Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2005
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2005, DU 224 - Attribution de la dénomination “rue Madeleine Marzin” à un passage public du 20e arrondissement.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2005


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DU 224 relatif à l?attribution de la dénomination rue Madeleine Marzin à un passage public du 20e arrondissement.

La parole est à M. MANSAT.

M. Pierre MANSAT, adjoint. - Monsieur le Maire, je souhaiterais aujourd?hui au nom des élus communistes de Paris, bien sûr, au nom des élus du 20e et, d?un point de vue très personnel, saluer l?attribution de la dénomination de rue Madeleine Marzin à un passage du 20e arrondissement. C?est une proposition à laquelle nous tenons particulièrement tant il nous semble important que s?inscrive dans la trame de Paris le nom de ces résistants militants et notamment de ces femmes dont le rôle reste trop souvent minoré dans l?évocation de la résistance et de ces femmes politiques qui ont inscrit leur marque dans notre Ville.

 

Je ne reviendrais pas très longuement sur le parcours de Madeleine Marzin, présenté dans le projet de délibération qu?il nous est demandé d?approuver. Madeleine Marzin est une Bretonne, venue à Paris pour exercer son métier d?institutrice. Elle s?installe d?abord dans le 18e. Militante syndicale, elle adhère au parti communiste français en 1932. Dans les années 30, elle est de tous les débats et des luttes antifascistes de cette époque.

Dès septembre 1940, elle participe à la rédaction et la diffusion d?appels à la résistance et elle pousse plus loin son engagement en contribuant au recrutement de combattants pour l?organisation spéciale qui ont ensuite constitué l?ossature des francs tireurs et partisans français. Organisatrice et animatrice de la manifestation de femmes contre les réquisitions et le marché noir rue de Buci, le 31 mai 42, manifestation qui tourne à l?acte ouvert de résistance et qui se conclura notamment par la mort de deux soldats des troupes d?occupation.

Elle est arrêtée. Lors de son procès devant le tribunal spécial, Madeleine Marzin revendiquera pleinement ses actions de résistance. Elle est condamnée à mort. Cette peine sera commuée en travaux forcés à perpétuité et c?est lors de son transfert vers la prison de Rennes que ses camarades F.T.P. organisent son évasion en pleine gare Montparnasse. A l?issue de cet épisode, loin de se mettre en retrait, Madeleine Marzin rejoint un groupe de F.T.P. de la région de Besançon, contribuant notamment à l?évasion de nombreux prisonniers en instance de déportation.

Elle continue par ailleurs à travailler à une meilleure organisation de la résistance féminine. Madeleine Marzin fonde avec d?autres les comités féminins qui donneront naissance par la suite à l?Union des Femmes Françaises dont le 1er comité directeur se réunit en 1944. Son action au sein de l?U.F.F. est marquée à la fois par le souci de renforcer la participation des femmes à la résistance mais aussi par celui de travailler à leur émancipation dès la paix revenue.

Au moment de l?insurrection parisienne, Madeleine Marzin revient dans la Capitale. Elle s?associe aux activités du comité local de libération du 20e arrondissement, notamment pour assurer l?accueil des plus démunis en mettant en place un centre d?accueil spécifique destiné à ceux qui n?avaient plus ni logement ni famille.

Elle sera également très active autour des questions de ravitaillement qui se poseront avec une acuité toute particulière jusqu?à la fin de 1948. Elle devient, en 1951, conseillère municipale du 20e, puis députée de la Seine jusqu?en 1958. En cette période et par la suite, elle sera toujours pleinement partie prenante des luttes sociales pour l?émancipation des femmes mais aussi à l?échelle de la Ville pour l?amélioration des conditions de vie des Parisiens, notamment dans l?est. Elle aura contribué, par son action, avec le comité des mal logés de Belleville, à la lutte contre les taudis et à la construction de logements H.L.M. dans cette partie du 20e arrondissement.

Madeleine Marzin habita le 20e jusqu?à son décès en 1998. Active dans les associations de résistants, elle croyait à la force du témoignage, et sans se départir d?une grande humilité, à la valeur de l?exemple. Rendons aujourd?hui hommage à celle qui fut une Parisienne, une résistante de la 1ere heure, une militante exigeante en inscrivant son nom au c?ur du Paris populaire auquel elle était si attachée. Nous contribuons aujourd?hui à honorer, pour les générations actuelles et à venir, ?le souvenir de celles qui ont combattu pour rendre à la France la liberté et l?indépendance?, pour reprendre ses propres mots.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. CAFFET.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Je n?ai rien à rajouter. Avis favorable, bien sûr.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 224.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2005, DU 224).