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Juin 1998
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103- QOC 98-224 Question de Mme Laure SCHNEITER, élue du Mouvement écologiste indépendant, à M. le Maire de Paris relative à l'abattage des platanes creux.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1998



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La question suivante de Mme Laure SCHNEITER à M. le Maire de Paris est relative à l'abattage des platanes creux.
Je vous en donne lecture :
" Parmi ses 87.457 arbres d'alignement, Paris compte beaucoup de marronniers (14.020, soit 15,95 %), mais surtout des platanes (34.355, soit 39 %).
Malheureusement, les platanes ont longtemps été victimes de tailles sévères. Ainsi, en plus du manque d'eau en été, de la pollution, du sel de déneigement en hiver, ils furent fragilisés et sont devenus sensibles aux maladies et aux champignons. Ces tailles sévères ont entraîné des pourrissements.
Certains platanes sont donc plus ou moins " creux ", ce qui ne les empêchent pas de vivre et d'apporter un peu de nature dans les rues de Paris, un peu d'ombre aux Parisiens et aux visiteurs en été.
Les arbres d'alignement ne sont pas du mobilier urbain, mais des êtres vivants. Les Parisiens y sont sentimentalement attachés. Leur existence ne doit pas être subordonnée aux exigences de la voirie et aux nuisances de la circulation. Un arbre met des décennies pour atteindre un grand développement, aussi ne peut-il être remplacé comme un réverbère ou un banc public.
La sécurité des Parisiens est souvent invoquée pour justifier l'abattage des arbres ; or, un arbre creux et notamment un platane, ne tombe pas si facilement. Il faudrait une tempête d'une force exceptionnelle pour le déraciner... et Paris n'est pas en bord de mer, comme la Bretagne ou la Normandie ! Un platane, même creux, cela est reconnu depuis des siècles, peut vivre 120 ou 130 ans, sinon plus ; si une branche trop fragile menace, elle peut être coupée proprement sans supprimer l'arbre pour autant. Ne voit-on pas des arbres creux, plusieurs fois centenaires, dans le creux desquels on a aménagé une chapelle !
Mme Laure SCHNEITER demande à M. le Maire de Paris s'il va arrêter de faire couper abusivement des platanes creux.
Par ailleurs, elle demande à M. le Maire de Paris :
1°) de lui indiquer si une étude sur l'état phytosanitaire des arbres d'alignement a été réalisée et quels en sont les résultats ;
2°) combien d'arbres d'alignement sont abattus chaque année à Paris ;
3°) combien coûterait l'arrosage des arbres d'alignement en période de sécheresse ;
4°) combien coûte l'abattage et le remplacement d'un arbre d'alignement. "
Je vous donne la réponse au lieu et place de Mme Françoise de PANAFIEU, adjoint.
Les plantations d'alignement sont surveillées de façon systématique au cours des deux campagnes annuelles qui identifient avec précision les arbres morts ou dangereux à abattre et de façon ponctuelle à chaque intervention d'entretien (soins, élagage).
L'utilisation de moyens techniques d'aide au diagnostic lorsqu'il y a doute, tel que le " résistographe ", permet de conforter les résultats. La compétence des bûcherons-élagueurs de la Ville de Paris permet de garantir la fiabilité des expertises.
Un platane, même présentant des cavités, n'est pas abattu de manière systématique mais uniquement s'il présente un risque de chute et donc un risque pour la sécurité des véhicules ou des piétons. Une étude réalisée en collaboration avec un laboratoire spécialisé d'analyse des matériaux a établi que les risques étaient réels dès lors que les cavités dépassaient, pour un platane, le tiers du volume du tronc.
Malgré ces précautions, lors de vents forts supérieurs à 100km/h, ce qui se produit plusieurs fois par an à Paris, il arrive que des branches voire même des arbres chutent sur la voie publique en provoquant parfois des dégâts.
Les problèmes de chaque arbre sont repérés lors des deux visites annuelles effectuées en période de végétation.
Une base de données sur les arbres de Paris sera totalement opérationnelle en 1999. Chaque arbre sera suivi par sa carte d'identité, par des informations évolutives basées sur des mesures et observations régulières, et par diverses données relatives aux soins, aux différentes interventions...
Depuis 1995, les remplacements d'arbres ont concerné 4.413 sujets, dont 1.311 pour la saison 1997-1998. Le remplacement d'un arbre, comprenant le changement de la terre végétale, l'achat de l'arbre, et la réfection du trottoir est estimé à 14.000F.
Parallèlement, les plantations nouvellement créées à l'occasion des interventions sur l'urbanisme, de la restauration de la qualité d'un site augmentent le patrimoine et contribuent à son rajeunissement. Ainsi depuis 1995, 1.221 nouveaux arbres ont-ils été plantés.
Les arbres plantés en alignement le long des rues sont arrosés de manière systématique pendant les trois années qui suivent leur mise en place à raison de 12 arrosages d'avril à septembre. A chaque intervention, le jeune arbre reçoit environ 100 litres d'eau, quantité déterminée par les possibilités maximales de réserve utile du sol. En deçà de cette quantité, le volume prospecté par les racines n'est pas humidifié en totalité ; au-delà, l'eau apportée est perdue par percolation.
L'arrosage des arbres adultes n'est pas possible en ville car leur système racinaire s'étend sur plusieurs mètres autour du tronc. L'arrosage au pied de l'arbre n'aurait donc aucune efficacité, et il n'est pas envisageable de perforer les revêtements des trottoirs et des chaussées pour procéder à l'arrosage des arbres.
En cas de sécheresse importante, les arbres d'alignement, qui ne disposent plus de l'eau nécessaire pour alimenter l'ensemble de leur ramure, réagissent de manière naturelle en réduisant leur transpiration. Le dessèchement précoce du feuillage en juillet/août peut en résulter. Ce phénomène est une réaction normale d'adaptation à la vie citadine et ne nuit pas à la vie de l'arbre, dont les bourgeons repartent normalement au printemps suivant.
Tous les moyens techniques et scientifiques sont mis en oeuvre pour sauvegarder ce patrimoine végétal exceptionnel que constituent les platanes et autres essences plantés en alignement le long des rues de Paris.