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Mars 2007
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Conseil Municipal
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2007, Voeu déposé par M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement républicain et citoyen relatif à la dénomination “collège Lucie Aubrac” au collège de la Fontaine au Roi. Voeu déposé par M. Pierre AIDENBAUM et adopté par le Conseil du 3e arrondissement, relatif à la dénomination d’un lieu du 3e arrondissement en mémoire à Lucie Aubrac.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2007


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l?examen des v?ux référencés nos 59 et 60 dans le fascicule, déposés par le groupe M.R.C. et M. AIDENBAUM, relatifs à l?hommage à rendre à la mémoire de Lucie Aubrac.

Il y a deux inscrits : M. Georges SARRE et M. Pierre AIDENBAUM.

Monsieur SARRE, vous avez la parole.

M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement républicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues, Mme Lucie Aubrac vient de disparaître et, avec elle, s?en est allé un des derniers grands auteurs et acteurs de la Résistance française au nazisme.

Femme de conviction républicaine progressiste, femme de savoir, elle donna l?exemple, pendant la clandestinité, d?un courage exceptionnel et d?une audace devenue légendaire, immortalisée dans des livres et des films qui ont fait connaître sa vie et celle de son époux, Raymond Aubrac, à des dizaines de millions de Français.

Lucie Aubrac s?était engagée dans la Résistance pour libérer son pays mais aussi pour construire, après la Libération, une France plus juste, bâtie sur les idéaux progressistes et humanistes qu?elle défendait en tant que militante de gauche.

Indépendante des partis politiques, dotée d?une capacité d?indignation devant l?injustice et d?un franc-parler qui demeurèrent intacts jusqu?au bout, elle s?était en particulier fait entendre en mars 2004 en signant, avec plusieurs héros de la Résistance, comme M. Maurice Kriegel-Valrimont et Mme Germaine Tillion, un appel aux jeunes générations à réagir devant la remise en cause du - je cite - ?socle des conquêtes sociales de la libération?.

Lucie Aubrac, agrégée d?histoire, pur produit de l?école républicaine, était aussi une enseignante. Cela détermina son choix de témoigner dans les lycées de son expérience au sein de la Résistance. Elle fit évidemment cela pour rendre hommage à ses camarades disparus, mais également en tant que militante soucieuse de perpétuer les idées républicaines et progressistes, qui avaient toujours animé son combat et celui de ses compagnons depuis la lutte contre le fascisme et le nazisme avant-guerre jusqu?à l?élaboration du Programme du Conseil national de la Résistance.

C?est donc une personnalité tout à fait exceptionnelle qui vient de nous quitter, digne de figurer au Panthéon, aux côtés des grands personnages de l?Histoire de France, et qui méritait parfaitement l?hommage national solennel qui lui a été rendu aux Invalides.

Aussi, en tant que maire du 11e arrondissement et président du groupe M.R.C., je souhaite que Paris rende hommage à Lucie Aubrac en donnant son nom au collège Fontaine au Roi dans le 11e arrondissement de Paris.

Parce que Lucie Aubrac eut toute sa vie la passion d?enseigner, qu?elle eut aussi le souci de la transmission et qu?elle fut un exemple pour les jeunes générations de Français, il nous paraît opportun que ce soit un établissement de l?enseignement public et laïc qui porte son nom.

Je vous demande, chers collègues, de bien vouloir en adopter le principe.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur SARRE.

Je donne la parole à M. AIDENBAUM, socialiste et maire du 3e arrondissement.

M. Pierre AIDENBAUM, maire du 3e arrondissement. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.

Georges SARRE a tout dit, mais il y a encore plus à dire sur Lucie Aubrac. Je ne vais pas reprendre ce que vient de dire mon collègue, mais rappeler simplement que peut-être dès avant-guerre, dès les années 1933-1934, elle avait vu arriver à Paris, alors qu?elle y étudiait, des jeunes Polonais, Hongrois, Allemands, Roumains qui l?avaient alertée sur ce qui se passait déjà.

Lors d?un de ses voyages à Berlin, lors des Jeux olympiques de 1936, elle prend conscience de la réalité du régime nazi et de la violence de la politique antisémite. Rentrant à Paris, elle alerte l?opinion française. Mais force est de constater que la France est bien sourde à ses appels, comme à d?autres appels à l?époque.

Les faits de résistance de Lucie Aubrac ont été rappelés, je ne vais pas revenir dessus. Il y a un point sur lequel il faut insister car il est extrêmement important aussi. Elle a contribué après la guerre, et jusqu?à ses derniers jours, puisqu?il y a encore quelques mois avant de décéder, elle allait de lycée en lycée, de collège en collège, pour porter témoignage de ce qu?avait été cette époque.

Elle a contribué à faire comprendre aussi le rôle des femmes dans la Résistance, souvent méconnu, puisqu?elle était une de celle-là. Elle a aussi contribué, il faut le rappeler, à faire en sorte que les femmes après guerre aient le droit de vote. Voilà ce que je voulais rajouter à ce qu?a dit mon collègue.

Le Conseil du 3e arrondissement a, à ma demande, voté un v?u à l?unanimité de tous les groupes politiques, demandant qu?un lieu qui reste à déterminer soit choisi dans le 3e arrondissement pour rendre hommage à Lucie Aubrac. Je comprends tout à fait le souhait de mon collègue du 11e arrondissement qui a décidé, et c?est en effet très symbolique, qu?un collège porte le nom de cette grande figure de la Résistance.

Je maintiens mon v?u mais je souhaite qu?il soit considéré pour que si la Ville de Paris, dans quelque temps, décidait de donner le nom d?une rue, d?une place, d?un lieu à Lucie Aubrac, le 3e arrondissement serait naturellement tout à fait favorable à l?accueillir.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur AIDENBAUM.

Je donne la parole à Mme Odette CHRISTIENNE pour répondre à ces questions sur cette immense dame qu?était Lucie Aubrac.

Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe. - Lucie Aubrac, chacun la connaît, je ne pense pas qu?actuellement quelqu?un puisse ignorer qui elle fut, qui elle a été.

Les deux intervenants précédents ont parlé de toutes les facettes de ce personnage. Je dois dire que, jusqu?au dernier moment, elle a été active dans la vie publique et surtout active auprès des jeunes. Je dois vous dire qu?il y a un an encore, alors qu?elle avait une vision vraiment compromise, elle était en province devant plus de 1.000 collégiens de classe de 3e réunis.

Je pense que tous ces jeunes se souviendront de Lucie Aubrac. Elle en a vu beaucoup sur tout le territoire. Adultes, ils permettront que soit conservée la mémoire de ce grand personnage ; ce personnage qui, bien sûr, a été résistante, qui a eu le souci que soit mis en valeur et pris en compte le programme du C.N.R. et qui a une définition de la Résistance dépassant les périodes de combat qu?elle a connues pendant la guerre.

C?était une enseignante. Elle a gardé toute sa vie son caractère de pédagogue. Je trouve particulièrement bienvenue la demande de M. Georges SARRE et je pense que sa famille sera d?accord, sera satisfaite de voir son nom attribué à un collège. Le collège Fontaine-le-Roi me paraît tout à fait convenir.

Maintenant, s?il y a en plus une rue, une place, pourquoi pas ? On a bien rendu des hommages multiples à certaines femmes en leur attribuant plusieurs plaques, ainsi dernièrement à Marie Curie. On peut envisager également une rue ou une place dans un autre lieu à déterminer.

Donc, c?est un avis particulièrement favorable également pour le v?u du maire du 3e arrondissement, Pierre AIDENBAUM.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame CHRISTIENNE. Lucie Aubrac disait que résister est un verbe qui se conjugue au présent.

La parole est à Mme BORVO pour une explication de vote.

Mme Nicole BORVO. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais m?associer au v?u et, bien entendu, nous ne pouvons qu?être favorable à ce que le collège soit dénommé Lucie Aubrac. Je voudrais dire que Lucie Aubrac est un symbole des valeurs de la République, un symbole de ce qu?elle a de plus admirable, la Résistance en son époque, du combat des femmes si difficile mais qu?elle a mené si admirablement et combat aussi de la connaissance puisque, jusqu?aux dernières années de sa vie, elle a continué à transmettre le flambeau de ce qu?elle a été et de ses valeurs de la République auprès de la jeunesse.

Je voudrais dire que Marie-George BUFFET et les communistes ont demandé que Lucie Aubrac entre au Panthéon. Comme chacun sait, la question des femmes au Panthéon est souvent posée puisque hélas, les femmes ont peu de place dans ce lieu des grands hommes. Je crois que Lucie Aubrac pourrait être la femme qui entre au Panthéon. Ce serait vraiment reconnaître de quoi elle a été porteuse et justement de ces valeurs de la République.

Merci.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame BORVO.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe M.R.C., assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2007, V. 108).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par M. AIDENBAUM, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2007, V. 109).