Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2005
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par le groupe socialiste et radical de gauche relatif à l’attribution du nom de Emile Combes à un lieu de Paris, à l’occasion de l’année du centenaire de la loi de 1905.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2005


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant les v?ux n° 58 et n° 59 qui ne se rapportent à aucun projet de délibération. Le v?u référencé n° 58 dans le fascicule, est déposé par le groupe socialiste et radical de gauche et concerne l?attribution du nom de Emile Combes à un lieu de Paris.

La parole est à M. ALAYRAC.

M. Gilles ALAYRAC. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je pense que cela n?étonnera personne si, avec mon collègue Jean-Bernard BROS, soutenu par le groupe socialiste et radical de gauche, je vous propose en cette année de célébration de la loi du 9 décembre 1905 de séparation des églises et de l?Etat, que l?on attribue, à un lieu ou à un équipement de la Capitale, le nom d?Emile Combes.

Son absence des plans de Paris est injuste, tout comme la mémoire collective qui ne retient de lui que la figure d?un anticlérical jusqu?au-boutiste. Pourtant, cet homme que la droite catholique, à l?époque, comparait à Néron, voire au diable, éprouvait à côté de celle qu?il nourrissait pour la République une seconde passion. Cette passion aboutit à une liaison qui fut, semble-t-il, d?une chasteté toute épistolaire. Il faut dire que l?élue, la princesse Jeanne BIBESKO, était la prieure du carmel d?Alger qui répondait au doux nom de Mère Bénie de Jésus.

Mais revenons brièvement à la loi de 1905. Juste avant, le 10 novembre 1904, Emile Combes dépose le fameux projet de loi que sa démission, deux mois plus tard, l?empêchera de défendre jusqu?au bout.

Dans un contexte très tendu, à l?époque, d?oppositions frontales entre cléricaux et anticléricaux, marqué par le conflit entre dreyfusards et antidreyfusards qui avait ravivé un anticléricalisme de combat, le radical Emile Combes, Président du Conseil, mène une guerre contre les congrégations religieuse et rompt les relations diplomatiques avec le Vatican. La méfiance que ce républicain laïque, ancien séminariste également, dreyfusard, manifeste à l?égard des institutions religieuses est alors bien compréhensible. L?Eglise est très antirépublicaine et profondément conservatrice. Si par la suite, Aristide Briand fait voter la loi de séparation des églises et de l?Etat, il faut néanmoins rappeler qu?Emile Combes en est bien l?auteur et l?instigateur.

La laïcité aujourd?hui est encore un formidable enjeu et elle constitue toujours un objectif à atteindre.

Certes, le mot sent la poudre et il provoque des réactions encore passionnelles. Pourtant, la laïcité ne vise qu?à la reconnaissance de la liberté de conscience et d?expression de chacun. Ferdinand Buisson, un autre grand radical-socialiste, écrivait que ?la laïcité ne concerne pas que le religieux[?] elle doit aussi consacrer la liberté absolue de conscience, c?est-à-dire aussi par rapport à l?éthique et à la politique?.

La laïcité consacre donc la liberté et l?égalité des individus quels que soient leur sexe, leur âge et leur origine. Pilier de notre République, le principe de laïcité devrait nous permettre de continuer d?oeuvrer en faveur d?une république plus indivisible, démocratique et sociale. Formons donc le v?u que la loi de 1905, qu?il ne faut pas remanier, en tout cas c?est notre avis, connaisse encore un siècle d?avenir. Mais dans l?immédiat, qu?un hommage juste et mérité soit rendu à Emile Combes qui en est l?auteur. Ce serait aussi, je crois, une façon de célébrer la laïcité dans cette ville, ce que le Président de la République et le Gouvernement n?ont pas daigné faire. Ce qui est bien regrettable.

Merci.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Souhaitez-vous répondre, Monsieur CAFFET ?

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Je ne vais pas revenir sur ce long combat pour la laïcité, la séparation de l?église et de l?Etat.

Ce que je peux dire au nom de l?Exécutif, c?est que bien évidemment honorer la mémoire d?Emile Combes est quelque chose de tout à fait louable.

Ce que je vous propose, Monsieur ALAYRAC, c?est qu?il y a à l?heure actuelle un projet qui peut faire l?objet d?une délibération, de manière assez rapide d?ailleurs, pour l?apposition d?une plaque commémorative sur la façade de l?immeuble où Emile Combes a vécu les 25 dernières années de sa vie, le 45 rue Claude-Bernard.

Ainsi, ce que je vous propose, si vous en êtes d?accord, c?est que ce v?u concerne non pas la dénomination d?une rue, parce qu?il est vrai que la liste d?attente est maintenant extrêmement longue, mais l?apposition d?une plaque commémorative sur l?immeuble où habitait Emile Combes.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur ALAYRAC, vous avez l?air d?accord.

M. Gilles ALAYRAC. - Si on peut effectivement faire cela dans des délais assez rapprochés. Je veux dire organiser une petite manifestation pour rappeler aussi ce qu?est la laïcité, je suis bien évidemment favorable à ce qu?on modifie le v?u dans ce sens-là et je vous en remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - On compte sur vous pour cela, il n?y a pas de problème. Merci.

Est-ce que j?en déduis que le v?u? Que devient le v?u dans cette affaire, Monsieur CAFFET ?

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Le v?u, Monsieur le Maire, serait transformé de la manière suivante : ?? soit décidée l?apposition d?une plaque commémorative sur la façade de l?immeuble 45, rue Claude-Bernard, où Emile Combes a vécu les 25 dernières années de sa vie?.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. D?accord. On a bien retenu la modification.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe socialiste et radical de gauche, amendée par l?Exécutif.

Qui est pour ?

 

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2005, V. 490).