez eux ou accéder chez eux avec leurs propres véhicules. Pourquoi faudrait-il pénaliser les habitants de ces logements sociaux ?

Troisièmement, tout cela peut être étudié dans le projet de quartier vert ?Château-des-Rentiers?. J?ajoute par ailleurs qu?il y a une étude d?impact qui est bien évidemment annexée au dossier de création de la Z.A.C. Le projet actuel est de ne pas avoir la rue Maryse-Bastié circulée à double sens partout. Nous avons justement fait attention à ce que la rue Maryse-Bastié ne puisse pas être un axe de transit. Par ailleurs, il est bien précisé que cette étude d?impact sera, sur ces questions de circulation, notamment sur la rue Maryse-Bastié, complétée par des études supplémentaires.

Pour toutes ces raisons, je suis défavorable à l?amendement qui est proposé par ?Les Verts? et ce que je propose, c?est qu?il soit retiré, sinon j?émettrai un avis défavorable.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur BLET, j?ai cru comprendre que cela s?adressait à vous.

M. Jean-François BLET. - Je ne vais pas engager un débat sur la topographie des lieux et les autres accès possibles, etc. mais il n?en demeure pas moins qu?un enfant est décédé sur cette rue, que le fait de la prolonger et de la mettre à double voie, etc. n?est pas conforme au souhait des habitants, et c?est la raison pour laquelle ils souhaitent que nous déposions ce v?u et nous le maintenons.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Attendez, Monsieur BLET, il ne s?agit pas d?un v?u, il s?agit d?un amendement. Il s?agit d?un amendement qui modifie le projet de délibération. Donc, moi, ce que je vous demande, c?est de retirer l?amendement et que l?étude d?impact puisse être complétée.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. Accessoirement, on peut aussi étudier d?autres dispositifs. Je pense à la surveillance justement avec les gardes scolaires qui peuvent aussi être un élément de sécurisation.

M. Jean-François BLET. - Il peut y avoir des dispositifs même plus forts : il peut y avoir des dos d?âne, il peut y avoir un certain nombre de choses. Mais comme vous dites que c?est complété, c?est complété comment ?

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - C?est ce que dit M. CAFFET. Je crois que votre amendement, sur le fond il veut bien en reconnaître la nécessité.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - De continuer les études.

M. Jean-François BLET. - C?est un complément positif que vous envisagez allant dans le sens de la sécurisation piétonne de ces enfants ?

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. Evidemment.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Oui, c?est ce que je crois comprendre.

M. Jean-François BLET. - ?Evidemment? dites-vous ?

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Laissez-nous un peu le temps d?étudier et de vous donner des éléments peut-être plus précis.

M. Jean-François BLET. - Je veux bien vous faire confiance et retirer l?amendement.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur BLET.

Je vais mettre aux voix l?amendement présenté par MM. BLISKO et COUMET. D?accord ? Non ? Excusez-moi, ce n?est pas ce qui s?est dit.

M. Jérôme COUMET. - Non, je reconnais humblement que notre amendement n?était qu?une proposition sans en indiquer les conséquences sur l?E.P.P.C. et c?est bien volontiers que je le retire au profit de l?amendement de l?Exécutif, que je remercie au passage de sa prise en compte.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Voilà.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet d?amendement n° 45 bis déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet d?amendement n° 45 bis est adopté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 209 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

 

Le projet de délibération amendé est adopté. (2005, DU 209).