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Juin 2000
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6 - 2000, DVD 72 - Communication de M. le Maire de Paris sur les déplacements touristiques et l'accueil dans Paris des autocars de tourisme

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2000


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons au débat sur l'accueil, dans Paris, des autocars de tourisme.
Paris est la première destination touristique au monde, M. GABORIAU ne me démentira pas.
La Ville reçoit chaque année 20 millions de visiteurs. Cette activité suscite des retombées financières très importantes, de l'ordre de 40 milliards de francs et près de 9 % de l'emploi parisien dépend directement du tourisme.
La Ville de Paris et chaque parisien ont évidemment à coeur d'accueillir leurs visiteurs dans les meilleures conditions et tout doit être fait - et tout est fait - pour bien les accueillir.
Mais cette activité entraîne aussi, chacun le sait, un flux considérable d'autocars en particulier sur les sites les plus fréquentés. Il faut savoir qu'à la période estivale, ce sont près de 1.400 autocars qui circulent ou stationnent en même temps dans Paris. Bout à bout, cela représenterait une muraille de plus de 14 kilomètres.
Ces autocars sont de plus en plus gros, ils sont à deux étages, ont des moteurs toujours plus puissants et posent de vrais problèmes de circulation et d'environnement.
Pour les Parisiens, c'est une gêne souvent, pas toujours mais souvent insupportable. Pour les touristes, ce n'est pas, loin de là, la meilleure façon de découvrir Paris.
Dès ma communication sur les déplacements en 1996, j'ai annoncé la nécessité d'engager une réflexion approfondie sur le développement de l'autocar de tourisme dans Paris et j'avais fait part de mon souhait que cette réflexion soit développée en étroite concertation, bien entendu, avec la profession. J'avais proposé dans cet esprit l'élaboration d'abord d'une charte comportant des engagements réciproques. Le principe d'élaboration de ce document a été retenu dans le projet de P.D.U.
Sans attendre l'approbation du P.D.U. par les autorités de l'Etat, j'ai demandé que cette charte soit finalisée dans les meilleurs délais. Elle vous est présentée dans la communication qui vous a été transmise.
Cette charte est le fruit d'une concertation longue et fructueuse menée par mon Adjoint, M. PLASAIT, et Mme DOUVIN, avec les professionnels du tourisme et la Préfecture de police. De la part des professionnels, c'est l'engagement de participer activement à toute concertation avec la Ville pour la meilleure desserte des sites parisiens, notamment en tenant compte de toute la variété des moyens de transport offerts à Paris ; de la part de la Ville, c'est l'engagement de prendre toutes les mesures pour faire correspondre l'offre aux besoins, en particulier par une politique tarifaire adaptée ; enfin, de la part de la Préfecture de police, c'est celui de faire respecter très strictement la réglementation, notamment sur les aires de dépose-reprise, ce qui est un point signalé et très prioritaire.
J'entends que cette charte représente pour tous ses signataires un contrat efficace, respecté et dont l'effet soit sensible pour les Parisiens. Dans mon esprit, elle vise deux grands objectifs. A court terme, il s'agit d'améliorer, secteur par secteur, lieu par lieu, les difficultés existantes. A moyen terme, de procéder dans un large esprit de concertation avec la profession à la nécessaire réorganisation de la circulation des autocars dans la Capitale.
A court terme et dans les plus brefs délais, c'est-à-dire dès cet été, il faut apporter une solution à la situation des autocars boulevards de Rochechouart et de Clichy.
L'interdiction d'accès des autocars sur la Butte-Montmartre a reporté la question du stationnement sur ces boulevards. Un dispositif avait été retenu pour permettre dans de bonnes conditions leur stationnement sur le boulevard. Il faut constater qu'il n'est pas suivi. Les règles de stationnement qui ont été édictées ne sont pas respectées et la situation, j'ai pu m'en rendre compte personnellement, est devenue totalement invivable, insupportable pour les riverains et insupportée par ceux-ci, et les touristes eux-mêmes d'ailleurs. Cette situation doit cesser. Je vous demande donc, Monsieur le Préfet de police - je sais que ce n'est pas facile, que vous avez des problèmes de moyens, je n'en disconviens pas - de supprimer le stationnement des autocars sur ces boulevards. Il n'y a plus d'autre solution pour défendre les riverains de ce secteur. Cette disposition, je crois, ne devrait pas du tout pénaliser commerces et activités de la Butte ; en effet, la dépose est la reprise des touristes demeureront évidemment autorisées, c'est une nécessité touristique, l'instant nécessaire pour que les touristes descendent et l'instant nécessaire pour les reprendre, cela va de soi, mais plus le stationnement de longue durée ; dès aujourd'hui, les touristes se sont habitués à descendre de leurs autocars pour accéder à pied à la Butte, en empruntant le funiculaire, et tout se passe bien. Pour répondre complètement aux besoins, la station de dépose-reprise au droit du lycée Jacques-Decour devra être et sera étendue. Les autocars, pour attendre leurs clients, ont à leur disposition le parc qui leur est réservé à Cardinet et qui est loin d'être complètement utilisé. Enfin, du stationnement pour les riverains pourra être mis en place là où était autorisé celui des autocars. Je consulterai les habitants et les élus de ce secteur sur les aménagements à réaliser pour rendre à ce boulevard toute sa qualité de vie.
Il faut également prévoir de nouveaux parcs de stationnement de petite taille, adaptés à la desserte des quartiers, à Montmartre en particulier. Nous l'avons fait en 1998 à Cardinet. J'ai pris les contacts nécessaires avec Réseau ferré de France, propriétaire du parking Europe, comme je l'avais annoncé lors des Etats généraux de la Qualité de la Vie de décembre dernier. Les études préalables à la réalisation de ce parc sont lancées. J'ai aussi contacté la R.A.T.P. pour l'utilisation du dépôt Belliard pendant la journée afin d'y faire stationner les autocars. La R.A.T.P. m'a donné son accord pour 12 places ; il est évidemment indispensable que la capacité offerte soit plus importante avec des modalités d'accès aussi simples que possible. Et d'autres parcs devront aussi être ouverts sur la Rive gauche, par exemple dans le secteur de Montparnasse ou de la Tour-Eiffel.
Cependant l'expérience nous apprend que ces dispositions ne sont correctement respectées que si les effectifs chargés de gérer et contrôler le stationnement des autocars sont suffisamment nombreux et suffisamment motivés. Les plans de circulation et de stationnement que nous avons mis au point avec vous, c'est bien naturel, Monsieur le Préfet de police, sur les secteurs les plus touristiques ne sont pas là pour ne pas être appliqués. Or, à l'évidence, à certaines heures et à certaines périodes touristiques, la Préfecture de police, dont je ne cesse de demander que ses moyens humains soient remis à niveau, n'a pas la possibilité de déployer tous les effectifs nécessaires. Je vous propose donc, Monsieur le Préfet de police, de seconder - je dis bien de "seconder" - dès le 1er juillet prochain et en tant que de besoin les forces de police par des personnels municipaux. Il me paraît tout à fait possible et efficace de mettre en place des patrouilles mixtes, composées de policiers et d'agents municipaux. N'est-ce pas ce que nous faisions déjà pour les patrouilles de propreté ?
Par delà ces mesures immédiates, il est indispensable de poursuivre une politique d'ensemble, concertée avec la profession, en liaison avec le Syndicat des Transports parisiens, pour réorganiser la circulation et le stationnement des autocars dans Paris dans le droit fil du projet de Plan de Déplacements urbains. Je propose de retenir un double objectif : restreindre la circulation des autocars dans les arrondissements centraux et, dans le reste de la Capitale, la limiter aux axes principaux définis au P.D.U. où, là aussi, il pourrait y avoir une dépose, mais pas le stationnement.
Restreindre la circulation des autocars dans le centre de la Capitale est en effet possible aujourd'hui. Ces dernières années, le Port autonome de Paris, sous l'impulsion de son Président, mon adjoint Jean-François LEGARET, a activement développé le transport touristique sur la Seine avec les bateaux-bus notamment. Le Port a créé de nouvelles escales. Les principaux sites touristiques sont desservis. Vous m'avez fait part, cher Jean-François LEGARET, des récents échanges que vous avez eus sur cette question avec M. le Préfet de police. Vous avez proposé que le Port autonome s'implique dans la gestion de la circulation parisienne en organisant des circuits de visites des sites touristiques, à partir de bateaux amarrés aux quais de Bercy, où des aménagements importants ont été réalisés. J'y suis très favorable. Ce système permettra de désengorger le centre de Paris en faisant stationner les cars au parking de Bercy. Il vient en complément du développement des lignes touristiques régulières. L'accès aux quartiers devrait bien sûr rester autorisé pour la desserte des hôtels et des restaurants. Ce dispositif permettra également de mieux utiliser l'équipement du Carrousel du Louvre pour les cars provenant de l'ouest. Les gestionnaires de ce parc vous ont confirmé leur accord. Il faut maintenant aller de l'avant et que, Monsieur le Préfet de police, soient prises les dispositions nécessaires.
Dans le reste de la Capitale, tout le monde en convient, les rues des centres de quartier et d'une manière générale l'ensemble du réseau secondaire de voirie, ne sont pas adaptées à la circulation et au stationnement des autocars.
Je vous ai proposé, là aussi, Monsieur le Préfet de police, de limiter très strictement le nombre de voies où la circulation des autocars serait autorisée. Je souhaite que seuls les axes de voirie principaux, définis dans le cadre du projet de P.D.U., restent à l'avenir empruntés par les autocars. Ce réseau permet d'irriguer l'ensemble de la Capitale et en particulier les sites touristiques. L'accès des autocars dans les quartiers devrait également rester autorisé pour effectuer la dépose ou la reprise des clients.
Je vous demande également, Monsieur le Préfet de police, que soient enfin définis de nouveaux périmètres de protection aux abords des principaux monuments pour qu'y soit interdit tout arrêt des autocars, je veux parler des abords de l'Opéra Garnier, de la Concorde, du Panthéon, du Trocadéro, et des ponts sur la Seine. La situation autour de ces sites est devenue aujourd'hui inacceptable.
Ces nouvelles mesures que je vous présente sont prises dans l'intérêt des Parisiens et aussi, je le dis, du tourisme parisien. Nous avons des intérêts communs, les commerçants de notre Capitale en sont parfaitement conscients. Aucune activité commerciale de qualité ne peut durablement prospérer dans un environnement gâché et dans des quartiers traumatisés par la pollution et l'encombrement. Je souhaite que ces mesures reçoivent de la profession le meilleur accueil. Nous travaillerons dans cet esprit.
C'est naturellement dans la concertation avec les professionnels, dans le cadre de la Charte que nous allons signer, qu'elles seront adoptées et ce, encore une fois en liaison avec les responsables du commerce et la Chambre de commerce. Je suis, quant à moi, en tout état de cause résolu à les mettre en oeuvre et à veiller à leur application sans faiblesse, avec le Préfet de police bien entendu, sans laxisme et sans tergiverser. Il en va de la qualité de vie des Parisiens, du rayonnement de la Capitale et à bien des égards de l'avenir du tourisme parisien.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
Les intervenants ont la parole, M. GALLAND d'abord.
M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, le déplacement touristique, l'accueil, la disparité des autocars de tourisme, charte, proposition de charte... voilà la communication que vous nous proposez. Vous avez ajouté dans votre intervention "situation insupportable et insupportée".
On peut inverser la proposition, Monsieur le Maire, pour accueillir encore faut-il pouvoir se déplacer. Le moins que l'on puisse dire, Monsieur le Maire, est que ce n'est pas le cas aujourd'hui. La situation des déplacements dans Paris est de plus en plus insupportable et nous pouvons, je crois, affirmer en voyant le comportement actuel des Parisiens, massivement insupportée.
Nos mises en garde successives n'ont jamais retenu votre attention ; nos propositions n'ont jamais été prises en considération ; nos prévisions pessimistes sont malheureusement, ô combien justifiées ! Un grand journal du matin titrait il y a trois semaines : "Paris, quand la route devient un parcours du combattant".
Vous nous direz bien sûr que les chantiers qui perturbent la circulation automobile aujourd'hui sont justement ceux qui doivent permettre l'aménagement des voies pour réduire la place accordée à la voiture. Vous nous répéterez avec une partie de l'opposition municipale, dans un bel élan puriste, que les voitures doivent s'adapter à la ville et la démonstration devrait être percutante, Monsieur le Maire, l'efficacité fulgurante, car vous essayez de les écoeurer au-delà de l'imaginable: la rue de Rivoli est en permanence bouchée, la place de la Concorde n'est même pas encore touchée dans ce cadre par vos projets piétonniers, les quais Rive gauche sont en chantier. Votre perspective de limiter le trafic automobile en réduisant le nombre de voies de circulation de façon homogène se profile très clairement aujourd'hui, avec un résultat spectaculaire vers une asphyxie quasi permanente.
Je ne parle pas, parce que c'est ponctuel, de la remontée et de la descente des Champs-Elysées, de plus en plus problématique. Il en est de même sur le boulevard des Maréchaux, le boulevard Ney et le boulevard Bessière, le boulevard Saint-Michel... J'en passe, la litanie serait fastidieuse, tout est à l'avenant.
Monsieur le Maire, la vitesse moyenne de circulation, déjà très inquiétante, dans cette ville est en chute libre. Plus inquiétant encore à beaucoup de points de vue : quand on veut obtenir les évolutions actualisées sur la vitesse moyenne de déplacement, on se heurte à un black out de l'Observatoire des déplacements. On ne communique pas, les instructions sont formelles.
Conclusion de Mmes Marie-Anne GAIRAUD et Florence STERG dans un article du "Parisien" : "A défaut de réduire le flux de voitures, les travaux du P.D.U. multiplient les bouchons..." mais à en croire les services de la Ville de Paris, c'est presque l'effet recherché. A l'intérieur de cet article il y a une autre citation, les déclarations des services de la Ville que je cite à mon tour : "En limitant l'espace pour la voiture, les conducteurs vont se décourager et se résigner à prendre les transports en commun". Et l'article conclut ainsi : "A condition bien sûr qu'ils aient véritablement le choix". Tout est dit, Monsieur le Maire.
Voilà pourquoi, en désaccord fondamental avec votre politique de déplacement dans la ville et ses conséquences, sans véritable alternative ambitieuse et crédible, particulièrement dans le cadre que nous vous avons proposé à plusieurs reprises, vous allez avec une constance qui confine à l'entêtement, conduire la Ville au grand embouteillage quasi permanent.
Dans ces conditions, il nous paraît au groupe "U.D.F. et Modérés", surréaliste, même si c'est très important, de participer au débat essentiel sur l'accueil des autocars de tourisme qui ne peut que s'inscrire dans une politique d'ensemble sur laquelle, vous le savez, nous sommes en totale opposition.
Nous souhaitons, bien entendu, nous tromper. Nous espérons que votre plan des autocars sera couronné de succès et que les touristes trouveront notre Capitale facile à visiter. Nous voulons être optimistes sur les moyens de transport alternatifs. Nous pensons d'ailleurs que l'émergence récente de la trottinette est un signe encourageant pour la diminution planifiée des voitures dans Paris. Nous pensons qu'il faut essayer de positiver en écoutant le bruit oublié des concerts de klaxons qui resurgissent dans la ville et qui, nous voulons le croire, ne sont qu'un signe d'exaspération qui sera momentané et vite oublié.
Mais au-delà, nous savons qu'après les chantiers nous serons les uns et les autres confrontés à la dure réalité, celle des chiffres de circulation et de vitesse moyenne, circulation en baisse et en baisse dangereusement inquiétante, que l'on ne pourra pas en permanence nous cacher ; celle des Parisiens excédés, des automobilistes naturellement mais aussi des piétons, des rollers, qui voient des conséquences négatives fortes sur leur propre mode de déplacement dans une situation aussi déséquilibrée, dégradée et qui semble inexorable. Mais au-delà, nous serons amenés à proposer de mettre en oeuvre une politique alternative ambitieuse, réaliste, efficace, qui bénéficiera à l'ensemble des usagers, une politique qui inversera les tendances graves.
C'est vrai, la carte des rues touchées par la pollution de proximité qui pourra faire baisser le dioxyde d'azote par une politique globale alternative des déplacements, les tendances lourdes d'aujourd'hui sont exactes, Monsieur le Maire, elles rendent les Parisiens de plus en plus sensibles à la qualité de la vie et de déplacement en surface dans notre ville. Ils en font naturellement l'une de leurs priorités. Sur le constat, nous sommes d'accord, ainsi que sur le diagnostic, mais pas sur les remèdes à apporter.
Aussi, loin des rêves et des illusions, ils sont de plus en plus conscients des réalités, et au-delà de ce que nous croyons rêver, au-delà des effets d'optiques et des propositions populaires sur l'instant, les Parisiens attendent de nous, à l'écart de toute démagogie, de la responsabilité, de l'efficacité, la prise en compte des dures réalités.
C'est sur cette voie que dans les semaines et les mois à venir l'U.D.F. avec d'autres, va s'engager, proposer et agir.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "U.D.F. et Modérés).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je suis surpris : cela fait 5 ans que vous êtes ici, j'attends des propositions. Vous allez, dans les mois qui viennent, c'est-à-dire à quelques semaines des élections, découvrir le problème et trouver les solutions ? Je suis stupéfait !
(Mouvements divers sur les bancs de l'Assemblée municipale)).
Vous permettez, je ne vous ai pas interrompu. Pas de passion, c'est un débat sérieux.
Je constate avec étonnement qu'il vous a fallu 5 ans pour critiquer alors que les grandes orientations ont été adoptées par vous aussi, et que 3 mois avant, vous avez des propositions qui ne sont pas encore prêtes ! Vous allez nous les proposer prochainement ! C'est une heureuse initiative.
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint. - Je suis étonné des propos de M. GALLAND. Je me souviens qu'entre 1986 et 1989, j'étais adjoint chargé du Stationnement et de la Circulation, et qu'en 1986 quand j'ai proposé un plan de circulation, M. GALLAND et moi-même étions dans le même groupe, je me suis trouvé bien seul. Ce que propose M. GALLAND, je l'ai proposé à l'époque, mais on m'a laissé tout seul en rase campagne.
Quant au bateau-bus, c'est un dossier que j'avais entrepris, que M. SARRE a repris quand il était Secrétaire d'Etat et qu'il a fait avancer.
A l'époque, je n'ai pas beaucoup entendu M. GALLAND. Quatorze ans après, il se réveille, c'est bien !
M. LE MAIRE DE PARIS. - M. TUROMAN a la parole.
M. Michel TUROMAN. - Je vais en remettre un peu, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Passion maîtrisée !
M. Michel TUROMAN. - Avec chaque année plus de 20 millions de visiteurs, Paris a besoin d'une grande politique du tourisme considéré comme une activité humaine et une fonction de la Ville très importante. Et pour cela, il faut une politique qui ne laisse pas faire n'importe quoi au gré des marchés et des profits, mais une politique qui maîtrise et donne un cadre au développement spontané de la réponse touristique.
C'est l'intérêt bien compris de la Ville. C'est l'intérêt des Parisiens pour qu'ils intègrent avec amitié et bonne humeur l'apport de gens venus du monde entier.
Et c'est l'intérêt des touristes pour bénéficier d'un accueil de qualité et d'une découverte passionnante de notre Ville.
Or, aujourd'hui, le constat est connu et fait, je dirai, l'unanimité.
La circulation des cars, leur stationnement atteint un seuil de saturation insupportable.
Malgré certaines mesures, cette situation loin de s'améliorer comme dans certains quartiers, continue de se dégrader. Elle provoque la gêne, l'exaspération et la colère de nombreux riverains. Et cela non sans raison...
Avec en moyenne plus de 1.300 cars les jours de pointe dans les rues de Paris, ces cars polluent, provoquent des embouteillages monstres, enlaidissent les sites près desquels ils sont contraints de se garer.
Leur circulation, leur stationnement, les encombrements, le bruit, les moteurs qui continuent de tourner l'hiver pour le chauffage et l'été pour la ventilation, engendrent une pollution sonore, visuelle et atmosphérique. Comme l'on dit, c'est la totale !
Comment donc vous croire, Monsieur le Maire, quand vous parlez de réduire la pollution ou de réduire la place de l'automobile ou de reconquérir les quais de la Seine ou même de l'aménagement de la place de la Concorde ?
Ne faut-il pas alors plus largement s'inspirer de l'expérience des différences villes européennes afin d'en tirer tous les enseignements ?
Ainsi, les cars de tourisme sont exclus de Londres. A Amsterdam, la situation est identique. En Italie, les cars ne sont pas autorisés à stationner sur les grands sites touristiques. C'est le cas également dans les grandes villes allemandes. En Autriche, ils restent à la périphérie des villes.
Ces villes en souffrent-elles ? Nullement.
De telles dispositions, loin de nuire au développement du tourisme et du commerce local donneraient une autre image de notre Capitale aux touristes eux-mêmes qui, comme les Parisiens, apprécieront ainsi encore mieux notre ville avec des rues non embouteillées et moins polluées.
Sur les Champs-Elysées, les cars sont interdits, ce qui ne nuit pas à une présence importante des touristes.
C'est le cas également à Montmartre où, à ce que je sache, le tourisme se porte bien.
Lors des J.M.J., 6.000 cars n'ont pas eu accès à la Capitale, ce qui n'a pas empêché les visiteurs de se balader dans tout Paris.
Dans votre communication, vous faites un rappel des principales mesures prises depuis plusieurs années pour régler ces questions. Nous ne les boudons pas, comme nous ne boudons pas les propositions nouvelles dont vous faites état. Mais celles-ci seront-elles à la hauteur des enjeux et se traduiront-elles par un mieux ? Je ne le crois pas.
J'aurai tendance au contraire à dire, Monsieur le Maire, qu'il s'agit là de demi-mesures qui ne régleront pas le problème sur le fond et qui, qu'on le veuille ou non, entérinent une situation existante.
Quant à la charte, même avec quelques contraintes et dans ces conditions, elle ne fera qu'officialiser la circulation des cars, ou être même un appel à la venue d'autres cars.
L'aménagement des durées de stationnement, un tarif forfaitaire, la mise en réseau des parcs, une meilleure surveillance constituent certes des leviers pouvant réguler le flux d'autocars, mais tout cela ne résoudra pas le problème plus général du nombre de cars circulant à Paris.
Ainsi, ces mesures peuvent se traduire à déplacer les problèmes sans les résoudre et même à aller vers un accroissement du nombre d'autocars circulant à Paris.
C'est si vrai, que malgré l'abondante documentation que vous nous avez fait parvenir, vous ne tenez pas compte de la hiérarchie des problèmes engendrés selon l'origine ou la nature des prestations touristiques. Comment donc dans ce cas commencer à les résoudre au cas par cas ?
En un mot, vos propositions demeurent insuffisantes. Elles restent au milieu du gué que vous hésitez à franchir. Elles ne peuvent ainsi trouver leur pleine efficacité car elles ne s'inscrivent pas dans l'objectif et le but que devrait s'assigner la Ville, à savoir : parvenir à l'interdiction progressive de la circulation et du stationnement des cars à Paris.
Pour cela, il y a besoin de parcs de stationnement à la périphérie et du développement d'un service public efficace de transports en commun, notamment avec l'organisation de navettes non polluantes vers les lieux visités. Et il y a besoin, grâce à des prix plus abordables, de développer comme une priorité absolue l'utilisation des bateaux-bus sur la Seine qui desservent l'essentiel des lieux touristiques.
Monsieur le Maire, après votre visite, vendredi, sur les boulevards de Rochechouart et de Clichy, vous indiquiez vouloir donner une nouvelle impulsion à votre politique concernant la circulation des autocars et vous indiquez vouloir supprimer leur stationnement sur ces boulevards.
Il n'est que temps car l'exaspération des riverains date maintenant de plus de trois ans, et cela d'autant plus que la Préfecture de police, du fait d'un manque d'effectifs, ne peut faire, dans ce secteur comme dans d'autres, respecter la réglementation.
Dans ce secteur qui cristallise le mécontentement, il faut, Monsieur le Maire, maintenant passer aux actes.
Il y a quelques mois, vous aviez déjà envisagé l'interdiction à terme du stationnement. Les actions de l'association et de mon ami Jacques DAGUENET, Conseiller du 9e, ont permis de faire accélérer les choses.
Vous nous dites aujourd'hui que cette mesure d'interdiction va être effective dès cet été.
Je vous pose donc une question simple : à quelle date le sera-t-elle ? Et quelle concertation sera engagée avec tous les intéressés pour déterminer les mesures d'accompagnement nécessaires concernant la dépose et la reprise ?
C'est, à notre avis, une question clé pour juger, Monsieur le Maire, de votre engagement à ce sujet.
Quant aux mesures à court et moyen termes et aux infrastructures nécessaires, elles doivent être, je le répète, réfléchies, définies et organisées dans le cadre d'une interdiction progressive de la circulation et du stationnement des cars à Paris. Et les professionnels du tourisme doivent y contribuer financièrement.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à M. BRET.
M. Bertrand BRET. - Monsieur le Maire, à mon tour, un mot de réaction, à chaud, aux propos de M. GALLAND.
Ma foi, Monsieur GALLAND, la politique se juge aux faits que je sache et, jusqu'à présent, on ne vous a jamais vu voter contre le budget qui, par définition, conduit aux mesures dont vous dénoncez aujourd'hui l'existence. Je vous invite donc à être un peu logique, si cela est encore possible, avec vous-même.
Monsieur le Maire, à l'évidence, le problème des autocars en lui-même n'est pas un problème majeur. Le problème des autocars n'est que l'une des conséquences de la politique de circulation que vous mettez en oeuvre et pour nous (et l'histoire et la vérité des propos et des actes nous donnent raison, contrairement à d'autres) cela fait plus d'une dizaine d'années que nous nous élevons fortement contre la politique de l'automobile que vous mettez en avant, sous la précédente mandature comme sous celle-ci.
Il faudra la revoir de fond en comble.
Mais puisque nous parlons d'autocars, allons-y.
Là encore, une évidente contradiction. Paris, capitale de la France, capitale européenne, est également capitale du tourisme mondial et la promotion de Paris ne peut se faire sans touristes. En même temps, la promotion touristique de Paris ne peut se traduire par la dégradation de la Ville ni la dégradation de la qualité de vie de ses habitants. Il faut donc essayer de répondre à cette contradiction par des mesures simples mais concrètes.
C'est en ce sens que, pour ma part, je souhaiterais m'atteler à quelques propositions très concrètes.
La première d'entre elles, et parce que c'est un sujet partagé dans les compétences, s'adressera à vous, Monsieur le Préfet de police, et concerne bien évidemment le contrôle et le respect des normes de pollution.
L'autocar, c'est le diesel et le diesel, c'est la pollution renforcée et le bruit. Lorsqu'on constate près de 1.400 cars quotidiens en circulation lors des périodes de pointe, notamment estivales, qui sont parfois des périodes privilégiées de forte pollution, je crois qu'il y a là des mesures très drastiques à prendre.
Première proposition, Monsieur le Préfet, c'est que soient organisés très en amont de la Ville, j'allais dire au niveau des péages autoroutiers, des contrôles comme cela se fait pour les poids lourds, des contrôles qui permettraient de sanctionner, éventuellement d'immobiliser des cars dont on connaît parfois la provenance, et je pense singulièrement aux cars venant des pays de l'Est, pour lesquels il suffit de se placer derrière eux 30 secondes, ou de les voir pour savoir qu'ils ne peuvent, de façon tout à fait flagrante, que contrevenir aux normes de pollution que nous mettons en oeuvre.
Le deuxième aspect des choses concerne la flotte intra muros permanente, la flotte des tours opérateurs qui organisent des visites de jour comme de nuit de la Capitale, qu'il conviendrait de soumettre à des contrôles réguliers. Il conviendrait peut-être de les doter d'un système de pastille qui permettrait, à l'image du petit carré bleu du contrôle technique des véhicules automobiles, de pouvoir s'assurer de façon annuelle d'un contrôle des normes de pollution.
Autre aspect des choses, le problème du stationnement. On l'a dit, à peine 600 places sur Paris sont offertes aux 1.500 ou 2.000 cars qu'on peut constater en circulation dans la Capitale, trois parcs de stationnement souterrain, bref, à l'évidence, le compte n'y est pas en matière de stationnement d'autocars.
Je crois que, là encore, un effort complémentaire doit être conduit. Vous venez de nous annoncer un certain nombre d'initiatives, nous allons les juger aux actes et aux décisions définitives qui seront prises.
Mais pour régler ce problème de stationnement, la réflexion nous porte à penser qu'il faut développer un mode alternatif de transport et, en ce sens, la Seine doit être un vecteur porteur prioritaire, renforcé et le rôle du Port autonome nous paraît tout à fait important. Pourquoi ne pas favoriser l'accueil des autocars aux différents ports situés en amont et en aval de Paris et organiser à partir de là des plates-formes, à travers des navettes non polluantes de véhicules légers circulant au gaz ou à l'électricité. Voilà un moyen de desserrement de l'étau de la présence physique des autocars polluants dans la Capitale qu'il conviendrait peut-être d'étudier.
Un autre aspect des choses a été évoqué tout à l'heure par M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH avec beaucoup de justesse, c'est que bateau-bus est là. Il fonctionne. Il fonctionne de façon efficace, bénéficiaire pendant la période estivale où il est ouvert. Je pense qu'il conviendrait de relancer les études effectuées, qui ont été ensuite abandonnées, de sa mise en oeuvre et de son ouverture permanente afin d'ouvrir un véritable réseau de transport en commun public utilisant la Seine.
Et puis, Monsieur le Maire, il faut répondre (mais cela concerne également M. le Préfet de police) à un certain nombre de problèmes très concrets qui se posent. Je les prendrai par ordre d'arrondissements, si vous le permettez, en évoquant tout d'abord le 1er et celui du Pont-Neuf.
Le Pont-Neuf est devenu malgré lui une zone de stationnement des cars qui viennent notamment desservir les touristes qui veulent se rendre sur les vedettes du Pont-Neuf et si les cars stationnent, ils ne prennent pas le chemin des places de stationnement qui sont pourtant de l'autre côté, du côté du parking du Louvre, ils restent sur place, défigurant ce site du Pont-Neuf et renforçant les difficultés de circulation.
Dans le 4e arrondissement, je crois que l'interdiction qui est faite à la présence des cars dans l'île Saint-Louis et l'île de la Cité, doit à l'évidence être étendue à l'ensemble de l'année et non pas simplement limitée à la seule période estivale.
Dans le 9e, vous avez pu vous rendre compte, un peu sur le tard mais après tout chaque chose arrive peut-être à son heure et c'est tant mieux, que la situation était, comme vous le dites vous-même d'ailleurs, devenue tout à fait insatisfaisante et exigeait des réponses immédiates. Vous vous êtes engagé, Monsieur le Maire, à conduire une concertation et nous avons envie de vous dire "chiche", qu'effectivement dans les 10 jours (nous attendons que, pour cela, vous confortiez votre propos liminaire), dans les 10 jours qui viennent vous vous engagiez à la concertation avec les associations, avec les élus locaux qui se sont mobilisés sur ce sujet.
Dans le 9e encore, je crois que l'interdiction des autocars ne pourra se faire qu'avec une revalorisation de la voirie et notamment du terre-plein central des boulevards situés entre la place de Clichy et Barbès, qui ne font qu'ajouter à l'état de dégradation que l'on connaît sur ce secteur.
Dans le 18e, c'est le problème de la desserte de la Butte-Montmartre. Je voudrais vous faire part ici de la stupéfaction des élus socialistes lorsqu'ils ont appris que la Ville de Paris, et d'ailleurs aussi la Préfecture de police, avaient donné un avis favorable à la mise en circulation du réseau "Open Tour" de la R.A.T.P.
J'ajoute que cette stupéfaction était d'autant plus renforcée que cette affaire s'est faite sans la moindre concertation avec les élus locaux et les élus du 18e. Je pense que, pour le moins, il faudrait revoir cette opération et pouvoir la discuter avec les associations locales de riverains, les élus locaux qui demandent, de façon très forte, cette concertation.
Et puis, je n'oublierai pas le 14e arrondissement. Monsieur le Maire, Monsieur le préfet, vous le savez sans doute, la rue du Commandant-Mouchotte s'est transformée aujourd'hui en véritable gare autoroutière de fait, pour des véhicules venant des pays de l'Est notamment.
Je crois que cette situation mérite d'être levée.
Voilà, Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, ce que je tenais à vous dire au nom des élus socialistes et apparentés, des réflexions d'avenir, quelques propositions sensibles, je crois que ce problème du stationnement et de la régulation du flux des autocars appelle des mesures fortes, contraignantes, sans doute impopulaires pour certains opérateurs de tourisme.
Paris ne peut se faire contre Paris et les Parisiens.
C'est l'objet des propositions que je viens de vous formuler.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Monsieur LEGARET, vous avez la parole.
M. Jean-François LEGARET, adjoint. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues, Paris est une grande capitale touristique, tant mieux. Paris attire un nombre croissant de touristes, tant mieux. Parmi ces touristes, beaucoup sont de nouveaux touristes ; je ne partage pas l'ostracisme que vient d'affirmer notre collègue Bertrand BRET. Si ces touristes viennent de pays qui ont découvert la liberté et qu'ils viennent à Paris, tant mieux.
La situation des autocars de tourisme à Paris notamment dans le centre de Paris et aux abords des grands sites touristiques (Notre-Dame, les îles, le musée du Louvre, les grands boulevards) est une situation qui est devenue totalement anarchique.
Et cela n'est pas tolérable !
Monsieur le Préfet de police, je n'ai pas souvenir en tout cas depuis que le parc de stationnement du Carrousel a été ouvert, d'avoir connu un tel désordre, le désordre que nous constatons cette année depuis le début de la saison touristique, notamment sur le secteur de la rue de Rivoli, cette situation anarchique devient une situation conflictuelle, avec les riverains, avec les habitants qui subissent le bruit, la pollution, les encombrements, des bouchons en permanence, avec les manoeuvres d'autocars qui sont totalement inadaptés à la trame urbaine du centre de Paris.
Mon collègue Claude LAMBERT complétera cette intervention tout à l'heure en ce qui concerne notamment les grands boulevards.
Vous le savez, Monsieur le Préfet de police, la Ville est équipée de parcs de stationnement pour les autocars. Ils sont sous-utilisés, que ce soit le parc de stationnement de Bercy, qui a été connecté à la Seine, avec un embarcadère, une compagnie de bateaux, les Marinas de Bercy qui est installée et qui fait dès à présent la navette avec le centre de Paris. Cela n'a absolument pas le niveau de service que cela pourrait avoir.
Il en va de même pour le parc de stationnement du Carrousel du Louvre où 81 places sont à la disposition des autocars et chacun sait que ce parc est très largement sous-utilisé.
Alors on est naturellement navré de constater qu'il y a en surface une présence très abusive d'autocars et que les parcs de stationnement en sous-sol sont inutilisés.
Il y a une raison à cela : c'est l'absence de sanctions et l'insuffisance de verbalisations que nous constatons tous les jours.
Donc la première chose que les élus du groupe R.P.P. demandent au Préfet de police, et c'est la raison pour laquelle ils ont déposé un voeu en ce sens, c'est de faire respecter la réglementation actuelle en ce qui concerne la circulation et le stationnement des autocars ainsi que l'interdiction de faire tourner le moteur à l'arrêt, car nous le constatons et c'est une source de pollution que les riverains et piétons ne supportent pas.
Vous avez, Monsieur le Préfet de police, des moyens. La réglementation existe. Vous aviez pris des engagements, nous demandons que ces engagements soient respectés, mais il faut aussi prendre de nouvelles mesures de restriction.
Nous ne demandons pas l'impossible, Monsieur le Préfet de police, nous n'avons pas parlé d'interdiction des autocars car il faut des autocars, et si Paris est une grande capitale touristique, il va de soi que les entreprises qui gèrent des flottes d'autocars, les "tour operator", toutes les industries qui vivent du tourisme doivent pouvoir en bénéficier et cela aussi fait partie des éléments positifs engendrés par le tourisme dans la Capitale, mais il faut qu'il y ait des mesures de restriction.
Il n'y a aucune raison pour que les grands sites touristiques de la Capitale qui ont cette particularité que l'on trouve rarement ailleurs dans le monde d'être en quasi totalité situés au bord du fleuve - c'est ainsi -, à part le Panthéon et la Butte-Montmartre, tous les grands sites touristiques de Paris sont situés au bord du fleuve. Dans les autres grandes capitales du monde, on a pris des mesures restrictives très draconiennes pour empêcher la circulation des autocars.
A Paris, on ne l'a pas fait, alors qu'il y a la possibilité d'avoir une vision d'avenir, d'ensemble, qui intègre la possibilité de dessertes fluviales et qui permette d'alléger la circulation des autocars dans le centre. Encore une fois, il ne s'agit pas de supprimer totalement les autocars dans Paris, il faut simplement que la Seine puisse jouer plus largement son rôle; Je voudrais à mon tour rendre hommage à des précurseurs comme Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, Georges SARRE à qui je rends hommage car quand il était membre du Gouvernement, il a incontestablement donné une impulsion nouvelle aux transports des touristes et des Parisiens sur la Seine, avec la mise en service des bateaux-bus.
Je voudrais aussi rendre hommage à Bernard PONS qui, lorsqu'il était membre du Gouvernement, avait lancé un groupe de travail présidé par le Préfet de Paris, auquel participaient les autorités de la Ville, le Port autonome, les autorités de police, pour essayer d'avoir une vision d'avenir concernant l'utilisation de la Seine.
Aujourd'hui, il y a le parc de stationnement de Bercy ; il faut l'utiliser. Pour l'utiliser, Monsieur le Préfet de police, il faut des mesures qui ne soient pas simplement incitatives, mais qui, par le biais de restrictions nouvelles, obligent les autocars à se plier à de nouvelles normes de circulation et de stationnement dans le centre de Paris.
Il y a le parc du Carrousel et il y a une escale sur la Seine au Louvre.
Il est très facile, notamment avec le réaménagement du souterrain qui conduit à la passerelle Solférino, d'utiliser beaucoup mieux ce parc du Carrousel. Il faudra, c'est vrai, un parc de stationnement pour les autocars dans l'Ouest de Paris et des études sont en cours. Ce que nous demandons, c'est que nous puissions définir ensemble avec les autorités de la Préfecture de police et du Gouvernement une vraie vision d'avenir. Nous avons tous les moyens de le faire. Avec un peu de bon sens, de bonne volonté, je suis certain, Monsieur le Maire, que nous y parviendrons !
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris", "Paris-Libertés" et "U.D.F. et Modérés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur LEGARET.
La parole est à M. SARRE.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, Monsieur le Préfet, Paris accueille près de 20 millions de touristes par an, qui sont à l'origine d'importantes retombées, estimées à 40 milliards de francs. Près de 10 % des emplois parisiens en dépendent. Cette situation appelle naturellement la mise en oeuvre et la mise en place d'une politique à la hauteur des enjeux notamment en matière économique et de déplacement, afin de répondre aux attentes de la population.
Je vais tout de suite à l'essentiel : les cars posent un problème majeur. Des chiffres sont donnés 1.400 ou 1.700 cars qui circulent dans Paris en période de pointe. Il est vrai qu'il y en a beaucoup, on peut le dire, et l'anarchie règne.
Quelques mesures ont été prises depuis 1993 pour le stationnement de ces véhicules. Certains secteurs leur ont été interdits mais le bilan est maigre.
Aujourd'hui, Monsieur le Maire, vous proposez une charte entre la Ville, les professionnels et la Préfecture de police, destinée à préciser les engagements de chaque partenaire pour mieux organiser les déplacements en cars. Nous souhaitions cela.
Cela va dans la bonne direction. Vous proposez un titre unique de paiement pour les principaux parcs de stationnement. Ces mesures sont nécessaires et je crois qu'elles auraient pu être mises en place depuis longtemps.
Plus largement, je dirai que les propositions qui sont faites me semblent tout à fait insuffisantes et c'est pourquoi, j'essaie, pour faire avancer le débat et la prise de mesures concrète de proposer un dispositif d'ensemble.
Ce qui est important, c'est de réduire le nombre de cars, circulant dans Paris. De cette façon, évidemment, leur stationnement sera moindre et cette circulation massive des cars dans la Capitale doit cesser. C'est pourquoi au nom des élus du Mouvement des citoyens, je propose la mise en place d'un service de remplacement qui doit être créé pour ne pas porter préjudice aux activités liées au tourisme.
Je propose pour cela de nous servir de tous les atouts dont nous disposons et en particulier de la création d'une flotte de navettes que l'on pourrait appeler les taxis-bus à partir de cars appartenant à des sociétés privées, qui pourraient être regroupées au sein d'un G.I.E. avec la R.A.T.P. et le Syndicat des Transports parisiens.
Ces taxis-bus seraient utilisés comme des navettes ou si vous préférez comme des taxis après réservation auprès d'un centre. Ils auraient pour mission d'assurer le transport des groupes dans Paris, en fonction des demandes des tours-opérateurs.
Par la rotation de ces taxis-bus, le nombre de cars dans Paris pourrait diminuer plus de moitié environ.
Les encombrements ainsi fortement réduits, les problèmes de stationnement seraient plus faciles à résoudre. Ce dispositif, mes chers collègues, impliquerait de réserver sauf exception rarissime, l'accès de Paris à ces taxis-bus.
Des parcs de stationnement devraient bien entendu être aménagés en périphérie pour accueillir les cars de tourisme.
Par ailleurs, comme d'autres collègues l'ont dit, et je les remercie des propositions qu'ils ont tenues à mon endroit, un service de navettes fluviales pourrait de plus être articulé à ce dispositif pour renforcer l'inter-modalité.
Il faut des mesures fortes et adaptées, je vous propose donc, Monsieur le Maire, de mettre à l'étude le projet que je formule, ainsi d'une part, les cars de tourisme, entrent dans la Capitale, déposent leurs clients, devant les hôtels. Les cars repartent dans les emplacements réservés à cet effet, hors les murs et les groupes de touristes ont à leur disposition ce service de taxis-bus, à partir du G.I.E. géré par la R.A.T.P., et le S.T.P., qui viendrait les prendre devant les hôtels, qui les conduirait en relation avec les navettes fluviales, et qui leur permettrait de visiter les différents sites touristiques.
Je vous le dis, sur cette base, nous devrions voir très rapidement la situation être sensiblement améliorée. C'est quelque chose qui est parfaitement réalisable. Bien entendu, toute cette gestion se ferait à partir d'un centre en liaison avec un dispositif par satellites de façon à ce que tout ce qui se passe en temps réel soit connu ; le temps réel ne pouvant intervenir qu'à la marge.
J'ai oublié de mentionner, Monsieur le Maire, que nous avons déposé un v?u. Je souhaiterais qu'il puisse être soumis à la proposition du Conseil de Paris.
Merci.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à Mme BILLARD.
Mme Martine BILLARD, élue "Les Verts". - Je suis très surprise par la belle unanimité tout d'un coup présente dans ce Conseil. Je regrette qu'il ait fallu 5 ans pour en arriver là. J'espère surtout que toutes ces belles propositions vont se concrétiser ensuite. Il est vrai que la proximité d'élections municipales a de drôles de vertus !
Je voudrais aussi relever un peu le télescopage entre les deux débats de ce matin.
Au débat précédent, tout le monde propose d'attirer encore plus d'emplois dans Paris, sans se poser la question de la circulation, et tout d'un coup, tout le monde se lamente sur la circulation. Il faut être cohérent dans ce genre de débats et éviter la schizophrénie ambiante.
Deuxième problème entre les deux communications : il y a un petit problème de coordination sur les chiffres dans cette ville.
Les chiffres sur le nombre de visiteurs et sur ce que cela rapporte à Paris ne sont pas les mêmes entre les deux communications.
Dans cette communication, nous avons 20 millions de visiteurs, et 40 milliards de francs, et dans la précédente, 30 millions de visiteurs, et 50 milliards de francs. On peut penser que cela n'a aucune importance mais cela ne fait pas très sérieux.
L'engagement que vous nous proposez pour la Ville de Paris consiste à adapter l'offre aux besoins de stationnement des autocars. Cela me rappelle un peu trop l'adaptation de Paris à la voiture, chère à M. Pompidou. Les résultats en furent désastreux et que nous les subissons encore.
Doit-on vraiment favoriser le fait que des voyageurs pressés visitent Paris en un minimum de temps ? Si nous adaptons l'offre à ce type de tourisme, il ne nous reste plus qu'à tout faire pour permettre la circulation et le stationnement des autocars sans entrave et c'est bien ce que nous refusons.
Si Paris doit rester une ville touristique et accueillante, cela ne peut se faire au détriment de ses habitants. Il faut donc limiter le stationnement des autocars. Cela ne veut pas dire les renvoyer sur la banlieue car nous renvoyons constamment nos problèmes sur la banlieue. Oui, pour la coordination mais il faut éviter cette frontière entre Paris et la banlieue, et pas uniquement en termes de renvoi de déchets et de nos autocars !
Il faut régler le problème en le faisant dans Paris intra-muros, dans les parcs déjà existants. Il faut effectivement respecter l'engagement pris de supprimer le stationnement des autocars de tourisme sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart, immédiatement.
Cela ne sera efficace que si on le fait dans le cadre d'un plan de circulation qui limite la circulation des autocars dans Paris, sinon cela n'a pas de sens.
Ce qui se produit, c'est qu'on déplace le problème de stationnement en circulation pour les cars qui ne peuvent plus stationner.
C'est ce qui se passe aujourd'hui puisque les cars ne stationnent plus sur les boulevards entre la gare de l'Est et le reste de la périphérie. Pour l'instant, les riverains semblent avoir gagné.
Nous espérons que cela va se concrétiser.
Si cela se limite à déplacer, en termes de circulation, bientôt vous aurez des associations de riverains de l'Est et des Récollets qui protesteront contre la circulation. Ils auront raison et nous les soutiendrons. Il faut que la Préfecture de police fasse respecter la réglementation. J'avoue que je finis par être découragée certains jours car j'ai l'impression d'un v?u pieux répété dans le vide. Ce n'est pas uniquement le problème des cars mais le problème constant sur le non-respect des stationnements illicites dans la ville.
Les parcs de stationnement sont sous-utilisés. Effectivement il faut trouver les moyens d'obliger les autocaristes à s'y rendre et pour cela, visiblement tout le monde est d'accord sur le système des navettes non polluantes qui pourraient desservir les quartiers ainsi que les lieux touristiques.
J'espère que les propositions, pour les mettre en place, vont être rapides. Effectivement je crois aussi qu'il faut favoriser l'implantation d'autocaristes, pour ceux qu'on ne peut pas supprimer, et je suis d'accord pour une fois avec M. LEGARET sur le fait qu'on ne pourra pas supprimer les autocars pour les personnes âgées, les handicapés.
Nous ne sommes pas pour leur suppression totale mais pour en limiter le nombre au strict minimum mais qu'au moins ceux-là soient des autocars non polluants.
Il est inadmissible également que les "Paris-bus", "Open Tour", "Cityrama" et "Paris-vision" ne se posent pas ces questions. La Ville doit avoir une action en direction de toutes ces compagnies pour faire remplacer les cars circulant au diesel par des cars utilisant d'autres systèmes afin de limiter la pollution et donc trouver des politiques qui favorisent le changement de la flotte.
L'extension de ces flottes ne peut se faire avec le non-respect des engagements pris. L'engagement avait été pris qu'il n'y ait plus d'autocars sur la Butte-Montmartre.
Or, l'intervention de la société "Open Tour" aujourd'hui a fait que les autocars montent sur le bas de la Butte-Montmartre ; or, ce n'était pas l'engagement pris, il faut respecter l'engagement pris et que l'"Open Tour" dépose ses clients en bas.
Il y a d'ailleurs une pétition qui circule dans le quartier. J'espère que l'engagement sera respecté avant qu'il faille atteindre des milliers et des milliers de signatures.
On peut sur la Butte-Montmartre augmenter la fréquence des Montmartrobus et des petits trains qui circulent déjà.
Pour l'extension des autres modes, il y a accord de tous sur le développement des transports en commun : bateaux-bus et favoriser la marche à pied en proposant des circuits fléchés de manière à aider les touristes. Il faut développer des points d'information touristique dans les secteurs les plus fréquentés. Pour ma part le nombre de fois où j'ai rencontré des touristes perdus à la gare des Invalides pour se rendre au Château de Versailles est incompréhensible.
Les Parisiens ont un peu de mal mais un touriste français en a beaucoup et un étranger ne s'y retrouve pas !
Je propose qu'il y ait des conventions qui soient passées entre la Ville, la R.A.T.P. ; et la S.N.C.F. pour l'implantation de ces points touristiques dans les lieux les plus fréquentés, notamment de transports en commun, afin qu'il n'y ait plus cette réticence à employer ces transports en commun parce que c'est peu compréhensible.
Pour terminer, je dirai que la Ville n'est pas seulement un lieu que l'on traverse le plus vite possible pour aller d'un point à un autre. Tous les touristes doivent pouvoir déambuler tranquillement sans être asphyxiés par la pollution, sans avoir peur d'être renversés ou bousculés ou agressés par le bruit et l'agitation d'un plus grand nombre de véhicules à moteur.
M. LE MAIRE DE PARIS. - J'ai un petit problème et je voudrais que la Conférence des Présidents me donne des orientations, car pour les non inscrits, 5 minutes sont prévues pour les 4 intervenants. Or, Madame, vous avez pris 6 minutes à vous seule.
Je ne juge pas, je constate qu'il y a un problème et je souhaiterais que la Conférence des Présidents veuille bien se pencher sur ce point car un membre non inscrit - encore une fois je ne critique pas, je constate - a pris 6 minutes alors que 5 sont prévus pour 4 intervenants.
Je vais donner la parole à chacun mais on ne pourra pas rester dans cette situation injuste à l'égard des membres des groupes qui, eux, ont moins de temps, ô combien.
Je souhaite que chacun fasse preuve d'esprit de synthèse ou il faudrait faire 4 groupes de non inscrits.
La parole est à M. LAMBERT.
M. Claude LAMBERT. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues.
Votre communication, Monsieur le Maire, concernant les nouvelles mesures de circulation des autocars dans notre Capitale est celle que nous attendions : ferme, innovante, restrictive. Le rappel des droits et plus encore des devoirs qui incombent aux chauffeurs de car était devenu une nécessité d'autant que le laisser-aller se transformait en réglementation qui ignorait l'arrêté préfectoral et municipal.
Vous êtes venu vendredi sur le secteur des boulevards de Rochechouart et de Clichy. Au milieu d'une foule bigarrée de touristes, de Montmartrois et de très proches riverains, vous avez pu mesurer, Monsieur le Maire, à la veille d'un week-end, l'étendue du stationnement des cars. Sur les deux côtés du terre-plein central des cars, rien que des cars, toujours des cars !
Je sais très bien qu'il faut que chacun vive, les commerçants comme les caristes, je sais aussi que près de 9 % de l'emploi parisien dépend du tourisme, mais j'imagine quelle peut être la vie des milliers de riverains qui habitent dans ce secteur, entre les cars qui stationnent, les voitures qui se garent même sur les trottoirs et les vélos et autres deux-roues qui font du slalom sur les trottoirs entre les piétons devant le métro Anvers. Cette situation ne pouvait plus durer. Une relative tranquillité des résidents doit être notre premier objectif face à la situation actuelle.
En tant qu'élu du 18e, je vais souvent sur ces boulevards. J'y rencontre d'ailleurs mon ami Vincent REINA venu de son 9e et nous sommes atterrés par le déferlement des cars, véritable horde qui s'aligne le long des trottoirs sur plusieurs centaines de mètres tout en laissant, pour nombre d'entre eux, leurs moteurs tourner - merci pour l'environnement ! - alors que leurs clients sont déjà partis à la découverte de Montmartre et des boulevards.
Durant les longs week-ends d'avril, de mai et de juin, j'ai assisté à ce spectacle révoltant de plus de 200 cars rangés en rang d'oignons sous les fenêtres des riverains. C'est d'ailleurs pour cette raison que, fin avril, j'avais posé une question orale à M. le Préfet de police. Comme d'habitude, sa réponse était empreinte d'une grande courtoisie et contenait un bilan des procès-verbaux et d'éventuelles mesures. Le collectif des riverains des boulevards de Rochechouart et de Clichy qui mène un combat louable m'avait alors remercié de cette intervention tout en réclamant énergiquement, "en dehors du respect de la réglementation, c'est-à-dire le respect des emplacements de stationnement et l'arrêt des moteurs", mis au point par le Préfet et votre adjoint Bernard PLASAIT, "la suppression du stationnement sur les boulevards".
Cette dernière possibilité existe enfin aujourd'hui grâce à vous, Monsieur le Maire. Vendredi, vous avez confirmé devant des journalistes votre volonté d'interdire le stationnement sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart, autorisant simplement, ce qui est parfaitement normal, la dépose des milliers de touristes qui viennent chaque jour admirer les charmes de la Butte.
Voilà une bonne chose de faite mais votre décision doit être suivie d'effets c'est-à-dire que M. le Préfet vous aide, nous aide en appliquant une répression policière sans concession. Monsieur le Préfet, pensez à ceux, les riverains, qui voient arriver juillet et août avec la hantise d'un été chaud et une nouvelle fois gâché par cette chienlit.
Le parking Cardinet qui se trouve à une dizaine de minutes de ces lieux de dépose peut accueillir 50 cars. C'est déjà une possibilité de stationnement non négligeable qu'il faut conseiller aux chauffeurs. Il est pour l'instant insuffisamment utilisé alors qu'il avait été justement créé pour désengorger les boulevards de Clichy et de Rochechouart.
Nous aurons aussi dans plusieurs mois la création d'un parking baptisé "Europe - Rome", très proche des lieux, qui pourra encore offrir plusieurs dizaines de places. Tout est donc possible pour une meilleure situation sur ce secteur sensible et encombré où les bouchons sont des faits de vie quotidienne et multiples.
Je crois vraiment que nous voyons le bout du tunnel et le groupe R.P.P. vous soutient, Monsieur le Maire. Encore faut-il que les énormes cars "Open Tour", utilisés récemment pour desservir le funiculaire à la hauteur du square Willette, ne provoquent pas des encombrements dans un secteur aux rues étroites et au stationnement sauvage. Il faudrait peut-être se poser la question de leur utilité, même si l'intention de desserte est louable. Hélas, la réalité nuit parfois aux bonnes intentions.
Merci, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Madame SCHNEITER, vous avez la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, permettez-moi également de m'étonner de la déclaration "surréaliste" de M. GALLAND tout à l'heure et de voir tant d'élus subitement atterrés par le problème des embouteillages qu'en tant qu'écologiste, je dénonce depuis plus de 20 ans.
Monsieur le Maire, une bonne politique du tourisme doit se doubler également d'une bonne politique des déplacements et de l'urbanisme, au bénéfice des Parisiens, afin que leur vie quotidienne ne pâtisse plus des encombrements permanents de la circulation, ni de l'afflux des autocars de tourisme qui les aggravent.
Je ne reviendrai pas sur les premières mesures qui ont été prises en ce qui concerne le stationnement des autocars.
Plus récemment, afin de dégager les boulevards de Rochechouart et de Clichy, totalement colonisés, un parking a été créé à Cardinet, mais son utilisation reste très modeste.
Ces jours derniers, vous avez annoncé votre volonté de voir disparaître le stationnement des autocars sur ces boulevards de Rochechouart et de Clichy. Quelle solution de rechange mettrez-vous en place ?
Monsieur le Préfet de police, trop souvent les chauffeurs d'autocars ne respectent pas la réglementation. A l'arrêt, les moteurs continuent à fonctionner pour maintenir la climatisation et sur certains sites, ils stationnent n'importe où. Par exemple, alors qu'il y a un parking souterrain de 50 places Porte-Maillot, cette place reste encombrée par les autocars en stationnement illicite tous les jours que Dieu fait !
Monsieur le Maire, aujourd'hui vous nous proposez quelques mesures pour tenter d'améliorer la situation et notamment un projet de charte, que vous avez l'intention de présenter aux professionnels du tourisme et à la Préfecture de police.
Pour ce que vous appelez le tourisme individuel, l'amélioration du réseau de transports en commun, leur confort, leur régularité, leur sécurité bénéficient tant aux Parisiens qu'aux visiteurs. Une politique d'incitation doit être mise en place. Bien sûr, l'information doit être adaptée aux touristes mais surtout l'intermodalité doit être encouragée. Pour cela, la tarification est un outil simple et efficace et doit concerner tous les usagers. Tout possesseur d'un titre de transport "Paris Visite", "carte orange", "carte intégrale" ou autre, devrait avoir accès gratuitement à tous les services de transport spécifiques comme le "bateau-bus" ou l'Open tour.
La création de lignes régulières d'autocars à vocation touristique, comme l'Open tour ou les cars rouges, peut être développée, à condition que ces autocars respectent les règles communes en matière de circulation et de stationnement et qu'ils soient aussi accessibles aux personnes handicapées.
L'usage du vélo se développe et devrait être encouragé. Les touristes et notamment les jeunes touristes devraient être mieux informés sur le charme de la visite de Paris et de ses quartiers à vélo. La location de vélos et l'organisation de visites groupées doivent être encouragées et aidées. Certaines villes ont commencé l'expérience de mise à disposition gratuite de vélos avec consigne. La Ville de Paris suit-elle cette expérience qui me semble intéressante ?
Concernant le tourisme groupé en autocar, il est nécessaire de poursuivre et d'amplifier l'effort engagé sur le stationnement - en développant des parkings pour les autocars aux portes de Paris - en leur interdisant le stationnement sur la chaussée - en aménageant des sites de dépose-reprise - en faisant disparaître le privilège du stationnement gratuit - en ayant une politique tarifaire incitative, et j'ajoute, bien sûr, en faisant respecter la réglementation !
Vous évoquez, Monsieur le Maire, dans votre communication l'adoption d'un titre unique de stationnement et proposez deux formules.
La première, à décompte, n'a rigoureusement aucun intérêt puisque chaque autocariste paye suivant sa consommation horaire, c'est juste une commodité de paiement.
En revanche, la seconde formule, valable pour une période déterminée (une journée, une semaine, un mois...) est particulièrement incitative, puisqu'elle autorise l'utilisation de l'ensemble des parcs de stationnement, sans contrainte de temps (à l'exception du centre de Paris).
Pour inciter les autocars à utiliser les parkings plutôt que le stationnement payant de surface (dont je souhaite la disparition), il faudrait que les tarifs soient identiques.
Par ailleurs, vous envisagez la mise en place, à terme, d'une obligation pour les autocaristes visitant Paris de justifier qu'ils pourront stationner licitement dans Paris. Pouvez-vous me dire à quel terme ? J'espère que ce n'est pas aux calendes grecques.
Enfin, concernant la circulation des autocars dans Paris, elle doit être mieux réglementée. Certains sites comme le Marais, la Montagne-Sainte-Geneviève ou la Butte-Montmartre, par exemple, doivent être strictement interdits à tous les autocars, sans exception.
La qualité de la vie devrait être un argument pour visiter Paris ; l'usage maîtrisé des autocars doit y contribuer.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
Madame JUNOT, vous avez la parole.
Mme Marie-Thérèse JUNOT. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues, lors d'un récent sondage les Parisiens ont placé au premier rang de leurs préoccupations, avant même la sécurité, la lutte contre la pollution par l'amélioration et la sauvegarde de l'environnement.
Or, Monsieur le Maire, nous le savons, les cars de tourisme génèrent bruit, pollution et insécurité. Chaque année ce problème revient régulièrement, au moment de la saison touristique, sur le devant de la scène. Chaque fois la Ville de Paris a tenté de limiter l'impact des cars sur l'environnement.
La Butte-Montmartre leur a été interdite malgré les plaintes réitérées des commerçants et, bien entendu, des exploitants de ces véhicules. Le stationnement a été réglementé autour du secteur Notre-Dame/Quai aux Fleurs et des sites historiques.
Mais les problèmes perdurent. Prenons les quais Rive gauche, les Grands boulevards, la place de Clichy, l'Opéra Garnier, la Porte de Versailles, le Trocadéro et j'en passe. Que d'embouteillages et de pollution, couloirs de bus encombrés, voies de circulation bloquées, trottoirs envahis.
Certains week-ends, on a dénombré jusqu'à 400 cars en circulation boulevards de Clichy et de Rochechouart et une trentaine en stationnement interdit de chaque côté des deux boulevards, formant ce que les riverains appellent la "muraille des cars". Sans compter l'inconvénient supplémentaire provoqué par les chauffeurs qui laissent fonctionner au ralenti leur moteur, pour chauffer en hiver et réfrigérer en été...
Bien sûr, l'industrie touristique est importante pour Paris. Les 20 millions de touristes qui fréquentent chaque année la Capitale veulent pouvoir s'y déplacer.
Londres a développé une politique plus restrictive en matière de circulation, notamment des cars, et je ne sache pas que les touristes l'ont désertée. Rome a interdit le centre historique aux véhicules particuliers, Munich, Prague ont protégé leurs monuments et leurs quartiers anciens contre la circulation.
Trop de corporatisme en France nous conduit au laxisme, à la prise en compte de tous les cas particuliers, alors que c'est l'intérêt général qui doit primer et l'intérêt général c'est la qualité de la vie. Les Parisiens l'ont clairement exprimé.
Oui, Monsieur le Maire, il faut multiplier les petits parcs situés hors voirie, à la périphérie de Paris ou dans les secteurs nouvellement créés (Bercy, Tolbiac, Cardinet), avec, comme vous le proposez, la création d'un titre unique de paiement forfaitaire réservé aux autocars. Il faut offrir aux visiteurs des solutions de déplacements pratiques, sûrs et confortables, avec notamment l'utilisation plus intense de la Seine.
Une charte de bonne conduite, pourquoi pas ? Mais sera-t-elle respectée ? Une répression est-elle prévue alors qu'on sait que les sanctions visant les cars de tourisme sont rares et difficiles à appliquer ?
Toutes ces solutions ne seront viables que si nous avons le soutien total des services de la Préfecture de police : surveillance accrue, répression systématique. Vous nous l'aviez laissé espérer, Monsieur le Préfet de police, pour les infractions sans cesse croissantes du non-respect par les deux-roues des sens uniques, hélas jusqu'à présent sans effet.
Monsieur le Préfet de police, aidez-nous à mieux circuler, à mieux respirer.
Parviendrez-vous à faire appliquer ce qu'a souhaité le Maire dans cette enceinte en février dernier, je cite : "Il est dans l'intention de la Ville d'aboutir à terme à l'interdiction totale du stationnement des autocars dans le secteur Clichy/Rochechouart" ?
Monsieur le Maire, les Parisiens veulent vivre dans une ville saine et sûre. Alors, la charte que vous nous proposez pour un meilleur accueil des autocars de tourisme doit avant tout prendre en compte la priorité voulue des Parisiens : la lutte contre la pollution et le respect des réglementations de la circulation.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Mme SILHOUETTE va intervenir et je vous indique que les réponses seront faites par M. le Préfet de police et par M. PLASAIT cet après-midi.
Nous reprendrons aux alentours de 15 heures, il y aura les questions d'actualité vers 14 heures 30, puis le Conseil général et donc de 15 heures 50 à 16 heures nous aurons la fin du débat. M. le Préfet de police prendra la parole un quart d'heure, M. PLASAIT un quart d'heure maximum aussi.
Je donne donc la parole à Mme SILHOUETTE. Ensuite nous suspendrons la séance.
Mme Cécile SILHOUETTE. - Je vous remercie.
Nous aurions pu penser qu'étant donné l'insatisfaction du nombre de pics de pollution dans Paris vous prendriez des mesures visant à réduire drastiquement le trafic des cars touristiques dans Paris et que vous auriez tenu compte du principe général de réduction du trafic routier.
En effet, vous nous parlez sans cesse de réduire la pollution aux abords des grands sites et de réduire le stationnement sauvage. Nous vous parlons d'empêcher définitivement la circulation des cars transportant des touristes dans Paris. Il faudrait d'abord évidemment - cela a été dit par tout le monde - qu'il y ait un système de parc de stationnement situé à la périphérie de la Ville, au niveau des portes et que ces lieux de stationnement soient évidemment en sous-sol, de façon à ne pas générer une nouvelle pollution pour les résidents de ces quartiers.
Ensuite il faudrait que ces lieux de stationnement soient obligatoires et que les groupes de touristes prennent les transports en commun pour se rendre à la destination de leur choix. C'est faisable, cela se fait dans d'autres villes européennes cela a été cité à maintes reprises ce matin, et à part Londres on peut citer l'exemple de Prague, et nous ne croyons pas que ces villes aient perdu de leur attrait touristique, bien au contraire, à cause de cette limitation.
Vous pensez également sans doute que les touristes devront porter leurs bagages à leur hôtel dans Paris. La dépose des bagages ne justifie pas, de toute façon, le stationnement continu des cars dans Paris. Il y a la possibilité d'utiliser effectivement des navettes et des taxis navettes, etc. Et pour tous ceux qui prennent aujourd'hui l'avion ou le train, ils se débrouillent pour prendre les transports en commun et rejoindre leur hôtel, donc c'est quand même faisable, sauf pour une certaine catégorie de population comme cela a été cité tout à l'heure.
Je voulais dire également qu'un certain nombre de gens résident de façon continue dans certaines parties de la ville et notamment dans le 18e arrondissement, sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart, cela a été cité, où de nombreux cars stationnent tous les jours de l'année, comme cela a été redit ce matin, et les habitants ont mené de nombreuses campagnes pour signifier aux pouvoirs publics que ce stationnement générait pour eux une grande gêne.
Pourtant, en dehors de transformer le stationnement gratuit en stationnement payant et diminuer de façon à peine perceptible le nombre de places de parking, vous n'avez pas envisagé que ces véhicules puissent stationner ailleurs. C'est ce que les associations de résidents du quartier Montmartre et ses alentours vous demandent, telle la A.D.D.M. (Association de défense de Montmartre et du 18e arrondissement) et surtout le collectif des riverains des boulevards de Clichy et de Rochechouart qui ont tenté de vous rappeler, en organisant une fête des boulevards ce dernier week-end, l'engagement pris l'an dernier de l'interdiction totale de stationnement des cars sur les boulevards, presque tous les riverains ont installé sur leur fenêtre une pancarte rouge portant la mention "non aux autocars", le message nous semble très clair.
Tout le monde s'accorde à dire que la voiture n'est pas indispensable dans Paris, sauf cas exceptionnel. De la même manière le transport des touristes en autocars polluants et bruyants ne l'est pas non plus.
Je vous remercie.