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Juin 2003
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13 - 2003, DVD 260 - PDUIF - Aménagements en faveur du réseau principal de bus. - Axe mobilien 170 (Porte des Lilas - Gare de Saint-Denis)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DVD 260 concernant des aménagements en faveur du réseau principal de bus et notamment l'axe mobilien 170 qui relie la Porte des Lilas à la gare de Saint-Denis.
Je donne la parole à M. VUILLERMOZ.
M. Jean VUILLERMOZ. - J'interviens en lieu et place de Mme Sophie MEYNAUD.
Le projet de délibération qui nous est soumis aujourd'hui vise à améliorer les conditions de fonctionnement de la ligne de bus 170, par la mise en place de mesures destinées à la rendre plus performante et pour renforcer la qualité de services offerte.
Cette ligne longue de dix kilomètres relie la Porte des Lilas à la gare de Saint-Denis en desservant six communes : Paris, les Lilas, le Pré-Saint-Gervais, Pantin, Aubervilliers et Saint-Denis.
Tout un ensemble d'aménagements sont prévus qui seront réalisés sur plusieurs années pour classer cet axe en axe "mobilien".
Naturellement les travaux programmés sur Paris, avenue de la Porte des Lilas, Place du Maquis-du-Vercors et rue des Frères-Flavien gagneront à être compris dans le cadre de l'opération de couverture du périphérique et du projet plus global envisagé autour de la porte des Lilas, projet dont notre Conseil a débattu récemment.
De plus, l'amélioration de la ligne 170 offrira une meilleure interconnexion avec la ligne 11 du métro et avec le futur tramway. Tout cela est extrêmement positif.
Il reste que nous devrons être vigilants au fur et à mesure de la montée en charge du projet à ce que l'amélioration progressive de la productivité sur cet axe - amélioration rendue possible grâce aux aménagements consentis - soit bien réinvestie en faveur de l'amélioration de la qualité de service, donc en faveur des usagers. Je pense en particulier à la réduction des temps de parcours qui offrira des moyens nouveaux pour une meilleure amplitude du service, l'amélioration des fréquences, la mise en service de véhicules performants et toujours plus respectueux de l'environnement.
Ces objectifs doivent être actés et intégrés à part entière à ce projet.
En la matière, il nous faudra également être attentifs à ce que l'autorité organisatrice, le S.T.I.F. et la R.A.T.P. s'engagent au niveau voulu pour améliorer concrètement cette ligne.
Aujourd'hui la gestion du "mobilien" dans Paris intra-muros concerne 17 lignes. Le programme actuel qui doit s'achever en 2005 représente une avancée positive pour les transports dans la Capitale.
Je pense d'ailleurs, Monsieur le Maire, qu'un bilan d'étape de ce programme, qui est un des aspects majeurs du Plan de Déplacement urbain d'Ile-de-France, pourrait être présenté devant notre Assemblée lors d'une prochaine séance.
Toutefois, à mon avis, il faut dans ce domaine, et dès à présent, regarder au-delà de 2005.
En effet, il est temps d'ouvrir un chantier de réflexion sur ce que l'on pourrait nommer un "Mobilien nouvelle génération" dont l'ossature pourrait être les 24 lignes de bus qui relient Paris et la banlieue.
Attacher l'attention qu'il mérite à ce réseau, ce serait tout à la fois se donner un levier efficace pour réduire encore la place de la voiture en proposant des alternatives performantes nouvelles en matière de transports collectifs, et marquer une attention nouvelle aux dessertes des arrondissements situés en couronne de Paris, ainsi qu'aux relations avec les communes voisines.
Pour toutes ces raisons, Madame la Maire, je suggère que des études soient lancées le plus rapidement possible dans ce sens si l'on veut prolonger et même amplifier notre action pour de meilleurs déplacements, pour une meilleure qualité de vie et de santé pour les habitants de Paris et de la Région.
Merci de votre réponse et de vos précisions.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur VUILLERMOZ.
La parole est à Mme KUSTER.
Mme Brigitte KUSTER. - Merci.
Au-delà de ce projet de délibération, je voudrais aller dans le sens de M. VUILLERMOZ, sa proposition concernant un super Mobilien me paraît pertinente et j'entendrai la réponse de M. BAUPIN avec intérêt.
Le projet de délibération DVD 260 concerne un certain nombre d'aménagements pour améliorer la circulation du bus 170 dans le cadre du projet Mobilien. Si le trajet du bus est situé en banlieue, toutefois, un certain nombre d'aménagements sont prévus sur le territoire parisien. Leur coût est estimé à 381.521 euros imputés au budget d'investissement de la Ville de Paris.
J'aurais aimé avoir quelques précisions sur ce financement. Vous indiquez que l'opération est susceptible d'être subventionnée par l'Etat, le Syndicat des Transports d'Ile-de-France et la Région. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus et quel est le niveau des subventions que vous attendez ? Couvrent-elles l'ensemble des dépenses ou une partie restera-t-elle à la charge de la Ville de Paris ? Si tel est le cas, quel en sera le montant ?
Par ailleurs, comment cet aménagement de la ligne 170 pourra-t-il s'insérer dans la perspective du réaménagement de la Porte des Lilas et de la couverture prévue du boulevard périphérique ?
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci.
La parole est à Mme Geneviève BELLENGER.
Mme Geneviève BELLENGER. - Merci.
Je voulais simplement intervenir sur ce projet de délibération. Sauf erreur de ma part, mais M. BAUPIN me corrigera, nous sommes en présence du premier contrat d'axe intercommunal Paris/Département de Seine-Saint-Denis. Cela démontre, faut-il le redire, que Paris, dans le cadre de la mise en ?uvre du Plan de déplacements urbains Ile-de-France, ne s'oppose pas aux communes riveraines, mais les accompagne (ce projet de délibération le démontre de façon notable par les aménagements qui seront faits à Paris). Un comité de suivi se chargera de l'évolution de l'offre, de la qualité de l'offre au sein de ce Contrat d'axe, il apportera une réponse au diagnostic du Plan de déplacements urbains d'Ile-de-France, mettant un terme à la dualité territoriale qui avait été dénoncée dans les liaisons Banlieue/banlieue, mais aussi Paris-banlieue, par cette rocade qui fait 10 kilomètres.
Je me réjouis que la Ville de Paris soit "faciliteur" et réponde à la demande et à l'attente de 76 % des Parisiens et Franciliens qui, lors du récent sondage du S.T.I.F., ont souhaité la continuité, sur l'ensemble du territoire Ile-de-France, de l'aménagement de couloirs de bus protégés afin de se déplacer autrement parce que n'oublions pas, ce sont les automobilistes qui souvent, avec cette offre de qualité de transports en commun de surface, sont les premiers à laisser leur voiture et en ce sens, la mise en ?uvre de ce PDU et de cette ligne 170 répondent à leurs attentes légitimes pour un développement durable, merci.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame BELLENGER.
M. Denis BAUPIN a la parole pour la réponse.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Merci, Madame la Maire.
Je voudrais me féliciter du climat très consensuel dans lequel nous travaillons sur cette ligne 170. Cela tranche avec des débats antérieurs que nous avions pu avoir dans l'hémicycle sur d'autres propositions de couloirs de bus et cela augure bien des prochains débats que nous aurons sur les prochaines lignes mobiliennes.
Quelques éléments de réponse avant d'en venir à la proposition très intéressante de Jean VUILLERMOZ.
Sur la couverture du périphérique d'abord, celle-ci progresse au rythme normal qui a été prévu. La seule inquiétude aujourd'hui qui reste pour nous, c'est le niveau auquel l'Etat maintiendra ou pas son engagement par rapport au Contrat de plan Etat/Région. Chaque sait que le Contrat de plan Etat/Région a été surbooké, qu'il y a donc d'autres projets par rapport à la capacité de financement inscrite dans ce contrat. La révision prévue cette année a été reportée après les élections régionales - chacun, d'ailleurs, aurait pu l'anticiper fort logiquement - et aujourd'hui nous n'avons pas l'assurance (pas non plus de raisons particulières de nous inquiéter, mais il vaut mieux être prudent en la matière) que l'ensemble des engagements pris par l'Etat en matière de couverture de périphérique sera respecté. C'est évidemment une inquiétude. Il y a quand même quatre couvertures de périphérique prévues pour cette mandature municipale : deux tronçons dans le 17e arrondissement, un sur la partie 19-20e concerné par la Porte des Lilas et un sur la Porte de Vanves dans le 14e arrondissement.
La ligne 170 débouche sur cette Porte des Lilas qui est la deuxième gare routière de Paris ; c'est donc, après la Porte d'Orléans, un n?ud en matière de lignes de bus qui est très important et qui sera renforcé lorsque le Tramway des Maréchaux arrivera jusqu'à la Porte des Lilas, nous l'espérons, dans un avenir pas trop lointain.
En ce qui concerne la question que vous posez sur l'amélioration de la productivité et son réinvestissement dans la qualité de service, c'est évidemment, vous le savez, un point sur lequel j'insiste beaucoup au niveau du Syndicat des Transports d'Ile-de-France, c'est-à-dire l'augmentation de l'offre de bus dans la Capitale et sur l'ensemble des lignes de la petite couronne. C'est un élément essentiel. Si nous voulons faire en sorte que ces lignes soient attractives, non seulement il faut améliorer la vitesse mais encore il faut que le nombre de bus prévus circulent. Les réponses du S.T.I.F. ne sont pas toujours très satisfaisantes. Nous avons réussi, au niveau parisien, à obtenir quelques améliorations cette année, mais en nombre insuffisant de notre point de vue. Un groupe de travail vient d'être mis en place à notre demande au sein du Syndicat des Transports d'Ile-de-France pour mener une évaluation globale des besoins et de l'offre dans les années qui viennent, qui ne se limite pas à quelques petits projets par ci, par là, mais qui soit réellement une politique de l'offre. Gageons que ce travail permettra que les règles du Syndicat des transports de l'Ile-de-France prennent ces éléments en compte de façon que des décisions ambitieuses puissent être prises en la matière.
En ce qui concerne la question de Mme KUSTER sur la prise en compte des coûts du Mobilien par les financeurs, les dispositifs ont pas mal varié ces derniers mois. Aujourd'hui, le dispositif qui a été arrêté par l'Etat, la Région et le S.T.I.F. est un financement à hauteur de 80 % du financement hors taxes du Mobilien. C'est donc un financement très conséquent et qui nécessite, évidemment, que l'ensemble de ces financeurs aient validé ce projet. Mais je ne vois pas de raisons pour lesquelles, à partir du moment où c'est conforme au Plan de Déplacements Urbains d'Ile-de-France et où ces financements sont prévus, pour une part, au Contrat de plan Etat/Région, ces financements ne seraient pas attribués pour cette ligne 170.
J'en viens à l'aspect peut-être le plus intéressant de ce projet, souligné aussi bien par M. VUILLERMOZ que par Mme KUSTER et Mme BELLENGER. Il s'agit en effet de la première ligne mobilienne de liaison Paris-banlieue, même si, il faut bien le constater, dans Paris le tronçon concerné est faible.
J'en viens donc à la suggestion que vous avez faite, Monsieur VUILLERMOZ, sur laquelle nous avons déjà travaillé avec M. MANSAT dans le cadre de l'élaboration du P.A.D.D. et du Plan de déplacements de Paris, proposition que j'ai faite lors du dernier Conseil d'administration du S.T.I.F., puisque d'une part nous sommes en train de réexaminer les futurs contrats qui lient le S.T.I.F. à la R.A.T.P. et à la S.N.C.F. d'autre part, cette proposition consiste à revoir le réseau actuel qui différencie de façon très significative les bus de Paris et ceux de banlieue. Quelques lignes de banlieue rentrent dans Paris, beaucoup moins de lignes parisiennes vont jusqu'en banlieue. Il y en avait 6 jusqu'à ce que nous prolongions la ligne qui vient d'Ivry et qui rentre jusqu'à la bibliothèque François-Mitterrand (c'est la 325, je crois), ce qui en fait maintenant simplement 7. Il faut aller beaucoup plus loin. Si nous voulons faire en sorte que nos concitoyens qui viennent de banlieue travailler à Paris, ou qui, de Paris, vont travailler en banlieue, utilisent des transports collectifs, il faut limiter les ruptures de charges, il faut limiter les correspondances, il faut donc que les lignes puissent réellement s'interpénétrer. J'ai donc fait cette proposition dans le cadre de la nouvelle contractualisation. Je pense qu'elle doit être vraiment au c?ur de la réflexion sur la révision du Plan de déplacements urbains d'Ile-de-France qui interviendra dans les années qui viennent.
C'est donc un élément très significatif de l'interconnexion entre Paris et sa banlieue. Cela nécessite aussi qu'au niveau parisien nous le prenions en compte en amont, notamment parce que si des terminus supplémentaires doivent être pris en compte dans le c?ur de Paris, il faudra forcément réserver des emprises en conséquence sur la chaussée. C'est donc un élément qui doit être réfléchi dès maintenant dans le cadre du P.L.U.
Mais je crois que c'est vraiment un élément d'avenir à la fois en matière d'attractivité des transports collectifs et en matière de relations renouées, retissées, recousues au travers de ces lignes de bus avec nos voisins des communes limitrophes de Paris.
Donc, je crois que c'est réellement une piste très intéressante sur laquelle Mme IDRAC m'a d'ores et déjà dit qu'elle était intéressée pour travailler ensemble. Je crois que nous avons là quelque chose de très significatif culturellement et en matière de déplacements et de transports collectifs.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BAUPIN.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 260.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DVD 260).