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Juin 2000
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26 - 2000, JS 208 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec l'O.P.A.C. de Paris une convention de mandat de maîtrise d'ouvrage concernant l'étude et la construction d'un centre d'animation dans la Z.A.C. "Paris-Rive gauche", secteur Masséna nord, lot M1/E1 (13e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2000


M. Vincent REINA, adjoint, président. - Nous passons aux affaires de la 4e Commission.
Nous examinons le projet de délibération JS 208 autorisant M. le Maire de Paris à signer avec l'O.P.A.C. de Paris une convention de mandat de maîtrise d'ouvrage concernant l'étude et la construction d'un centre d'animation dans la Z.A.C. "Paris-Rive gauche" (13e).
Je donne la parole au premier orateur inscrit, Madame SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, vous nous proposez la création d'un centre d'animation de 700 mètres carrés dans le cadre de l'opération de la Z.A.C. "Paris-Rive gauche", dans le secteur Masséna. Certes, le principe avait été inscrit au Plan d'aménagement de zone mais d'une part, ce plan est bien peu respecté et devrait être revu complètement, et d'autre part, les associations n'ont pas été consultées dans le cadre de la concertation mise en place sur la destination de cet équipement.
Je conviens que la création d'un tel centre d'animation est nécessaire pour un nouveau quartier accueillant 3.000 habitants, et qui manque cruellement d'équipements pour les adolescents et les jeunes. Je ne dirai jamais assez que les équipements doivent être conçus et mis en place, si possible avant l'arrivée des nouveaux habitants.
Néanmoins, je m'abstiendrai sur ce projet de délibération, compte tenu du manque de précision concernant "l'opportunité" de cette opération et son manque de concertation.
M. Vincent REINA, adjoint, président. - Merci.
La parole est à M. BLET.
(M. Pierre GABORIAU, adjoint, remplace M. Vincent REINA, adjoint, au fauteuil de la présidence).
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, le pôle culturel et artistique des Frigos a perdu avec la démolition des bâtiments de Mitjaville plus que de simples mètres carrés. C'est la cohérence de cet ensemble qui a subi là une agression délibérée. Cette démolition a constitué une amputation douloureuse ; ce lieu d'effervescence créative, de fêtes mémorables, était bien plus qu'un simple appendice aux Frigos.
Afin de réparer cette perte, dommageable pour tout l'arrondissement, les associations n'ont eu de cesse de réclamer la construction d'autres locaux artistiques venant compenser les surfaces perdues sur Mitjaville. Anne-Marie COUDERC la première, alors qu'elle était encore en charge de l'urbanisme, s'était engagée à satisfaire cette demande. Depuis cette avancée, des engagements de la part de la Ville de Paris ont porté sur une surface totalisant 5.000 mètres carrés, c'est du moins le chiffre rappelé de manière récurrente lors des réunions de concertation.
Or, par cette délibération, Monsieur le Maire, vous nous proposez la construction à proximité des Frigos d'un centre d'animation d'une surface utile de 700 mètres carrés. Si ce type d'équipement est éminemment souhaitable, des zones d'ombre et des inquiétudes demeurent.
Premièrement, la délibération ne précise nullement si la Ville considère que ce type d'équipement est comptabilisé parmi ces fameux 5.000 mètres carrés promis aux artistes.
Deuxièmement, ce projet n'a été en aucune façon présenté aux associations dans le cadre du Comité permanent de concertation que vous avez vous-même institué. Monsieur le Maire, à quoi servent les grandes messes de 6 heures organisées à l'Hôtel-de-Ville en présence de toutes les associations, au cours desquelles est réaffirmé avec force votre attachement à la concertation si c'est pour faire voter un projet de ce type ?
Ce centre d'animation préfigure-t-il toute la politique culturelle de la Ville sur la Z.A.C. "Paris-Rive gauche" ? Si tel est le cas, cela n'est pas acceptable. La Ville a maintes fois réaffirmé sa volonté de disperser dans les rez-de-chaussée et les étages même des locaux d'artistes et des lieux dédiés à la création et à l'animation artistique, fabriquant même le concept de "rue d'artistes".
Mais cet essaimage, cette "rue d'artistes", les associations et les artistes n'en veulent pas, pour une raison fort simple : ce type de locaux ne correspond en aucune manière à leurs demandes. Ils se révèlent souvent complètement inadaptés.
Second problème soulevé par cette délibération : l'Association du 91 quai de la Gare vous a présenté un projet alternatif cohérent et autofinancé d'une SHON de 20.000 mètres carrés prenant place en bordure de Seine devant le bâtiment des Frigos. Il s'agit de créer là, en symbiose avec les Frigos, un pôle artistique majeur pour l'Est parisien. Des investisseurs ont été contactés, à l'heure actuelle plus d'un tiers de cette surface a déjà trouvé preneur. Compte tenu de la demande énorme qui existe sur Paris, le bouclage du tour de table devrait se faire rapidement. Les associations ne sont pas opposées d'ailleurs à ce que la Ville puise y être associée sous une forme ou une autre.
Mais c'est également le terrain que vous avez choisi pour la société "Capital & Continental" représentée par M. HOLLOWAY afin d'y implanter un immeuble de bureaux d'une SHON de 22.000 mètres carrés. Un recours gracieux puis un recours devant le Tribunal ont été déposés à l'encontre de ce projet qui présente semble-t-il de réelles irrégularités, notamment par rapport à la loi sur l'eau.
En faisant le choix de signer le permis de cette société, vous enterrez définitivement toute possibilité de réaliser le pôle culturel souhaité par beaucoup. C'est une erreur majeure, vous passez là à côté d'une opportunité unique qui ne se renouvellera plus. Renoncez au projet de "Capital & Continental" et acceptez de travailler en étroite coopération avec l'association "A.P.L.D. 91" et tous ceux qui la soutiennent. Vous déclariez en 1998 un aménageur plus intellectuel que maçon peut s'avérer très utile.../... il conviendrait de confier à un expert des affaires culturelles l'analyse des projets, internes ou externes au 91, puis d'en faire une synthèse", il serait temps que vous honoriez cet engagement.
Monsieur le Maire, renoncez au projet de "Capital & Continental", choisissez la voie du dialogue comme vous y invite l'association "A.P.L.D. 91". En un mot, faites le choix de l'intelligence plutôt que celui de la maçonnerie !
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - M. BURRIEZ a la parole pour répondre aux intervenants.
M. Jean-Pierre BURRIEZ, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Monsieur le Maire, non, je ne répondrai pas aux intervenants, en particulier à M. BLET parce que son parcours était très intéressant dans le 13e arrondissement, mais je n'ai pas compris le lien avec le mémoire qui nous est proposé aujourd'hui.
Il nous est proposé la création future d'un centre d'animation. M. BLET nous a fait un grand discours sur les Frigos, sur les logements pour les artistes, tout ceci est très intéressant, Monsieur BLET, mais je laisse à ma collègue Hélène MACÉ de LÉPINAY le plaisir de vous répondre si elle le souhaite car vous êtes totalement hors sujet.
Mme SCHNEITER a fait une intervention beaucoup plus brève mais beaucoup plus cernée sur le problème. Je vous rassure, Madame SCHNEITER, ce n'est pas parce qu'on prend une décision qu'il n'y aura pas de concertation. Il faut bien un jour ou l'autre que l'on enclenche un dossier. Sur ces bancs de l'Assemblée les différents orateurs en général soulignent le manque de structures d'accueil, en particulier pour les jeunes aussi je crois qu'il faut tous ici nous réjouir de la naissance de cet équipement pour les jeunes.
En ce qui concerne l'opportunité, elle existe puisque le terrain est prévu pour un équipement public ; la Ville a donc décidé d'y installer un centre d'animation, ce dont je crois nous ne pouvons que nous réjouir.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci, cher collègue.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération JS 208.
Qui est pour ?
Contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, JS 208).