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Decembre 2009
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Conseil Général
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2009, DASCO 75 G - Signature d'une convention passée avec l'association "Fédération de Paris de La Ligue de l'Enseignement" (19e) pour l'attribution d'une subvention pour une action de sensibilisation à l'égalité Filles/Garçons. Montant : 10.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Décembre 2009


 

Mme Olga TROSTIANSKY, présidente. - Mes chers collègues, nous passons à présent aux projets relevant de la 7e Commission. Nous examinons le projet de délibération DASCO 75 G relatif à la signature d'une convention passée avec l'association "Fédération Paris de la Ligue de l'Enseignement" pour l'attribution d'une subvention pour une action de sensibilisation à l'égalité filles garçons.

La parole est à Mme Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Madame la Présidente.

Mesdames, Messieurs, mes chers collègues, la question des droits des femmes même en cette heure tardive est d?actualité. Même si de nombreuses initiatives en faveur des droits des femmes prennent forme et sont en augmentation importante sur tout le territoire et en particulier à Paris, il reste beaucoup à faire. Même si ce n?est pas la première fois que je suis amenée à rappeler l?engagement sans faille de la Ville de Paris pour les droits des femmes, chaque nouvelle initiative est à mon sens à souligner et à faire savoir.

Face à des chiffres de plus de plus insupportables au XXIe siècle, dont je rappelle les plus parlants ici : une moyenne d?écart de 25 % de salaire entre les hommes et les femmes, la remise en cause de l'accès à l?I.V.G. dans le cadre des économies imposées par le Gouvernement aux hôpitaux, vous venez d'en parler, la part ultra majoritaire des femmes dans les emplois des services à la personne ou dans les temps partiels imposés, le taux de violences faites aux femmes tant physiques que morales qui ne baisse toujours pas, le fait que les femmes assument encore plus, on va dire, des trois-quarts des taches ménagères et je pourrais faire une liste assez longue en ce sens. Tout cela nous mène à nous dire que la Ville de Paris ne peut rester sans prendre ses responsabilités à son niveau et qu'elle peut ainsi proposer des actions à la mesure des enjeux que sont les ambitions non discutables d'égalité des droits entre les hommes et les femmes. C'est en ce sens que nous souhaitons nous adresser aux générations futures et les sensibiliser dès le jeune âge à ces enjeux.

Les collégiens et les enfants fréquentant des centres de loisirs de la Ville de Paris doivent avoir conscience des idées reçues qui continuent encore à être véhiculées, des mauvais réflexes portés par les uns ou les autres, des stéréotypes dominants. C'est donc par ces interventions régulières et répétées de professionnels connaissant les problématiques non seulement dans les classes directement, mais aussi auprès des adultes agents de la Ville de Paris amenés à intervenir dans ces mêmes établissements, que nous pouvons entre autres participer activement à améliorer les choses. Que ce soit dans la lutte contre les comportements sexistes, dans l?éducation à l?égalité entre les sexes, dans l'information sur la sexualité, dans les droits en matière de rapport entre les garçons et les filles, puis entre les hommes et les femmes.

Parce que même si la mixité scolaire est une réalité depuis 1975, elle ne recouvre pourtant pas une situation complète d'égalité entre les filles et les garçons dans un cadre scolaire, ni plus tard dans les hommes et les femmes dans un cadre personnel et/ou professionnel.

L?obligation légale donnée à l?Education nationale de garantir cette égalité entre filles et garçons n'est malheureusement pas toujours une réalité dans les écoles, malgré la loi de 2001 et la mise en place du Comité d?éducation à la santé et à la sexualité dans lequel est intégré l?encouragement aux activités destinées à renforcer l?égalité entre les hommes et les femmes.

Je conclus.

Toujours en raison d?un non-engagement financier de l'Etat, que nous payons encore, le Département de Paris subventionne donc, à ce Conseil, deux associations porteuses de projet, la Ligue de l'Enseignement et le Mouvement français pour le planning familial, qui n'ont jamais démérité sur ces questions. Je vous invite donc à voter pour ces subventions afin que les jeunes Parisiennes et les jeunes Parisiens puissent demain défendre tous ensemble l?égalité des droits entre les hommes et les femmes.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité).

Mme Olga TROSTIANSKY, présidente. - Merci, Madame FILOCHE.

Pour répondre, la parole est à Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, au nom de la 7e Commission. - Merci à Mme Léa FILOCHE d'être restée à cette heure tardive pour intervenir sur ce projet de délibération.

Il y a un ensemble de délibérations qui passent à ce Conseil de Paris, qui ont pour vocation d'accompagner des projets pour élargir le propos sur la question de la lutte contre les discriminations à l'intérieur des établissements scolaires ou des centres de loisirs de la Ville. Vous avez parlé du projet de délibération concernant le planning familial, celui concernant le projet de la Ligue. J'y ajouterai volontiers une subvention à Léo Lagrange pour un travail en direction des collégiens sur la lutte contre les discriminations. J?y ajouterai volontiers une subvention à la compagnie "l'Air du Verseau" qui travaille sur les questions de lutte contre l?homophobie et le sexisme. J'y ajouterai volontiers aussi une subvention à l?association "EthnoArt" qui, partant de méthodologies autour de l'ethnologie, élargit la question à celle de la diversité culturelle et évidemment à la lutte contre les discriminations.

Tout cet ensemble, c'est une politique que nous avons souhaité mettre en ?uvre dans les établissements scolaires du premier et du second degré, dans les centres de loisirs, parce qu'il paraît fondamental que la lutte contre les discriminations, contre toutes les discriminations soit intégrée aux pratiques pédagogiques, aux projets éducatifs, et ce, dès le plus jeune âge. Je suis fondamentalement persuadée, si on ne reprend que la question des rapports entre les filles et les garçons, que c'est bien en commençant à travailler avec les plus petits que l'on pourra faire tomber les stéréotypes, faire évoluer les mentalités, faire évoluer les pratiques et former des citoyens, de futurs citoyens qui soient pleinement porteurs d'une envie de vivre en mettant en exergue l'égalité entre les hommes et les femmes.

C'est donc un programme ambitieux d'actions qui vont se dérouler sur l'année 2010 et qui sont le reflet d'une volonté que nous avons de travailler sur ces questions.

J'en profite pour dire - pardon pour mes collègues élus, puisque la date avait été fixée avant que nous ne sachions que nous aurions une deuxième séance de nuit demain - que le lancement de cette campagne aura lieu demain avec Mme Fatima LALEM. Nous lancerons ces campagnes sur l'égalité entre les filles et les garçons à l'occasion de la diffusion du film "La domination masculine", à laquelle nous avons convié l'ensemble des représentants de la communauté éducative parisienne. Je crois que c?est un bon lancement pour cette campagne et j'ai surtout hâte qu'elle se mette en ?uvre, qu?elle se mette en place et qu?elle fasse des petits dans les écoles, dans les collèges et dans les centres de loisirs.

Mme Olga TROSTIANSKY, présidente. - Merci, Madame BROSSEL.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 75 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2009, DASCO 75 G).