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Mars 2007
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2007, DASCO 39 - Subvention de fonctionnement à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI) 4, place Jussieu (5e), destinée à financer des actions d’information pour favoriser la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur. - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire l’avenant à la convention correspondante “Cap en Fac” avec l’Université Pierre et Marie Curie. - Montant : 27.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2007


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DASCO 39 relatif à l?attribution d?une subvention de fonctionnement à l?Université Pierre et Marie Curie destinée à financer des actions d?information pour favoriser la démocratisation de l?accès à l?enseignement supérieur.

Monsieur CASTAGNOU, vous avez la parole.

M. Pierre CASTAGNOU, maire du 14e arrondissement. Mes chers collègues, je souhaite intervenir sur le dispositif ?Cap en Fac? mis en place par notre collègue Danièle POURTAUD.

Ce projet de délibération a pour objet de renouveler notre soutien à l?Université Pierre et Marie Curie (Paris VI) qui depuis janvier 2006 intervient dans certains lycées parisiens pour encourager les jeunes lycéens de quartiers ?politique de la ville? ou de quartiers défavorisés, ou sensibles comme on dit, à poursuivre des études scientifiques.

En tant que maire du 14e arrondissement, je suis particulièrement satisfait, et je tenais à le dire aujourd?hui, que la première expérience de ce dispositif ait eu lieu notamment dans les Premières et Terminales scientifiques d?un lycée de mon arrondissement, le lycée François Villon, dont les statistiques de réussite au Bac ne sont pas, et de loin, parmi les meilleures de Paris.

Ce dispositif qui vise à permettre une meilleure orientation des lycéens par des rencontres avec des enseignants et des étudiants de l?Université Paris VI est particulièrement utile pour les jeunes issus de milieux défavorisés. On sait en effet que, faute d?exemples dans leur entourage familial, et faute d?avoir une vision claire de ce que sont l?université et ses débouchés, beaucoup de ces jeunes n?osent pas et n?envisagent pas des études supérieures.

Les équipes pédagogiques de François Villon et de l?ancien proviseur avaient accueilli avec intérêt cette initiative en 2006. Il m?a été rapporté que la motivation des lycéens en avait été fortement accrue. La poursuite de cette expérience suscite d?ailleurs la même satisfaction de la part du nouveau proviseur.

Je crois, Monsieur le Maire, que ?Cap en Fac? est une initiative particulièrement intéressante pour l?égalité des chances par la formation. J?aurais donc aimé savoir aujourd?hui si un bilan de cette première expérience peut être fait et, Madame POURTAUD, si vous comptez élargir ce dispositif à d?autres lycéens ainsi qu?à d?autres universités.

Je vous remercie par avance pour votre réponse.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme POURTAUD.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci cher collègue, de me donner l?occasion de faire un premier bilan du dispositif ?Cap en Fac?.

Si j?ai initié l?année dernière ce dispositif, c?est parce que je souhaite défendre le principe d?égalité des chances pour les jeunes dans l?accès à l?université et je voudrais rappeler au Conseil deux chiffres importants et choquants : si le taux de chômage des jeunes est scandaleusement élevé à 23 % des 18-30 ans, celui des jeunes sans diplôme est de 40 %. Et ce taux de chômage est étroitement corrélé au niveau du diplôme.

Or, deuxième chiffre difficile à admettre, si l?on prend l?origine sociale des jeunes qui atteignent le niveau licence ou master, la situation est quasiment la même qu?en 1950 avec environ 10 % de jeunes issus de familles d?ouvriers, d?employés ou de chômeurs.

C?est pourquoi le dispositif ?Cap en Fac? vise à démocratiser l?accès à l?enseignement supérieur en faveur des lycéens issus de quartiers difficiles, grâce à des subventions versées par la Ville et à la mobilisation des universités.

Pour répondre plus précisément à votre question sur le bilan de cette première année, Monsieur le Maire, il peut s?analyser à deux niveaux. S?agissant de l?impact sur la motivation des lycéens, et là au-delà de la satisfaction des équipes pédagogiques que vous signaliez à l?instant, les statistiques de réussite au bac parlent d?elles-mêmes : en 2006, l?Université Pierre-et-Marie-Curie s?est rendue dans les lycées François Villon (14e arrondissement) et Gabriel Fauré du 13e arrondissement pour encourager et motiver 231 élèves des Premières et Terminales S à poursuivre des études supérieures. Au lycée Gabriel Fauré, le taux de réussite pour les Terminales scientifiques est passé de 64,6 % en 2005 à 78, 3 % en 2006. Et au lycée François Villon du 14e arrondissement, le taux de réussite des Terminales S est passé de 41 % en 2005 à 72,7 % en 2006.

Deuxième niveau d?analyse : la poursuite d?études supérieures en universités scientifiques. Neuf de ces lycéens sont entrés à l?Université Pierre et Marie Curie (Paris VI) qui est tout de même la première université scientifique française. Et surtout je me suis récemment entretenue avec le directeur des formations de l?Université Pierre et Marie Curie qui m?a confirmé que leur premier semestre était un réel succès.

Au regard de ces résultats encourageants, j?ai décidé de reconduire cette expérience, non seulement avec l?Université Pierre-et-Marie-Curie et ces deux lycées, mais aussi d?élargir, avec l?Université Pierre-et-Marie-Curie, à un troisième lycée dans le 18e arrondissement, le lycée François Rabelais. C?est ce sur quoi porte cette délibération.

A ma demande, en outre, trois nouvelles universités sont entrées dans le dispositif, en octobre 2006 - nous avons d?ailleurs voté une subvention en novembre 2006 - : deux grandes universités pluridisciplinaires allant de la médecine aux sciences humaines Paris V et Paris VII, mais également une grande université de sciences humaines en droit et économie, Paris I Panthéon Sorbonne.

Ce dispositif va donc pouvoir couvrir, à la rentrée prochaine, tous les champs disciplinaires et s?étendre à un beaucoup plus grand nombre de lycées puisque cinq nouveaux lycées en bénéficient dès cette année. Et l?Université Paris II Panthéon Assas devant nous rejoindre à la rentrée prochaine avec le lycée Bergson du 19e arrondissement, ce sera plus d?une dizaine de lycées supplémentaires qui sera associée au dispositif.

Cette expérience démontre que les universités parisiennes sont prêtes à s?engager fortement pour nos jeunes, même pour les non initiés, et qu?elles ont simplement besoin qu?on leur donne les moyens de le faire, ce que l?Etat n?a pas fait depuis cinq ans.

Je voudrais juste terminer en disant que l?on a beaucoup entendu du côté du Gouvernement de grands discours sur l?égalité des chances, mais que, pendant ce temps-là, pas grand-chose ne s?est passé, alors que la Ville et les universités parisiennes agissent, elles, pour l?égalité des chances.

Voilà ce que je pouvais dire.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 39.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2007, DASCO 39).