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Juin 2000
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Conseil Municipal
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67 - QOC 2000-421 Question de Mme Elisabeth LARRIEU et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Préfet de police au sujet de la prostitution, boulevards Malesherbes, Berthier, rues Philibert-Delorme et Nicolas-Chuquet (17e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2000


Libellé de la question :
"Les habitants des immeubles situés dans le secteur boulevard Malesherbes, à hauteur du 205, boulevard Berthier - rues Philibert-Delorme et Nicolas-Chuquet (17e), signalent l'inflation galopante des activités nocturnes de prostitution apparues depuis juin 1999.
En effet, le phénomène s'est progressivement installé et développé à partir du passage piétonnier, véritable "coupe-gorge", construit le long du boulevard Berthier à la suite de l'arrêt des travaux du chantier "Gaz de France".
Le trafic incessant qui règne de 22 heures à 4 heures du matin et qui engendre, outre des nuisances sonores mais également un sentiment d'insécurité lié à un environnement dégradé, concerne 250 familles ayant, pour la plupart, des enfants fréquentant des établissements scolaires primaires et secondaires du boulevard Berthier, qui perdent peu à peu leur qualité de vie.
Face à cette situation préoccupante, qui s'amplifie avec le temps, Mme Elisabeth LARRIEU et les membres du groupe socialiste et apparentés demandent à M. le Préfet de police de bien vouloir prendre les mesures nécessaires pour rendre à ce quartier une quiétude à laquelle ses habitants aspirent légitimement."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"J'ai déjà été amené à exposer, à cette tribune, la modification, du phénomène prostitutionnel parisien, notamment la recrudescence du nombre de prostituées, constatée ces dernières années, et les facteurs qui permettent de l'expliquer :
- d'une part, l'évolution de l'urbanisme dans le Centre de Paris, en particulier dans le secteur de la rue Saint-Denis, lieu traditionnel de la prostitution, et la fermeture de nombreux studios sur ce site, ont entraîné le déplacement de la prostitution vers la périphérie, tant vers l'Ouest que vers l'Est parisien ;
- d'autre part, l'afflux important de prostituées, originaires des pays d'Afrique et des Balkans, principalement d'Albanie, de Bulgarie et de Moldavie, a amplifié cette activité dans la Capitale.
Ces dernières bénéficient le plus souvent d'un titre de séjour ou sont en attente d'une décision de demandeur d'asile.
Si la prostitution n'est pas réprimée pénalement, le racolage actif, l'exhibition sexuelle et le proxénétisme, qui constituent des infractions, font l'objet de la plus grande attention des services de police.
Depuis 1997, date de l'apparition de cette prostitution, le travail accompli par la Brigade de répression du proxénétisme a permis l'aboutissement de 26 enquêtes mettant en cause de nombreux proxénètes albanais.
Récemment, la 1ère division de Police judiciaire a, en outre, démantelé un réseau de proxénètes de cette nationalité qui exigeaient la remise des gains de huit jeunes femmes.
En complément de cette action viennent s'ajouter les surveillances effectuées sur les sites concernés par ce phénomène, mais aussi la réalisation de nombreuses opérations policières.
A l'occasion de celles-ci, un accent particulier est mis sur la verbalisation, pour stationnement illicite sur la voie publique, des automobilistes "clients" et des prostituées utilisant des camionnettes.
En ce qui concerne les nuisances générées par l'utilisation du passage piétonnier situé le long du boulevard Berthier, les services de police locaux n'ont pas été amenés à constater une augmentation des faits de délinquance dans ce secteur. Aucune plainte pour vol ou agression n'a d'ailleurs été enregistrée.
Je puis vous assurer que l'ensemble de ce quartier continuera de faire l'objet d'une attention particulière de la part des effectifs de l'arrondissement, tant des îlotiers que des fonctionnaires de la Brigade anti-criminalité, qui sont particulièrement sensibilisés à la nécessité d'assurer la sécurité des enfants fréquentant les écoles situées dans cette partie de la Capitale et la tranquillité des riverains."