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Juin 2000
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33 - 2000, DASCO 92 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer 2 conventions dans le cadre du plan "Paris-Lecture"

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2000


M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DASCO 92 autorisant M. le Maire de Paris à signer 2 conventions dans le cadre du plan "Paris-Lecture".
Vous avez la parole, Madame MOREAU.
Mme Soizik MOREAU. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, il nous est demandé d'approuver aujourd'hui deux conventions dans le cadre du plan "Paris Lecture".
La première vise à confier à l'association pour la gestion des activités périscolaires de la Ville de Paris l'organisation de classes de lecture pendant la prochaine année scolaire.
La seconde se propose de confier à cette même association la mise en place de sessions de formation au profit des animateurs lecture de la Ville de Paris.
Bien évidemment, nous approuvons le principe du plan "Paris Lecture", estimant que plus que jamais il est indispensable d'encourager les actions qui peuvent améliorer les conditions d'entrée des enfants dans le monde de l'écrit.
Comme chacun le sait, le niveau de formation initiale a des conséquences importantes tout au long de la vie sur les trajectoires sociales et professionnelles. Inutile de rappeler que plus le niveau de formation initiale est faible, plus le taux de chômage est élevé.
Face aux difficultés importantes auxquelles sont confrontées dans leur vie les personnes qui ne maîtrisent pas les connaissances de base (savoir lire et compter), garantir l'accès de tous au savoir c'est avant tout se donner les moyens de lutter contre l'illettrisme dans les milieux les plus défavorisés et ce dès le plus jeune âge.
Or, les besoins en la matière sont considérables. Les données statistiques obtenues grâce au Ministère de la Défense à partir d'un texte de lecture proposé dans les centres de sélection montrent que 10 % des jeunes hommes auraient des problèmes de base en lecture. D'une manière plus générale, selon l'I.N.S.E.E., la France compterait en métropole 2,3 millions d'adultes en situation d'illettrisme, avec le cortège de handicaps sociaux et culturels que l'on imagine.
L'apprentissage de la lecture dans les petites classes est donc une étape particulièrement essentielle au cours de laquelle tous nos efforts doivent être mobilisés en sorte que chaque enfant reçoive le meilleur pour l'avenir.
Cela étant posé, les actions menées dans le cadre du plan "Paris Lecture" devraient tout naturellement avoir pour objectif prioritaire la résorption des inégalités en faveur des enfants les plus défavorisés.
Or, en l'état actuel des informations délivrées par la Municipalité, il est impossible d'évaluer si les actions menées dans le cadre du plan "Paris Lecture" répondent à cet impératif. En effet, ce programme, comme beaucoup d'autres, est reconduit d'année en année sans que l'on dispose véritablement d'informations et d'évaluations suffisamment précises.
Au regard des sommes consacrées tout comme de l'enjeu qu'il représente, nous souhaiterions pouvoir disposer d'un bilan tant quantitatif que qualitatif sur ce programme : combien d'élèves ont eu accès aux classes de lecture "Paris Parcours" ? Quels établissements ont été concernés par ce programme ? Sur quels critères sont sélectionnées les classes bénéficiaires ? Quelles sont les pratiques pédagogiques qui sont appliquées dans le cadre de cet apprentissage ? Autant de questions auxquelles nous souhaitons des réponses précises afin que votre gestion de ce domaine si important pour l'avenir des enfants nous apparaisse un peu plus transparente.
Je vous remercie.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci.
La parole est à M. REINA pour vous répondre.
M. Vincent REINA, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Madame MOREAU, avant tout, merci de votre approbation de ce plan "Paris-Lecture".
Je souhaiterais néanmoins vous apporter un certain nombre d'explications ou de compléments d'information que vous avez souhaités.
Vous savez que le plan "Paris-Lecture" bénéficie de moyens financiers très importants, en évolution constante depuis sa mise en place en 1990.
Le centre "Paris-Lecture" qui est l'un des pivots du plan "Paris-Lecture", dispose d'un budget annuel de 1.390.000 F, chiffre constant depuis 3 ans.
Cela lui a permis d'organiser en 1998-1999, 61 classes-lecture. Ce chiffre correspond à la capacité d'accueil du centre "Paris-Lecture" et il propose 68 jours de formation, formation initiale et continue, à l'ensemble des personnels animateurs des BCD.
Le centre est également un centre de ressources qui accueille les centres de loisirs le mercredi et pendant les vacances scolaires. Pour en assurer le fonctionnement, tout au long de l'année, la Ville met donc à la disposition du centre une équipe de 22 personnes :
- 6 animateurs pour la préparation et l'animation des classes-lecture ;
- 4 accompagnateurs des classes lecture ;
- 1 animatrice responsable de la bibliothèque - centre de documentation ;
- 1 P.V.P. musique ;
- un comptable ;
- un responsable administratif ;
- 4 agents de service et d'entretien ;
- et les mercredis et pendant les vacances scolaires, 4 animateurs pour le centre de ressources.
Ceci représente quand même une dépense de 1.277.000 F, à laquelle s'ajoutent les dépenses courantes d'entretien, et de logistique du centre lui-même, soit un montant de 1.433.000 F.
Le plan "Paris-Lecture", c'est aussi un budget de près de 4 millions de francs en 1999, consacrés à la rémunération des 318 animateurs chargés du fonctionnement des BCD, que ce soit des personnels vacataires ou des personnels titulaires.
Les BCD disposent d'un fonds de 500 livres qui est régulièrement complété, deux fois par an, avec chacune une cinquantaine d'ouvrages. Un budget de 900.000 F est affecté à cette dépense.
La Ville consacre globalement un budget de 7,7 millions de francs au fonctionnement du plan "Paris-Lecture". Ce budget était de 5,4 millions de francs en 1991 et il a suivi par conséquent une évolution régulière depuis près d'une dizaine d'années.
De plus, Madame MOREAU, j'ajoute que le plan "Internet" dans les écoles prévoit également le câblage de toutes les BCD qui seront équipées du matériel nécessaire pour avoir accès à l'Internet.
Par ailleurs la Ville multiplie les actions pour donner bien sûr le goût de la lecture aux enfants. Initiée en 1999, l'opération "Paris invite les enfants à la lecture" a permis de donner à 19.500 élèves des écoles primaires et à 6.000 collégiens, un chèque "lire" d'une valeur de 100 F pour acheter un ou plusieurs livres choisis dans une librairie parisienne.
Cette opération qui a connu un grand succès en 1999 sera bien entendu renouvelée cette année. J'indique enfin que la Ville a participé à l'opération "lire et faire lire", avec l'association d'Alexandre Jardin, ainsi que l'U.D.A.F. et la "FOL 75". Ainsi, dès la rentrée, des retraités viendront dans près de 200 écoles parisiennes, sur le temps périscolaire, pour lire des livres aux enfants et leur donner bien entendu le goût de la lecture.
C'est dire l'effort important que la Ville consacre à la mise en ?uvre du plan "Paris-Lecture". Il doit bien évidemment intégrer de nouvelles évolutions, qui correspondent notamment à ce que vous indiquiez : notre volonté de combattre l'illettrisme sous toutes ces formes.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci, cher collègue.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 92.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DASCO 92).