Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2003
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

15 - Vœu déposé par M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement républicain et citoyen concernant les autobus de nuit "Noctambus"

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 2 dans le fascicule, déposé par les élus du groupe du Mouvement républicain et citoyen, v?u qui ne se rattache à aucun projet de délibération.
La parole est à Mme Liliane CAPELLE, au lieu et place de M. SARRE.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Madame la Maire.
C'est un v?u effectivement qui concerne un problème un peu récurrent de fermeture de métros.
Je les ai vécues moi-même hier soir en rentrant du Parc-des-Princes et c'est un véritable problème.
Tous les soirs, dès la fermeture du métro, des centaines de jeunes et moins jeunes patientent place du Châtelet pour attendre le bus qui les rapprochera de leur domicile.
Or, les départs s'effectuant toutes les heures, la fréquence ne permet pas de répondre à une demande sans cesse croissante en particulier le week-end.
Pour répondre au succès des "Noctambus", il faudrait tripler la flottille de bus et porter ainsi la fréquence des rotations à un départ toutes les vingt minutes. Cette mesure conforterait la politique de la ville de Paris en faveur des déplacements en transport public et limiterait l'usage de l'automobile. Par conséquent, elle participerait à la lutte contre l'insécurité routière, dont nous venons parler, un des trois grands chantiers ouverts par le Président de la République.
C'est pourquoi, M. SARRE, Président du groupe du Mouvement républicain et citoyen demande à M. le Maire de Paris de prendre l'attache du Préfet de Paris, Président du S.D.I.F., pour lui demander d'augmenter le nombre de "Noctambus" parisiens.
Je vous assure que c'est vrai qu'hier soir il fallait voir la panique des gens parce que les métros étaient fermés et qu'il n'y avait pas de bus, rien pour rentrer.
Merci.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame CAPELLE.
La parole est à Denis BAUPIN.
M. Denis BAUPIN, adjoint. - Merci, Madame la Maire.
Je voudrais remercier le Mouvement républicain et citoyen pour ce v?u qui va me permettre de donner quelques précisions sur les travaux que nous menons actuellement avec la R.A.T.P. et la S.N.C.F. en ce qui concerne l'utilisation du bus la nuit.
Je veux dire par avance qu'évidemment je suis favorable à ce v?u en précisant quand même que c'est le Préfet de la Région Ile-de-France et non le Préfet de Paris qui préside le S.T.I.F. Peut-être, à l'avenir, ce ne sera plus le Préfet qui présidera le S.T.I.F. mais le Président de Région. Mais c'est une autre question.
En ce qui concerne les déplacements la nuit, il est clair que le développement du transport et les besoins de déplacement la nuit en transports collectifs ne cessent de croître. Ils sont de plusieurs centaines de milliers de déplacements toutes les nuits dans Paris, donc c'est une chose qui est très importante et qui, je pense, a vocation à continuer à augmenter.
Aujourd'hui l'offre de transports collectifs se limite au "Noctambus" de la R.A.T.P., aux bus de nuit de la S.N.C.F. et KEOLIS, et quelques services de proximité en banlieue. Cela correspond à peu près à quelques pour cent de l'offre de bus que l'on a au cours de la journée.
La conséquence est évidemment que la voiture particulière domine très largement dans les déplacements nocturnes, ce qui est totalement contradictoire avec les objectifs du plan de déplacements urbains.
Le point de vue de la R.A.T.P. et de la S.N.C.F. est aujourd'hui que le secteur dans lequel il est le plus facile de progresser en matière d'augmentation de l'offre de transports collectifs est celui des transports de surface, le bus.
On peut réfléchir, et on le fait, en ce qui concerne le métro mais cela pose des problèmes de sécurité, d'organisation d'un mode de transport très lourd et donc pour l'instant ce n'est étudié réellement que pour quelques journées spécifiques comme le 31 décembre et la Fête de la musique. La généralisation aux nuits de week-ends nécessitera un travail supplémentaire, qui n'est pas pour l'instant totalement à l'ordre du jour.
Donc clairement le mode bus apparaît comme celui qui est le mieux à même de développer le transport collectif la nuit et ce travail est effectué en coordination avec la Ville et la S.N.C.F. et la R.A.T.P. qui ont fait des propositions auprès du S.T.I.F. Le constat est que le service actuel affiche un trafic de 1,8 million de voyageurs par an et que l'on est aujourd'hui à un total pour 2002 de 3,3 millions, donc quasiment le double de ce qui était prévu, avec comme conséquence une surcharge, des retards, une saturation du pôle du Châtelet.
La proposition qui est faite et qui donc est aujourd'hui entre les mains du S.T.I.F., concerne une réorganisation complète de ce réseau "Noctambus", qui consisterait à le réorganiser autour de 5 pôles et non plus d'un seul actuellement, à savoir le pôle du Châtelet. Ces 5 pôles concernent le Châtelet d'une part, les gares de Lyon, de l'Est, Saint-Lazare et Montparnasse. C'est autour de ces 5 pôles que se réorganiseraient les 18 lignes de bus existantes qui auraient chacune leur terminus à l'un de ces 5 pôles.
Ce réseau serait complété par une ligne de rocade qui relierait les quatre gares que je viens de citer ainsi que 6 lignes appelées diamétrales qui seraient des lignes de banlieue à banlieue à forte fréquence.
Ce système permettrait d'étendre très significativement l'offre du "Noctambus" à un nombre de communes de banlieue significatif avec un doublement de cette offre en termes de capacité.
Au-delà de cette augmentation de l'offre, la proposition porte aussi sur la qualité du service.
L'accueil dans les pôles concernés est un accueil aujourd'hui quasiment inexistant. Il est nécessaire que l'on pense en période nocturne la modification de la tarification de ces lignes de façon à les rendre plus attractives et en termes d'organisation du territoire notamment des accès et des arrêts de ces lignes de bus.
L'objectif est que l'on ait un doublement du trafic au moment où ce dispositif se mettrait en place. C'est très significatif. Cela a évidemment un coût qui a été évalué par les deux sociétés, S.N.C.F. et R.A.T.P., à 9,9 millions d'euros en termes de fonctionnement en année pleine.
Cette proposition est aujourd'hui entre les mains du S.T.I.F., comme je vous l'ai dit. La demande que j'ai faite, notamment à la réunion que nous avons eue vendredi dernier au Conseil d'administration du S.T.I.F. est que ces propositions concernant "Noctambus" soient étudiées dans les nouveaux contrats qui vont être signés avec la R.A.T.P. et la S.N.C.F.
Il n'y a pas de réponse pour l'instant. Les discussions vont avoir lieu d'ici la fin de l'année. La conclusion de ces contrats est une demande très forte, relayée auprès du S.T.I.F. et des transporteurs de façon que ces nouveaux contrats prennent en compte une très nette amélioration de la circulation des bus la nuit.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BAUPIN.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe du Mouvement républicain et citoyen.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est adoptée. (2003, V. 85).