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Mars 2003
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60 - 2003, DAC 67 - Approbation des textes d'hommage destinés à être gravés sur le socle du monument à KOMITAS, aux Arméniens victimes du génocide de 1915 et aux combattants arméniens engagés volontaires et résistants morts pour la France

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DAC 67 portant approbation des textes d'hommage destinés à être gravés sur le socle du monument à KOMITAS, aux Arméniens victimes du génocide de 1915 et aux combattants arméniens engagés volontaires et résistants morts pour la France.
M. Sylvain GAREL a la parole.
M. Sylvain GAREL. - J'imagine que, comme toute notre Assemblée, nous nous félicitons que soit reconnu par cette plaque le génocide des Arméniens, le premier, malheureusement pas le dernier des génocides du XXe siècle. Je sais, pour en avoir parlé avec Pierre SCHAPIRA, qu'il a été compliqué de trouver un texte qui puisse avoir l'agrément de tous et de toutes sur cette plaque.
Cela dit, bien sûr, nous voterons ce texte, mais nous regrettons qu'il n'ait pas été inscrit sur cette plaque le nom de ceux qui avaient commis ce génocide parce qu'il est écrit "l'Empire Ottoman", mais on ne sait pas pourquoi ces Arméniens ont été tués. Il n'est pas dit que c'est sur ordre du Gouvernement turc de l'époque et nous tenions à souligner sa responsabilité dans ce génocide, le premier du XXe siècle.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Madame BORVO, vous avez la parole.
Mme Nicole BORVO. - Je regrette aussi que les responsables ne soit pas nommément désignés. Je dois dire néanmoins que cet hommage me va droit au c?ur parce qu'il faut bien dire qu'il a fallu attendre le 7 novembre 2000 pour que le génocide arménien soit officiellement reconnu par la France. Pour ce faire, il a fallu la persévérance, la détermination des associations arméniennes et l'énergie, il faut bien le dire, de quelques parlementaire d'horizons politiques divers, mais tout particulièrement des parlementaires communistes, car je rappelle que depuis 1965, Guy DUCOLONE, ancien député des Hauts-de-Seine, a ?uvré dans ce sens avec grande difficulté pour des raisons que chacun comprend ici puisqu'il s'agissait de ne pas poser de problèmes au gouvernement turc.
Sans faire l'historique des massacres dont étaient victimes les Arméniens par les différents pouvoirs en place en Turquie et qui remontent à 1894, je voudrais quand même rappeler que le régime militaire turc en place à l'époque de Talat, a décidé, au début de l'année 1915, un véritable plan d'extermination et de déportation des populations arméniennes. Entre 1915 et 1922, 1,5 million d'Arméniens furent exterminés, soit les 2/3 de la population arménienne.
La Turquie n'a jamais reconnu cette sombre page de son histoire, jamais encore à ce jour. Je crois que le peuple arménien, auquel nous devons beaucoup par ailleurs, était en droit d'attendre de la France, terre d'accueil mais aussi terre d'exil pour les quelques survivants du génocide, un geste symbolique par lequel notre pays, patrie des Droits de l'Homme et des valeurs universelles, reconnaisse officiellement le génocide. Il a quand même fallu trois-quarts de siècle pour y arriver.
Aussi, je dois dire que la Municipalité, avec cet hommage, s'honore de contribuer à valoriser cette reconnaissance, ce que l'Etat n'a pas fait, et j'ajoute qu'au moment où le peuple kurde, lui aussi victime des pouvoirs turcs, est si menacé, il est bon de se rappeler l'histoire.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, "Les Verts" et du Mouvement républicain et citoyen).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur SCHAPIRA, vous avez la parole.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je remercie les deux intervenants pour le soutien qu'ils apportent à ce projet de délibération.
Je dois dire simplement que c'est une affaire extrêmement délicate et que cela a été l'objet d'une négociation extrêmement difficile avec toutes les associations arméniennes qui nous ont proposé, in fine, ce texte.
J'ajoute que tous les Présidents de groupes ont été informés du texte gravé sur le socle de la statue par une lettre que j'ai envoyée le 22 novembre 2002 en demandant qu'ils me fassent des observations. Je n'en ai pas eu. Donc, nous avons poursuivi notre démarche et gardé cet intitulé qui, je vous le dis à nouveau, est le fruit d'une négociation extrêmement compliquée.
Je remercie les deux groupes, P.C. et "Verts", de nous soutenir.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 67.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAC 67).