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Juin 2003
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46 - 2003, JS 344 - Autorisation à M. le Maire de Paris de mettre en place l'opération "Paris jeunes vacances"

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2003


M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Mes chers collègues, nous passons à l'examen du projet de délibération JS 344, sur lequel deux amendements, les n° 14 et n° 15, ont été déposés par les membres du groupe U.M.P. Ce projet de délibération concerne une autorisation à M. le Maire de Paris de mettre en place l'opération "Paris jeunes vacances".
Je donne la parole à Mme Brigitte MARIANI, du groupe U.D.F.
Mme Brigitte MARIANI. - Monsieur le Maire, chers collègues, je souhaiterais avouer au nom du groupe U.D.F. une certaine incompréhension, incompréhension devant cette générosité chichement calculée. En effet, que constatons-nous ? Une modestie dans le nombre de chèques vacances achetée, 814 ; une timidité dans les montants, 150 euros par projet touristique ; une réserve dans la tranche d'âge éligible aux vacances subventionnées, 18 à 28 ans.
Or, lorsqu'on se donne pour objectif de favoriser l'accès des jeunes aux vacances par une contribution financière directe et de promouvoir leur apprentissage de l'autonomie à travers leur démarche d'organisation de séjour sans encadrement, se limiter ainsi est bien curieux, d'autant, nous dit-on, qu'un tiers des 251.171 jeunes Parisiennes et Parisiens est concerné.
Le risque de susciter des frustrations, des déceptions, est au bout du système. Les collectivités qui ont expérimenté ce dispositif en savent quelque chose. Comment satisfaire aux demandes des candidats d'un arrondissement parisien ? Aussi, peut-on exclure l'hypothèse d'enveloppes budgétaires exponentielles les années prochaines ?
Prenons l'exemple du 17e arrondissement qui comprend 18.238 jeunes et n'a, au nom de votre discrimination positive, que 55 chèques à distribuer, soit, à population identique, voire supérieure aux 18e, 19e, et 20e arrondissements, 20 ou 22 chèques de moins.
Certes le souci de transparence est à nouveau pris en compte. Un jury de sélection doit être établi avec représentation de l'opposition, agrément de la structure relais ayant suivi la réalisation du dossier, et présentation d'un projet.
Si la composition du jury est complexe, le projet du candidat, lui, est aisé à concevoir.
Le séjour doit être à finalité touristique - évidence - et doit se dérouler sans encadrement d'adulte.
Cette dernière exigence constitue sans doute toute la valeur ajoutée du dispositif : assurer l'autonomie aux 18-28 ans !!
L'autonomie s'acquiert dès l'enfance, sa construction est un apprentissage avec de multiples phases initiatiques.
A 18 ans, âge de la citoyenneté, une grande partie de cette autonomie est forgée. Qu'en est-il à 28 ans ?
N'aurait-il pas été plus simple sans le draper de considérations pseudo structurantes et pédagogiques de parler d'une distribution d'argent à 814 Parisiennes et Parisiens ?
Les élus U.D.F., dans les Conseils d'arrondissement, du moins dans ceux où la délibération a été présentée, amputée souvent de son règlement, sur les critères d'éligibilité se sont abstenus.
Vous ne vous étonnerez donc pas que les conseillers de Paris U.D.F. adoptent la même position puisque le montant du chèque par arrondissement est contraire au principe général d'égalité de traitement.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Merci, Madame.
La parole est à Mme BORVO pour le groupe communiste.
Mme Nicole BORVO. - Merci, Monsieur le Maire.
A l'inverse de ce qui vient d'être dit, je souhaite d'abord vous dire que je me réjouis de la proposition qui est faite de mettre en place des chèques vacances pour les jeunes parisiennes et parisiens. Ce qui nous est proposé aujourd'hui, c'est d'expérimenter l'utilisation de plus de 800 chèques qui vont être mis à la disposition des arrondissements pour des jeunes à qui ce coup de pouce va permettre de partir en vacances.
Cette initiative enrichit encore les dispositifs permettant de faire vivre à Paris le droit aux vacances pour les jeunes, pour tous les jeunes, de 18 à 28 ans, y compris les jeunes femmes.
Elle comporte des aspects extrêmement positifs, par exemple celui de permettre aux jeunes de concrétiser des projets autonomes de vacances.
Par ailleurs, elle est dédiée, notamment, à celles et à ceux qui sont encore privés de ce droit pourtant essentiel. Ils sont encore nombreux à Paris. Cette aide va donc être incitative et elle sera gérée par les arrondissements, dans la proximité, au plus proche de ceux qui en ont besoin.
La mise en place de ce dispositif a donc d'abord une visée sociale et nous approuvons que le nombre de chèques attribués par arrondissement se fasse sur la base de la dotation locale, désormais incluse dans les états spéciaux.
De la même manière, il nous semble important que le montage de ces projets puisse se faire en partenariat très étroit avec les structures relais locales comme les centres d'animation, les missions locales, les antennes jeunes, les clubs de prévention, etc.
En effet, ce sont ces structures qui sont au quotidien en contact direct avec les jeunes parisiens qui ont le plus besoin de soutien et d'encouragement et qui sont à même de soutenir des projets bénéfiques là, où souvent, on se sent plus facilement "mis de côté, laissé sur le bord de la route". Je pense notamment aux quartiers politique de la ville.
Le travail de ces structures relais est, en effet, une garantie de l'application de critères sociaux importants dans le choix des dossiers.
Il n'y a que la droite pour refuser cette approche sociale et l'U.M.P. affiche son opposition en déposant un amendement pour gommer cette dimension sociale au maximum.
Selon la droite, les vacances se mériteraient. Je croyais pourtant que la France pouvait s'enorgueillir du fait que les congés sont un véritable droit pour tous. Il s'agit d'étendre encore un peu plus aujourd'hui ce droit à ceux qui ne peuvent pas en bénéficier comme les autres. Chers collègues, les droits ne se méritent pas, ils s'exercent et s'utilisent.
Il y a en la matière une constante de la droite qui touche à tous les domaines de la vie, on le voit avec les retraites à l'échelon national, on le voit d'une manière relativement systématique avec l'autonomie des jeunes à l'échelon parisien. L'U.M.P. à Paris nie l'existence des inégalités sociales qui pourtant sont bien réelles.
Il n'est donc pas inutile de rappeler dans cette enceinte que ce projet a été mis en place dans la concertation la plus large avec les maires adjoints à la jeunesse des arrondissements.
Nous saluons cet effort de concertation et nous souhaitons que l'évaluation qui sera faite de l'expérimentation de cette première année permette d'aller plus loin à l'avenir. Pour cette raison, je vous exprime aujourd'hui, Monsieur le Maire, mon souhait le plus vif d'avoir un bilan de cette expérience dans l'année.
Enfin nous souhaitons que la créativité dans le domaine du droit aux vacances pour tous les jeunes puisse sans cesse s'affirmer avec force et, Monsieur le Maire, vous avez raison de rappeler comme vous l'avez encore fait lors des Assises du P.L.U. qu'il s'agit là d'une priorité qui touche à l'avenir même de Paris.
En ce qui nous concerne, plutôt que de tenter d'amoindrir les initiatives qui nous sont proposées, nous préférons être force de propositions dans ce domaine aussi.
Deux suggestions : nous pourrions, par exemple, dans les années à venir, rechercher les moyens pour la Ville d'appuyer la location d'appartements à des jeunes pendant la saison estivale pour des projets encadrés ou bien encore nous pourrions favoriser le développement des échanges avec les jeunes des villes européennes avec lesquelles Paris a des relations régulières.
Pour conclure, je l'ai dit à plusieurs reprises avec une certaine insistance, nous avons un devoir de créativité et d'ouverture d'esprit en direction des jeunes parisiennes et des jeunes parisiens pour qu'ils se sentent plus à l'aise dans leur ville, pour que chacun puisse y trouve sa place et s'y épanouir.
Le projet qui nous est proposé aujourd'hui participe de cette reconnaissance et de cet encouragement, nous y adhérons pleinement en souhaitant qu'il se développe et qu'il s'enrichisse plus encore dans l'avenir.
Merci.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Merci, Madame BORVO.
Je donne la parole à M. LE GOFF, pour le groupe U.M.P.
M. René LE GOFF.- Il y a d'abord des amendements... c'est pour vous situer le ébat.
Mme BORVO parlait déjà des amendements avant d'en parler... C'est curieux comme démarche !
Je les aborde maintenant.
Elle a fait un procès à la droite et son discours n'avait rien à voir avec le texte proposé.
En ce qui concerne l'amendement n° 1, nous revenons sur un sujet dont nous avons débattu au niveau du Comité parisien de la jeunesse qui concerne l'âge.
Puisque la décision a été prise que les jeunes parisiens faisaient partie du Comité jusqu'à 25 ans, nous nous ne comprenons pas que la mesure dépasse l'âge de 25 ans.
Le premier amendement vise à ramener l'attribution de ce chèque vacance au bénéfice des jeunes Parisiens de 18 à 25 ans... autrement dit, il n'y a pas de raison... 28, 29, 30 ans... pourquoi ne pas dépasser aussi la trentaine ?
L'âge, dans ce cas, n'a plus d'importance.
Nous voulons que la mesure soit un peu cohérente par rapport à tout ce qui nous a été expliqué et que l'âge soit ramené à 18-25 ans au lieu de 18-28 ans.
En ce qui concerne l'amendement n° 15, je vous en épargne la lecture puisque vous avez le document, ma collègue de l'U.D.F. a déjà un peu parlé de ce sujet.
Je peux vous le lire si vous voulez...
(Protestations dans l'hémicycle).
Je vais prendre mon temps et je vais vous le lire.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Pas de dialogue dans la salle. Vous faites ce que vous voulez, mais je vous dis néanmoins que vous avez 5 minutes, et que ce temps est déjà pas mal entamé.
M. René LE GOFF. - Je peux le lire si vous le voulez, il n'y a aucun problème.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Vous prenez le temps que vous voulez sur vos 5 minutes.
M. René LE GOFF. - En ce qui concerne cet amendement, en ramenant la population éligible aux 18-25 ans, nous avons fait des calculs précis en essayant de rapporter la dotation par rapport aux populations concernées.
Là on s'est aperçu de façon extrêmement précise qu'il existait un déséquilibre profond entre les arrondissement dont le maire est un maire d'opposition, et les arrondissements dont le maire est un maire de la majorité municipale.
Ce calcul montre, par exemple, clairement, qu'il existe un déséquilibre de 53 chéquiers en défaveur des maires qui font partie de l'opposition municipale.
A partir de là, nous proposons de modifier cette répartition et cette nouvelle répartition - on vous en a proposé un calcul extrêmement précis - des chèques vacances par arrondissement, sera calculée au prorata de la population parisienne concernée domiciliée dans l'arrondissement.
Insistons sur le "domiciliée dans l'arrondissement" connu par le dernier recensement auquel s'ajoute une dotation de base de 5 chèques. Vous avez le détail de ces deux amendements.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Merci, Monsieur LE GOFF, vous avez été complet.
M. Christophe LEKIEFFRE a la parole pour le groupe U.M.P. également.
M. Christophe LEKIEFFRE. - Merci.
Monsieur le Maire, mon collègue René LE GOFF s'est exprimé sur ce projet de délibération, mais il est intervenu avec raison sur la forme, reprochant l'âge limite exagérément fixé de 18 à 28 ans sur la répartition des chèques-vacances qui semble disproportionnée entre les arrondissements de gauche et de droite. Pour ma part, c'est sur le fond, sur la philosophie du projet, que j'interviens pour vous dire mon mécontentement.
En effet, je trouve dramatique que vous utilisiez l'argent des contribuables parisiens pour attribuer à des personnes adultes des chèques pour financer leurs vacances. Après le travail, la gauche s'attaque donc aux vacances ! Je constate avec amusement que c'est le Bureau pour l'accès à l'autonomie des jeunes qui a préparé cette délibération. Voilà donc une conception très particulière de l'autonomie qui, très honnêtement, me surprend venant de Bertrand DELANOË, mais beaucoup moins de son adjointe élue communiste.
Sur la lancée du Congrès de Dijon et les acclamations des cadres socialistes aux leaders de la C.G.T., auriez-vous à votre tour, Monsieur le Maire, décidé de "gauchiser" votre politique ? Cette délibération en donne en tout cas l'impression.
L'autonomie d'un jeune, surtout s'il a plus de 18 ans, dans le cadre de la préparation de ses vacances, consiste à trouver un petit job durant une partie des vacances ou pendant le reste de l'année à temps plus ou moins partiel, gagner un peu d'argent, découvrir les réalités du monde du travail pour, finalement, partir en vacances, savourer le réconfort après l'effort.
Votre projet n'a donc rien à voir avec l'autonomie.
Ce que vous proposez aux jeunes parisiens, c'est de la dépendance. Vous voulez, dès le plus jeune âge, habituer les jeunes citoyens à se tourner vers la collectivité, vous souhaitez développer chez eux les réflexes du collectivisme, sur le principe du logement social, de l'emploi public, des allocations sociales en tous genre... Mais prenez garde, Monsieur le Maire, d'autres élus ont cru, avant vous, pouvoir s'attacher les bons votes des bénéficiaires lors de prochains scrutins, mais il n'en est rien. Martine AUBRY et Lionel JOSPIN pourraient, si nécessaire, en témoigner.
Je voterai contre ce projet, merci.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - La parole est à Mme Liliane CAPELLE.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Maire.
Je ne pouvais tout de même pas laisser ce projet de délibération se terminer ainsi.
Madame la Maire, la mise à disposition de 850 chèques vacances pour les jeunes parisiens de 18 à 28 ans s'inscrit dans la volonté, et oui, de favoriser l'autonomie des jeunes. C'est une évidence et les premières vacances entre amis ou sans amis d'ailleurs, mais surtout sans l'encadrement d'adultes, sont un premier pas vers l'indépendance. Dans bien des cas, le budget est une source de préoccupation et parfois la cause de renoncements puisqu'il y a appel à projets, ce n'est pas simplement "je m'en vais", il y a projet derrière.
Cela explique l'empressement de jeunes dans la recherche de petits jobs d'été. Une véritable activité économique repose d'ailleurs sur le travail des jeunes si l'on songe aux moniteurs des colonies de vacances, des centres aérés, des animateurs dans le domaine sportif et culturel.
Mais les petits boulots d'été, peu rémunérés, sont souvent insuffisants pour se constituer un véritable budget vacances, et encore faut-il en trouver un. La situation est encore plus difficile quand les parents ne sont pas en mesure de contribuer au financement de vacances autonomes et votre Gouvernement contribue largement à encore aggraver la situation.
Dans le prolongement de la communication du Maire de Paris sur la jeunesse, le dispositif "Paris jeunes vacances" est une réponse adaptée à l'attente des jeunes parisiens. Certains trouveront que le nombre de chèques-vacances mis à la disposition des jeunes parisiens ne sera pas à la hauteur de la demande. C'est certainement probable, mais je veux voir dans cette première initiative un encouragement et, pourquoi pas, la possibilité de renforcer ce dispositif dès l'an prochain.
Il était bien de commencer et je veux vous remercier, Madame la Maire, de ne pas avoir ménagé votre peine pour porter ce projet et trouver les financements nécessaires à sa réalisation. D'autres se sont déjà livrés à des calculs compliqués pour expliquer que la répartition par arrondissement ne correspond pas à l'unité près et que l'arrondi à l'unité supérieure se traduit pour tel ou tel arrondissement par un manque à gagner d'une ou deux bourses.
Cette attitude marque en tout cas l'intérêt des élus, quel que soit leur bord politique, pour ce dispositif et le fait que certains s'estiment, à tort ou à raison, dépossédés de la capacité à attribuer dans leur arrondissement des chèques vacances confirme l'attachement de tous à la réussite de ce dispositif.
Enfin, j'entends dire que celui-ci serait complexe et reposerait sur un trop grand nombre d'intervenants. C'est un procès injuste. En premier lieu, ce dispositif a été précédé, et cela a été déjà dit, par une concertation exemplaire associant tous les élus d'arrondissements chargés du secteur de la jeunesse. Par ailleurs, le trait singulier de ce dispositif, c'est sa gestion au niveau des arrondissements. Ainsi, et pour la première fois, un dispositif concernant les jeunes est placé sous la responsabilité des arrondissements qui ont la charge de l'instruction et du choix des dossiers de candidature.
A la seule lecture de la délibération qui, je le rappelle, autorise la Mairie de Paris à signer une convention avec l'Agence nationale pour les Chèques-Vacances pour l'achat de 850 chèques, chaque arrondissement est libre de s'organiser comme il l'entend. Certains souhaiteront s'appuyer pleinement sur des structures locales, centres d'animation, centres sociaux, antennes jeune information, d'autres encore préféreront donner au jury de sélection plus de poids dans le choix des dossiers.
Bref, vous l'avez bien compris, il revient aux arrondissements de trouver le meilleur équilibre possible entre la nécessité d'assurer l'égalité d'accès de tous les jeunes de 18 à 28 ans à ce dispositif et le nombre limité des bourses à attribuer.
Il y a une chose dont je ne doute pas, c'est le succès de cette opération et je vous donne rendez-vous à la rentrée pour une première évaluation et l'an prochain pour, je l'espère, un dispositif amplifié, je vous remercie.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Merci.
Mme Clémentine AUTAIN va pouvoir répondre à M. LE GOFF qui à découvert aujourd'hui qu'il y avait une municipalité de gauche !
Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, au nom de la 7e Commission. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le lancement de ce dispositif donne une occasion supplémentaire de présenter les lignes de force qui structurent désormais l'action municipale dans le domaine de la jeunesse et qui, visiblement, permet de mettre en valeur les différences profondes dans l'appréhension que les diverses composantes de notre Assemblée ont des questions de jeunesse.
Cette action, qui a été à annoncée par le Maire de Paris lors de la communication en février dernier consacrée à la jeunesse, s'inscrit dans notre politique globale d'accès à l'autonomie, à l'image de dispositifs créés ou refondus comme "Paris jeunes talents" ou "Paris jeunes aventure".
L'idée d'un dispositif spécifique de départ en vacances est venue après la diffusion publique, en décembre 2001, d'un rapport du Conseil économique et social qui portait sur l'accès aux vacances des jeunes. Cette étude, très intéressante, révélait notamment qu'une proportion impressionnante de jeunes se trouvent privés de vacances, cette proportion faisant notamment un bond spectaculaire chez les jeunes de plus de 18 ans.
En effet, alors que diverses structures de camps et colonies de vacances financées par les collectivités offrent des possibilités nombreuses de départs encadrés pour nos jeunes mineurs, la majorité marque une coupure bien réelle. Ainsi, après 18 ans, alors même que l'offre publique se fait plus rare, les premières coupes dans les budgets des intéressés et de leur famille touchent prioritairement les temps de loisirs et de départs autonomes en vacances.
Il nous semblait donc très important, et même impératif, de répondre à ce besoin de vacances et je serais même tentée d'aller plus loin et de revendiquer un véritable droit aux vacances dont on a parlé Nicole BORVO pour toutes celles et tous ceux - et notamment de nombreux jeunes - qui, pour des raisons socio-économiques variées, ne peuvent s'offrir un tel dépaysement.
"Paris jeunes vacances" a donc bien été conçu pour apporter cette bouffée d'oxygène aux jeunes âgés de 18 à 28 ans qui passent près de douze mois par an dans notre Capitale et méritent bien ce bol d'air que leur situation personnelle et familiale ne leur permet pas de s'offrir.
Sur la dimension du mérite, je comprends, Monsieur LEKIEFFRE, qu'en gros vous expliquez à nos jeunes qu'il faut faire deux à trois semaines de Mac Do avant de partir en vacances, mais je crois quand même que pouvoir prendre l'air quand on est douze mois par an à Paris peut se justifier comme un droit et non simplement comme du travail dans un petit boulot : "Tu mérites et puis après tu pars en vacances !"
Je vous rappelle que le Gouvernement de gauche - et là effectivement nous sommes dans un vrai clivage - a créé un dispositif tout à fait intéressant qui concerne l'ensemble des familles : les bourses solidarité-vacances, dispositif qui a été mis en place par Michèle DEMESSINE. On est bien dans cet état d'esprit de droit aux vacances pour les personnes qui ne peuvent pas partir en vacances. C'est un état d'esprit qui est tout à fait différent.
C'est ainsi que plus de 800 chèques-vacances d'un montant de 150 euros seront distribués dès cette année afin de favoriser le départ autonome d'autant de jeunes adultes, qu'ils soient étudiants, actifs, chômeurs, que sais-je.
J'ai entendu des critiques sur les bancs de l'opposition relativement contradictoires.
D'un côté, on nous explique que ce dispositif ne convient pas, qu'il s'agit d'assistanat, j'ai même entendu dans mon arrondissement des choses extraordinaires du type : 25-28 ans, c'est très bien, mais à 25 ans on a droit au R.M.I. et, avec le R.M.I., on peut partir en vacances ! Les vacances, ça se mérite, etc. C'est l'idée en tout cas qu'il s'agit d'assistanat et qu'on n'est pas dans la voie de l'autonomie.
Moi, je crois que là, nous avons une divergence de conception pour ce qui est de permettre aux jeunes d'accéder à l'autonomie : on demande de construire un projet de vacances, vous pensez bien qu'un chèque de 150 euros n'est pas suffisant pour partir en vacances, donc il faudra bien un complément et il s'agit bien d'un coup de pouce pour partir en vacances et non pas d'un paiement de l'ensemble des vacances. Je ne crois pas qu'il s'agisse d'assistanat.
Par conséquent, d'un côté on nous dit : c'est de l'assistanat et, de l'autre côté, on nous dit que ce n'est pas assez, que l'effort n'est pas suffisant, qu'il n'y a que 818 chèques-vacances.
Il faudrait savoir ! Soit cela convient, soit cela ne convient pas, et ce flou artistique de l'opposition municipale correspond tout à fait aux attitudes que la droite a dans les arrondissements puisqu'on a pu observer tantôt une abstention, tantôt un vote positif, tantôt un vote contre. Donc, je crois que vous n'êtes pas du tout au clair sur la manière dont il faut appréhender les questions de jeunesse et ce dispositif en tout cas.
Trop timides, en tout cas pas suffisants, les 818 chèques-vacances, je peux l'entendre. Mais c'est un début, c'est mieux que zéro, c'est un départ et l'évaluation et le bilan qui sont proposés par mes deux collègues de la majorité municipale me paraissent être une très bonne chose. Nous ferons un bilan, nous évaluerons, il y aura de la frustration, c'est évident, mais si on commence à raisonner comme cela, on ne crée pas de dispositif d'aide.
Je tiens à vous faire une petite comparaison qui me paraît importante : le fonds d'aide aux jeunes concerne aujourd'hui, chaque année, 1.000 jeunes, alors que nous avons doublé par rapport à la précédente Municipalité le montant de l'aide municipale. Là, nous sommes à 818 chèques-vacances. Donc, je veux bien que ce soit insuffisant, mais je crois que pour un départ c'est relativement significatif.
Je reviendrai juste sur les deux amendements qui nous sont proposés pour donner mon point de vue.
Sur la classe d'âge, c'est vrai que les données démographiques qui sont fournies par l'I.N.S.E.E. que vous citez ne nous permettent pas de connaître le détail de la tranche d'âge des 25-28 ans pour chaque arrondissement parisien, mais vous pensez bien que la marge d'erreur, si on fait 18-28 ans ou 18-25 ans, par rapport au calcul, serait vraisemblablement tout à fait minime, je pense que cela ne remettrait en cause aucun chèque-vacances.
Sur le fond, par ailleurs, la modification des habitudes et des rythmes de vie de nos concitoyens nous obligent, à mon avis, à reconsidérer les contours des politiques publiques que nous concevons et, dans le domaine de la jeunesse, c'est ainsi que l'allongement de la durée qui précède l'entrée sur le marché du travail pour les étudiants (mais pas seulement pour les étudiants) et les difficultés qui sont rencontrées par tous dans leur parcours d'autonomisation financière nous ont conduits à déplacer le curseur. Ce curseur, nous l'avons déplacé pour "Paris jeunes talents" et pour "Paris jeunes aventure" qui sont des dispositifs qui concernent les jeunes jusqu'à 28 ans.
Vous, vous faites référence au Conseil parisien de la jeunesse qui s'arrête à 25 ans. Déjà, je vous rappelle que votre position était d'arrêter le Conseil parisien de la jeunesse aux 18 ans. Je ne pense pas que vous nous proposiez là des chèques-vacances pour les 13-18 ans...
Je veux juste vous demander de la cohérence... mais vous nous avez demandé - et vous l'avez fait dans les arrondissements de droite très souvent - 13-18 ans. Je le respecte, mais je crois que la comparaison entre le Conseil de la jeunesse et une distribution de chèques vacances n'a à mon avis rien à voir sur le plan politique et sur la philosophie des dispositifs.
Donc, je trouve votre comparaison erronée et je vous confirme que je suis en cohérence parce que les dispositifs "Paris-Jeunes Talents" et "Paris-Jeunes Aventure" qui sont comparables dans leur philosophie vont bien jusqu'à 28 ans.
Voilà sur la question du public. Evidemment, je ne donne absolument pas mon aval pour les 18-25.
Sur le second point, je ne peux évidemment que déplorer la position de nos collègues de l'U.M.P. qui s'obstinent à refuser le principe de solidarité que nous mettons en avant parce que nous avons choisi deux critères :
- le premier critère, la tranche d'âge dans les arrondissements ;
- et le deuxième, le mode de calcul de l'allocation de chèques-vacances entre arrondissements est en effet calqué sur celui des dotations d'animation locale incluses depuis le BP 2003.
Cela inclut donc tout a la fois des critères démographiques mais également sociaux qui sont bien légitimes pour un dispositif ouvert à tous dans sa philosophie mais concrètement tourné prioritairement vers ceux qui rencontrent les plus grandes difficultés à s'offrir des vacances.
Donc, je suis évidemment en désaccord - et c'est tout à fait cohérent - avec ce deuxième v?u de l'opposition municipale.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, "Les Verts" et du Mouvement républicain et citoyen).
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 14 déposée par le groupe U.M.P.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement n° 14 est repoussée.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 15 déposée par le groupe U.M.P.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement n° 15 est repoussée.
Je mets maintenant aux voix, à main levée, le projet de délibération JS 344.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, JS 344).