Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2003
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

149 - Vœu n° 31 déposé par M. BOHBOT et les membres du groupe U.M.P. relatif à l'horloge "Le défenseur du temps"

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le v?u n° 31 relatif à l'horloge "Le défenseur du temps" déposé par M. BOHBOT et le groupe U.M.P.
La parole est à M. BOHBOT.
M. Jack-Yves BOHBOT. - Merci, Monsieur le Maire.
L'horloge "Le défenseur du temps" orne, depuis les années 80, une des façades de la rue Bernard-de-Clairvaux, au c?ur du Quartier de l'Horloge, dans le 3e arrondissement. Je pense que tous les élus qui sont ici présents la connaissent bien puisqu'elle est située à quelques mètres de l'Hôtel-de-Ville.
Elle représente un chevalier défendant le temps contre l'attaque successive de trois monstres, l'un venu de la mer, l'autre de la terre et le dernier du ciel.
Visitée par des dizaines de milliers de touristes chaque année, elle fait désormais partie intégrante du patrimoine culturel de Paris.
C'est son créateur, Jacques MONESTIER, qui en assure l'entretien et la surveillance depuis sa création et, depuis 1995, les charges ont été financées, chaque année, par la Ville de Paris.
Or, pour l'année 2003, aucune aide n'a été versée par la Ville de Paris et M. MONESTIER ne peut plus faire face financièrement au nécessaire entretien du délicat mécanisme de cet automate.
Il en a informé M. le Maire de Paris par courrier en date du 23 mai, en précisant que faute de soutien financier, il sera obligé, à son grand regret et au nôtre, d'arrêter le fonctionnement de l'horloge pour le 1er juillet prochain.
Les riverains se sont largement mobilisés puisqu'à ce jour, près de 600 signatures ont été recueillies par l'association des riverains du quartier de l'horloge. La presse a également signalé ce dysfonctionnement.
C'est la raison pour laquelle le groupe U.M.P. vous propose, monsieur le maire, le v?u suivant : "propose qu'une subvention soit accordée pour l'année 2003 à l'association syndicale libre du quartier de l'Horloge, dont le siège social est 6, rue Bernard-de-Clairvaux, pour l'entretien de l'horloge "Le défenseur du temps".
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Madame MAZETIER, vous avez la parole.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe. - Décidément, ce matin, Monsieur BOHBOT, le temps qui passe et la mémoire qui fait défaut vous caractérisent.
Je voudrais vous rappeler votre vote en Conseil d'arrondissement du 11 septembre 2002, sur la délibération qui accordait une subvention de 16.300 euros au Syndicat libre du quartier de l'Horloge. Ce jour-là, il y a eu unanimité pour donner une subvention à cette association, moins deux abstentions, dont la vôtre, Monsieur BOHBOT. Retrouvez la mémoire.
Je voudrais rendre à César ce qui est à César, à MONESTIER ce qui est à MONESTIER et à l'association du Syndicat libre du quartier de l'Horloge ce qui est à elle.
Vous avez rappelé très brièvement, et vous avez oublié en fait, une partie de l'histoire de cette horloge. Cette horloge à automate a été achevée en 1979 et, depuis, pendant un moment, le Syndicat libre du quartier de l'Horloge, qui en est propriétaire et qui regroupe l'ensemble des copropriétaires de ce quartier, avait passé un contrat avec M. MONESTIER, le créateur de cette horloge, pour son entretien.
Ce contrat s'est achevé en juin 1993. En 1994, les copropriétaires du quartier de l'Horloge n'ont plus souhaité assurer l'entretien de cet élément, qui leur appartient pourtant. Il a été demandé à l'administration de la Ville de trouver d'urgence une solution.
Dans une note du 30 septembre 1994, adressée à Jean-Jacques AILLAGON, alors Directeur des affaires culturelles de la Ville, le Secrétaire général de la Ville indique : "Il faut sortir d'urgence de cette situation. Il n'est plus temps d'accumuler les obstacles".
Je vous demande de vous interroger sur la date de cette note et sur la date à laquelle est intervenu le vote de la première subvention, importante d'ailleurs, en faveur de cette horloge et de cette association.
Il s'agit de janvier 1995. Drôle d'année pour un début de subvention !
Que s'est-il donc passé en 1995 dans le quartier de l'Horloge ? A part l'arrêt de cette horloge ?
Depuis, la Ville de Paris prend effectivement en charge la totalité du coût d'entretien d'un élément qui ne lui appartient absolument pas. Précédemment, cette subvention était votée sur ligne. Encore une ! Donc sans contrôle. Jusqu'à ce que nous arrivions.
Depuis, cette subvention fait l'objet d'une délibération, qui est débattue, qui est transparente, qui est délibérée y compris dans les arrondissements, comme le prouvent d'ailleurs les débats du 11 septembre 2002 du Conseil 3e arrondissement qui, très légitimement, a voté la subvention mais a demandé également qu'un peu plus de transparence et un peu plus de mise en concurrence dans l'entretien de cette horloge soient respectées.
Alors, nous avons suivi. Nous, nous écoutons ce que disent les élus de terrain, ce que nous disent les arrondissements, et nous avons suivi leur demande.
Nous avons sollicité le cabinet Loiselet et Daigremont parce que nous, nous ne pouvons pas organiser la concurrence dans l'entretien de cette horloge puisqu'elle ne nous appartient pas et que ce n'est pas nous qui payons l'entretien. C'est bien cette fameuse association du Syndicat libre du quartier de l'Horloge.
Le cabinet Loiselet et Daigremont qui gère cette association, interrogé, a tenu à rappeler par lettre que M. MONESTIER était le créateur de cette horloge et que "nous ne voyons pas de quelle manière nous pourrions trouver un horloger qui pourrait prendre en charge l'entretien de cette horloge alors que M. MONESTIER connaît parfaitement son fonctionnement et assure son entretien depuis des années." Cela s'appelle une fin de non recevoir, Monsieur BOHBOT.
Au-delà de la transparence, il s'agit d'une question de principe. S'agissant d'un bien privé implanté sur des bâtiments privés, la Ville de Paris n'aurait pas dû prendre en charge l'intégralité de l'entretien de cette horloge à automate.
Je prendrai quelques exemples : il y a des tas de machines dans Paris qui appartiennent à des copropriétés et qui sont des sujets de curiosité et d'étonnement pour les visiteurs. C'est le cas à la galerie Elysées-Rond-Point au Champs-Elysées ou c'est le cas dans la galerie du Claridge. Il y a des ?uvres entretenues par des copropriétés et nous ne sommes pas sollicités pour les entretenir.
En revanche, nous, Ville de Paris, nous prenons bien entendu en charge l'entretien des ?uvres cinétiques qui sont notre propriété, comme c'est le cas, pas très loin d'ailleurs de cette Horloge, de la Fontaine Tinguely qui a été décorée par les sculptures de Nicky de Saint-Phalle, dans le même quartier Beaubourg, qui est entretenue par convention par la S.E.M.-Centre.
Donc, nous nous sommes interrogés. Cette subvention fait l'objet d'une instruction normale, naturelle, et très légitimement cette subvention, son montant, ses modalités d'attribution, feront l'objet d'une délibération comme cela a été le cas en 2002. Ce sera le cas en 2003.
Certes en 2002, cela a été le cas en septembre. Peut-être que cette année, ce sera le cas plus tôt. Mais je voudrais que vous soyez cohérent avec vous-même, Monsieur, et je voudrais que vous soyez honnête avec l'ensemble de vos collègues et en particulier avec le maire d'arrondissement qui a été le premier à m'alerter sur cette situation, qui est très attaché au fonctionnement de cette horloge.
En revanche, nous ne céderons ni à l'ultimatum, ni à la mauvaise foi qui caractérise votre v?u.
Je propose donc que nous ne votions pas votre v?u et que nous procédions à l'examen serein, tranquille et normal des subventions que nous attribuons à toutes les associations de cette ville.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u n° 31 déposée par M. BOHBOT, avec un avis défavorable de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de v?u n° 31 est repoussée.