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Juin 2000
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24 - 2000, DVD 90 - Aménagement des espaces publics du secteur de la porte d'Aubervilliers (18e et 19e). - Objectifs poursuivis et modalités de la concertation préalable

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2000


M. Vincent REINA, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DVD 90 relatif à l'aménagement des espaces publics du secteur de la porte d'Aubervilliers (18e et 19e). - Objectifs poursuivis et modalités de la concertation préalable.
Je donne la parole à M. AUTEXIER.
M. Jean-Yves AUTEXIER. - Merci, Monsieur le Maire.
L'intercommunalité, à Paris, n'avance guère. On se souvient que la Z.A.C. de la Porte-d'Aubervilliers créée à l'initiative de la Ville avait profondément modifié le secteur compris entre le périphérique et le boulevard des Maréchaux.
A l'époque, je le rappelle, on avait construit sur l'emprise de l'ancien hôpital Claude BERNARD, 500 logements, une école, un jardin, mais sans associer à ce projet la ville voisine, toute voisine d'Aubervilliers.
Aujourd'hui on propose une concertation à laquelle on invite la ville d'Aubervilliers. De quel projet va-t-on parler ?
De la coordination des travaux de voirie, de l'amélioration des transports publics, des pistes cyclables.
J'espère que la ville d'Aubervilliers acceptera la place offerte par la Ville à cette table de concertation d'autant que du côté de la Ville de Paris, il me semble que l'aménagement de la Z.A.C. a été bouclé.
En revanche, la ville d'Aubervilliers projette une autre zone d'aménagement concerté qui vise 18 hectares de terrains situés sur sa commune, au-delà donc du périphérique.
Ce projet prévoit notamment la construction d'un grand centre commercial à vocation régionale de 96.000 mètres carrés.
Comment ne pas songer que ce projet aura des conséquences sur l'activité commerciale par exemple dans les 18e et 19e arrondissements ?
Il faut se souvenir des conséquences qu'avait eu la création de grandes surfaces aux portes de Bagnolet et de Montreuil qui avaient asséché le petit commerce du 20e arrondissement.
Ce projet risque d'engendrer des conséquences en matière de circulation d'une ampleur sans précédent. On peut tabler sur une très forte augmentation du trafic automobile. Comment ces conséquences peuvent-elles être envisagées, prévues, organisées, dès lors que tous ces projets se développent sans aucune concertation de part et d'autre du périphérique.
Il n'entre pas dans les attributions de la Ville de peser sur le contenu d'une Z.A.C. créée par une commune limitrophe.
Il nous semble que sur tous ces sujets, il devrait y avoir une discussion préalable. Ce n'est pas le cas. Il est difficile à la Ville de Paris d'ailleurs de se poser, en la matière, en donneurs de leçons au niveau de la concertation. Le passé ne plaide pas pour elle.
Je crois que compte tenu des conséquences prévisibles sur le commerce local de Paris de la construction d'une aussi grande surface à la Porte-d'Aubervilliers, compte tenu des problèmes de circulation inévitables qui vont en découler, il ne faut pas rester les bras croisés.
Dans l'attente de la concertation indispensable entre les deux rives du périphérique, dans l'attente des structures de concertation qui rendraient à l'ancien département de la Seine, des instances de réflexion commune, je crois qu'il serait utile, Monsieur le Maire, de saisir au fond le Préfet de Région pour lui demander si ce parti pris d'aménagement de la Z.A.C. d'Aubervilliers ne doit pas entraîner un examen approfondi des deux collectivités locales et puis des services de l'Etat, parce qu'encore une fois, on ne peut pas s'ignorer mutuellement et délibérément. Les conséquences sont immédiatement prévisibles pour le commerce à Paris et pour la circulation dans ce secteur. Il faut essayer d'y parer dès à présent.
M. Vincent REINA, adjoint, président. - Merci.
La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, longtemps les portes de Paris ont été laissées aux mains des aménageurs de la voirie pour privilégier l'automobile. L'urbanisme y était pauvre, les habitants ignorés. Paris restait enfermé derrière son autoroute périphérique, sans aucun lien avec les communes limitrophes.
Le secteur de la Porte-d'Aubervilliers a bénéficié d'aménagements ces dernières années afin de remédier, autant que faire ce peut, aux nuisances et à l'abandon.
Aujourd'hui, vous nous demandez de lancer la concertation en vue d'assurer une liaison de qualité entre Paris et Aubervilliers, et de créer les conditions de développement des transports en commun et de liaison cyclable.
Dans l'exposé des motifs, la création d'une ligne de tramway semble acquise. Vous dites que "les emprises nécessaires au futur tramway ont été réservées" ou que "les voiries devront pouvoir accueillir dès leur réalisation les différentes lignes de bus qui seront ouvertes sans attendre la création du tramway".
Vous précisez même qu'"il s'agit de réserver dans les aménagements, les emprises nécessaires au site propre du futur tramway qui rejoindra, à terme, la gare Eole-Evangile".
Je me réjouis de voir que vous vous engagez dans la création d'une ligne de tramway dans Paris. Mais je m'en étonne car nous n'avons jamais débattu dans cette enceinte, la perspective de la création de cette ligne de tramway. Le Conseil de Paris ne s'est jamais prononcé à ce sujet.
Je voterai pour ce projet de délibération qui ouvre une perspective nouvelle pour l'aménagement des portes de Paris et pour le développement des transports en commun, avec la création d'une ligne de tramway, mais je m'étonne de vos méthodes pour y parvenir.
M. Vincent REINA, adjoint, président. - Pour répondre aux intervenants, je donne la parole à M. PLASAIT.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Monsieur le Maire, je vous remercie.
D'abord, Monsieur AUTEXIER, je ne comprends pas pourquoi vous mêlez toutes ces questions.
Dans ce dossier, il n'est pas traité de la Z.A.C. Il n'est question que d'aménagements autour de la Porte-d'Aubervilliers, et autour de la place de Skanderberg.
Le projet de délibération traite de la concertation préalable à la définition de ce projet d'aménagement sur le territoire de Paris, il ne concerne que le secteur de la porte en question.
Cette concertation comprendra une exposition dans les mairies des 18e et 19e arrondissements, plus une réunion publique en septembre 2000.
Aussi, je trouve que critiquer a priori les méthodes de concertation de la Ville n'est pas convenable, je trouve au contraire que la Ville fait ce qu'il faut pour que ce qui la concerne, à savoir la partie du territoire parisien de la Porte-d'Aubervilliers. C'est cette concertation qui permettra de définir le programme d'aménagement des voies. Il s'ensuivra, ensuite, comme le prévoit la loi "Bouchardeau", une enquête publique prévue fin 2000, début 2001.
En ce qui concerne les craintes de M. SARRE que vous avez signalées, Monsieur AUTEXIER, et qui sont de deux ordres : à savoir la menace pesant sur le petit commerce dans les 18e et 19e arrondissements, ainsi que les problèmes de circulation sur la voirie parisienne dans ce secteur, il est certain qu'il y a matière à s'interroger :
- en ce qui concerne le petit commerce, une enquête publique concernant le projet de centre commercial est prévue en juillet 2000 et à ce titre toutes les remarques nécessaires qui voudront être faites pourront l'être ;
- en ce qui concerne la circulation, effectivement les équipements envisagés génèrent un trafic incompatible avec les voiries existantes ou à créer à Paris. Cette remarque a été faite au commissaire-enquêteur lors de l'enquête publique du 16 février 1999 dans un courrier du Maire de Paris, qui préconisait soit de réduire le projet de centre commercial, soit de revoir en profondeur le schéma de circulation de la Plaine-Saint-Denis, avec réalisation à court terme de voiries locales qui permettraient de répartir la circulation vers les autres portes de Paris.
Voilà la réponse que je voulais faire à M. AUTEXIER, ce qui me conduira à émettre un avis défavorable sur le voeu déposé par M. SARRE.
Madame SCHNEITER, j'ai du mal à comprendre votre interrogation sur ce que vous appelez : "nos méthodes dans ce dossier"...
Pourquoi mon étonnement ? Parce que Mme SCHNEITER nous dit que nous n'avons pas débattu dans cette enceinte de cette future ligne de tramway.
Tout simplement, Madame SCHNEITER, nous anticipons et nous nous efforçons d'avoir un minimum de bon sens.
Il y a au contrat de plan prévu le prolongement de la ligne de métro n° 12, de la porte de la Chapelle au pont de Stains à Aubervilliers, c'est-à-dire à l'est de la Z.A.C. Il y a également prévu au contrat de plan la réalisation d'un tramway reliant Saint-Denis-Basilique au Stade de France. La logique, lorsqu'on regarde le plan I.D.F., c'est qu'un jour le projet de tramway sera prolongé jusqu'à Paris. Ce prolongement ne fait pas partie du contrat de plan actuel. Vraisemblablement - c'est le bon sens en tout cas - il fera l'objet du contrat de plan suivant. Donc, comme nous avons à imaginer l'aménagement de la porte d'Aubervilliers, pour ne pas nous trouver un jour avec la nécessité "de tout casser" pour permettre le passage du tramway, nous anticipons, et, dans les projets de voirie, nous imaginons le passage de ce tramway.
Mais le jour venu, bien entendu, nous en débattrons au Conseil de Paris, lorsque le projet sera d'actualité.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris", "Paris-Libertés" et "U.D.F. et Modérés").
M. Vincent REINA, adjoint, président. - Merci, Monsieur PLASAIT.
M. PLASAIT propose le rejet du voeu.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u du groupe du Mouvement des citoyens invitant M. le Maire de Paris à saisir le Préfet de Région pour lui demander de lancer une nouvelle enquête publique relative à la Z.A.C. d'Aubervilliers.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est repoussée.
M. Vincent REINA, adjoint, président. - Maintenant, je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 90.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DVD 90).