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Juin 2003
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25 - IV - Question d'actualité du groupe du Mouvement républicain et citoyen à M. le Maire de Paris relative à l'ouverture de dispensaires municipaux

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est maintenant au groupe du Mouvement républicain et citoyen.
Je donne la parole à Mme CAPELLE.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Maire.
Ma question a trait au problème des urgences. Vous me direz que cela se traite normalement dans les hôpitaux, et vous savez tous comme moi le problème récurrent de l'engorgement des urgences dans les hôpitaux notamment de l'A.P.-H.P., pour des raisons diverses et variées, qui ne nous concernent pas ici, mais il y a certaines raisons qui nous concernent, c'est ce que les médecins ont tendance à appeler la "bobologie" qui normalement ne devrait pas arriver aux urgences mais compte tenu du système de soins à Paris, c'est-à-dire de la suppression il y a maintenant une dizaines d'années de tout ce qui était dispensaire, fait que les gens qui ont des difficultés avec un enfant qui a de la fièvre vont directement aux urgences.
Dans certaines villes de banlieue, dans certaines villes de province ou dans certains départements se sont constituées des maisons des urgences. Cela porte d'autres noms suivant l'endroit, c'est-à-dire que des structures se sont mises en place, en partenariat avec la sécurité sociale, avec le département, pour permettre qu'il y ait en permanence un service de soins de proximité, c'est-à-dire que les médecins se réunissent, s'organisent, tout cela se met en place très facilement, notamment aux heures où les médecins libéraux ne fonctionnent plus et pendant les week-ends et les congés.
Je souhaiterais donc savoir, et notamment pour assurer aux familles les plus modestes l'égalité dans les soins - et dans le contexte qui se profile cela va avoir tout son sens - si un tel projet ou de tels projets sont à l'étude dans notre Municipalité.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
M. Alain LHOSTIS va vous répondre.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Vous avez, Madame la Conseillère, rappelé le fait qu'à Paris il avait été décidé d'abandonner une offre en centre de santé, ce que l'on appelait les dispensaires auparavant, parce que l'on pensait que l'accès aux médecins de ville permis par la carte "Paris-Santé" réglerait ce problème. On voit bien ce qu'il en a malheureusement été. C'est vrai qu'on a beaucoup de médecins à Paris, mais nous avons une très forte proportion de spécialistes, qui représentent les deux tiers de l'effectif global et surtout nous avons une répartition géographique très inégale au dépens de l'Est parisien.
Autre spécificité parisienne : le nombre important de médecins intégrés au secteur 2, c'est-à-dire autorisés à pratiquer les dépassements d'honoraires. Enfin, la conjonction de ces phénomènes a rendu difficile l'accès au soins en particulier pour les Parisiens les plus modestes, comme vous l'avez souligné, qui vont aux urgences hospitalières.
J'ai, au début de la mandature, fait pratiquer une étude sur la situation des centres de santé associatifs qui ont subsisté encore à Paris, pour voir quelles étaient leurs capacités d'évolution. Notamment s'ils pouvaient offrir des plages horaires de consultations plus larges. Leur situation est très délicate en général au plan financier. Ils sont souvent structurellement déficitaires. Depuis le début de cette mandature nous avons apporté une aide à l'investissement. Mais nous ne nous sommes pas engagés, à ce stade, dans une aide au fonctionnement de ces établissements. Parallèlement, nous avons examiné les centres de santé de la Ville dont la gestion a été confiée au Centre d'action sociale de la Ville de Paris.
Aujourd'hui, les centres de santé sont dans un état souvent déplorable. Ils n'offrent pas une palette de soins cohérente. Nous avons convenu avec Gisèle STIEVENARD du principe que les Centres du C.A.S.-V.P. reviennent en gestion directe par la Ville. Nous avons effectué un travail avec le Secrétariat général. Un médecin vient d'arriver, pour mener à bien cette réorganisation. Nous espérons ainsi faciliter l'accès aux soins courants en amont de l'hôpital. Nous en sommes au début de ce travail auquel nous allons maintenant associer le personnel concerné.
Des partenariats devront être noués. Comme vous l'avez rappelé, cela existe dans un certain nombre de lieux avec les hôpitaux de l'A.P. Il y a quelques mois j'ai co-signé comme Président suppléant de cette institution un accord entre l'hôpital Louis-Mourier à Colombes et les Centres de santé municipaux de la Ville de Gennevilliers, qui permet ce type d'échanges.
Une telle évolution va demander un certain temps. Nous y travaillons, mais il est important aussi, que l'A.P.-H.P., elle-même, dans le cadre de sa réorganisation, accélère la rénovation de ses urgences et en même temps qu'elle développe comme par exemple elle a su le faire à l'hôpital Lariboisière, ce que l'on appelle une polyclinique qui à côté des 85.000 urgences accueillies à Lariboisière, recueille près de 20.000 consultations qui autrement seraient arrivées aux urgences.
Il y a donc des solutions à trouver. Il faut y travailler. Nous nous y employons, mais bien évidemment il faudra aussi que les pouvoirs publics donnent les moyens à l'A.P. de pouvoir accompagner cette politique. Je rappelle quand même - et vous le savez, puisque vous êtes au Conseil d'administration de l'A.P. - que nous nous acheminons vers une impasse financière de l'ordre de 370 millions d'euros à la fin de l'année. Il faudrait bien que sur ce plan-là des décisions soient prises, sinon tout ce que nous pourrons échafauder ne pourra suffire à répondre aux besoins de la population.