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Juin 2003
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144 - 2003, DAC 245 - Acquisition de 3 œuvres d'art pour le Musée d'art moderne

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAC 245 relatif à l'acquisition de trois ?uvres d'art pour le Musée d'art moderne.
Monsieur POZZO-DI-BORGO, vous avez la parole.
M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, en novembre 2002, ma collègue Elisabeth de FRESQUET était intervenue à propos de l'achat d'une ?uvre d'art par le Musée d'art moderne de Paris : c'était le fameux Perroquet. Il avait été convenu alors qu'en 9e Commission une meilleure présentation des ?uvres par les musées municipaux serait faite pour les conseillers.
Manifestement, dans ce projet de délibération qui nous est soumis aujourd'hui pour l'achat de trois ?uvres d'art, cela n'a pas été fait.
Lors du débat de novembre 2002 sur le sujet, tout le monde avait parlé de la nécessité de laisser travailler une commission indépendante. Alors, au groupe U.D.F., nous avons voulu savoir quelle était la composition de cette commission et je voudrais, à ce propos, remercier M. GIRARD de nous avoir donné la liste de cette commission parce que je me souviens qu'un des Directeurs des Affaires culturelles précédent considérait que les élus n'avaient pas le droit d'avoir cette liste-là.
Regardons cette Commission.
Elle réunit : le Directeur des Affaires culturelles, un fonctionnaire, le sous-directeur du patrimoine, un fonctionnaire, le chef du bureau des musées, un fonctionnaire, le Conservateur conseiller scientifique auprès du sous-directeur du patrimoine, un fonctionnaire, le directeur du Musée d'art moderne, un fonctionnaire, un responsable de l'ARC, un fonctionnaire, le responsable de la Direction artistique, un fonctionnaire, un conservateur du MAM, un fonctionnaire, un représentant des musées de France, un fonctionnaire, et j'oublie un collectionneur privé qui, comme par hasard, est membre d'une des grandes familles de galeristes parisiens.
Les fonctionnaires sont, certes, compétents, sensibles et les galeristes aussi. Ils connaissent ce monde-là. Mais il ne faut pas oublier que c'est un monde clos, propriétaire du jugement sur l'art vivant, sur l'art contemporain. Ceci est d'ailleurs une spécificité bien française. C'est un monde fermé d'aristocrates de l'art qui ont la maîtrise du goût et du choix sur l'art vivant. Cela explique peut-être le peu de présence des artistes français actuels dans le marché mondial de l'art contemporain.
Alors, Monsieur le Maire, je vous le demande, réfléchissons à une commission beaucoup plus ouverte, plus en phase avec le monde de tous les jours. Bien sûr, il faut la compétence des fonctionnaires et des galeristes, mais ils ne doivent pas avoir le monopole du choix. Ajoutons à cette commission des critiques, des usagers, des vrais collectionneurs qui ne soient pas des galeristes professionnels, des enseignants de l'art plastique, mélangeons les genres, mettons-y des écrivains, des artistes, des journalistes, et puis pourquoi pas des élus ?
Les élus ont quand même une capacité de jugement, surtout lorsqu'un jugement est confronté aux compétences et aux spécialistes. Que la 9e Commission la Commission culture ait un rôle beaucoup plus important et que ce soit elle qui cautionne les choix faits par une commission beaucoup plus ouverte telle que je la propose.
Nous voterons contre ce projet de délibération, non pas pour le choix des ?uvres - nous ne nous le permettrions pas - mais parce que la méthode qui est actuellement en vigueur n'est pas encore changée.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur GIRARD, vous avez la parole.
M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - C'est un sujet évidemment très compliqué - et je remercie Yves POZZO-DI-BORGO - avec lequel j'échange régulièrement sur ce sujet (ainsi qu'avec d'autres élus d'ailleurs, quelle que soit leur appartenance politique) de la pertinence de siéger ou pas, pour les élus, dans des commissions dites indépendantes...
M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Pas que les élus.
M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - Non, non, j'ai bien entendu.
Je crois que personne ne détient la vérité dans ce domaine et qu'ici ou là, dans les régions, on est à un moment où la régionalisation va faire qu'en effet, localement, les élus auront plus de pouvoir sur la politique culturelle. Or, on a déjà vu dans le passé un certain nombre de dérives. Donc, c'est évidemment ce souci qui m'habite aujourd'hui, qui est de ne pas voir ici ou là, des élus s'emparer, tout simplement parce qu'ils sont élus, de la culture et d'imposer leur goût.
Ce qui est important, c'est que nous nous réunissions et débattions. Je crois que c'est un sujet dont la 9e Commission doit débattre, mais je suis prêt à rencontrer les élus qui le souhaitent. Je sais qu'ils sont déjà quelques-uns dont vous, Yves POZZO DI BORGO, pour que je puisse peut-être faire des propositions. Mais je resterai très attaché à l'indépendance et à la nomination des experts indépendants.
Quand je regarde la liste, et plus particulièrement le Musée d'Art moderne, c'est la continuité, c'est la compétence, c'est l'indépendance qui prévalent au-delà des alternances politiques.
Je suis d'accord pour qu'on en discute. Je ne suis ni sectaire, ni fermé. Je suis très attaché à l'indépendance.
La polémique sur BROODTHAERS a été très enrichissante et salutaire. J'en reparlais avec Mme de FRESQUET, cela a permis un dialogue plus grand des uns et des autres avec les musées eux-mêmes et ceux qui les animent, ainsi qu'avec la Direction des affaires culturelles.
D'accord pour discuter et imaginer une solution qui permettrait, si l'équilibre est respecté, qu'en effet les élus puissent participer à un débat et peut-être siéger, mais en tout cas ouvrons le débat, pas plus !
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 245.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAC 245).