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Juin 2003
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26 - V - Question d'actualité déposée par Mme MARTIANO, au nom du groupe U.D.F., relative à la qualité des relations de l'Exécutif et les fonctionnaires territoriaux

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Je rappelle aux adjoints que pour eux aussi le temps de parole est de deux minutes.
La parole est maintenant à Mme MARTIANO pour le groupe U.D.F.
Mme Géraldine MARTIANO. - Merci, Monsieur le Maire.
Lors de notre dernière séance le groupe U.D.F. vous avait interrogé sur la qualité des relations de l'Exécutif et des fonctionnaires territoriaux. Elisabeth de FRESQUET vous avait rappelé la récente enquête menée auprès du personnel de la Ville concernant leur motivation et les résultats inquiétants que ce sondage avait fait apparaître.
Depuis les Parisiens ont eu à subir une grève des éboueurs pendant près de 3 semaines. Les revendications de ces derniers portaient sur leur statut, leurs rémunérations et l'ouverture d'un dialogue toujours attendu sur l'amélioration de leur carrière pourtant promis il y a quelques mois par l'exécutif municipal. La C.F.T.C. elle-même s'est vue obligée de déposer un préavis de grève pour que vous l'écoutiez enfin...
Force est de constater que la négociation avec ses agents n'est pas le fort de l'équipe municipale.
Rappelons que cette grève a provoqué par ailleurs des dommages collatéraux, par exemple l'amoncellement de détritus devant les écoles comme ce fut le cas 11 jours durant aux abords de l'établissement scolaire de la rue de Musset dans le 16e arrondissement.
Or, le risque d'un nouveau mouvement social est toujours latent. Les syndicats continuent de s'opposer à votre projet "Paris propre ensemble" et ils ont déclaré qu'ils allaient s'organiser afin d'opposer un front de résistance à la Ville, que ce n'est pas parce qu'on suspend qu'on arrête le mouvement de grève. Unanimement ou presque, notre Assemblée ce matin a mis en doute l'efficacité de votre action. Je ne tirerai pas sur l'ambulance, M. VUILLERMOZ vous a déjà tout dit ce matin.
Vos réponses sont évasives et peu convaincantes. Pouvez-vous nous indiquer clairement les concessions faites par la Ville pour obtenir l'arrêt de la grève. Paris peut-elle être candidate à l'organisation des Jeux olympiques avec toutes ses chances dans un climat social aussi détestable ?
Quelles mesures comptez-vous prendre pour qu'enfin un dialogue s'instaure avec les fonctionnaires de la collectivité ? Quelles conséquences avez-vous tiré du récent conflit et quelle décision comptez-vous prendre pour que les Parisiens ne supportent plus des situations difficiles où les risques sanitaires ne sont pas négligeables ?
Je vous remercie.
M. Alain DESTREM. - Très bien ! Bravo.
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. CONTASSOT.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
A l'initiative des syndicats, effectivement, un mouvement de grève relevant des services de la propreté observé à compter du 26 mai a été suspendu à l'appel de ces mêmes syndicats le 12 juin. Sur cette période je voudrais souligner qu'il y a eu quotidiennement entre 20 et 40 % au maximum des personnels qui ont participé à ce mouvement, 40 % les jours de grève nationale.
Je voudrais souligner également que les motivations de ce mouvement ne peuvent être résumées, comme le laisserait supposer la question posée, à une pure réaction défavorable des personnels quant au projet de réorganisation du service "Paris propre ensemble".
Il est vrai cependant que le contexte social national actuel ne favorise pas la bonne appréhension de la démarche proposée aux agents de la Propreté de Paris.
Je veux préciser que l'arrêt de travail, suivi par une partie du personnel, était lié à des revendications salariales et particulièrement au projet gouvernemental sur les retraites - il suffit de lire les tracts des syndicats -, à l'image de ce qui a été constaté ou qui l'est encore dans d'autres grandes villes françaises, où les conflits sociaux dans ce secteur du nettoiement et de la collecte ont eu des conséquences beaucoup plus lourdes qu'à Paris pour la vie quotidienne de leurs habitants.
Je note d'ailleurs qu'à Paris, nous n'avons pas connu des tas d'ordures de trois mètres de haut ou des incendies, encore moins d'appels alarmés, comme nous en avons entendu la perspective dans certaines grandes villes françaises. Jamais la situation à Paris n'a égalé celle de Bordeaux, ou de Marseille, au hasard.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Moi, à votre place je serais plus discret. Il est gentil, Yves CONTASSOT. Il pourrait être plus dur. D'ailleurs, si vraiment...
M. Alain DESTREM. - Celui-là, il faut le garder !...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Sur le fond vous devriez être un peu plus modeste.
Il ne faut pas prendre ces paris un peu présomptueux, Monsieur DESTREM. Tous ceux qui ont, comme cela, roulé des mécaniques, en général...
M. Alain DESTREM. - C'est le meilleur ! On aime bien ce qu'il dit !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Moi aussi. On a au moins un point d'accord.
M. Alain DESTREM. - Trois ou quatre comme celui-là...
M. LE MAIRE DE PARIS. - J'en ai trente trois comme lui.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Pour revenir au projet "Paris propre ensemble", la Municipalité a comme objectif de remettre à niveau les services de la propreté de Paris, que nous avons trouvés dans l'état que chacun connaît, avant tout pour tenir compte d'une attente très clairement exprimée par les parisiennes et les parisiens en ce qui concerne la propreté de leur ville.
Alors que Paris a beaucoup changé au cours des dernières années et que les modes de vie des habitants ne sont plus les mêmes, les modalités d'intervention des services de la propreté n'avaient pas connu d'évolution pourtant indispensable.
Evidemment, ce projet ne saurait réussir sans la pleine implication des agents auxquels il a été proposé d'adhérer à un contrat "gagnant-gagnant". Comme je l'ai dit ce matin, ce contrat fait l'objet d'une concertation en ce moment même, qui exige de leur part un effort d'adaptation aux nouveaux besoins de la propreté de Paris en contrepartie d'une amélioration de leurs rémunérations, de leurs perspectives de carrière et de leurs conditions quotidiennes de travail.
La concertation menée avec les personnels sur ce sujet a donné lieu à de multiples réunions de travail organisées depuis la fin 2002. Le dialogue social avec les organisations syndicales, contrairement à ce qui a été affirmé, a déjà été particulièrement actif et il va se poursuivre.
La Municipalité a d'ores et déjà manifesté, contrairement à d'autre peut-être, sa confiance dans les personnels et sa confiance dans leur capacité à mettre en ?uvre ces orientations, notamment, mais pas seulement, au travers de la remunicipalisation de certaines prestations.
Le Maire de Paris et l'Exécutif municipal sont aujourd'hui dans les mêmes dispositions d'esprit à l'égard de ces personnels. La Municipalité n'en est pas moins déterminée à mener cette réforme à son terme pour obtenir rapidement, dans le domaine de la propreté, des résultats encore plus positifs et concrets, perceptibles par tous les habitants.
Eux-mêmes, d'ailleurs, sont invités à prendre une part active à cette dynamique de progrès à travers les conseils de quartier et les contrats conclu avec les maires d'arrondissement, qui l'acceptent, et à participer à l'élaboration des objectifs de propreté par leurs gestes quotidiens.
Je vous invite d'ailleurs, Madame MARTIANO, ainsi que tous les élus de ce Conseil, à faire passer le message que Paris ne peut être propre que si les services mais aussi les Parisiennes et les Parisiens s'y emploient ensemble.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.
Vous voulez dire un mot, Madame ? Je vous en prie.
M. Alain DESTREM. - Très bien ! Bravo !
(Applaudissements de M. DESTREM).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui, vous pouvez applaudir Yves CONTASSOT.
Je tiens à ce qu'on mette au B.M.O. que M. DESTREM tient à applaudir personnellement M. Yves CONTASSOT.
Vous saurez aller le dire dans le 15e ?
M. Alain DESTREM. - J'habite le 5e.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame MARTIANO, vous avez la parole.
Mme Géraldine MARTIANO. - Je voudrais juste dire un mot à M. CONTASSOT. En essayant de mobiliser les Parisiens vous faites votre métier, c'est très bien. C'est beaucoup de propagande et ce qui s'est dit ce matin prouve que je ne me trompe pas vraiment.
Cela dit, je vous ai posé cette question parce que j'ai été alerté par une directrice d'école du 16e arrondissement, qui avait un tas d'immondices de trois mètres de haut devant son école maternelle.
Non, ne me dites pas que la grève a été convenablement gérée.
Apparemment, des arrondissements ont été moins favorisés que d'autres.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Chers collègues, il se trouve qu'au moment où il y avait une grève des éboueurs à Paris, elle se produisait aussi à Calais, à Brest, à Marseille, à Bordeaux, etc. Il se trouve que dans toutes ces villes de France, tous les éboueurs ont dit qu'ils faisaient grève notamment, pas seulement, pour obtenir sur leur salaire ce qu'ils craignaient de perdre sur les retraites. Il y a donc un petit rapport, léger, avec la situation nationale. Pas complet mais...
Deuxièmement, on a vu dans quel état étaient les rues de ces villes françaises et quelle était la qualité du dialogue social. Ce n'est facile pour personne mais enfin, apparemment, cela a été encore plus difficile ailleurs. C'était encore moins nettoyé ailleurs et voilà ! On est tous dans la difficulté. On l'a surmontée à notre manière.
On aurait voulu faire aussi bien que Marseille et Bordeaux, c'est vrai... ! On n'a pas réussi, excusez-nous. Mais quand, par exemple, vous nous dites que pour les Jeux Olympiques cela va être un inconvénient, c'est ce que dit M. GAUDIN à propos de l'America's Cup à Marseille. Donc, au lieu de donner des leçons de manière un peu manichéenne, essayons de regarder les choses objectivement.
C'est un peu comme pour les contrats d'objectifs dans les arrondissement. On m'en dit ce qu'on m'en dit. J'en lis dans les journaux ce que j'en lis dans les journaux mais je vois quand même qu'on en a signé dans le 19e, dans le 12e, dans le 16e. Et puis, on va continuer.
Par exemple, quand on est allé dans le 16e, c'était intéressant, on s'est dit des choses pragmatiques, utiles. Cela, c'est un peu plus intéressant que les polémiques stériles.
Voilà, cela fait partie de la vie. Donc, on va faire avec.
Maintenant, la dernière question, M. VUILLERMOZ dit des choses très bien.
M. Jean VUILLERMOZ. - Je voudrais dire quelque chose, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, non, vous n'avez pas la parole.
M. Alain DESTREM. - Il faut garder M. CONTASSOT.