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Juin 1997
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Conseil Général
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3- 1997, ASES 50 G - Subvention d'investissement à l'association " Service immobilier de la Région parisienne " (8e). - Montant : 1.000.000 F.

Débat/ Conseil général/ Juin 1997



M. CHÉRIOUX, président. - Nous passons au projet de délibération suivant ASES 50 G. Il s'agit d'une subvention d'investissement à l'association " Service immobilier de la région parisienne " pour un montant de 1 million de francs.
La parole est à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Merci, Monsieur le Président.
Le centre social Roquette, aujourd'hui temporairement hébergé dans les locaux de l'église Sainte-Marguerite, était situé dans les locaux paroissiaux de l'église Notre-Dame d'Espérance.
Construit en 1928 par l'architecte Barbier, cet édifice atypique de style Art Déco, dont la porte d'entrée était orné de bas-reliefs honorant les artisans du Faubourg a été malencontreusement massacré en mai 1995 au grand dam des riverains et de l'association " Onze de Pique ".
" Ils détruisent même l'espérance ! " proclamaient les banderoles brandies au petit matin, mais rien n'arrêta la folie destructrice de l'Evêché qui a su faire pression sur la Commission d'examen des demandes d'inscription à l'inventaire des Monuments historiques, pour mettre à bas, une fois de plus à Paris, un monument Art Déco.
En pleine campagne présidentielle, les pelleteuses ont détruit le clocher et la nef de cette église, sous l'objectif du réalisateur Cédric Klapisch, qui immortalisa, pour la postérité, cet acte de vandalisme, en une célèbre scène de son film " chacun cherche son chat " que je vous recommande fortement d'aller voir.
Mais le plus consternant de tout cela est peut-être la laideur et l'extraordinaire densité du projet de construction imposé à ce quartier, sans la moindre concertation, empilant un complexe paroissial et une centaine de logements en dépit du rejet massif exprimé par les riverains.
La rue de la Roquette en est totalement étouffée et l'environnement du quartier définitivement affecté.
En rapprochant ce projet de celui de la nouvelle église Notre-Dame d'Alliance dans le 15e, projet tout aussi violemment contesté par les riverains, ou encore de celui de l'église d'Auteuil, on constate que l'Evêché se lance aujourd'hui dans une véritable politique immobilière avec des pratiques dignes des plus grands promoteurs : refus d'écoute, de dialogue et de prise en compte des critiques des citoyens, le tout avec la sainte bénédiction de la Ville de Paris et de ses services.
Au regard de l'étendue du patrimoine ecclésial, les Parisiens peuvent légitimement s'inquiéter de ces dérives foncières.
Nous savons tous que toute mystique se dégrade en politique, nous saurons désormais que le ministère de la foi peut se fourvoyer en affairisme. Cette alliance du béton et du goupillon est déplorable.
Pour justifier cet acte de violence urbaine, l'Evêché, un peu hypocritement développait un argumentaire social, la réhabilitation de l'église ne pouvant être financé que par la construction de logements de standing, il préférait démolir pour construire des logements sociaux empilés sur le complexe paroissial.
Mais aujourd'hui, en fait de social, la centaine de logements qui accompagnent ce programme ne sont nullement des logements sociaux contrairement à ce qui était affirmé.
Et les équipements sociaux de ce projet immobilier ne sont même pas assumés par le diocèse puisque la halte garderie et le centre social sont financés par les deniers publics, soit près de 5 millions, répartis entre la Ville de Paris, la Préfecture de Paris, et la Caisse d'allocations familiales.
Aujourd'hui, ce quartier est bouleversé par de nombreuses opérations de construction publiques et privées qui arrivent à terme. C'est près de 500 nouveaux logements qui vont être très prochainement livrés dans ce quartier, soit plus de 1.500 nouveaux habitants, dans un périmètre d'à peine 300 mètres de rayon.
Et une fois de plus, rien n'a été programmé en matière d'équipements et espaces verts publics pour anticiper et accompagner cette densification. Un profond déséquilibre en résultera, source de tensions prévisibles.
" Onze de Pique " et la mairie du 11e vous ont expressément demandé un audit des besoins en équipements publics, mais vous faites la sourde oreille, alors même que la Caisse d'Allocations familiales, ainsi que vous le signalez fort judicieusement dans l'exposé des motifs, a réalisé en 1993 une étude sur les problèmes sociaux de ce quartier qui conforte le diagnostic de " Onze de Pique ".
Dans ce quartier, l'opération de l'O.P.A.C dite " Basfroi Dallery " sur près d'1 hectare, construit à elle seule près de 250 logements sans le moindre équipement public. Le Tribunal administratif de Paris a d'ailleurs annulé le permis de construire. Un rééquilibrage du projet s'impose.
Sous la pression, vous avez laborieusement accordé 1.000 mètres carrés de jardin public. Mais cela ne répond pas à la demande. Poursuivez votre effort en aménageant ce jardin, sur la totalité des 1.600 mètres carrés de la dernière parcelle disponible au 90, rue de la Roquette, ainsi que les riverains et " Onze de Pique " vous le réclament depuis des mois.
Programmez aussi un jardin au 1-3, passage des Taillandiers, dans le même secteur.
Le quartier Roquette est au coeur du Faubourg Saint-Antoine où vous avez engagé un Plan de protection et de Mise en valeur qui se veut l'emblème d'un urbanisme à visage humain. Faute de tels équipements de proximité, ce quartier court le risque d'un véritable échec social et urbain.
Monsieur le Maire, soyez plus attentif au quartier Roquette et saisissez l'opportunité de la modification du P.O.S. pour instaurer de nouvelles réserves pour espaces verts et pour équipements publics afin que ce quartier puisse enfin envisager l'avenir avec sérénité.
M. CHÉRIOUX, président. - La parole est à M. LAFAY.
M. Philippe LAFAY, vice-président, au nom de la 5e Commission. - Monsieur BLET, vous vous trompez de débat. En tant que rapporteur au nom de la 5e Commission, j'ai à rapporter ce projet de délibération relatif à une subvention concernant un centre social et une halte-garderie. Nous avons approuvé ce projet de délibération à l'unanimité en 5e Commission, y compris avec vos amis.
Vous posez en l'occurence le problème de la promotion immobilière engagée par le Clergé.
Je me permettrai de dire que nous ne sommes pas concernés par cette promotion immobilière. Une réponse devrait vous être apportée d'ordre purement urbanistique et je ne suis pas à même en cette Assemblée de vous répondre sur un projet immobilier du Clergé en matière urbanistique.
M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie.
Je vais mettre aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 50 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, MM. DUMAIT et REVEAU ayant voté contre. (1997, ASES 50 G).