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Mars 2007
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Conseil Municipal
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2007, Voeu déposé par MM. Jacques BOUTAULT, Sylvain GAREL et les membres du groupe “Les Verts” concernant l’opération “Paris accueille ses soldats”.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2007


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 62 dans le fascicule, déposé lui aussi par le groupe ?Les Verts?, ayant trait à l?opération ?Paris accueille ses soldats?.

La parole est à M. BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. Cette année encore, le 14 juillet, les mairies d?arrondissement sont invitées à accueillir à leurs frais des militaires. On peut s?étonner de l?utilisation des fonds municipaux pour une telle opération. Le Code général des collectivités territoriales ne donne aucune prérogative aux maires d?arrondissement en matière de défense. Avec la fin de la conscription et l?avènement de l?armée de métier, ce ne sont plus des citoyens temporairement sous les drapeaux que l?on accueille.

Je veux bien comprendre que l?armée est un mal nécessaire, mais on peut s?interroger sur le lien entre armée et fête nationale. S?il est parfaitement légitime de commémorer une date qui rassemble les Français et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs républicaines de la France, associer défilé militaire et fête nationale n?est pas une fatalité et encore moins une obligation.

La Ville de Paris s?honorerait à promouvoir un défilé festif plutôt qu?une revue martiale. Je suis en effet convaincu que l?on peut aimer son pays, ses valeurs de paix, de fraternité et d?ouverture au monde sans frissonner au son de la musique militaire, ni applaudir à la troupe qui marche au pas.

En conséquence, je pense que la Ville de Paris s?honorerait, à l?occasion du 14 juillet, à promouvoir des événements en lien avec ses prérogatives et ses valeurs plutôt que cette opération.

C?est l?objet du v?u déposé par le groupe ?Les Verts?.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BOUTAULT.

Avant de donner la parole à Mme CHRISTIENNE, je dirai que j?ai vu des soldats français en Bosnie qui menaient une opération de paix et pas une opération de guerre.

Donc, je pense qu?il ne faut pas trop généraliser.

Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe. - Oui, je commencerai par une phrase qui est un proverbe militaire : ?On a toujours une armée sur son territoire, la sienne ou celle des voisins?.

Paris, ville compagnon de la Libération, occupée pendant quatre ans par les nazis, à la défense de laquelle 115.000 Parisiens se sont sacrifiés au cours des deux guerres mondiales, sait plus que tout autre le prix de la liberté.

Si les temps ont changé, la nécessité d?une défense pour la Nation et pour l?Europe demeurent - je m?étonne de votre prise de position - car la nécessité de cette armée, vous la confortez dans un autre v?u. Votre groupe souhaite en effet l?envoi d?une force de protection internationale au Darfour. Eh oui ! Et vous connaissez le rôle de nos soldats dans les opérations extérieures pour le maintien de la paix.

Sans développer ce que recouvre le terme défense, il faut rappeler qu?au-delà des opérations extérieures, les militaires assurent la défense des Parisiens, dans le cadre du plan ?Vigipirate?, et que leurs interventions en cas de catastrophes naturelles sur le territoire sont indispensables.

Christophe CARESCHE, en charge de la Sécurité et de la Défense vous en parlerait mieux que moi.

Cela dit, depuis la suspension du service national, nos concitoyens n?ont guerre de contact avec l?armée.

Aussi, soucieuse, conformément à la tradition républicaine, de préserver les liens unissant la Nation et son armée, la Ville a donné suite à la proposition faite en 2004 par le Gouverneur militaire de Paris Ile-de-France d?organiser, dans les différents arrondissements de la Capitale, des animations permettant aux Parisiens d?aller à la rencontre des militaires. Ils ont fort bien goûté d?ailleurs aux rations des militaires. Ils étaient très curieux de savoir ce qu?il y avait dans une ration de militaire. Donc, l?armée nourrirait les Parisiens ?

Cette manifestation prend tout son sens le 14 juillet, fête de la Libération, ce jour où, comme le soulignait Henri Martin, ?la révolution a donné à la France conscience d?elle-même?, mais aussi a déterminé le ralliement de l?armée à la République.

Recréant du lien social, cette initiative contribue aussi à désenclaver et démythifier une institution militaire que nos concitoyens, et en particulier les plus jeunes, méconnaissent en dépit d?initiatives comme les rencontres nation/défense ou le parcours citoyen mis en place lors des contrats entre le Ministère de la Défense et le ministère de l?Education nationale par la gauche et maintenues depuis.

Si nul n?est tenu d?organiser cette opération, depuis 2004, elle a un succès croissant. Cette année encore, l?ensemble des arrondissements a manifesté la volonté de renouveler cet accueil et les animations. Chaque correspondant défense des mairies, avec un officier de marque, s?y active en ce moment.

Chaque mairie d?arrondissement détermine donc librement les moyens matériels et humains qu?elle lui attribue dans le cadre des animations annuelles prévues dans chaque arrondissement et l?ampleur qu?elle souhaite lui donner et aucun budget spécifique n?est alloué.

Rappelons qu?une dotation est attribuée à chaque arrondissement pour l?ensemble des animations locales dont ?Les Parisiens accueillent leurs soldats? fait partie.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen, socialiste et radical de gauche, communiste, U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame CHRISTIENNE.

La parole est à M. BARDON pour une explication de vote.

M. Jean-Charles BARDON. - Monsieur le Maire, vous ne serez pas étonné si je dis que le groupe U.M.P. ne votera pas ce voeu.

Moi, j?ai honte, Monsieur le Maire. J?ai honte devant l?absurdité d?un tel voeu et je vais vous demander quelque chose : de faire démonter ce qui est au-dessus de ma tête qui est une plaque qui figure dans notre hémicycle et qui n?est pas nouvelle, sur laquelle il est écrit que nous rendons hommage aux armées de la Libération dont faisaient partie, je rappellerais à notre jeune collègue du 2e arrondissement, les soldats de Leclerc et les soldats de la 2e DB.

Alors, ce n?est pas nouveau, ce rapprochement entre la nation et notre armée. Cela appartient, je dirais, à l?histoire de Paris, à l?histoire de France et il appartient fort heureusement à un certain nombre de valeurs que nous sommes nombreux à partager dans cet hémicycle.

Cela vient d?être rappelé par l?adjoint compétent et je l?en remercie, et je voudrais, Monsieur le Maire, vous faire part de notre émotion.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Bien. Merci, Monsieur BARDON.

Pardon, Monsieur BOUTAULT, vous voulez dire un mot ? Je vous donne évidemment la parole mais je rappelle à tout notre Conseil qu?il est 3 heures et quart et que nous ne sommes pas au bout de nos peines.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. Je n?ignore pas ces événements douloureux de notre histoire. J?ai d?ailleurs précisé que l?armée était un mal nécessaire. Je crois que personne n?aime la guerre, y compris dans cette Assemblée, je l?espère.

Je veux simplement préciser qu?il y a eu quelques approximations qui ont été dites, notamment sur la 2e DB du Général Leclerc qui était composée d?engagés volontaires venus d?Espagne et d?Algérie?

(Mouvements de protestation dans l?hémicycle).

? d?Espagne et des Espagnols pieds-noirs d?Algérie. Il ne s?agissait pas d?une armée de métier. Ce n?est pas un détail !

L?esprit du v?u, vous l?avez bien compris, je le rappelle pour ceux qui volontairement refusent de bien l?entendre : il s?agit que la Ville fasse la promotion d?autres types de manifestations à l?occasion de la Fête nationale qui ne soient pas nécessairement synonymes de défilés militaires.

Le 14 juillet 1789, je crois que ce sont les citoyens parisiens qui s?opposaient à l?armée en place, donc ne mélangeons pas tout.

C?est simplement le message que je voulais faire passer avec ce voeu.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je crois que lorsque vous avez dit ?Ne mélangeons pas tout?, vous avez eu une parole très sage !

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe ?Les Verts?, assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.