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Mars 2007
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I - Question d’actualité déposée par le groupe U.D.F. à M. le Préfet de police relative au rapport de l’Observatoire national de la délinquance.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2007


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous commençons d?abord par la question d?actualité du groupe U.D.F.

Je donne la parole à M. BARIANI.

M. Didier BARIANI. - Monsieur le Maire, ma question s?adresse à M. le Préfet de police.

Et d?ailleurs avant que de ne la poser, je voudrais dire que comme tout un chacun, le groupe U.D.F. s?inquiète des conditions dans lesquelles s?est déroulée cette interpellation dans le 19e arrondissement et naturellement écoutera avec attention les propos de M. le Préfet de police.

Mais, Monsieur le Préfet de police, l?Observatoire national de la délinquance constate que, dont acte, la violence à la délinquance a baissé de 1,23 % de mars 2006 à février 2007. Par rapport aux 12 mois précédents, les violences contre les personnes malheureusement, ont continué d?augmenter et les violences physiques qu?on appelle ?non crapuleuses?, c?est-à-dire gratuites, ont enregistré, elles, une hausse alarmante de 9,9 % sur cette même période.

La première cause est sûrement sociétale. La violence non crapuleuse est devenue pour beaucoup, malheureusement, un moyen d?expression et même un moyen de régler les problèmes ou même d?ailleurs, quand il n?y a pas du tout de problème, un moyen auquel il est plus fréquemment fait recours que le dialogue ou le recours aux institutions judiciaires. Mais c?est inquiétant que certaines personnes frappent pour un regard de travers, pour un mot de trop, pour une cigarette refusée ou tout simplement parce que votre simple présence est jugée inopportune.

J?attire votre attention, je l?ai dit d?ailleurs à vos collaborateurs sans que personne ne soit évidemment en cause : deux collaborateurs du groupe U.D.F. ont été, en trois mois, victimes sur le parvis de l?Hôtel de Ville de violences absolument gratuites, enfin sans aucun fondement, sans aucune? je veux dire même pas un regard qui aurait pu justifier cela.

Chacun ici est conscient des difficultés qui président à la prévention et à l?interdiction de tels faits. Chacun est ici conscient qu?alimenter un sentiment de peur voire de panique chez les Parisiens, c?est à la fois injuste au regard du travail accompli par les acteurs de la sécurité, qui sont d?ailleurs eux-mêmes visés parfois par ces violences gratuites, et dangereusement irresponsable. Mais l?ampleur et la gravité de ces violences imposent que toutes les mesures pertinentes soient réfléchies et prises.

Alors je sais bien que c?est facile à dire et beaucoup plus difficile à mettre en ?uvre, mais quand même cette accélération des violences sans aucun motif, même tout à fait secondaires, est quelque chose qui nous inquiète et je voudrais savoir, Monsieur le Préfet de Police, face à cette situation, ce que vous retenez comme moyens que vous voudriez mettre prioritairement en oeuvre pour essayer d?y faire face avec la difficulté que je sais.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à M. le Préfet de police.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, mesdames et messieurs les Conseillers, de mars 2006 à février 2007 et par rapport aux 12 mois précédents, les services de la Préfecture de police ont enregistré une baisse de la délinquance générale de 1 %.

Au cours de la même période, le total des atteintes volontaires à l?intégrité physique a augmenté de 4 %. Cette évolution est cependant contrastée avec d?une part une hausse des menaces, plus 14,4 %, et des violences non crapuleuses, plus 9,5 % ; d?autre part, une baisse des violences sexuelles, moins 1,8 %, et des violences crapuleuses, moins 1,7 %.

La lutte contre les violences non crapuleuses gratuites qui représentent 35,2 % des atteintes physiques a été et continue d?être la priorité du dispositif de sécurité des services de police dans lequel les actions de prévention et de répression sont associées de façon complémentaire.

Ainsi, dans le domaine des violences intra conjugales, les services de police mènent des actions de sensibilisation aux côtés des acteurs sociaux. De même qu?ils entament systématiquement des procédures judiciaires sur les déclarations de violences qu?ils recueillent.

La protection des mineurs victimes de violences fait également l?objet d?actions complémentaires sous l?égide de la Brigade de protection des mineurs. Ce service spécialisé a ainsi développé son efficacité par la création et le renforcement d?une unité spécialisée dans la lutte contre la pédo pornographie.

La lutte contre les autres formes de cette violence gratuite passe prioritairement par des mesures de sécurisation forte de la voie et des lieux publics ou recevant du public, par la répression du trafic et de l?usage des stupéfiants dont on connaît les effets d?excitation, ainsi que par une répression accrue des ports d?armes.

Avec l?appui du Procureur de la République, des opérations de contrôle d?identité sont régulièrement organisées dans les secteurs où les actes de violences sont les plus nombreux et lourds de conséquence. Il en est ainsi particulièrement des arrondissements du nord de la Capitale. Les services de police sont particulièrement attentifs à la qualité des procédures transmises à l?autorité judiciaire, avec pour préoccupation que tout acte fasse l?objet d?un suivi judiciaire. Ainsi pour la période de référence prise en compte, le taux d?élucidation des infractions de violences non crapuleuses est de 81,5 %, en hausse de 1,5 point par rapport à la période précédente.

Ce taux indique que pour 10 faits de violence constatés sur la base d?une plainte ou sur intervention de l?initiative des policiers, plus de 8 auteurs sont identifiés et mis en cause judiciairement.

Les efforts des policiers parisiens n?ont pas encore permis d?inverser la tendance de fond de ce phénomène de violences gratuites aux causes sociétales, comme vous le rappelez. Toutefois, les deux premiers mois de l?année 2007 montrent une orientation moins critique avec une baisse globale des atteintes à l?intégrité physique de moins 3 % comportant une diminution de 9,5 % des violences crapuleuses mais une hausse de 5,2 % des violences non crapuleuses. Pour ces deux premiers mois de 2007, le taux d?élucidation des violences gratuites est passé à 83,3 %. L?engagement de la Préfecture de police à faire régresser les violences ne se dément pas. Il s?agit d?un objectif d?actions et de résultats prioritaires pour les services de police en 2007.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Préfet de police.

Christophe CARESCHE voulait rajouter un mot et bien sûr, si M. BARIANI veut rebondir brièvement, nous accepterons.

M. Christophe CARESCHE, adjoint. - M. BARIANI a soulevé une vraie question. On voit bien, au travers des statistiques de la délinquance, qu?autant les atteintes aux biens diminuent, autant les atteintes à l?intégrité physique et les atteintes non crapuleuses ont augmenté de façon relativement importante.

M. BARIANI, de plus, parle d?une expérience vécue par le groupe U.D.F. puisque deux collaborateurs, dit-il, du groupe U.D.F. ont été victimes de ces violences. Le fait d?ailleurs qu?ils soient collaborateurs du groupe U.D.F. n?avait pas, je pense, de lien avec cette violence. En tous les cas, je l?espère.

La Ville de Paris, et c?est peut-être parfois méconnu, fait un travail très important en matière de prévention, notamment en ce qui concerne les violences ?gratuites? (elles ne le sont jamais ; même quand il n?y a pas volonté de s?emparer d?un bien, elles ont une motivation personnelle ou sociale).

D?ailleurs, un rapport récent de l?Inspection générale montre que la Ville finance des actions de prévention à hauteur de 100 millions d?euros par an. Quand on fait le total de l?ensemble des actions de prévention, au sens large, menées par la Ville de Paris, c?est plus de 100 millions d?euros par an et c?est donc considérable. Il s?agit d?abord de la prévention spécialisée, je l?ai dit ce matin : 300 éducateurs de rue à Paris.

Mais bien d?autres dispositifs existent, de soutien à la parentalité, par exemple. Et dans tous ces domaines, je peux vous dire que la Ville mène une action extrêmement importante, qui contribue à faire en sorte que ces violences qui, qu?on le veuille ou non, sont le signe tout de même d?un mal être dans notre société, soient le plus limitées possible. C?est un premier point que je voulais souligner.

Le deuxième point est que je crois qu?il faut renforcer l?articulation entre la prévention et la répression, notamment avec la Préfecture de police. Je pense qu?il faut qu?on aille plus loin dans cette meilleure articulation. Nous avons les contrats locaux de sécurité. J?espère qu?un jour ou l?autre le Conseil de prévention de la délinquance au niveau parisien se réunira. Je ne désespère pas totalement d?y arriver avant la fin de notre mandat.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui, peut-être avant le début de l?été. Essayez, Monsieur CARESCHE.

La parole est à M. BARIANI pour un rebond.

M. Didier BARIANI. - Non, ce n?est pas cela. D?ailleurs, je remercie M. le Préfet de police, dont je sais la volonté et la ténacité en matière de lutte contre ce genre de délinquance, et j?entends avec intérêt ce qu?a dit Christophe CARESCHE et j?en prends acte.

Je voulais vous dire que je n?en fais pas du tout une affaire de politique. Mais je me dis, par exemple, que souvent, on a des bandes de gamins - parce qu?on ne peut malheureusement pas dire autre chose - qui se baladent à une demi-douzaine - ce phénomène est fréquent sur le parvis de l?Hôtel de Ville - et ce sont des raisons de société profonde parce que pour être à une demi-douzaine et voir passer cinquante mètres de là, Monsieur le Maire, une jeune femme d?une trentaine d?année et lui coller une bombe lacrymogène sous le nez, cela n?a aucune raison ; c?est d?une extrême lâcheté et cela montre sûrement, comme l?a dit Christophe CARESCHE, un vrai mal être.

Je crois que l?on ne devrait pas rire de cela parce que nous avons un grave problème de société, qui ne me paraît pas en diminution malgré les efforts des uns et des autres, dont je prends naturellement volontiers acte, et dont je vous en remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Président.