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Avril 1999
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Conseil Général
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9 - 1999, DAEE 5 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de souscrire des avenants à la convention de développement d'activités pour l'emploi des jeunes signée avec l'Etat

Débat/ Conseil général/ Avril 1999


M. Philippe LAFAY, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DAEE 5 G relatif à la signature d'avenants à la convention de développement d'activités pour l'emploi des jeunes signée avec l'Etat.
Je donne la parole au premier orateur inscrit : M. REVEAU.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Je vous remercie, Monsieur le Président.
Vous nous proposez de porter de 500 à 800 les emplois-jeunes dans les services municipaux. C'est une résurrection améliorée des " T.U.C. " de 1985 auxquels vous étiez hostile en tant que Premier adjoint de M. CHIRAC. Vous vous proposez de renforcer ces mesures socialistes - c'est-à-dire par nature inefficaces - et que vos amis politiques à l'Assemblée ont votées en traînant les pieds. Double langage toujours !
Vous savez bien que l'emploi ne se décrète pas. En revanche, ces emplois financés par l'impôt concurrencent de manière indue le secteur concurrentiel dont les charges ne diminuent pas. Les aides à l'emploi représentent en France plus de 300 milliards de francs, soit le total de l'impôt sur le revenu. Mais on n'en voit pas pour autant les effets sur l'emploi. L'O.C.D.E. observe que les pays où le chômage a le plus augmenté sont aussi ceux où ces aides sont les plus importantes. Les prélèvements obligatoires alimentent le chômage.
Le but de la loi " Aubry " est, officiellement, de faire émerger de " nouveaux emplois pour de nouveaux services " économiquement viables à terme de 5 ans, c'est-à-dire ne nécessitant plus, en principe, de financement public. Qui peut croire pourtant que ces emplois publics de seconde main ne seront pas, à cette échéance, pérennisés dans le budget parisien ? Entre temps, c'est vrai, on aura artificiellement dégonflé les statistiques du chômage.
Je m'étonne que les syndicats, habituellement très sourcilleux sur la " défense du service public " ne protestent pas. Preuve est faite qu'ils se mobilisent mieux pour défendre leurs privilèges que les salariés. Il est vrai qu'avec les " conteurs-liseurs ", c'est Alice au pays des merveilles !
Quant à l'aspect proprement politique du dossier, il est clair que ces emplois relèvent d'une " politique de la ville " à préférence ethnique avec ses " associations " plus ou moins contrôlées, souvent de gauche, que vous subventionnez pour tenter de désarmer vos futurs compétiteurs électoraux. Tout cela ne sert d'ailleurs pas à grand-chose, si l'on en croit les récentes déclarations du Président de " S.O.S.-Racisme ".
Quant aux " agents de médiation sociale ", alors que le contrat de sécurité parisien nous montre combien notre Ville est gravement touchée par une délinquance de plus en plus violente, ils seraient destinés à lutter contre " le sentiment d'insécurité ". Ce serait à rire si le sujet n'était pas sérieux ! Espérons en tout cas que M. le Préfet de police aura avec eux plus de succès qu'avec certains adjoints de sécurité au casier judiciaire un peu... défraîchi, comme la presse s'en est fait l'écho.
Nous ne pouvons évidemment pas vous suivre sur ce terrain.
M. Philippe LAFAY, président. - Monsieur CASTAGNOU, vous avez la parole.
M. Pierre CASTAGNOU. - Monsieur le Président, chers collègues, je ne vous étonnerai pas en tenant des propos qui se situent bien sûr à l'opposé de ce que vient de dire M. REVEAU, sans pour autant considérer que le Département de Paris, notre collectivité, fasse ce qui devrait être fait en la matière.
La présentation qui nous est faite du dispositif emplois-jeunes pour 1999 concernant notre Département confirme en effet de votre part, et nous le déplorons, une approche résolument homéopathique, ce qui n'exclut pas, d'ailleurs, un certain battage médiatique.
Je n'oublie pas qu'il y a quelques semaines M. TIBÉRI a annoncé, à grand renfort de médias, le recrutement pour 1999 de 300 nouveaux emplois-jeunes dans les services municipaux portant ainsi le nombre d'emplois-jeunes pour la Capitale de 500 à 800.
Je ne veux pas citer de nouveau des chiffres que j'ai déjà eu l'occasion de présenter devant notre Assemblée, mais je me dois de vous dire que comparé aux autres collectivités, quelles soient de gauche ou de droite, Paris, malheureusement, est quelque peu à la traîne du mouvement de création d'emplois-jeunes.
Nous estimons, en ce qui nous concerne, les besoins dans ce domaine pour l'ensemble de la Capitale à 5.000 emplois-jeunes.
Les besoins perceptibles sur le terrain et répondant à de nouveaux métiers représentent en effet des potentialités d'embauches insuffisamment exploitées par notre collectivité et par l'ensemble des acteurs.
A cet égard, les très nombreuses associations créatrices de lien social dans nos quartiers et qui souffrent d'un manque de moyens humains constituent un réel gisement. Il en est de même de nos mairies d'arrondissement, que vous semblez délaisser au profit de la seule mairie centrale, alors que les mairies d'arrondissement sont les mieux à même de répondre aux besoins de proximité de plus en plus importants.
Monsieur le Président, je voudrais faire quelques propositions pour vous montrer notre volonté d'être constructifs dans ce domaine et de ne pas nous limiter à des critiques concernant l'insuffisance de l'action de notre collectivité dans ce domaine.
A l'exception du bilan municipal et contrairement à ce qui vient d'être dit, le bilan plus large qui peut être fait au niveau de Paris du programme nouveaux services emplois-jeunes, tel qu'il a été présenté récemment par le Préfet de Paris, est objectivement très positif.
Un an après, plus de 6.000 emplois-jeunes ont été créés à Paris parmi lesquels figurent, pour 1998, 1.000 adjoints de sécurité de la Préfecture de police, et 800 aides éducateurs recrutés à l'Education nationale.
En raison de l'engouement légitime que suscitent les emplois-jeunes, nous vous demandons, Monsieur le Président, d'engager plus résolument l'action de notre collectivité dans 4 directions.
D'abord, il conviendrait selon nous de recenser les nouveaux besoins auprès des mairies d'arrondissement, qui constituent l'échelon le mieux adapté. Si vous avez fait un effort, que nous jugeons insuffisant, visant à embaucher 300 emplois-jeunes supplémentaires, essentiellement pour les services centraux, nous proposons de créer 200 emplois-jeunes affectés aux mairies d'arrondissement au cours de l'année 1999.
Deuxième direction, nous vous demandons d'engager plus fortement tous les organismes dépendant de la Ville (bailleurs sociaux, sociétés d'économie mixte et autres organismes) dans le programme emplois-jeunes, notamment en matière d'accueil, d'information et de médiation sociale.
Dois-je rappeler ce qui a été dit par notre président Bertrand DELANOË, mettant en parallèle les 2.000 adjoints de sécurité et les 200 agents locaux de médiation sociale ?
Troisième direction, nous vous demandons de généraliser à toutes les mairies d'arrondissement la mise en place de structures d'appels à projet et d'aide au montage des projets de créations d'emplois-jeunes, comme l'ont fait depuis 1998 les arrondissements de gauche malgré leurs faibles moyens. Dans ce cadre, nous renouvelons une proposition, que nous avons déjà faite et que vous n'avez malheureusement toujours pas retenue, consistant à prévoir le soutien financier par notre collectivité à l'embauche de 1.000 jeunes par des associations. Notre collectivité prenant en charge une partie des 20 % restants pour le financement des ces emplois-jeunes pour les associations.
Quatrième et dernière direction, nous vous demandons de redéployer les 40 millions de francs alloués à une entreprise privée pour la surveillance des grands ensembles par 250 agents au profit de 2.000 jeunes, qui effectueraient des missions de médiation.
Voilà des propositions précises, concrètes qui, si elles étaient retenues, traduiraient une volonté forte de la Ville, de notre Département de prendre toute sa part dans la politique en faveur de l'emploi des jeunes.
Je terminerai en vous demandant d'accorder un souci particulier à la formation des jeunes recrutés dans le cadre du dispositif des emplois-jeunes. Nous manquons de précisions dans ce domaine et nous souhaiterions que l'effort de la Ville soit à la hauteur des besoins d'une part, et d'autre part, de la nécessité d'assurer l'avenir pour ces jeunes en leur donnant une qualification la plus élevée possible.
Merci.
M. Philippe LAFAY, président. - La parole est à M. MANSAT.
M. Pierre MANSAT. - Monsieur le Président, il y a depuis le début de cette séance du Conseil général une vilaine voix égrillarde qui s'élève chaque fois qu'une disposition sociale est proposée à notre vote.
La carte " Imagine'R ", les subventions aux associations telles qu'" A.T.D. Quart Monde ", l'Association de culture berbère, maintenant les emplois-jeunes. Cette vilaine voix égrillarde venue du siège de l'extrême droite semble trouver un certain écho tout au moins un terrain d'entente avec les élus du groupe des Indépendants et, on l'a vu lors d'un vote ou deux, un certain renfort sur le même thème.
Nous trouvons cette situation préoccupante et en tout cas elle devrait faire réfléchir la majorité parce qu'il s'agit là chaque fois de choses qui ne sont pas très jolies : anti-jeunes, anti-immigrés, anti-mesures sociales, anti tout ce qui peut améliorer la situation !
M. Henri MALBERG. - Très bien dit !
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Pierre MANSAT. - A propos de la convention des emplois-jeunes, nous sommes près d'une année après la première convention ; le moment est donc venu de faire un premier bilan des 500 premiers emplois. Nous avons pris acte de votre engagement en 7e Commission de nous communiquer ce bilan rapidement, lors d'un prochain Conseil. Ce bilan doit être complet et sincère, particulièrement pour ce qui est de la formation des emplois-jeunes, de la réalité de cette formation et là, je pense particulièrement aux emplois-jeunes embauchés par la D.P.P., mis auprès des inspecteurs de sécurité et pour lesquels la formation paraît pour le moins déficiente.
Sincère aussi pour ce qui est de la réalité de la non substitution à des métiers, des activités, des emplois existants dans la fonction publique du Département et de la Ville.
Voici, selon nous, quel est l'esprit du bilan qui doit être communiqué aux élus, le tout comportant évidemment toutes les informations nécessaires sur ces 500 premiers emplois.
Le groupe communiste souhaite sur la 2e convention et aussi sur ce premier bilan faire quelques observations.
Tout d'abord, le nombre d'emplois-jeunes envisagé - 800 - est bien en-dessous des besoins des Parisiens et il n'est pas non plus à la hauteur des moyens du Département et de la Ville.
Deuxièmement, cette nouvelle convention nous invite à réfléchir en profondeur sur la situation ainsi créée par ces 800 emplois. D'abord il faut interroger et connaître l'opinion de ces jeunes qui ont été embauchés et comprendre à quel point il est important pour eux d'avoir trouvé cet emploi et d'avoir enfin la possibilité de se projeter dans l'avenir, d'envisager pour eux un avenir professionnel.
Il faut aussi savoir apprécier le sentiment très fort qu'ils expriment, qui est celui d'être utiles et leur satisfaction d'être reconnus à travers leur emploi.
Il faut aussi accompagner ce sentiment par des actes qui accompagnent cette reconnaissance ou qui la valident.
Cela passe d'abord par la reconnaissance en matière de salaires. On voit, dans la délibération qui nous est proposée, qu'une grande part de ces emplois relève de véritables métiers, relève de salaires qui doivent être bien supérieurs au S.M.I.C. qui actuellement est la rémunération de ces emplois-jeunes.
Cela appelle également une formation et la possibilité de débouchés, ce qui signifie une véritable professionnalisation des jeunes eux-mêmes et une véritable professionnalisation des emplois correspondant à l'apparition de métiers nouveaux.
Pour le Département comme pour la Ville, il y a là un nécessaire travail d'identification de ces métiers, d'intégration dans la grille d'emplois de la collectivité et une réflexion est nécessaire pour l'embauche de ces jeunes dans ces nouveaux métiers.
Cela implique évidemment d'inverser votre politique en matière d'emplois statutaires dans la collectivité parisienne et de commencer par renoncer à supprimer d'année en année des emplois statutaires.
Mais ce sont des exigences qui sont renforcées par ce qui se passe dans le domaine de l'emploi dans la collectivité parisienne, notamment les effets des 35 heures, des départs à la retraite et de l'évolution des services.
Et puis, nous renouvelons notre exigence mainte fois formulée que le lieu de conception et d'utilisation des emplois et de ces nouveaux métiers soit le quartier, dont on voit qu'il est au c?ur des problèmes mais aussi des projets. Cela pose évidemment de façon renforcée le rôle des mairies d'arrondissement.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).
M. Philippe LAFAY, président. - Je donne maintenant la parole à M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE.
M. Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE. - Merci, Monsieur le Président.
Vous nous soumettez donc aujourd'hui un projet portant sur la conclusion avec l'Etat d'avenants pour la convention de développement d'activités pour l'emploi des jeunes.
Alors que Paris a déjà recruté 500 jeunes, ce qui nous place au premier rang des collectivités locales, vous nous proposez d'accueillir 300 jeunes supplémentaires.
Nous voudrions d'abord insister sur les choix retenus par Paris pour la mise en ?uvre de ce dispositif.
Vous avez en effet voulu, Monsieur le Président, que l'on se place dans une optique d'insertion et non pas dans une perspective banalisée de création d'emplois. Nous notons d'ailleurs incidemment avec satisfaction que Mme AUBRY elle-même déclare maintenant qu'il faut réorienter le dispositif en question vers les jeunes en difficulté. C'est là le choix qui a été fait dès le départ à Paris, choix explicité dans la déclaration commune des Maires de Paris, Marseille et Lyon qui rappelait que nous n'adhérions pas à une logique visant à créer des emplois sans correspondance avec le secteur marchand, financés sur fonds publics et sans véritables débouchés, et c'est bien pourquoi vous avez décidé d'utiliser ce dispositif dans le cadre des objectifs d'insertion professionnelle qui ont toujours été ceux de notre collectivité.
Ainsi, nos efforts ont été et resteront concentrés sur les jeunes issus des quartiers sensibles, ceux suivis par le réseau des missions locales, ceux en situation d'échec scolaire ou universitaire ou encore sur les jeunes diplômés en échec d'insertion professionnelle.
Il faut savoir que Paris a mis en place un dispositif de formation très exigeant afin que, dans 5 ans, les insuffisances de la loi n'aient pas de conséquences tragiques. Ainsi, une formation initiale est complétée par un bilan d'évaluation et d'orientation 2 mois après l'entrée en fonction, puis d'une formation qualifiante afin de préparer l'insertion ultérieure.
Ces jeunes sont, par ailleurs, suivis par des tuteurs, actuellement au nombre d'une centaine.
Ces jeunes ont été pour la plupart affectés dans des secteurs liés aux services de proximité à destination des Parisiennes et des Parisiens tels que les patrouilles vertes, la médiation sociale dans les quartiers, l'assistance aux démarches administratives, le soutien scolaire, ainsi que l'accès aux droits dans le cadre d'un projet innovant conduit avec le Tribunal de grande instance et le Barreau de Paris - c'est un point très intéressant et j'invite mes collègues à se documenter sur ce point : favoriser l'accès à la justice aux plus démunis est une chose, je crois, essentielle - j'en passe et des meilleures...
Ainsi en tout cas, quoi qu'en disent certains, Paris a pleinement utilisé les dispositions de la loi " emplois-jeunes " et il convient de rendre hommage à notre collègue Nicole CATALA, en charge de ce dossier, qui a consacré une formidable énergie pour mener à bien ces actions difficiles.
Un mot encore pour appeler à un esprit plus responsable vis-à-vis du contribuable parisien ceux qui vont jusqu'à dire - bien qu'aucune collectivité gérée par leurs amis n'ait été aussi loin et je redis la première place de Paris, on l'oublie bien souvent, contrairement à ce qu'on a entendu tout à l'heure - qu'il faudrait, alors qu'il y a environ 10.000 jeunes demandeurs d'emploi à Paris, recruter 5.000 emplois-jeunes, soit rien moins que 15 % de l'effectif global des fonctionnaires de notre collectivité !
Ceci n'est d'évidence pas sérieux, ce sont des propos démagogiques, des propos de tribune, et l'on devine bien quels archaïsmes de pensée se cachent derrière ce type de proposition irréaliste, un brin nostalgique de l'économie dirigée (curieux d'ailleurs...). Chacun sait que ce dont ont besoin les jeunes Parisiens, c'est de vrais emplois sur lesquels bâtir leur avenir, et non pas des petits boulots sans perspective, financés par le contribuable, porteurs de cruelles déceptions à venir.
Merci, Monsieur le Président.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. Philippe LAFAY, président. - Je vous remercie.
Je donne la parole maintenant à Mme CATALA pour répondre aux intervenants.
Mme Nicole CATALA, vice-président, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Président.
Je voudrais tout d'abord remercier M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE qui vient d'apporter son soutien à ce projet de délibération et, du même coup, à la politique conduite par le Département de Paris en matière d'emplois-jeunes.
Le rappel qu'il vient de faire de l'esprit qui nous anime et qui est d'utiliser ce dispositif pour réaliser l'insertion professionnelle des jeunes est capital.
En effet, nous n'avons pas approuvé, c'est vrai, la création même de ces emplois-jeunes par la loi " AUBRY ", parce que nous pensons que ce n'est pas ainsi que l'on résoudra à terme le problème de l'emploi dans ce pays. Mais ceci étant dit, il faut aussi prendre en compte l'attente d'un certain nombre de jeunes et, donc, la Ville de Paris n'avait pas de raison d'adopter une attitude entièrement négative à cet égard.
Simplement, je le dis, nous entendons mettre en ?uvre les dispositions de la loi afin que les jeunes trouvent dans ce dispositif un tremplin pour une insertion professionnelle définitive, et non pas pour croupir ensuite indéfiniment dans des sous-emplois de la fonction publique.
Ceci étant rappelé, je crois avoir répondu du même coup à M. REVEAU.
En revanche, je voudrais répondre plus précisément à M. CASTAGNOU qui a mis la barre très haute en estimant qu'il conviendrait que le Département de Paris recrute 5.000 emplois-jeunes.
Alors là, je voudrais rappeler M. CASTAGNOU à certaines réalités qu'il n'a peut-être pas à l'esprit, et je l'invite à regarder plus attentivement les chiffres.
En effet, le chômage des jeunes a fortement diminué à Paris et désormais nous dénombrons à peine entre 8.000 et 9.000 jeunes de moins de 25 ans inscrits à l'A.N.P.E. C'est dire que vous nous proposez aujourd'hui de faire recruter par le Département de Paris plus de la moitié des jeunes demandeurs d'emploi parisiens ! Alors, je veux bien être d'une certaine ambition, mais là, il me semble que c'est mettre la barre un petit peu haut !
M. Pierre CASTAGNOU. - D'ici à la fin de la mandature.
Mme Nicole CATALA, vice-président, rapporteur. - Oui... Enfin, je crois qu'il faut redescendre un peu sur terre, Monsieur CASTAGNOU, et être plus attentif aux données statistiques de l'emploi à Paris.
M. Pierre CASTAGNOU. - A raison de 300 ou 400 par an, c'est possible.
Mme Nicole CATALA, vice-président, rapporteur. - Vous nous dites qu'en dehors de ce que fait le Département de Paris, le bilan global du recrutement des emplois-jeunes sur le territoire parisien est satisfaisant parce que, a indiqué M. le Préfet, 6.000 emplois-jeunes auraient été créés à Paris. Sur ces 6.000 emplois, 1.800 emplois ont été créés par des Ministères, vous nous l'avez rappelé vous-même. En dehors des Ministères que vous avez cités, le plus gros employeur d'emplois-jeunes, c'est le Département de Paris. Il vient en tête de tous les employeurs d'emplois-jeunes sur le territoire parisien...
M. Pierre CASTAGNOU. - Non !
Mme Nicole CATALA, vice-président, rapporteur. - Si, Monsieur CASTAGNOU. Vous ne pouvez citer que la R.A.T.P. en indiquant que c'est l'organisme qui compte le plus d'emplois-jeunes car c'est à l'échelle de l'Ile-de-France.
Je répète que le Département de Paris est le plus gros employeur d'emplois-jeunes. Donc vous ne pouvez pas dire, sans commettre une énorme exactitude, que le Département de Paris est à la traîne. C'est totalement et délibérément inexact.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés. ").
M. Pierre CASTAGNOU. - Je persiste et signe !
Mme Nicole CATALA, vice-président, rapporteur. - Vous nous reprochez de ne pas abonder la rémunération des jeunes recrutés par des associations. Nous l'avons proposé aux associations mais avec un créneau plus précis qui est le recrutement des jeunes R.M.istes âgés de 25 à 35 ans parce que nous pensons qu'il y a là une population prioritaire pour laquelle il faut faire un effort particulier et je continue d'en être persuadée, quoique vous disiez à cet égard.
Vous proposez aussi d'améliorer la surveillance des grands ensembles par 2.000 jeunes recrutés dans des postes d'agents locaux de médiation sociale. Je voudrais vous faire observer que ces jeunes, tout en étant utiles là où ils se trouvent, risquent de l'être malgré tout moins que les adjoints de sécurité que recrute le Ministère de l'Intérieur et la Préfecture de police. Si l'on veut parvenir à une sécurité effectivement mieux assurée, ce sont des policiers professionnels qu'il nous faut et ce sont des adjoints bien formés pour remplir ces fonctions de sécurité.
Les A.L.M.S. ne peuvent remplir que des fonctions d'appoint et encore une fois ce n'est pas avec ces personnels-là que l'on réglera le problème de la sécurité à Paris ; cela a été suffisamment dit et rappelé ce matin.
Vous soulignez aussi, comme M. MANSAT, auquel je répondrai ensuite, le fait qu'il faudrait implanter davantage d'emplois-jeunes dans les mairies d'arrondissement. Ces mairies ne représentent qu'une partie finalement limitée des services de la Ville. La Ville et le Département de Paris remplissent leurs fonctions par les services sociaux, les services scolaires, l'environnement, la propreté, tout cela ne se réduit pas au personnel relié aux mairies d'arrondissement. Il y a un éventail d'activités municipales et départementales infiniment plus large que ce qui est implanté dans les mairies d'arrondissement.
Il y a là une réclamation en quelque sorte étriquée. Vous voudriez étoffer les personnels affectés aux mairies qui ont un maire de gauche. Eh bien, personnellement, je trouve que la plupart des mairies ont déjà des effectifs qui permettent d'accomplir les tâches indispensables et que la Ville est davantage fondée à mettre en place des emplois-jeunes dans ses services déconcentrés ou dans les services sociaux ou scolaires qui en ont besoin.
Je voudrais maintenant répondre à M. MANSAT puisque je crois avoir dit l'essentiel de ce que je souhaitais répondre à M. CASTAGNOU.
M. MANSAT demande un bilan complet et sincère mais je crois être généralement sincère dans ce que je lui dis.
M. Pierre MANSAT. - Tout à fait !
Mme Nicole CATALA, vice-président, rapporteur. - Ce bilan sera présenté au Conseil de Paris dans quelques semaines et il vous apportera les éléments que vous souhaitez en matière de formation.
Je voudrais simplement rappeler que les jeunes que recrute le Département font l'objet, à leur entrée dans les services de la Ville, d'un bilan d'évaluation et d'orientation ; qu'ils sont ensuite confiés à un tuteur ; qu'ils ont un entretien individuel avec une personne (un ancien D.R.H.) qui leur permet de préciser leur projet professionnel, que ce projet porte sur une reconversion vers le secteur privé ou sur la préparation d'un concours de recrutement dans l'administration.
Bref, tout est fait pour les aider à s'orienter et à se former. Mais nous en parlerons si vous le voulez bien, plus longuement ultérieurement.
Pour ce qui concerne le niveau de rémunération qui est une question que vous avez évoquée, je voudrais vous rappeler, comme je l'ai fait il y a un instant, que ces jeunes sont engagés dans un processus d'insertion et que dès lors, nous sommes fondés à leur proposer une rémunération égale et une rémunération qui ne sera pas celle qu'ils obtiendront quand ils seront recrutés dans un emploi définitif.
J'ajoute qu'à l'heure actuelle, contrairement à ce que vous semblez espérer, aucune disposition ne permet d'intégrer ces jeunes dans la fonction publique sans qu'ils passent les concours classiques de recrutement. Si nous allions dans le sens souhaité par M. CASTAGNOU, nous aurions, rien qu'avec ces emplois-jeunes, l'équivalent de 15 % des effectifs de la collectivité parisienne en emplois-jeunes. Vous imaginez quelle serait la difficulté pour recruter ou assurer un emploi définitif à cette population.
Je crois que les dispositions que nous proposons sont des dispositions raisonnables qui correspondent à l'attente des jeunes parisiens et aux besoins de la collectivité parisienne, qui permettent à ces jeunes de se préparer dans de meilleures conditions à un avenir professionnel dont je souhaite et nous souhaitons tous qu'il soit aussi satisfaisant pour eux que possible.
Voilà, Monsieur le Président, ce que je souhaitais répondre aux différents intervenants.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. Philippe LAFAY, président. - Merci, Madame CATALA.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAEE 5 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAEE 5 G).