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Mars 2007
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Conseil Municipal
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VI - Question d’actualité déposée par M. GALLAND et Mme MARIANI, élus non-inscrits, à M. le Maire de Paris concernant le P.L.U.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2007


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est maintenant à M. GALLAND, pour la question d?actualité des élus non-inscrits.

M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, dire que le débat qui vient de se dérouler m?a mis mal à l?aise serait peu de chose. Et j?ai regretté, Monsieur le Maire, une focalisation politique qui m?a parue totalement inopportune.

Je crois pour ma part qu?il n?y a pas ici les élus des 4 groupes de la majorité qui aiment les enfants, défendent leurs droits et leurs parents et grands-parents, et les autres qui seraient insensibles voire méprisables.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Cette caricature est indigne, M. le Préfet a heureusement recadré un certain nombre de vérités.

Ma question, Monsieur le Maire, porte sur le plan local d?urbanisme.

En juin dernier, un voeu fut adopté consacrant la naissance d?un groupe chargé, à partir de projets concrets, d?examiner la pertinence et les modalités d?analyse de la question des hauteurs à Paris.

Une communication en Conseil de Paris doit parachever l?étude ainsi conduite avec les groupes politiques et l?ensemble des partenaires intéressés.

De septembre à aujourd?hui, les réunions sont régulièrement tenues, elles ont bénéficié - nous le savons - de moyens de fonctionnement de grande qualité, sans économie.

Reste que deux groupes politiques importants, l?un de la majorité, l?autre de l?opposition municipale, pour des motifs qui leur appartiennent, ont annoncé qu?ils ne participeraient plus à ces travaux. Peut-être que les projets concrets qui sont soumis à analyse ne leur sont apparus que trop tangibles.

Monsieur le Maire, compte tenu du retrait de ces deux groupes majeurs, je le répète de l?opposition et de la majorité, considérez-vous que le groupe de la réflexion est toujours représentatif et à même de pouvoir mener à bien ses travaux ?

Par ailleurs, comme vous le savez, les Parisiens n?ont pas caché leur hostilité à une modification des plafonds de hauteur, notamment lors du questionnaire que vous leur avez adressé en 2004, et j?ai parfaitement en mémoire, vous ne l?aviez pas caché, votre déception à l?époque sur ce sujet.

Avez-vous donc l?intention de poursuivre un objectif, quels qu?en soient les moyens de réalisation, de tours dans Paris malgré l?opposition qui me paraît évidente de la majorité des élus du Conseil et de la majorité de Parisiens ?

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à M. CAFFET.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Je parle sous le contrôle de Denis BAUPIN qui m?observe avec beaucoup d?attention.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Sentez-vous totalement encouragé par moi.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - C?est que Denis BAUPIN se sent investi d?une mission particulière.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Jusqu?à nouvel ordre, je suis le Maire de Paris et vous êtes mon adjoint, cher Jean-Pierre CAFFET. Denis BAUPIN aussi.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Très rapidement, je voudrais d?abord rappeler à M. GALLAND les circonstances qui ont présidé à la mise en oeuvre de ce groupe de travail.

Ce groupe de travail résulte de quoi ? Tout simplement d?une recommandation de la commission d?enquête sur le P.L.U, la recommandation n° 4, qui stipulait - je tiens à vous le rappeler, Monsieur GALLAND - que même si la commission d?enquête ne s?affirmait pas favorable aux immeubles de très grandes hauteurs, elle indiquait que, compte tenu des besoins importants déjà évoqués en matière de logements et de logements sociaux en particulier, elle préconisait - la commission - chaque fois que cela est possible, et notamment dans les secteurs couverts par les orientations d?aménagements annexés au P.A.D.D., d?étudier la possibilité de dépasser le plafond général de 37 mètres et de soumettre à l?appréciation des Parisiens les différents projets d?immeubles issus de concours organisés parmi les meilleurs architectes du moment.

C?est la raison pour laquelle nous avons suivi cette recommandation et mis en place ce groupe de travail, qui réunit tous les conseillers de Paris de la 1ère et de la 8e Commissions, ainsi que l?ensemble des groupes politiques qui voulaient bien y venir.

Cette commission s?est réunie depuis le mois de septembre dernier à neuf reprises, dont six ont été consacrées à des débats généraux et dont vous convenez vous-même, Monsieur GALLAND, que les débats qui l?ont animée ont été de très grande qualité. Ce n?était pas seulement les moyens qui ont été mis à la disposition de la commission, tous les membres s?accordent à reconnaître que les débats menés, avec de nombreuses auditions, de personnes qui habitent dans ces bâtiments ou qui y travaillent par exemple, ont été de grande qualité.

Vous m?interrogez sur la représentativité.

Monsieur GALLAND, oui, ce groupe de travail continue à être représentatif, même si, pour des raisons qui leur sont propres, deux groupes, l?U.M.P. d?une part et les Verts d?autre part, à 24 heures d?intervalles, ont choisi de quitter ce groupe. Pourquoi est-il représentatif ?

Monsieur GALLAND, vous ne remettez pas en cause la légitimité du P.L.U., bien évidemment. Or, je constate que ceux qui participent à ce groupe de travail constituent encore, par leur nombre, la majorité de notre Conseil et que, par ailleurs, y compris ceux qui n?ont pas voté le P.L.U., continuent à y travailler pour éclairer les Parisiens.

Autant le P.L.U. est légitime, autant ce groupe de travail continue à être représentatif. Pour moi, cela ne fait aucun doute et je ne vois pas pourquoi le Conseil de Paris déciderait de ne pas donner suite et de suspendre la recommandation numéro 4 de la commission d?enquête.

Vous m?interrogez sur l?intention de poursuivre un objectif de réalisation.

Monsieur GALLAND, il n?avait échappé à personne que la réponse des Parisiens sur l?opportunité de dépasser le plafond de 37 mètres était quelque peu dubitative et que les Parisiens s?interrogeaient sur la nécessité ou l?opportunité de construire des bâtiments dépassant 37 mètres de hauteur.

C?est la raison pour laquelle justement ce groupe de travail a été mis en place, avec d?ailleurs l?appui de la commission d?enquête.

Et je tiens à vous dire, Monsieur GALLAND, parce que je sens bien qu?il y a dans votre v?u une espèce de volonté de faire peur, qu?il ne s?agit pas de réaliser des tours dans le c?ur de Paris mais à un certain nombre d?endroits précis, comme l?a d?ailleurs décidé le groupe de travail. Trois sites ont été choisis ; ils sont tous situés sur la couronne parisienne, comme vous le savez. Il n?a jamais été question de construire des tours dans le Marais, par exemple, ou dans les faubourgs constitués.

Ce groupe de travail?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Dans les Halles !

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Non, il n?en a jamais été question dans les Halles, Monsieur LEGARET, et vous le savez très bien !

Voilà ce que je peux vous répondre.

Monsieur GALLAND, il s?agit de continuer le travail de réflexion avec les Parisiens. Ces projets vont être élaborés maintenant par des équipes d?architectes et des bureaux d?études qui ont été choisis. Vous savez parfaitement que, si ces projets devaient voir le jour, ils devraient d?abord être concertés d?une part, et faire l?objet d?une enquête publique et d?une modification du P.L.U., d?autre part.

Je tiens donc à vous rassurer, Monsieur GALLAND, si de tels projets devaient voir le jour, ils seraient évidemment soumis à l?avis des Parisiens auparavant.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

Monsieur GALLAND ?

M. Yves GALLAND. - Comme vous, Monsieur le Maire, je voudrais remercier M. CAFFET pour sa réponse complète, révélatrice et qui ne me rassure pas du tout.

(Rires).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Cela me rassure qu?elle ne vous rassure pas !

M. Yves GALLAND. - Il s?agit d?un des rarissimes points d?accord que je peux avoir avec M. BAUPIN en la circonstance !

Et quand M. CAFFET nous dit : ?Ce n?est pas dans Paris mais c?est un certain nombre d?endroits précis?, ce certain nombre d?endroits précis, Monsieur CAFFET, ne sont pas à l?extérieur de Paris, ils sont bien dans Paris? parce que ?dans Paris?, ce n?est pas le c?ur de Paris, c?est l?intérieur de la Ville de Paris.

Enfin, Monsieur le Maire, point de désaccord, j?ai la faiblesse de penser qu?un groupe n?est plus représentatif quand un groupe important de la majorité municipale, comme nous le voyons depuis six ans - parce qu?il influence fortement les décisions de la majorité -, le groupe ?Les Verts?, n?y participe plus et quand le groupe le plus important de l?opposition municipale, l?U.M.P., n?y participe pas, je considère que ce groupe n?est plus représentatif.

Mais c?est une faiblesse politique que j?aurais préféré partager avec d?autres !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je prends acte, Monsieur GALLAND, du fait que, dès l?instant où il n?y a pas ?Les Verts??

(Rires).

? et l?U.M.P., et que la présence du groupe sur lequel vous avez été élu, l?U.D.F? cela ne vous importe pas !

Mais je ne vais pas insister.

Quels que soient les points de vue de l?U.M.P. et des ?Verts?, nous poursuivrons notre réflexion. Le débat est en cours, je ne le trancherai pas autrement que de manière démocratique et par la réflexion collective !

Monsieur GALLAND, je vais même dire : le groupe U.M.P. et le groupe ?Les Verts? restent les bienvenus dans cette instance de réflexion collective. Je ne les force pas, c?est comme pour le drapeau français, c?est bien de l?avoir mais on n?est pas obligé !

Mais, pour ce qui nous concerne, nous continuerons à réfléchir et à proposer démocratiquement le dynamisme de Paris. Voilà ! Merci.