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Decembre 2005
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Conseil Municipal
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2005, DU 199 - Z.A.C. “Paris-Rive gauche” (13e). Reconversion des Magasins généraux du Port d’Austerlitz. - Signature de l’avenant à la convention du 6 juillet 2004 avec le Port autonome de Paris, en vue de conclure une convention d’occupation temporaire au profit de la Ville de Paris ayant vocation à être cédée par cette dernière afin de permettre la réalisation du projet de reconversion. - Signature de la convention d’occupation temporaire avec le Port Autonome de Paris au profit de la Ville de Paris ayant vocation à être cédée à la Société constituée par la Caisse des dépôts et consignations ou une de ses filiales. - Signature de la convention de cession du titre constitutif de droits réels immobiliers avec la Société constituée par la Caisse des dépôts et consignations ou une de ses filiales. Vœu déposé par l’Exécutif relatif à la composition du Comité d’orientation mis en place dans le cadre de la reconversion des Magasins Généraux du port d’Austerlitz (13e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2005


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DU 199 relatif à la Z.A.C. ?Paris-Rive gauche?, sur lequel le groupe ?Les Verts? a déposé l?amendement n° 44 et l?Exécutif l?amendement n° 44 bis.

Monsieur DOMINATI, vous avez la parole.

M. Laurent DOMINATI. - Merci, Monsieur le Maire.

Oui, il s?agit de la poursuite du grand projet concernant le

réaménagement de la rive gauche de Paris et il s?agit donc de la

reconversion des Magasins généraux du port d?Austerlitz.

C?est, Monsieur le Maire, un grand projet, aussi bien architectural qu?urbain. En tout cas, cela devrait l?être.

 

En effet, les Magasins généraux sont une construction ancienne. Ils sont classés, d?ailleurs. C?est une des premières constructions en béton de Paris. C?est un lieu extrêmement important car c?est le seul endroit qui est en réalité directement implanté sur le fleuve, dans ce quartier.

Dans les projets que nous avions, il y avait à l?évidence, un lien à faire entre le fleuve, la Seine, et le nouvel endroit de ces Magasins généraux d?Austerlitz.

Vous nous présentez aujourd?hui un projet après un concours architectural qui n?a soulevé ni la passion ni l?enthousiasme, il faut bien le reconnaître, aussi bien dans les revues spécialisées d?architecture qu?au cours de l?exposition qui a été organisée au Pavillon de l?Arsenal.

Ceci m?amène d?ailleurs, en lisant attentivement le dossier qui nous a été présenté, à considérer que finalement ce grand projet, vous n?osez pas trop le sortir parce que c?est un projet un peu incertain.

Par conséquent, je profiterai de cette délibération pour vous poser un certain nombre de questions.

Tout d?abord, et c?est la principale remarque, quel est le lien entre ce projet et la Seine ? Car il est extraordinaire, tout de même, de repenser ce bâtiment pour un demi-siècle sans s?apercevoir qu?il est au bord de l?eau.

Il me semble que lorsqu?on entend ici tout ce qui est dit sur la revalorisation de la Seine, sur les bateaux, etc? Là, il y a un endroit qui est vraiment très particulier à Paris et, dans le projet, c?est totalement absent. Il pourrait être n?importe où, cela ne changerait rien, quasiment, au projet tel qu?il est.

Le deuxième point, c?est l?accès au parking. C?est un pôle événementiel qui doit être ouvert 7 jours sur 7. Et donc on peut se demander notamment, compte tenu du plan de déplacement que vous avez proposé, comment vous allez faire pour que cet endroit puisse rester vivant. Allez-vous faire une dérogation à votre philosophie générale ? Ou bien n?y aura-t-il personne pendant cette période de 7 jours.

Enfin, je vous interroge sur les modalités du projet de délibération, ou plutôt les modalités du procédé que vous avez choisi, puisqu?il est vrai que c?est assez compliqué. Cela appartient au Port autonome qui a cédé les droits de construire à la Ville. La Ville elle-même cède à une société filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, créée d?ailleurs à cet effet, la responsabilité de la construction et, ensuite, de la gestion. Non, pas tout à fait car cette société confiera la gestion de l?endroit à une autre société, à condition qu?ils aient l?accord puisqu?il s?agit de créer un pôle de mode à cet endroit. Il faut que soit partie prenante dans cette construction l?Institut français de la Mode qui lui-même sous-louera à des commerces les différents endroits qui seront prévus à cet effet.

Vous voyez à peu près la simplicité du fonctionnement de ce nouvel ensemble. C?est d?autant plus inquiétant lorsqu?on s?aperçoit que si jamais 50 % - je crois, mais M. CAFFET donnera les précisions et les dates -, de ces espaces commerciaux ne sont pas loués à ce moment-là, tout tombe.

Non seulement il faut que l?Institut français de la mode soit là car s?il n?est pas là tout tombe aussi, mais s?il n?arrive pas à sous-louer, tout tombe aussi.

Que se passera-t-il si jamais il n?y arrive pas ? C?est un point intéressant, tout de même. Je pense que la Ville reprend ses billes ou bien que la société paie l?indemnité fixée jusqu?à 2,8 millions d?euros, si ma mémoire est bonne.

Il y a ces incertitudes sur la maîtrise même du dossier.

J?ajoute que le choix de l?Institut français de la Mode pourrait paraître une bonne idée, ou plutôt pouvait paraître une bonne idée, il y a quelques années.

L?Institut français de la Mode est une association importante, présidée par M. BERGÉ, je crois, et sous tutelle du ministère de l?Industrie, avec des partenaires associés et des mécènes aussi importants que la grande couture, comme Kenzo, mais aussi Disneyland.

On peut en effet souhaiter qu?il y ait un grand pôle de la mode à Paris. On l?avait souhaité dans le centre de Paris, ce qui paraissait plus approprié. Vous le mettez là. Je pense que ce n?est pas forcément le bon endroit, mais, en fait, si on regarde l?ensemble du projet? Un concours architectural sans enthousiasme, vraiment sans enthousiasme. D?ailleurs, vous ne le vantez pas. Il n?y a aucun document de la Ville qui le mette en valeur. Avec des architectes qui font partie de l?ancienne jeune architecture parisienne puisqu?ils étaient les responsables de ce mouvement associatif qui a fait le restaurant Coste de Beaubourg, mais il n?a pas fait Beaubourg non plus. Ce n?est pas le plus mauvais. On ne va pas en discuter trop longuement.

Un accord avec la Caisse des Dépôts et des Consignations qui créera une société à cet effet qui sous-louera. Un partenariat avec l?Institut français de la Mode qui est lui-même sous tutelle du ministère de l?Industrie.

Enfin, tout cela me semble une construction, à vrai dire, Monsieur le Maire, des années 1960. J?ai l?impression qu?alors que vous êtes là pour promouvoir Paris, avec un endroit exceptionnel, une occasion unique, inespérée, finalement, vous vous orientez vers ce projet, sans être véritablement convaincu de cela. Vous aviez la vague idée de faire quelque chose sur la mode, alors pourquoi pas là plutôt qu?ailleurs puisque, là, vous avez l?occasion, mais c?est en réalité parce que vous n?avez pas d?autre idée.

Monsieur le Maire, je ne suis pas convaincu et je suis inquiet encore que la concession soit prévue pour 50 ans. On peut se dire que, finalement, ce n?est pas trop grave parce que dans 50 ans on fera autre chose, on ne sait pas très bien quoi non plus. On ne sait pas très bien non plus comment on sort de ces 50 ans, Monsieur l?adjoint au Maire, en tout cas, ce n?est pas indiqué dans votre dossier.

Monsieur le Maire, je crois qu?en ces matières il faut être assez humble et donc je vais vous dire, peut-être que je me trompe vraiment, que le projet architectural est fantastique, que ce n?est pas l?architecture du XXe siècle mais du XXIe siècle. Je ne le pense pas, mais peut-être que je me trompe, peut-être que c?est une bonne idée de remettre ces espèces de ?zinzins? habituels pour réaménager la Ville. Peut-être que je me trompe et que M. CAFFET a raison.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Cela peut arriver.

 

M. Laurent DOMINATI. - Cela peut arriver, mais admettez alors que, vous aussi, vous pourriez vous tromper ; mais pensez à ceux qui vont payer, ceux qui vont subir, qui subissent déjà beaucoup d?aménagements dont vous n?êtes pas responsable, mais dans le quartier en question soit de la responsabilité de l?Etat soit de la Ville elle même. Vous voyez.

Finalement, si vous vouliez être innovant, pourquoi ne pas penser une véritable démocratie architecturale ? Pourquoi ne pas demander aux Parisiens ce qu?ils pensent des grands projets de la Ville par un vote ? Vous parlez de démocratie participative. Moi, je proposerais une démocratie active, y compris sur de grands projets. Vous avez de grands projets. Si vous les trouvez bons, si vous en êtes fier, proposez les aux Parisiens, ce sont eux qui vont subir vos erreurs pendant un demi-siècle ou un siècle et ce sont eux qui vont les payer.

Vraiment, je crois que ce serait en plus quelque chose de tout à fait progressiste que de dire donnons la parole aux Parisiens. Monsieur le Maire, je souhaiterais que vous organisiez une consultation pour faire une démocratie architecturale sur ce projet et, à ce moment, nous aurions un débat magnifique et les Parisiens auront à suivre l?avis de M. CAFFET ou de M. DOMINATI ou le leur propre.

Nous devons sortir, dans l?aménagement des villes, de ce petit conglomérat des habitués des dossiers, des cabinets d?architecture, des concours et des jurys qui, finalement, sont là et choisissent en désespoir de cause car ils ne sont convaincus par rien ni par personne. C?est bien mon cas et c?est la raison pour laquelle nous ne voterons pas le projet parce que même si nous souhaitons que le 13e revive, renaisse et connaisse un surplus d?activité économique et culturelle, il ne faut pas non plus tout passer sous prétexte qu?il faut que ce 13e arrondissement puisse vivre et que l?on puisse achever cette Z.A.C. ?Rive gauche? que vous aviez, quand vous êtes arrivé, bien interrompue, hélas.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. BLET.

M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, sur un site exceptionnel en bord de Seine, quai d?Austerlitz, la boîte à chaussures, parallélépipède de béton brut, des Magasins Généraux est assurément l?un des témoignages les moins intéressants et les plus médiocres du patrimoine industriel parisien, digne tout au plus, et encore, d?une friche de banlieue.

L?opération de chirurgie esthétique envisagée ne saurait, hélas, faire des miracles. Lors du conseil de mai 2004, nous avions déjà déploré la mise en ?uvre de cette opération, compte tenu de la beauté exceptionnelle du site et de la faible valeur patrimoniale, pour ne pas dire de sa nullité totale, du bâtiment, une opportunité extraordinaire était offerte pour réaliser, après démolition, un aménagement paysager et une ?uvre architecturale contemporaine audacieuse sur un vaste espace. La démolition des bâtiments était d?ailleurs l?objectif du P.A.Z. de 1997.

Nous n?avons pas été entendu, l?argument financier, lié aux exigences du Port Autonome, primant sur l?argument urbanistique et architectural. C?est malheureusement devenu une habitude de l?urbanisme parisien. Faute de privilégier le long terme aux économies du court terme, on se retrouve avec des projets aberrants de ce type. Le bilan est peu glorieux.

De même, les immondes entrepôts Mac Donald?s dans le 19e qui sont l?antithèse d?un chef d??uvre architectural devraient être, eux aussi, réhabilités, sans doute pour y implanter des surfaces commerciales.

Sur la Z.A.C. ?Paris-Rive gauche?, le bilan : après la destruction, sous la précédente mandature, des silos de la Maison Rouge et des entrepôts Mijatville, sans oublier l?opération de façadisme réalisée sur l?immeuble Valhubert et la destruction programmée récemment de l?allée des Arts, n?est pas brillant. Le buffet de la Gare et la Halle Freycinet sont en instance d?attente, en sursis. Ces bâtiments sont pleinement dignes d?intérêt, infiniment plus que ces Magasins Généraux et ils sont néanmoins sous la menace de projets destructeurs.

Pour les Magasins Généraux, le projet Jakob et MacFarlane, rebaptisé Docks en Seine, nous laisse perplexe. Il se résume à la création une peau enveloppe pompeusement appelée ?plug over? définie comme, je cite ?une peau dynamique, intrigante, végétale, une peau fluide qui fait écho à l?eau et à la nature?. Bref, de la prose de bazar en guise de créativité architecturale.

Ce ?plug over? opère nous diton comme un parapluie, une ombrelle à l?ombre sans doute d?une très surréaliste machine à coudre - vous vous souvenez de la rencontre d?une machine à coudre et d?un parapluie -, rencontre programmée avec l?Institut Français de la Mode saupoudrée de commerces et de restaurants.

Cet aimable bric à brac dadaïste se traduit surtout par une densification supplémentaire d?un étage, ce qui, en bordure de Seine, dans un site prestigieux classé au patrimoine mondial de l?humanité par l?U.N.E.S.C.O., est ni plus ni moins qu?une agression. Mais la loi littoral ne s?applique pas aux fleuves, fussent-ils patrimoine de l?humanité.

Le projet va entrer l?année prochaine dans sa phase opérationnelle. Afin de suivre cette mise en ?uvre, il est proposé de créer deux comités : un comité de suivi et un comité d?orientations. Or, il n?était pas prévu d?inclure parmi les membres de ces comités un représentant des associations. Alors que la concertation sur la Z.A.C. ?Rive gauche? est supposée être exemplaire, l?oubli était fâcheux. Les objectifs de la charte de concertation stipulant que la concertation instaurée à Paris Rive Gauche a pour objectif de développer la participation des citoyens aux projets qui les concernent et d?améliorer le contenu de ces projets, en facilitant leur réalisation en y associant, dès l?origine, aux côtés du maître d?ouvrage le plus grand nombre d?acteurs concernés. Cette charte n?était pas respectée, d?où le dépôt de notre amendement pour réparer cet impair demandant qu?un représentant des associations du Comité Permanent de Concertation soit membre à part entière du comité de suivi.

Alors, on nous a dit que ce comité de suivi n?était chargé que de problématiques très administratives, juridiques et financières, ce qui n?est pas forcément mineur, loin de là, mais l?Exécutif nous propose un amendement demandant l?intégration d?un représentant des associations du Comité permanent de concertation plutôt au Comité d?orientation. Nous en sommes d?accord.

Par ailleurs, le conseil d?administration du Port autonome s?étant déjà réuni pour délibérer sur l?avenant à la convention proposé par le projet de délibération, amender cet avenant ainsi que nous le demandions suspendrait sa mise en ?uvre, ce qui explique que vous souhaitiez amender l?exposé des motifs.

 

Le v?u qui accompagne votre amendement stipule donc que la Ville contactera le Port autonome afin que celui-ci amende l?avenant à la convention pour intégrer la mention relative au représentant des associations du Comité de concertation.

Nous accueillons favorablement votre contribution à nos propositions mais nous vous prions instamment de remédier à l?indigence architecturale qui caractérise actuellement les constructions parisiennes, tout particulièrement celle-ci qui enlaidit un site prestigieux.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à M. CAFFET.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Brièvement parce que ce n?est pas la première fois que nous parlons de ce projet. Nous avons déjà délibéré sur ces Docks de Seine puisque c?est le nom qui a été donné au projet.

Quelques réponses, assez rapides, aux deux orateurs qui m?ont précédé. Monsieur DOMINATI, je reconnais que le projet est complexe. Il est d?ailleurs tellement complexe que, même si vous en aviez l?intention dans la mandature précédente, vous ne l?avez pas réalisé, d?autant qu?il y a plusieurs acteurs qui sont en jeu : le Port autonome de Paris, la Ville de Paris qui développe un projet sur cette question et puis, bien évidemment, un investisseur.

Il a fallu trouver non seulement les accords mais également les textes qui concrétisent ces accords. Je peux vous dire que cela a été très difficile pour y arriver. Cette complexité, nous la reconnaissons, nous l?assumons. Vous ne l?avez pas mise en ?uvre. Je me souviens avoir discuté récemment avec des représentants de l?opposition municipale qui me disaient que c?était une très bonne idée à laquelle, compte tenu notamment de la complexité de l?opération, l?ancienne majorité avait renoncé.

Je vous ai écouté attentivement, Monsieur DOMINATI, essayons de mettre un peu d?ordre dans nos débats. Vous me dites que le site est classé. Non, il n?est ni classé ni inscrit. Regardez un peu mieux ce dossier. Vous me dites que ce concours architectural a été d?une grande médiocrité et n?a pas été assez médiatisé. Déplacez-vous, allez au pavillon de l?Arsenal.

M. Laurent DOMINATI. - J?ai vu.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Regardez la presse et vous verrez que c?est l?un des trois ou quatre projets parisiens qui ont suscité le plus d?intérêt. Excusez-moi, c?est une architecture que je considère comme particulièrement novatrice, avec une équipe de talent, Dominique JAKOB et Brendan Mac FARLANE?

M. Laurent DOMINATI. - Je pense à M. BLET.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Si M. BLET n?est pas d?accord avec le projet architectural, c?est son droit !

Vous me dites que le projet est incertain, il y a quelques aspects, peut-être qui peuvent être incertains, mais les trois textes que nous adoptons aujourd?hui, à savoir, un avenant, une convention d?occupation temporaire et une cession de droits réels au groupe ICADE, balisent le champ des possibles, y compris les problèmes qui pourraient survenir dans les 50 ans. Donc tout cela, de mon point de vue, est parfaitement clair.

Vous me dites, par ailleurs, que l?aménagement de ce site n?intègre pas de relation avec la Seine.

Excusez-moi ! S?il y a un endroit où, véritablement, cette Municipalité a travaillé sur la Seine, c?est bien le site de Paris-Rive gauche. Et vous aller voir que, d?ici quelques mois, au mois de juin 2006, nous aurons une piscine sur la Seine. Ce que vous n?avez pas fait dans la mandature précédente.

M. Laurent DOMINATI. - Elle avait coulé ! C?est extraordinaire.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Regardez ce projet d?un peu plus près : il y aura un ponton, une halte-bateaux, une petite plateforme logistique pour développer le fret sur la Seine, plus tout ce qui pourra être encore imaginé, en relation entre cet équipement, qui, je pense, sera un grand équipement parisien, et le fleuve.

Alors, oui, dans 50 ans, nous verrons. Ce seront d?ailleurs nos successeurs qui verront.

Quant à la démocratie locale, Monsieur DOMINATI, ne venez pas nous donner des leçons en permanence ! Tout ce projet a été concerté de A à Z et ce, depuis le début, non seulement, bien évidemment, avec toutes les associations qui figurent dans le comité permanent de concertation mais également avec les conseils de quartier concernés. L?une d?entre elles, d?ailleurs, a été associée au jury, qui, je vous le ferai remarquer, a été quasi unanime.

M. Laurent DOMINATI. - Non !

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Voilà ce que je voulais vous répondre et, d?ailleurs, je m?étonne que vous me disiez aujourd?hui que vous ne voterez pas ce projet de délibération. Peut-être parlez-vous à titre personnel, Monsieur DOMINATI, car j?ai pu constater que ce projet de délibération a été adopté à l?unanimité par le Conseil du 13e arrondissement.

 

M. Laurent DOMINATI. - Non.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Non, vous avez tort. Et cessez de m?interrompre, Monsieur DOMINATI.

M. Laurent DOMINATI. - Vous parlez au nom de l?opposition et de la majorité.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Pour ce qui est de M. BLET, je sais qu?il défendait la thèse de la destruction totale de ce bâtiment. Cela n?a pas été le choix de la Ville. Le choix fait par la Ville, c?est cet aménagement-là, avec un projet architectural, qui, je le répète, me semble être de qualité. Je n?ai pas entendu dans la presse spécialisée de critiques féroces sur ce projet, même si nous pouvons avoir des interprétations différentes, entre nous, concernant la qualité de l?architecture.

J?en viens maintenant aux amendements proposés par M. BLET. Lui-même a dit l?essentiel. La composition du comité de suivi a d?ores et déjà fait l?objet d?une délibération du Conseil d?administration du Port autonome de Paris, sur laquelle il nous est difficile de revenir. Par ailleurs, ce comité de suivi sera chargé de l?examen des problèmes juridiques et administratifs.

En revanche, ce qui est intéressant du point de vue des associations, c?est de participer - et là, je pense que c?est une bonne idée que vous avez - au comité d?orientation qui, lui, sera chargé de discuter de la mise en ?uvre concrète du programme et, en même temps, des améliorations qui pourraient y être apportées.

 

C?est la raison pour laquelle, ce que nous proposons, c?est un amendement de l?Exécutif à l?exposé des motifs, qui a pour vocation de préciser les intentions de la Ville et d?affirmer que, parmi les personnalités qualifiées de ce comité d?orientation, devrait effectivement figurer un représentant du comité permanent de concertation de Paris-Rive gauche.

Et puis, il y a également un v?u que nous proposons qui consiste justement à prendre contact avec le Port autonome de Paris et de la société pour qu?il y ait un avenant à la convention de cession de titre constitutif de droits réel immobiliers, de manière à ce que, dans le comité d?orientation, parmi les personnalités qualifiées, il y ait un représentant associatif.

Voilà. Je propose donc que l?amendement n° 44 soit retiré et que nous puissions adopter les deux textes que je viens de présenter : l?amendement de l?Exécutif sur l?exposé des motifs de ce projet de délibération et le v?u permettant à ce qu?un représentant associatif puisse participer au comité d?orientation.

Voilà, Monsieur le Maire, ce que je voulais dire sur ce projet de délibération.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais mettre aux voix...

M. Laurent DOMINATI. - Une explication de vote.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Une explication de vote et ensuite les amendements.

Monsieur DOMINATI, vous avez la parole.

M. Laurent DOMINATI. - Monsieur le Maire, Gérard LEBAN aurait pu le dire mieux que moi, mais nous allons voter le v?u des ?Verts? pour signifier à quel point nous pensons que la concertation n?a pas été, comme M. CAFFET, à ce point, aboutie.

J?en profiterai pour dire à M. CAFFET qu?il parle au nom de la majorité de l?Exécutif, c?est déjà assez difficile puisque, finalement, le débat sur Austerlitz a pour objet essentiel d?essayer de calmer ?Les Verts? par un amendement de l?Exécutif. C?est quand même dommage parce que c?est un grand projet.

Enfin, je rappelle à M. CAFFET que les magasins généraux en question sont sur la Seine et c?est la Seine qui est classée, donc vous ne pouviez pas détruire, Monsieur BLET. Peut-être, M. CAFFET ne vous l?a-t-il pas dit.

Effectivement, vous ne pouvez pas détruire ces bâtiments car ils sont le témoignage du premier exemplaire de l?architecture en béton du début du siècle et, comme c?est sur la Seine, c?est l?ensemble de la Seine qui est protégé, qui est site protégé. Vous ne pouviez donc pas faire n?importe quoi, excepté peut-être ce projet, mais je n?irai pas jusqu?à dire, comme M. BLET, que c?est un peu n?importe quoi. Je ne qualifierai pas le projet architectural qui n?est pas le plus mauvais des projets qui avaient été défendus.

Pour résumer ma pensée, nous voterons le v?u, mais nous ne voterons pas le projet et je rappelle qu?en commission, l?opposition a voté contre ce projet. Au conseil d?arrondissement, elle s?est abstenue. Je vous remercie.

Elle s?est abstenue, d?ailleurs, pour une raison bien simple. Comme il faut effectivement bien faire quelque chose, les élus du 13e arrondissement souhaitent qu?il y ait quelque chose.

Quant à dire que, dans le passé, nous n?avons rien fait, nous avons quand même engagé la Z.A.C. ?Rive gauche?, avec tous les travaux qui ont été faits, en construisant le nouveau quartier. Eh bien, effectivement, ça, ça venait à la fin. Si nous étions restés, nous aurions fait, sans aucun doute, mieux parce que nous nous serions aperçus que cet endroit était sur la Seine.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur BLET, vous retirez votre amendement ?

M. Laurent DOMINATI. - Nous allions le voter, c?est dommage !

M. Jean-François BLET. - C?est l?amendement n° 44, mais puisqu?il est repris intégralement par l?Exécutif, en précisant comité d?orientation, ce qui est plus intéressant, je ne doute pas que M. DOMINATI se joindra à nous pour le voter. Et son souci de concertation sera ainsi exaucé.

M. Laurent DOMINATI. - Je me méfie de ces changements.

M. Jean-François BLET. - En ce qui concerne le vote des élus ?Verts?, pour être clair, nous considérons, premièrement, que le projet, fonctionnellement, fonctionnera très bien. C?est un site qui se prête admirablement au type d?activités qui sont envisagées, mais nous regrettons et nous déplorons qu?il y ait eu une occasion ratée sur le plan architectural.

Nous nous abstiendrons.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je vais mettre aux voix...

Oui, Monsieur le Maire, je vous en prie.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Monsieur le Maire, je voudrais dire à M. DOMINATI qu?il se trompe deux fois.

La première en disant que ces bâtiments ne pouvaient pas être détruits.

Deuxièmement, il se trompe car j?ai là le compte rendu du Conseil du 13earrondissement et je lis :

?Avis favorable est donné au projet de délibération ; pour 31 ; contre 0 ; abstention 0 ; adopté à l?unanimité?.

M. Laurent DOMINATI. - Alors, on m?a menti !

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - On vous aurait menti !

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Vous avez été trompé, Monsieur DOMINATI.

M. Laurent DOMINATI. - Peut-être qu?ils n?ont pas participé au vote.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Et comme vous n?êtes pas élu du 13e arrondissement, c?est peut-être la raison !

M. Laurent DOMINATI. - J?y pense.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur LEBAN, vous voulez ajouter quelque chose ?

 

M. Gérard LEBAN. - Oui, juste pour dire, comme cela n?a peut-être pas été précisé ou très bien compris : nous nous abstenons.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le projet d?amendement n° 44 bis déposé l?Exécutif qui reprend, effectivement, Monsieur BLET, l?amendement n° 44 du groupe ?Les Verts?.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet d?amendement n° 44 bis est adopté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 199 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2005, DU 199).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 44 ter dans le fascicule, déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2005, V. 488).

Je vous remercie.