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Mars 2003
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Conseil Municipal
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69 - Vœu n° 39 déposé par Mme Isabelle GUIROUS-MORIN et les membres du groupe "Les Verts" concernant l'implantation d'une épicerie sociale au marché des Batignolles

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant au v?u n° 39, déposé par Mme GUIROUS-MORIN.
Vous avez la parole, Madame.
Mme Isabelle GUIROUS-MORIN. - Merci.
Monsieur le Maire, chers collègues, comme vous le savez, le principe de l'épicerie sociale permet de fournir une aide alimentaire ne se limitant plus à de l'assistanat mais en rendant leur dignité aux plus démunis. Elle permet de favoriser les liens sociaux, de responsabiliser les utilisateurs et de réinsérer la personne.
Si cela ne vous dérange pas, j'aimerais avoir un peu plus de calme.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Laissez parler Mme GUIROUS-MORIN, s'il vous plaît.
Allez, poursuivez, Madame GUIROUS-MORIN, ne vous laissez pas distraire.
Mme Isabelle GUIROUS-MORIN. - Je reprends. Elle permet de favoriser les liens sociaux, de responsabiliser les utilisateurs et de réinserer la personne.
C'est pourquoi, en mars 2000, à l'occasion de l'inauguration de l'épicerie sociale d'Herblay, Mme Dominique GILOT, ancienne Secrétaire d'Etat à la santé et à l'action sociale, soutenait ce type d'action en déclarant : "Bien entendu, il ne s'agit pas d'opposer dans ce domaine une forme d'aide immédiate et inconditionnelle à une autre forme d'aide plus exigeante, il faut que toute personne qui a besoin d'aide en urgence, que ce soit pour manger, pour être logée ou pour accéder à un droit, continue d'être accueillie et secourue immédiatement. C'est pourquoi toutes les formes d'aide sont les bienvenues, aucune bonne volonté ne doit être découragée. Toute forme de distribution de l'aide alimentaire continue d'être légitime et nécessaire. Mais il est du devoir de l'Etat et des collectivités territoriales d'encourager les formes d'aide davantage orientées vers l'insertion. La formule de l'épicerie sociale apparaît, de ce point de vue, particulièrement intéressante. En participant financièrement à l'achat des produits, même de façon très limitée, la personne aidée redevient cliente et consommatrice. Une relation d'échange se substitue ainsi à une relation de dépendance", fin de citation.
En conséquence, une politique volontariste de création de plusieurs nouvelles épiceries sociales à Paris, venant compléter les différentes structures déjà en place, nous semblerait opportune.
Aussi, il nous est apparu pertinent d'examiner la possibilité d'encourager l'implantation de ce type de structure dans un quartier où elle fait défaut. C'est pourquoi j'ai souhaité relier ce voeu à la délibération DFAE 28 sur le marché couvert des Batignolles, dans le 17e. En effet, le 17e arrondissement est partagé en deux parties par l'avenue de Clichy. D'un côté, une population aisée, de l'autre une population ouvrière.
Le marché des Batignolles, situé dans la partie aisée, est à quelques mètres de l'avenue de Clichy. Souhaitant favoriser la mixité sociale dans cette partie de l'arrondissement et faciliter le développement de réseaux de solidarité et de proximité en direction des plus démunis, l'implantation d'une épicerie sociale dans l'enceinte du marché des Batignolles apparaît pertinente.
C'est pourquoi le Conseil de Paris, sur proposition d'Isabelle GUIROUS-MORIN et des élus du groupe "Les Verts", émet le v?u, afin de favoriser la mixité sociale, que toutes les dispositions soient prises pour faciliter la mise en place d'une épicerie sociale dans l'enceinte du marché couvert des Batignolles.
Merci.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Madame COHEN-SOLAL, vous avez la parole.
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Merci.
Je voulais répondre à Mme GUIROUS-MORIN qu'effectivement, les épiceries sociales sont une initiative extrêmement intéressante. Naturellement, la Ville de Paris, comme vous le savez, aide à l'implantation d'épiceries sociales mais vous avez émis le v?u que ce soit au sein du marché couvert des Batignolles que soit créée une épicerie sociale pour que des personnes en difficulté puissent s'approvisionner en produits alimentaires.
Malheureusement, la gestion du marché couvert des Batignolles a été confiée au Groupement d'intérêt économique des marchés couverts de Paris par la convention du 15 février 1995. En vertu de l'arrêté municipal de 1986, le Maire de Paris peut accorder des autorisations d'occupation du domaine public aux commerçants proposés par le G.I.E., sous réserve que ceux-ci soient inscrits au Registre du commerce et des sociétés.
Une association ne peut donc se voir délivrer, sauf si l'on changeait très rapidement cette règle, une autorisation d'occupation du domaine public sur un marché couvert, ce qui ne permet pas d'installer une épicerie sociale sur ce marché-là.
Je vous ai dit, par ailleurs, que cinq épiceries sociales sont aujourd'hui financées par la Ville dans divers arrondissements : le 11e, le 13e, le 18e, le 19e et le 20e. L'une d'entre elles, dénommée "La Courte Echelle", est située au 17, rue Tillet, dans le 18e arrondissement, à moins de 500 mètres du marché couvert des Batignolles.
Sur les 46.000 euros annuels alloués par la Ville aux épiceries sociales, "La Courte Echelle" en reçoit 25.000, soit plus de 25 % de la somme totale.
Si une nouvelle épicerie devait être financée par la Ville, le site du marché couvert des Batignolles ne serait sans doute pas le plus indiqué et c'est pour cela que nous ne pouvons pas accepter votre v?u.
De plus, je vous informe que seulement quatre places sont actuellement vacantes sur le marché couvert des Batignolles, pour un total de 65 mètres carrés de surface. C'est donc largement insuffisant pour installer une épicerie de ce genre.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par Mme GUIROUS-MORIN, avec avis défavorable de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le v?u n° 39 est repoussé.