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Juin 2003
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24 - III - Question d'actualité présentée par M. TRÉMÈGE, au nom du groupe U.M.P., à M. le Maire de Paris relative au rapport d'enquête publique sur le T.M.S

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question du groupe U.M.P.
Vous avez la parole, Monsieur TRÉMÈGE.
M. Patrick TRÉMÈGE. - Nous souhaitons vous interpeller sur le résultat de l'enquête publique sur le tramway des Maréchaux sud.
Nous regrettons qu'alors même que vous avez reçu le rapport, vous n'ayez pas jugé utile de le transmettre à l'opposition. C'est une preuve supplémentaire du mépris dans lequel vous tenez les élus de cette opposition, mais en réalité cette méthode n'est que l'exact reflet de ce même mépris que vous avez vis-à-vis de la population qui conteste vos différents choix.
Je souhaiterais vous interroger également sur le triomphalisme qu'a bien voulu montrer votre adjoint chargé de la Voirie sur le résultat de cette enquête publique.
Voilà une enquête, Monsieur le Maire, totalement bouclée, c'est-à-dire que vous offrez comme alternative aux Parisiens le choix entre tracé Maréchaux et tracé Maréchaux. Point barre.
Malgré cela, un des commissaires-enquêteurs nous donne un avis défavorable, ce qui est, à ma connaissance, un élément d'une grande rareté.
Les deux autres commissaires-enquêteurs font valoir, puisqu'ils sont obligés de rester dans les clous du texte que vous leur avez soumis, un certain nombre de réserves techniques. Ce ne sont pas les plus minces puisqu'il s'agit notamment des problèmes de déviations de réseaux, questions sur lesquelles l'une de mes collègues, Brigitte KUSTER, vous interroge très régulièrement, ainsi que sur la qualité de la ligne P.C., c'est-à-dire qu'en réalité le nouveau tramway n'offrira pas la moitié du quart des avantages que la ligne P.C. revêt pour les habitants qui sont directement concernés.
En gros, la seule ligne mobilien qui marche dans Paris, vous n'avez de cesse que de la casser.
Je ne comprends pas pourquoi, sur ce dossier qui mériterait un très large consensus, puisque cette idée nous l'avons nous même initiée, vous souhaitez tellement camoufler, vous êtes gênés et vous n'acceptez pas qu'il y ait la réouverture d'un débat.
Ma question est simple, Monsieur le Maire. Cet avis de la commission n'est pas un avis obligatoire. Par conséquent, vous pouvez faire sur ce sujet ce que vous souhaitez. Est-ce que vous souhaitez réellement associer la population aux différents choix qui s'offrent pour la ligne tramway du Sud de Paris ?
Merci.
(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui, effectivement, non seulement il faut faire ce qu'on souhaite, les uns comme les autres mais il faut faire surtout. Vous dites que c'était votre souhait, eh oui, mais vous n'avez pas fait. Il faut faire ce qu'on souhaite et, quand il faut, passer à l'acte aussi.
Denis BAUPIN, comment passe-t-on à l'acte ?
M. Denis BAUPIN, adjoint. - Je voudrais confirmer, Monsieur TRÉMÈGE, que nous nous félicitons de l'excellente nouvelle annoncée par ce rapport, une excellente nouvelle pour les Parisiens et les Franciliens concernant un grand projet urbain et de transport pour le Sud de Paris.
J'ai bien noté que visiblement, et je l'avais vu au travers des réactions de votre Président de groupe, que vous auriez préféré un avis défavorable.
Nous n'avons pas la même vision de ce qui est bon pour les Parisiens, et cela me donne parfois envie de paraphraser le Premier Ministre en me demandant : "si vous ne préférez pas votre parti à Paris !"...
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauchen communiste et du Mouvement républicain et citoyen).
Franchement, alors qu'un grand débat public vient d'avoir lieu à l'initiative du Préfet de Région et du Préfet de Paris qui ont organisé cette enquête publique, que ce débat public a eu lieu avec toute la mobilisation que vous avez bien voulu organiser pour promouvoir un autre projet (qui avait un sens, j'ai eu l'occasion de le dire à d'autres moments et dans le peu de temps dont je dispose, je ne vais pas revenir sur le fond de ce débat), à aucun moment les représentants de l'opposition n'ont critiqué la méthode choisie par le Préfet de Région et par le Préfet de Paris pour l'organisation de ce débat.
Et tout à coup, parce que le résultat ne vous est pas favorable, vous estimez que ce débat s'est mal tenu, n'a pas eu les conditions de transparence et d'objectivité nécessaires.
Vous dites qu'un des commissaires a émis un avis défavorable, mais deux sur trois, comme dirait M. GISCARD d'ESTAING, cela fait une majorité ! Pour nous, c'est une majorité de la commission d'enquête !
J'ai des références !
(Rires).
Certains dans mon parti vont encore me dire que je me "droitise" !
(Rires).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Même au sein de la droite : GISCARD, RAFFARIN... !
Cela ne m'inquiète pas du tout. J'ai confiance en lui et en tous mes adjoints. Pourquoi sous-estimer cette famille giscardienne ? Il y a beaucoup de choses intéressantes, n'est-ce pas ?
M. Denis BAUPIN, adjoint. - Je peux vous assurer que nous sommes en train de prendre en compte les quelques réserves posées par les commissaires-enquêteurs et l'ensemble des suggestions dans ce rapport volumineux dont je crois savoir que vous l'avez eu entre les mains quand j'entends vos questions. Il a d'ailleurs été transmis aux maires d'arrondissement.
Vous pouvez aussi voir avec les maires d'arrondissement pour obtenir ce rapport. Il est public. Il est également sur Internet, le Préfet s'est engagé à l'y mettre.
La qualité de ce rapport vient du travail très sérieux des commissaires-enquêteurs - ils ont travaillé pendant plusieurs mois de façon attentive - du travail de la Ville, de la R.A.T.P., de la S.A.G.E.P. Je me félicite que, dans les relations que nous avons avec les services de l'Etat, il n'y ait pas la même approche que celle que vous avez sur ce projet.
Ce travail avance bien et si les choses continuent à ce rythme, nous pensons pouvoir mettre en service ce tramway mi-2006.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.
Je donne la parole à Patrick TRÉMÈGE, mais soyez dans votre temps de parole.
M. Patrick TRÉMÈGE. - Merci, Monsieur le Maire, de bien vouloir m'accorder le droit de réponse.
En dehors des effets de manche de M. BAUPIN, acceptez de considérer qu'il y avait sur cette enquête publique la possibilité d'offrir aux Parisiens de se prononcer sur un choix.
Mon propos n'est pas polémique. Je regrette que, pour un projet d'une telle envergure, on ne puisse pas trouver un consensus qui aurait permis que le dossier avance bien plus vite.
Encore une fois, ce n'est pas un crime de lèse-majesté de considérer qu'il était souhaitable qu'il y ait une véritable concertation. Elle n'a pas eu lieu, je le déplore comme l'ensemble des Parisiens qui ont pris la peine de faire valoir un avis différent. Vous n'en tenez pas compte, je le regrette, et l'opposition fera ce qu'elle a à faire.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Il y a presque consensus sur ce dossier. Il se trouve que tel ou tel élu de l'opposition qui, depuis le début, est contre, voudrait que ce soit autrement. Je respecte votre point de vue vraiment, mais à un moment donné, il faut bien avancer. Il y a beaucoup d'élus, y compris de l'opposition, qui sont ravis qu'on puisse avancer.
Voilà : ce n'est pas grave tout cela !