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Avril 1999
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Conseil Général
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5 - 1999, ASES 13 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec l'association " Unité de réflexion et d'action des communautés africaines " (18e) une convention. - Subventions à ladite association. - Montant total : 225.000 F

Débat/ Conseil général/ Avril 1999


M. Philippe LAFAY, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 13 G autorisant M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil Général, à signer avec l'association " Unité de réflexion et d'action des communautés africaines ", 18e, une convention. Subvention à ladite association, montant total 225.000 F.
Je donne la parole à M. HUBIN.
M. Jean-Philippe HUBIN, vice-président. - Monsieur le Maire, juste un petit mot parce que ce n'est pas moi qui devrais parler, cela devrait être notre ami M. BEDOSSA qui est médecin et qui connaît mieux cette question.
Les malades du SIDA méritent une attention toute spéciale et toute particulière. Et heureusement les choses ont évolué de façon positive ces dernières années sur le plan médical. Le SIDA tue moins qu'il a pu tuer.
Je pense qu'il faut que parallèlement à cette évolution il y ait une évolution de nos modes d'action. Je ne sais pas si là nous sommes en train de répéter un mode d'action qui a déjà été pratiqué, qui a à la fois un avantage et un inconvénient. Je m'explique : l'avantage, c'est qu'effectivement les populations africaines méritent ce que M. BEDOSSA qui vient d'entrer en séance pourra expliquer mieux que moi - mais comme j'ai commencé, je continue - certainement une attention toute spéciale parce que les modes de communication avec des populations africaines sont certainement différentes qu'avec des populations d'origine européenne. On comprend bien l'intérêt d'avoir une association spécifique pour les malades du SIDA qui sont d'origine africaine.
Mais le fait de les ghettoïser de façon définitive n'est pas une chose positive. Les malades du SIDA qui sont d'origine africaine doivent être à un moment quelconque traités comme n'importe quelle catégorie d'autre origine, simplement parce qu'ils sont malades du SIDA.
Je pense qu'il faut à un moment remettre en question les mode d'organisation et de fonctionnement de notre aide à ce genre d'association et il faut réévaluer la manière dont elle fonctionne.
Là, on s'engage sur trois ans, je ne sais pas si on va exactement dans le sens de ce que je souhaite si on s'engage sur trois ans, cela veut dire qu'on ne va pas réévaluer. J'aurais souhaité qu'on réévalue. J'ai trouvé les chiffres que l'on indique comme nombre de personnes suivies relativement modestes, par rapport à l'importance de la somme dépensée à ce titre. Je ne souhaite pas bien sûr que cette association ne reçoive pas la subvention qui est demandée, je pense que les services l'ont bien étudié, et j'espère qu'elle est méritée, mais je pense qu'il faut la réévaluer, ne pas hésiter à la réévaluer de façon permanente au vu de l'évolution de cette maladie et de la manière dont on la traite aujourd'hui.
En quelque sorte, il ne faut pas faire ce que l'on a tendance à faire sur le plan budgétaire, c'est-à-dire prolonger des actions passées en supposant qu'elles resteront valables pour le futur. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas, je voulais apporter ces informations et ces points de réflexion afin qu'éventuellement on revienne sur le sujet, tout en continuant à penser qu'il faut voter oui pour cette subvention.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Union pour la Démocratie à Paris ", " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. Philippe LAFAY, président, au nom de la 5e Commission. - Monsieur HUBIN, je partage en grande partie votre intervention. Je suis d'accord avec vous que la culture africaine dont se réclame cette association est le support indispensable à toute action de prévention, mais je partage l'idée bien sûr que sur une période de trois ans les choses peuvent évoluer.
Je crois qu'on tiendra compte des chiffres et de l'activité de cette association au bout d'un an, pour reconduire ou augmenter éventuellement cette subvention.
Monsieur MESMIN, vous voulez dire quelque chose à la place de M. DUMAIT ?
M. Georges MESMIN. - Oui, exactement.
Je partage le point de vue qui a été exprimé précédemment et en ce qui nous concerne nous ne voterons pas cette subvention parce que nous pensons qu'il ne faut pas favoriser des associations qui ont un caractère nettement communautariste car cela conduit à la création de ghettos et ce n'est pas la politique qu'à notre avis nous devons poursuivre pour intégrer les personnes qui sont d'origine africaine.
M. Philippe LAFAY, président. - Je crois que j'ai en partie répondu déjà à cette question, en répondant à M. HUBIN.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 13 G.
Quels sont ceux qui sont pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, ASES 13 G).