Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mars 2003
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

79 - 2003, DVD 212 - Programme 2002 en faveur du réseau principal de bus. - Axe mobilien 38

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DVD 212, sur lequel l'amendement n° 44 a été déposé par M. BAUPIN lui-même. Il s'agit d'un programme 2002 en faveur du réseau principal de bus - Axe mobilien 38.
Monsieur DARGENT, vous avez la parole.
M. Claude DARGENT. - Monsieur le Maire, chers collègues, c'est avec beaucoup de satisfaction que nous saluons la venue de ce projet de délibération devant notre Assemblée. Il s'agit, en effet, d'un élément central de la nouvelle politique des déplacements qui consiste à rééquilibrer la place occupée par l'automobile et par les autres modes de déplacement dans cette ville.
Mais un problème a retardé l'élaboration de cette ligne et son inscription au programme Mobilien. C'était la question de la partie centrale de cet itinéraire. Un accord a pu être trouvé avec la Préfecture de police sur cette partie centrale. Il faut s'en réjouir mais on doit regretter que la proposition initialement formulée par la Ville n'ait pas été ratifiée dans les modalités qu'elle prévoyait.
En effet, sur le modèle en vigueur dans de nombreuses villes de province, l'Exécutif municipal proposait un seul couloir latéral, à double sens, alors que le compromis qui nous est présenté ici propose à notre Assemblée deux couloirs distincts, implantés de chaque côté de la voie.
On l'aura compris, ce choix multiplie évidemment par deux les problèmes d'accès aux immeubles, que ce soit pour les résidents et surtout pour les commerces qui y sont implantés et on sait que ces commerces sont nombreux sur le boulevard Saint-Michel.
La solution finalement retenue fait perdre de l'espace inutilement puisqu'elle impose de mettre en place deux banquettes de séparation au lieu d'une seule. Ce compromis permet cependant de débloquer le dossier. C'est pourquoi le groupe socialiste et radical de gauche, évidemment, l'approuve.
Il ne faudrait pas, néanmoins, que la solution retenue ici fasse jurisprudence. La solution d'un couloir unique à deux sens doit pouvoir prévaloir partout où elle est légitime. Il apparaît d'ailleurs que l'argument de la sécurité invoqué par M. le Préfet de police pour le boulevard Saint-Michel est largement réversible. C'est ce qu'a montré notamment le débat dans le Conseil du 6e arrondissement. M. MORELL n'a pas pu rester mais il a bien souligné que le débat avait montré, toutes sensibilités confondues, qu'il n'était pas du tout acquis que l'aménagement finalement retenu soit préférable, du point de vue de la sécurité, à celui initialement envisagé.
C'est pourquoi il est souhaitable, d'une part, que la solution adoptée fasse l'objet d'un suivi tout à fait précis et méticuleux, d'autre part que la réalisation, maintenant que ce point de blocage est levé, des lignes de programme Mobilien s'accélère afin de répondre aux v?ux des Parisiens et de réaliser un programme auquel la Municipalité s'est engagée pour cette mandature.
Je vous remercie.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur BLISKO, vous avez la parole rapidement.
M. Serge BLISKO, maire du 13e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.
J'interviens sur ce projet DVD 212, excusez-moi, Monsieur le Maire, si vous êtes pressé - nous sommes tous pressés - et sur un tronçon qui n'est pas évoqué aujourd'hui. En clair, je veux parler du tronçon situé sur l'avenue Denfert-Rochereau, entre la place Denfert-Rochereau et la station de R.E.R. Port-Royal.
Le projet, tel qu'il était défini, consiste à passer sur le côté descendant vers Saint-Michel, dans la contre-allée actuellement espace de stationnement, où une quarantaine de véhicules peuvent stationner face à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul.
Je voudrais vous alerter, monsieur le maire, ainsi que M. BAUPIN, qui connaît d'ailleurs bien le problème, sur l'extrême inquiétude qui règne dans le quartier au sujet du futur passage du 38 dans cette contre-allée. Pourquoi ? Parce que, s'il y a inquiétude, ce n'est pas par égoïsme, car la plupart des animateurs de l'association qui ont lancé une pétition ayant recueilli plusieurs milliers de signatures, dont celles de commerçants installés sur cette contre-allée et dont celles des associations de polyhandicapés riveraines ne sont pas hostiles à la disparition du stationnement sur cette contre-allée. Ils ne sont d'ailleurs pas hostiles à la politique municipale de développement des transports en commun mais ils s'interrogent sur l'opportunité de bouleverser ce paysage urbain, cette contre-allée et ne sont pas certains, et moi non plus d'ailleurs, Monsieur le Maire, que le trafic, très fluide du 38 sur cette portion de l'avenue, gagnerait beaucoup à passer dans cette contre-allée.
Je me pose également la question et je plaide ici, cher Denis BAUPIN, pour une réflexion plus approfondie.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Mme BELLENGER a la parole.
Mme Geneviève BELLENGER. - Très rapidement. Je respecterai l'ordre du jour et je laisserai le soin à Denis BAUPIN de répondre à M. BLISKO.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Ce n'est pas le bon moment.
Mme Geneviève BELLENGER. - Je vais respecter l'objet du projet de délibération et c'est sur ce sujet que je vais m'exprimer. Je laisserai à M. Denis BAUPIN le soin de répondre à M. BLISKO, maire du 13e.
Comme j'ai eu l'occasion de le dire lors de la dernière Commission extra-municipale du 15 novembre dernier, où fut présenté le projet d'aménagement latéral du couloir de bus Mobilien 38 sur le tronçon boulevard Saint-Michel et boulevard du Palais, nous regrettons qu'aucune expérimentation, pourtant envisagée sur ce secteur du boulevard du Palais, avant l'été, n'ait été retenue à l'heure où l'expérimentation semble avoir le vent en poupe, en France, dans le cadre des projets de décentralisation.
En effet, les couloirs latéraux sont loin de traduire la portée structurante et urbanistique que constituait le parti d'aménagement que la Ville de Paris avait proposé en bi-directionnel latéral, principe qui, à partir d'un véritable partage de voirie, garantissait une cohabitation de l'ensemble des usagers de la rue et je pense aux piétons, aux vélos, aux taxis, aux livraisons, aménagement qui garantissait à la ligne 38 performance et régularité.
En effet, quelle sécurité supplémentaire pour le piéton en latéral sur un couloir en contresens contre celle d'une station d'arrêt sur un trottoir de 2,50 mètres de large comme le propose le bidirectionnel latéral.
Quelle sécurité pour le cycliste et le bus dans la gestion du tourné à droite ?
Pour aller rapidement, je propose à M. BAUPIN et à l'ensemble des partenaires du Comité d'axe de la ligne Mobilien 38 qu'au vu des limites du schéma latéral qu'a évoqué également M. DARGENT, nous réfléchissions à la mise en place d'un Comité de suivi et d'évaluation chargé d'une expertise, après 6 mois de mise en oeuvre de ces couloirs latéraux, en vue d'établir la pertinence de ces aménagements pour l'ensemble des usagers et de vérifier si les objectifs de qualité de service liés au Mobilien 38 sont bien respectés.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - On a compris.
La parole est à M. BAUPIN.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Je voudrais remercier M. DARGENT. Je voudrais préciser que si un amendement est déposé, c'est parce qu'il y avait une erreur technique dans le projet de délibération qui semblait donner l'impression qu'on allait réévoquer l'ensemble d'un trajet de la ligne 38 alors qu'il s'agit uniquement du tronçon central, même si M. BLISKO a évoqué un autre tronçon.
Je voudrais dire à M. DARGENT et à Mme BELLENGER que je partage leurs réserves sur la proposition faite aujourd'hui en ce qui concerne la ligne 38.
Ce n'était pas notre proposition initiale. Nous souhaitons, comme rappelé, qu'il y ait un couloir bidirectionnel qui soit mis en place côté 6e arrondissement c'est-à-dire avec élargissement du couloir à contresens actuel et qu'il soit transformé en couloir bidirectionnel.
De fait, M. le Préfet de police n'a pas souhaité donner son accord à cet aménagement. Or il se trouve que le boulevard Saint-Michel ainsi que le boulevard du Palais sont restés compétence Préfecture de police.
Au moment où on parle beaucoup de décentralisation, et où l'on dit que les routes vont devenir compétence du Département, on peut s'interroger sur le système retenu pour l'organisation de la circulation dans Paris. Il reste encore de nombreuses voies dans Paris qui sont compétence Préfecture de police et où le jugement du Préfet de police prévaut sur celui de la Ville en termes d'aménagements.
Pour ma part, je ne crois pas que les critiques émises en matière d'aménagement soient totalement fondées même si on peut s'interroger. Personne n'est sûr d'atteindre une sécurité absolue sur un aménagement. De fait, en l'occurrence un tel aménagement existe dans de nombreuses villes, tant en banlieue parisienne que dans d'autres grandes villes françaises. Cet aménagement, s'il existe, doit être rendu pérenne dans beaucoup d'endroits afin d'avoir un minimum de sécurité.
En tout état de cause, il faut bien constater que l'aménagement initialement proposé avait l'avantage d'offrir un accès bien plus facile aux livraisons côté 5e arrondissement, c'est-à-dire le côté où se trouvent quasiment tous les commerces, en tout cas à partir du lycée Saint-Louis et que cela leur aurait permis une bien meilleure accessibilité pour les livraisons.
Je me souviens que lors de précédents Conseils de Paris, à la demande de Mme NENNER, M. le Préfet de police avait indiqué que la position n'était pas une position absolue.
J'espère que pour d'autres aménagements sur le boulevard de l'Hôpital, où nous sommes en cours de discussion sur la ligne 91, M. le Préfet aura l'occasion de nous indiquer que son opposition au bidirectionnel sur le boulevard Saint-Michel était bien liée à un site spécifique.
En ce qui concerne la question posée par M. BLISKO, sur l'avenue Denfert-Rochereau, je dois dire que j'ai un peu de mal à comprendre cette grande émotion, cette grande mobilisation au sujet d'une contre-allée qui est en fait un parking assez dégradé, comprenant une quarantaine de places. Cette mobilisation, quoi que vous en disiez, me donne le sentiment d'un plaidoyer pour le maintien d'une situation acquise de stationnement de proximité, où l'on essaie de trouver un certain nombre d'arguments pour essayer de le défendre, coûte que coûte.
En tout état de cause, je voudrais vous indiquer là aussi que nous avons bien évidemment cherché toutes les solutions possibles et qu'en l'occurrence, il n'y en a pas d'autres sur Denfert à moins d'abattre les arbres.
Ce n'est pas l'option choisie. Je ne crois pas que ce soit le choix des riverains que d'abattre les arbres sur l'avenue de Denfert.
En ce qui concerne le trafic automobile, aujourd'hui, vous avez raison, il est fluide, et donc, la nécessité de créer un couloir en site propre pour le bus 38 sur l'avenue Denfert-Rochereau aujourd'hui n'est pas totalement actée.
Je vous le concède.
Mais, à l'avenir d'autres aménagements vont intervenir et ce, d'ici la fin de l'année. La ligne 91 qui croise la ligne 38 au débouché de l'avenue Denfert sera mise, elle, en site propre.
Ce que je peux vous dire, c'est que nous veillerons à ce que la mise en place de sites propres sur la contre-allée se fasse au bon moment, c'est à dire quand ce sera vraiment nécessaire.
En tout état de cause, nous souhaitons que l'ensemble du projet Mobilien, tel qu'il est présenté, tel qu'il est conçu d'un bout à l'autre de son trajet, soit bien une ligne de bus en sites propres. Et nous pensons, avec la R.A.T.P. et les services de la Ville de Paris, que c'est un site propre qui sera nécessaire sur l'intégralité du trajet. Nous pourrons donc, d'ici quelques mois, avoir la première ligne mobilienne qui sera mise en service sur l'Ile-de-France, ce sera une ligne parisienne, la ligne 38.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je vais donner la parole au Représentant du Préfet de police.
M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Pour rassurer Mme BELLENGER, je voudrais lui dire, comme l'a rappelé à l'instant M. BAUPIN, que s'agissant de la position de la Préfecture de police, il n'y avait aucune opposition de principe au bidirectionnel latéral et que sur d'autres projets, bien entendu, nous pourrions si nous étions sollicités donner un avis favorable.
On ne va pas reprendre l'examen de fond de la ligne 38. C'est le pragmatisme qui a dicté la position de la Préfecture comme le rappelait M. DARGENT, je veux parler des questions de sécurité, ce qui a permis d'arriver à cette solution de compromis.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, l'amendement de M. BAUPIN qui est un amendement technique.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
L'amendement est adopté.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 212 ainsi amendé.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération amendé est adopté. (2003, DVD 212).