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Mars 2003
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Conseil Municipal
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50 - 2003, DAC 135 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché de prestations de service pour la scénographie et la production d'une exposition sur les boulevards des Maréchaux sud, dans le cadre du "Programme artistique du tramway Maréchaux sud"

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération DAC 135 autorisant M. le Maire de Paris à signer un marché de prestations de service pour la scénographie et la production d'une exposition sur les boulevards des Maréchaux sud, dans le cadre du "Programme artistique du tramway Maréchaux sud".
Je donne la parole à M. GALLAND.
M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, sur ce projet de délibération, je dois dire à M. GIRARD que nous avons deux réserves et une interrogation.
Notre première réserve est assez fondamentale. Il s'agit du calendrier.
Au moment où le débat fait rage concernant le tracé du tramway, comme l'atteste la première réunion menée dans le cadre de l'enquête publique, entre le boulevard des Maréchaux et la Petite ceinture ferroviaire, est-ce le bon moment pour faire sur ce sujet de l'accompagnement artistique ? Est-ce que nous n'allons pas avoir affaire à une population qui va souffrir d'une grande incompréhension alors qu'elle est en train de traiter un problème et de participer à un problème fondamental sur lequel on lui propose, alors qu'elle a l'impression d'être incomprise sur ce débat, l'accompagnement artistique ?
Est-ce à dire, puisque vous avez 17 images fixes ou mobiles qui doivent être créées sur les arrêts de tramway, que vous avez tranché définitivement sur le tracé ?
Parce que je ne peux pas croire une seconde, cher Christophe GIRARD, que vous auriez la même exposition et la même animation culturelle si le tracé était différent, puisque, naturellement, l'art changerait si l'espace public était modifié, puisque l'art doit s'adapter à l'espace dans votre conception.
Est-ce possible dans le cadre du débat passionné sur le tracé que révèle cette enquête publique ? C'est une véritable interrogation fondamentale qui concerne le calendrier.
Nous avons une deuxième réserve qui est habituelle et que je répète une fois de plus : c'est l'utilisation que nous jugeons abusive de l'article 30 du Code des marchés publics qui prévoit une procédure très allégée et sans formalité. Nous pensons que, sur ce genre d'affaire, il ne faudrait pas utiliser systématiquement l'article 30 du Code des marchés publics.
Nous avons une interrogation. Je ne veux pas que ceci puisse paraître médiocre ou faire l'objet d'un procès d'intention. Nous nous sommes intéressés à la S.A.R.L. "Art public contemporain". Nous avons eu beaucoup de mal à la trouver dans les annuaires. Il semble que ce soit une société jeune et quand on cherche le numéro de téléphone, on tombe sur le numéro personnel du gérant à son domicile privé.
Nous avons peut-être manqué de sagacité dans nos recherches, mais ceci amène quand même à s'interroger sur la société qui serait amenée à faire une opération qui est une opération de grande ampleur.
Voici les raisons pour lesquelles, Monsieur le Maire, en l'état et compte tenu des réserves que je viens d'exprimer, nous ne pourrons pas voter ce projet de délibération et, en fonction des réponses de M. GIRARD, nous pencherons entre le vote hostile et l'abstention.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Madame NENNER, vous avez la parole.
Melle Charlotte NENNER. - Merci, Monsieur le Maire.
Oui, je ne crois pas que le projet de délibération dont il est question soit si confus. On parle bien d'un accompagnement artistique du tramway sur les Maréchaux sud, on ne parle pas d'un autre tracé.
Je pense que le débat qui est actuellement en cours et qui fait l'objet de l'enquête publique - effectivement il y a des partisans d'un autre tracé - porte bien sur l'aménagement sur les boulevards des Maréchaux.
On voudrait à chaque fois essayer de retarder au maximum l'aménagement d'un tramway à Paris, on ne s'y prendrait pas autrement. Mais là je crois qu'il est question d'un aménagement sur les boulevards des Maréchaux sud T.M.S.
J'interviendrai autrement pour exprimer toute ma satisfaction de voir ce genre de projet se concrétiser, d'abord parce que c'est un projet transversal liant deux domaines a priori éloignés : la voirie et la culture. C'est bien l'alliance du projet artistique avec un projet d'aménagement qui, à mon avis, permettra la reconquête de cet espace public.
D'ailleurs, si l'implantation du tramway sur les boulevards des Maréchaux sud T.M.S. répond en effet aux besoins de transports en commun particulièrement criants, c'est aussi un enjeu pour la requalification de ces boulevards qui est un enjeu tout aussi important.
D'autre part, le projet culturel en lui-même mérite d'être salué.
Ainsi, ce type de politique permet de rapprocher les Parisiens et tous les visiteurs de l'offre culturelle, pas seulement parce que c'est un projet interactif qui permettra la participation des riverains, mais aussi parce que l'art, à mon avis, doit aller dans la rue, et c'est là aussi un enjeu fort de démocratisation de la politique culturelle.
C'est pourquoi nous voterons évidemment en faveur de ce projet de délibération en espérant que cette démarche sera bien la première d'une longue série d'autres initiatives du même type.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
La parole est à Mme MACÉ de LÉPINAY.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY. - Merci, Monsieur le Maire.
Nous avons ici un projet de délibération attendu sur le programme artistique qui doit accompagner la réalisation du tramway. Je dois dire, Monsieur le Maire, comme d'habitude, que nous ne pouvons que déplorer le manque de transparence et d'information.
Je ne reprendrai pas les réserves et interrogations de M. GALLAND que je partage. Mais, Monsieur le Maire, il s'agit d'une opération trop emblématique pour que les élus n'y soient pas plus associés et qu'en particulier, les Conseils d'arrondissement concernés ne soient pas au minimum informés, voire consultés.
On entend parler de camionnettes porte image faisant des aller-retour sur les boulevards qui seront à cette époque livrés à leur trafic habituel. Que veut-on ? Créer des embouteillages avec des véhicules portant de grands panneaux qu'on ne peut appeler que publicitaires, qui circuleront en caravane ? Je pense que "Les Verts" apprécient à tous points de vue ce projet.
Comment seront implantés les grands panneaux fixes ?
Qui seront les artistes sollicités ?
Est-ce qu'au moins des artistes issus des nombreux ateliers qui se trouvent sur le parcours seront sollicités ? Je pense en particulier aux artistes dont les ateliers sont mentionnés dans le projet, je pense aux artistes de la Ruche, dans le 15e arrondissement. Seront-ce des artistes à grande visibilité internationale qui viendront exposer leurs ?uvres ?
A-t-on vraiment pensé aux habitants des quartiers traversés par le futur tramway qui vont subir tous les désagréments des divers chantiers, à la perturbation incroyable que connaîtra leur vie quotidienne ? Souhaitons au moins que les installations artistiques proposées ne soient pas de nature à les choquer et les déstabiliser ?
Un mot sur le coût de ces opérations artistiques ou promotionnelles. 400.000 euros, c'est beaucoup pour cette première exposition très temporaire. L'éphémère coûte cher ! Quels sont les projets artistiques qui prendront la suite puisque dans sa communication sur la culture, le Maire avait annoncé 1 million d'euros pour l'année 2003 ?
Monsieur le Maire, au nom des habitants, je veux appeler votre attention. Peu leur importe la visibilité internationale de cette opération dans cette phase de l'installation du tramway. C'est des riverains qu'il faut s'occuper. Ils ont droit à un peu plus d'information que ce court et rapide projet de délibération. Je vous demande de répondre à nos questions, de prévoir une information spécifique des Conseils d'arrondissement avant le démarrage de cette première manifestation artistique d'accompagnement du tramway.
Je vous remercie.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - M. Christophe GIRARD a la parole.
M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - La culture serait-elle devenue le dernier espace de démagogie ? Je n'ose y croire.
Quant à l'hostilité qu'évoquait éventuellement M. GALLAND, je voudrais lui répondre de façon très décontractée. On est allé regarder ce qui s'était passé ailleurs et c'est en regardant dans un certain nombre de villes européennes ou françaises, Bordeaux incluse, que l'on a mieux compris en écoutant, que les habitants, en effet, pouvaient éventuellement subir un traumatisme si rien n'était organisé pour accompagner ces travaux, ce bruit et cette construction. C'est ainsi que nous avons pensé qu'il était juste de s'inspirer des bonnes méthodes et d'appliquer à Paris ce que des villes de province ont su faire en toute humilité et sans polémique.
Donc, les habitants seront associés, et la culture, à notre avis, mais sans doute modestement, est un moyen au contraire de ne pas traumatiser les habitants, mais de les associer.
Quant au tracé lui-même, bien évidemment, il est en débat, mais que je sache et Charlotte NENNER l'a très bien dit, il s'agit d'un tracé sud, sauf si, évidemment, il y avait un glissement de terrain énorme et que Paris se retrouve à Orléans ou à Chartres. Je crois que l'espace dont on parle est un espace assez défini et les ?uvres elles-mêmes ne sont pas des ?uvres éphémères, Madame MACÉ de LÉPINAY, ce sont des ?uvres, pour la plupart, qui resteront et qui entreront dans le patrimoine de la Ville.
Quant à l'association dont vous parlez, Monsieur le Président GALLAND, c'est une association reconnue qui a travaillé pour la Ville de Lyon, qui est utilisée par de nombreuses mairies et que M. FLECK, personnalité incontestable, directeur de l'école des Beaux-Arts de Nantes, autrichien, spécialiste de l'art dans l'espace urbain, a recommandé d'utiliser.
Plutôt que de faire confiance aux goûts personnels des élus, je préfère faire confiance aux goûts des experts.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement républicain et citoyen).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je vais vous donner la parole, Monsieur GALLAND, mais j'ajoute qu'ayant contacté le responsable de cette association à son domicile, vous avez au moins la certitude qu'il existe.
Monsieur Yves GALLAND, vous avez la parole.
M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, je n'aurais jamais pensé que vous aviez un interlocuteur opérateur qui n'existait pas.
Monsieur GIRARD, en matière de démagogie, je suis prêt à prendre des leçons de vous tous les matins ! Je vous dis cela parce qu'il y avait une certaine ambiguïté, mais on peut parfaitement comprendre que vous vouliez éviter les traumatismes. Je ne suis pas du tout intervenu sur ce sujet, mais je tire une conclusion, Monsieur le Maire, de ce débat extrêmement important, car au travers d'un débat qui paraît secondaire, il me semble que vient d'être acté au Conseil de Paris quelque chose que les habitants de Paris doivent savoir, c'est que le tracé du tramway n'est plus en enquête publique. Je crois avoir compris cela de la réponse de l'Exécutif et il me semble qu'il est tout à fait important que ceci soit acté ici aujourd'hui.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 135.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAC 135).