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Mars 2003
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7 - 2003, DFAE 34 - Communication de M. le Maire de Paris sur le budget primitif 2003 du Crédit municipal de Paris

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - Je passe maintenant au projet de délibération DFAE 34 qui porte sur une communication sur le budget primitif 2003 du Crédit municipal.
Je donne d'abord la parole à M. POZZO di BORGO puis à Alain RIOU.
Monsieur POZZO di BORGO, vous avez la parole.
M. Yves POZZO di BORGO. - Monsieur le Maire, merci.
Ce que je vais dire sera très court. Je vais seulement rappeler, puisque je suis membre du C.O.S. représentant l'opposition, ce que j'ai dit le 22 janvier, le jour du vote du budget primitif et ce que j'ai redit également en 1ère Commission.
Nous nous sommes abstenus sur le vote de ce budget en C.O.S., non pas de façon négative mais plus de façon observatrice et en voici les raisons.
La première raison est que j'avais fait part à M. SAUTTER que la dotation aux investissements et provisions était en augmentation de 52 %. Je sais bien que ce sont des mesures de prudence imposées par la Commission bancaire en raison de risques sur créances douteuses, mais je pense qu'en ce qui concerne le contrôle interne on devrait avoir une action beaucoup plus efficace. Et je m'adresse à M. SAUTTER. Il serait peut-être intéressant que lors du prochain C.O.S. nous puissions regarder plus en détails cette ligne budgétaire.
La deuxième raison est une raison plutôt de prudence de notre part. Nous ne sommes pas très favorables aux travaux engagés pour la rénovation immobilière.
La troisième raison est qu'il y a une politique, le Crédit municipal a une politique d'ouverture de succursales et là, Monsieur le Maire, je m'adresse à vous. Au sein du C.O.S. j'avais manifesté mon souhait que l'on ouvre aussi des succursales dans l'Ouest parisien. Il faut que vous fassiez attention. On a l'impression de plus en plus dans cette mairie qu'il y a le Paris d'en haut, qui est tout l'Est, les mairies tenues par les socialistes et "Les Verts", et le Paris d'en bas qui est l'Ouest...
(Rires dans l'Assemblée et applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").
... Non mais je constate.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci d'animer. Donc dans le Paris d'en bas il y a le 16e, le 7e, le 8e.
M. Yves POZZO di BORGO. - Oui, nous n'avons pas de succursale.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous savez c'est comme pour la France d'en haut et la France d'en bas, moi je connais la France, c'est tout. Pour Paris c'est pareil.
M. Christian SAUTTER, adjoint. - Très bien !
M. Yves POZZO di BORGO. - J'étais déjà intervenu plusieurs fois. En fait, je considère que l'on manque un peu d'ambition au niveau du Crédit municipal, pour deux raisons.
Vous savez qu'en dehors de son rôle social de prêteur sur gages, le Crédit municipal a aussi une activité concurrentielle. Vous savez que nous avons en cours une filialisation, mais malheureusement il semble que cette filialisation soit en fait sans implication d'une sphère privée, c'est-à-dire que c'est une filialisation 100 % Crédit municipal.
Je crois qu'il n'est pas très sain pour une institution qui essaye de repartir, de créer une structure qui soit un clonage de ce qui existe. Il est nécessaire d'apporter du sang neuf à cette structure et nous pourrions très bien par le biais de cette filialisation ouvrir cette structure à des forces neuves. C'est le premier point.
Le deuxième point, je l'ai souvent dit lorsque je suis intervenu sur les S.E.M., pourquoi n'utiliserions-nous pas mieux dans notre action économique les instruments bancaires dont la Ville dispose, notamment ce Crédit municipal ? N'y aurait-il pas alors - et c'est ce que j'avais dit plusieurs fois - la nécessité d'une action plus grande entre nos sociétés et notre banque qui reçoit l'agrément des autorités de tutelle.
Ce sont les quelques remarques que je voulais faire. Je rappelle que nous nous sommes abstenus sur ce vote, mais c'était une abstention observatrice pour voir comment ça allait se passer.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur POZZO di BORGO.
La parole est à M. RIOU.
M. Alain RIOU. - Monsieur le Maire, chers collègues je dirai quelques mots sur cette communication. D'abord je tiens à rappeler que, depuis le début de ma présence, au nom des "Verts", au Crédit municipal - j'insiste puisque M. BRAVO m'avait fait remarquer que, quand on siégeait au sein d'un Conseil, on l'était de sa propre substance et on n'apportait rien d'autre - c'est bien au nom des "Verts" que j'ai été désigné et j'entends bien porter la position des "Verts" au sein de ce lieu.
En tout cas, depuis le début de ma présence au C.O.S., j'ai voté l'ensemble des délibérations qui ont été proposées. Je ne voudrais pas m'appesantir sur ce sujet. Cependant j'aimerais évoquer le même sujet que notre collègue POZZO di BORGO : l'installation de succursales au sein de Paris. D'abord nous nous félicitons de cette initiative qui, cette année, va conduire à ce que nous ayons cinq succursales. J'espère cinq de plus l'année d'après, et peut-être cinq de plus l'année suivante.
A ce titre, je réponds en partie à M. POZZO di BORGO. Je voudrais d'abord lui dire que le 12e arrondissement, qui a reçu il y a quelques jours, une nouvelle succursale du Crédit municipal de Paris, est un arrondissement qui, sur le plan des préoccupations classe moyenne-classe moyenne supérieure de M. POZZO di BORGO, n'est pas en dehors de l'épure. Ensuite je fais remarquer que la deuxième succursale sera dans le 9e arrondissement. Comme je l'ai dit en 1ère Commission, il me semble que le 9e arrondissement est plutôt le commencement de l'Ouest que la fin de l'Est.
Par contre, je me réjouis particulièrement que, pour l'année qui va venir, le 10e, le 13e et le 18e arrondissement voient s'implanter des succursales. Je me réjouirai qu'au début de l'année 2004, ce soit le 19e et le 20e arrondissement qui en soient bénéficiaires. Comme M. POZZO di BORGO, je pense qu'il n'y a pas lieu d'empêcher les arrondissements de l'Ouest parisien de recevoir des succursales. D'ailleurs si tout marche bien, nous souhaitons qu'il y ait 15 succursales. 15 succursales permettent de régler beaucoup d'arrondissements parisiens d'autant plus que le centre où est installée la maison-mère du Crédit municipal, permettra de s'en dispenser dans les quatre premiers arrondissements de Paris.
Je voulais donc rappeler que les choses vont dans le bon sens.
Par ailleurs, je souhaite que les arrondissements populaires de Paris soient servis les premiers parce que ça me semble nécessaire. Par contre j'espère que les choses iront jusqu'au bout et que même le 16e, le 17e ou le 15e arrondissement recevront des succursales du Crédit municipal.
Monsieur le Maire, je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - N'oubliez pas le 7e, le 8e et tous les autres. N'est-ce pas ?
M. SAUTTER a la parole.
M. Christian SAUTTER, adjoint, au nom de la 1ère Commission. - Monsieur le Maire, je me réjouis que l'on parle dans des termes positifs du Crédit municipal de Paris, qui est une grande maison dont nous pouvons être fiers. Elle a connu quelques turbulences mais depuis maintenant 2 ans, elle a repris une histoire conforme à sa vocation d'être parisien et d'être social.
J'en profite pour dire à M. POZZO di BORGO que le concept d'abstention observatrice me paraît très significatif. Je voudrais le remercier, comme d'ailleurs M. RIOU, de leur présence très assidue au Conseil d'orientation et de surveillance du Crédit municipal, qui se réunit maintenant chaque mois et qui peut aborder toutes les questions que vous souhaiteriez traiter, Monsieur POZZO di BORGO.
Je voudrais insister sur deux points sur lesquels des questions ont été posées. Puisque j'ai cité M. POZZO di BORGO et M. RIOU, je ne saurais omettre Mme FLAM et M. BRAVO qui sont, eux aussi, des élus extrêmement assidus et constructifs.
Premièrement la question des succursales. Il est paradoxal que le Crédit municipal de Paris avait jusqu'à présent des succursales en dehors de Paris (Saint-Germain-en-Laye, Chartres, etc.) et aucune dans Paris, la dernière ayant été supprimée il y a 20 ans.
Avec l'accord de l'ensemble du Conseil d'orientation et de surveillance, et avec la direction dynamique de M. Luc MATRAY, nous recréons des filiales dans Paris.
L'une vient d'être ouverte près de la gare de Lyon. Elle est déjà saturée de demandes. Nous allons continuer ce programme de succursales qui sera définie en fonction des besoins.
Que fait le Crédit municipal de Paris ? Ce n'est pas une banque ordinaire. Par exemple, c'est la seule banque ou pratiquement la seule, à financer l'étalement des dettes des ménages surendettés. Monsieur POZZO di BORGO, si dans le 7e, le 16e ou le 8e - pour cela, il suffit de consulter les statistiques de la Banque de France, que nous connaissons bien -, il existe une forte population de ménages surendettés, nous y ouvrirons des agences. Comme l'a rappelé M. RIOU, l'instinct est plutôt d'aller vers des arrondissements où le nombre de chômeurs, de familles en difficulté est important.
Deuxièmement sur la filialisation : nous sommes en train de travailler prudemment, soigneusement à un projet de filialisation à 100 % des activités bancaires. Il s'agit d'assurer aux personnels n'appartenant pas à la Ville de Paris un statut plus stable que celui des statuts bancaires. C'est aussi pour répondre aux injonctions des autorités de tutelle. Nous pensons que cette filialisation, lorsqu'elle existera, pourra développer des nouveaux produits : par exemple, prendre en charge les cautions que les nouveaux commerçants ou les créateurs d'entreprise doivent verser sur le loyer du lieu où ils veulent s'installer, accentuer les prêts aux jeunes ménages qui arrivent à Paris. Voilà un certain nombre de pistes que nous pourrons développer avec une filialisation à 100 %.
Comme conclusion, je reviendrai sur ce qu'a dit M. RIOU : les choses vont dans le bon sens. L'ensemble de ce Conseil peut être fier d'un Crédit municipal de Paris, qui s'est remis en ordre et repart de l'avant au service des Parisiens et notamment des Parisiens les plus en difficulté.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie, ainsi que les deux intervenants précédents. C'est vrai qu'il y avait besoin de remettre beaucoup d'ordre au Crédit municipal. En même temps, cette institution bancaire locale n'a de sens que s'il y a un vrai service aux Parisiens. Nous devons donc adapter ce service, sinon ce ne serait pas logique. Moi, je souhaite la réussite du Crédit municipal. Mais pour qu'il réussisse, il doit vraiment définir son identité et ce que les usagers attendent de lui.
Les suggestions de M. POZZO et de M. RIOU sont à entendre. Il faut surtout, Monsieur SAUTTER, comme vous le faites et comme vous venez de le confirmer, il faut surtout que l'on s'attache à l'adaptation et à la performance du Crédit municipal. Cela montrera que ce service public municipal est utile, à condition qu'il soit du XXIe siècle.
Merci beaucoup.