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Juin 1998
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Conseil Municipal
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22- V - Question d'actualité du groupe communiste à M. le Maire de Paris sur le devenir de la Foire du Trône.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1998



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons à l'examen de la question d'actualité déposée par le groupe communiste et M. MALBERG concernant le devenir de la Foire du Trône.
Monsieur MALBERG, vous avez la parole.
M. Henri MALBERG. - Je voudrais en quelques mots élever une vive protestation sur la manière dont la majorité municipale a traité jusqu'à aujourd'hui le dossier de la Foire du Trône.
De ce point de vue, Monsieur le Maire, votre réponse au courrier que je vous avais adressé, et que j'ai reçu avant-hier, ne m'a pas fait changer d'avis. La semaine dernière les forains ont quitté la pelouse de Reuilly, sans qu'aucun engagement sérieux n'ait été pris à leur égard. La question du devenir de cette grande fête populaire reste donc entière.
Les rumeurs les plus fantaisistes quant au nouveau site qui pourrait accueillir la Foire du Trône n'y changent rien, elles aggravent même nos inquiétudes.
Je rappelle les faits : les forains ont appris par un simple courrier au début de cette année qu'ils devaient quitter la pelouse de Reuilly dès l'an prochain. En dépit de leurs demandes répétées pendant des mois, aucune entrevue, aucune discussion n'a eu lieu jusqu'à ce que, forts de plusieurs centaines de milliers de pétitions, ils viennent manifester ici sur le parvis de l'Hôtel-de-Ville pendant nos travaux.
Il a fallu que j'intervienne, vous en avez convenu, pour que vous renonciez à leur envoyer la police. C'était devant tout le monde ici, et M. PIERRE-BLOCH, votre représentant nouvellement en charge des questions du commerce et de l'artisanat, les a alors rencontrés.
Au vu de l'autoritarisme dont vous avez fait preuve, tout au long des deux mois passés, permettez-moi, Monsieur le Maire, de douter de la volonté que vous affichez d'offrir à la Foire du Trône les moyens, je vous cite, de redevenir un lieu privilégié de réjouissance populaire.
Je continue à penser pour ma part que ce qui est menacé aujourd'hui c'est l'existence même de cette manifestation. La Foire du Trône qui remonte, rappelons-le, au Moyen-Age, et dont l'entrée est gratuite, est l'une des fêtes les plus authentiquement populaires de la Capitale. Il y a plusieurs millions de visiteurs chaque année, et elle est la plus grande foire foraine d'Europe. Tous les Parisiens y sont allés à un moment de leur vie.
En menaçant son existence comme celle de la " Fête à Neu-Neu " qui a également été retirée du calendrier des fêtes parisiennes, entendez-vous, Monsieur le Maire, vider Paris de cette dimension de la culture ?
Voulez-vous transformer la Capitale en une espèce de vitrine où tout serait poli, lissé, aseptisé.
Vous dites qu'il y a des problèmes tenant au déroulement de la Foire du Trône, les professionnels le disent aussi, ils ont même l'impression que depuis plusieurs années l'attitude de la Ville, son refus de faire respecter par quelques uns les règles en vigueur, a conduit au pourrissement de la situation.
La manière dont la Ville a brandi certains arguments sécuritaires a même conduit des hommes politiques connus pour leurs positions extrêmes à se croire autorisés à désigner les forains comme responsables de tous les maux.
Cette année, les enfants de forains n'ont pas été accueillis dans l'école de Charenton, contrairement à ce qui se faisait jusque là et ne posait aucun problème. Tout cela dégage une odeur nauséabonde.
Il est temps de discuter sérieusement. Je demande donc que ce dossier soit débattu devant le Conseil de Paris lors d'une prochaine réunion de notre Assemblée. M. TIBÉRI s'y était engagé lorsqu'il a demandé que ce problème soit retiré de l'ordre du jour. Je voudrais que cet engagement soit tenu.
Et je souhaite qu'à cette occasion tous les éléments financiers soient fournis aux élus, leur permettant de savoir ce que coûterait aux contribuables un transfert de la Foire du Trône.
Pour contribuer à créer de bonnes conditions à ce débat, je demande qu'un moratoire d'un an soit décrété, et que le contact soit repris sans délai avec les forains pour les informer que la Foire se déroulera en 1999 sur la pelouse de Reuilly, en attendant un accord sérieux.
Je le répète, il y a assez de Mac Do et Disneyland à Paris ; qu'on nous laisse les manèges, les barbes à papa et les pommes d'amour ; ce serait pas si mal pour un Maire qui veut défendre les intérêts de la Capitale.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH a la parole.
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint. - Monsieur le Conseiller, je vais vous répondre de façon très claire ! Je ne peux pas accepter que vous disiez qu'il n'y a pas eu de concertation avec les forains. Depuis ma prise de fonction, il y a un peu plus d'un mois, j'ai rencontré personnellement trois fois les forains, plus une quatrième fois sur leur lieu de travail qui est la pelouse de Reuilly.
Le Maire de Paris, en décembre 1997, a fait savoir par courrier qu'il ne renouvellerait pas la Foire du Trône sur la pelouse de Reuilly ; j'en ai pris acte et quand j'ai été nommé à ce poste, j'ai longuement expliqué aux forains que nous cherchions un autre site et qu'il y avait un engagement formel de la part du Maire de Paris que la Foire du Trône se retrouverait de nouveau l'année prochaine intra muros, mais non sur la pelouse de Reuilly ! Que ce soit bien clair !
Cela étant, je cherche un site ; je vous le dis et vous le répète ; j'ai trois sites en vue et c'est le Maire de Paris, seul souverain en la matière, qui décidera lequel des trois sites sera retenu.
Pourquoi en sommes-nous arrivés là aujourd'hui ?
Il y a eu des incidents inacceptables il y a deux ans et des batailles rangées, pas du fait des forains, mais de bandes extérieures, où la police a été prise pour cible. Des manifestations ont eu lieu il y a quelques semaines dans Paris lors desquelles les forains ont forcé un certain nombre de barrages de police et envoyé un policier à l'hôpital.
Je trouve que ces manières sont inacceptables dans un pays de droit et je pense que vous me suivrez là-dessus.
Il n'est pas supportable qu'une minorité veuille imposer son point de vue à la majorité.
J'ai rencontré les forains, tous syndicats confondus, en sachant que chaque famille est un syndicat en elle-même, à plusieurs reprises à la Mairie de Paris. Je suis un homme de dialogue. Je leur ai dit et je vous le redis aujourd'hui, Monsieur le Conseiller, que la Foire du Trône se tiendra dans Paris intra muros l'an prochain, dans quel site ? Je vous le dirai quand le Maire de Paris l'aura décidé, c'est-à-dire début septembre. Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je vous remercie.