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Mars 2007
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Conseil Municipal
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2007, DAC 156 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention annuelle sur projet relative à l’attribution d’une subvention de fonctionnement à l’Etablissement public du parc et de la Grande Halle de la Villette situé 211, avenue Jean-Jaurès (19e). Montant : 165.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2007


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DAC 156, relatif à l?attribution d?une subvention de fonctionnement de 165.000 euros à l?établissement public du parc de la Grande Halle de la Villette, 211, avenue Jean-Jaurès, dans le 19e arrondissement.

C?est M. Alain LE GARREC qui n?est pas vraiment élu du 19e arrondissement qui va interroger M. GIRARD.

M. Alain LE GARREC. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Vous nous demandez par ce projet de délibération d?approuver le fait que la Ville contribue à hauteur de 165.000 euros au fonctionnement de l?établissement public du parc de la Grande Halle de la Villette.

Comme le rappelle ce projet de délibération, la Ville de Paris a décidé de réhabiliter l?ancienne école du cirque d?Annie FRATELLINI afin d?y créer un espace périphérique devenant alors un lieu de résidence et de création pour les arts de la rue que sont le cirque et le théâtre de marionnettes, entre autres.

Cet espace se situant sur les terrains appartenant à la Ville et à la Grande Halle, la Ville de Paris, protectrice des arts de la rue, en finance la moitié et l?Etat, l?autre moitié.

En 2006, quarante compagnies ont été accueillies en résidence. La Grande Halle de la Villette est ce que l?on appelle un E.P.I.C., c?est-à-dire un établissement public national à caractère industriel et commercial, lié à la Ville de Paris via une convention de partenariat de six ans renouvelable en 2008.

Cet E.P.I.C., un des plus importants dans sa finalité, comme l?I.N.A., la R.A.T.P., l?O.N.F. le Louvre et j?en passe, l?Etat désigne pour le diriger des femmes et des hommes rompus à ces activités de gestion, de création.

Ces nominations s?avèrent bien pratiques pour caser et recaser des femmes et des hommes qui ont eu l?heur de plaire ou non à des postes plus ou moins éminents, illustration du fameux ?tel est notre bon plaisir?.

Heureusement que les lettres de cachet n?existent plus, quoique certaines gardes à vue?

Dans le cas qui nous intéresse, je ne donnerai pas un avis sur la personne qui va diriger l?E.P.I.C. de la Grande Halle de la Villette. Je rappelle seulement l?affirmation récente d?un nommé Nicolas SARKOZY : ?La démocratie irréprochable, ce n?est pas une démocratie où des nominations se décident en fonction des connivences et des amitiés, mais en fonction des compétences?. De surcroît, cette nomination doit être ratifiée par un vote des commissions parlementaires concernées. Je ferme la parenthèse ; c?est ce qu?on appelle la rupture.

La nouvelle Directrice siège parmi nous au Conseil de Paris, de façon tout à fait légitime, ainsi que dans un autre hémicycle. Elle ne cache pas son appartenance politique engagée et je la respecte.

Or, l?E.P.I.C. qu?elle va diriger a sa fonction première sur le territoire de la Municipalité parisienne et elle siège en son Conseil municipal. Cette fonction localisée est bien reconnue puisque le Maire du 19e arrondissement et le Préfet de Région Préfet de Paris sont membres de droit de son Conseil d?administration.

De plus, notre Municipalité apporte des subventions de fonctionnement à cet E.P.I.C. On en a ici un exemple et je crois qu?il y en a d?autres. La Ville de Paris est aussi responsable des modes d?accès à cet E.P.I.C. sans toucher pour cela de subsides, ce qui démontre bien que ce lieu dépend beaucoup de la Municipalité parisienne.

Aucun directeur d?E.P.I.C. national n?est membre de l?assemblée qui gère son emplacement territorial. Ce sera donc une première. Certes, au moment du vote de ce projet de délibération - malheureusement elle n?est pas là - la Directrice générale serait sortie et la loi aurait été respectée. Cet artifice démontre qu?il y a d?ailleurs un problème.

Mais quand la nouvelle Directrice recevra dans ses bureaux, soit à la Villette, soit à la Région, soit à la mairie du 1er arrondissement, soit à l?Hôtel de Ville, comment fera-t-elle abstraction ou non de ses multiples fonctions ?

De plus, elle ne va pas voter en masse des budgets dont elle aura besoin en détail pour fonctionner.

Je l?ai entendu dire qu?elle retournait à ses premières amours après un passé dans le mécénat à la Caisse des dépôts et consignations, que l?art vivant était sa passion, que soudainement elle allait enfin faire ce dont elle rêvait. Fort bien ! J?entends tout cela.

Mais admettons que conserver un mandat de Conseiller de Paris, un poste de premier adjoint d?un arrondissement - nos collègues de la Région feront ce qu?ils veulent - remet sérieusement en cause une nomination à ce poste, avec comme seule justification une compétence dont personne n?osera douter. Enfin, je crois.

J?avais entendu le fameux ?travailler plus pour gagner plus?. A-t-on ici un nouveau slogan de la campagne U.M.P. : ?occuper plus de postes pour gagner plus?.

Sur le principe, j?aurais préféré, mais ce n?est qu?un principe, que la nouvelle Directrice de la Grande Halle de la Villette, au bilan de plus de 70 millions d?euros et près de 50 millions de travaux, de plusieurs dizaines de salariés, puisse se consacrer en totalité à la gestion de cet ensemble unique de l?Est de Paris dédié à la culture.

Je regrette car cela revient à dire que la direction des grands équipements culturels n?est qu?affaire de relations et ne nécessite pas plus qu?un tiers temps, alors que les mandats électifs ne sont qu?un appoint financier sans autre souci.

J?invite notre Assemblée à y réfléchir. Nous voterons cependant ce projet de délibération.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur LE GARREC.

Monsieur GIRARD, avez-vous un commentaire ? Donc,

M. GIRARD va vous répondre.

M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Lorsque nous avons été élus, le Maire de Paris, Bertrand DELANOË, nous a fixé des règles d?une très grande rigueur. Il m?a toujours demandé en ce qui concerne la culture d?être d?une impartialité totale et de ne pas entrer dans des polémiques qui peuvent appartenir d?ailleurs, tout à fait légitimement, au débat démocratique.

Alain LE GARREC, élu du 1er arrondissement, tout comme la personne dont il a parlé, a le droit d?avoir un échange et d?avoir des points de vue.

Là, il s?agit d?un établissement relevant de l?Etat pour lequel à sa présidence a été nommée une personnalité - et Mme HIDALGO, la première adjointe, s?est réjouie de sa nomination -, M. Jacques MARTIAL, suivi de la nomination d?une Conseillère de Paris, récemment, comme Directrice générale.

Je peux proposer à M. LE GARREC, si cela peut le rassurer? Je sais que la personne dont il parle a en effet écrit au Maire de Paris pour lui dire qu?elle était nommée à ce poste et qu?elle ne siégerait pas au Conseil de Paris quand des votes concerneraient l?établissement qu?elle dirige. Je sais que cette lettre existe et on devrait pouvoir la fournir à M. LE GARREC, ce serait la moindre des choses, comme suite à son intervention.

Ensuite, je propose qu?une étude juridique soit faite, consciencieuse, par la Ville, pour pouvoir répondre aux inquiétudes émises, dans le débat démocratique, par M. LE GARREC, Conseiller du 1er arrondissement.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Madame BALDINI, vous avez la parole pour une explication de vote.

Mme Véronique BALDINI. - Cela fait un peu règlement de compte, tout cela.

Je remercie M. GIRARD pour ses propos. Je peux aussi parler de certaines personnes qui sont toujours au cabinet du Maire et qui sont en même temps candidates à des législatives !

Je crois, Monsieur LE GARREC, que, vraiment, il faut fermer le banc, quoi !

Merci.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 156.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2007, DAC 156).