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Juin 2000
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34 - 2000, DPA 177 - Autorisation à M. le Maire de Paris, d'une part, de signer un marché de maîtrise d'oeuvre et, d'autre part, de déposer les demandes de permis de démolir et de construire en vue de la réalisation des travaux de restructuration du service de restauration au groupe scolaire, 188-190, rue d'Alésia (14e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2000


M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DPA 177 autorisant M. le Maire de Paris d'une part, à signer un marché de maîtrise d'oeuvre et, d'autre part, à déposer les demandes de permis de démolir et de construire en vue de la réalisation des travaux de restructuration du service de restauration au groupe scolaire, 188-190, rue d'Alésia (14e).
La parole est à M. CASTAGNOU.
M. Pierre CASTAGNOU. - Monsieur le Maire, le projet de délibération que vous nous soumettez concerne la réalisation de travaux de restructuration du service de restauration du groupe scolaire 188-190, rue d'Alésia dans le 14e.
Ce projet a pour objet, pour être plus précis, la réalisation d'une liaison chaude par l'installation d'un centre cuiseur au sein de ce groupe scolaire, qui porterait sa capacité de 550 à 2.500 repas.
Ces 2.500 repas devraient être distribués par portage dans différents établissements du 14e, dans un premier temps, dans l'école polyvalente qui est prévue sur la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" et dans l'école des 12-14, rue d'Alésia.
Les parents d'élèves concernés expriment des craintes fort légitimes, que nous partageons, car ce mode de préparation de masse fait peser des risques importants, incontrôlables pour la sécurité alimentaire du plus du tiers des pensionnaires de l'arrondissement, notamment dans l'éventualité que nous ne pouvons a priori écarter ou négliger d'une contamination par l'introduction d'un élément bactériologique pathogène.
En outre, le risque d'accident est réel sur les voies de desserte empruntées par ce système de portage, car il convient de noter que ce centre cuiseur est situé à la limite du 15e arrondissement et qu'il devrait desservir des écoles qui, elles, sont situées à la limite du 13e arrondissement, c'est-à-dire complètement à l'autre bout de l'arrondissement.
Ce mode de cuisson a également des conséquences qu'il faut prendre en compte sur la qualité et la diversité des repas, dont aujourd'hui l'ensemble de la communauté scolaire se réjouit, alors que tout devrait être mis en ?uvre pour accompagner l'éducation du goût des enfants dans une atmosphère conviviale et sereine. Il est à craindre que l'instauration de cette liaison chaude induise inéluctablement la disparition du service à table. J'ajoute qu'il nous paraît inacceptable, comme cela fut allégué, de prétexter l'absence de cuisine à l'école polyvalente de la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" actuellement en cours de construction pour justifier, Monsieur le Maire, cette restructuration.
En son temps, nous vous avions alerté ; nous vous avions demandé de prévoir la construction d'une cuisine à l'école de la Z.A.C. "Alésia-Montsouris". Nous n'avons pas été entendus. Nous avons toujours refusé de cautionner une telle carence, mais aujourd'hui nous apprenons avec beaucoup de surprise que l'incohérence du projet concernant la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" privera ce réfectoire de toute possibilité de fritures ou de grillades par manque de ventilation.
Bref, avec l'instauration de cette liaison chaude au sein d'un seul centre cuiseur, Monsieur le Maire, vous avez décidé en fait le démantèlement systématique des cuisines de proximité, la disparition des liens conviviaux, que le personnel de ces cuisines avait su créer, avec les enfants de ces écoles, et d'une certaine façon la fin de la diversité et la perte de qualité alimentaire des repas, sans parler, mais je tiens à le rappeler pour terminer, du risque à nos yeux inconsidéré que vous prenez pour la sécurité alimentaire de milliers d'élèves de notre arrondissement.
Vous comprendrez que pour toutes ces raisons, Monsieur le Maire, nous ne voterons pas ce projet de délibération.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - La parole est à Mme MOREAU, en remplacement de Mme BACHE.
Mme Soizik MOREAU. - Merci, Monsieur le Maire.
S'il y a quelque chose qui fonctionne convenablement dans le 14e arrondissement c'est la restauration scolaire...
M. Vincent REINA, adjoint. - Il n'y a pas que cela.
Mme Soizik MOREAU. - ... Il n'y a pas que cela ! J'en conviens ! Dans cet arrondissement existe encore une forte proportion de cuisines de préparation et ceci à la plus grande satisfaction de l'ensemble de la communauté scolaire, des parents d'élèves notamment. Or, toutes les décisions qui sont prises en ce moment sur ce sujet vont contre le bon sens.
D'abord, à la Z.A.C. "Montsouris", où l'on construit une école sans cuisine, tandis que celle qui doit la desservir se situe à la limite du 15e. Pour approvisionner cette nouvelle école située à la limite du 13e, il faut traverser tout le 14e arrondissement et par la rue d'Alésia, une des rues très encombrées de l'arrondissement.
Ensuite avec la construction de cette grande cuisine centrale du 188, rue d'Alésia où l'on préparera 1.500 repas, soit 40 % de ceux servis dans les écoles du 14e arrondissement, il y aura bien trop de repas préparés au même endroit. Songez aux conséquences - M. CASTAGNOU vient de le dire - sur les enfants du 14e d'un éventuel problème toxico-alimentaire.
Et puis adieu à la diversité que seules permettent les cuisines de préparation, alors qu'aujourd'hui chacun reconnaît à la fois la qualité et la variété des menus servis dans de nombreuses écoles du 14e. Chacun sait que ce niveau ne pourra être maintenu quand l'essentiel de la restauration subira le portage.
Enfin, dernier point, ceci n'est-il pas le premier pas vers l'appel à un prestataire extérieur ? Puisqu'il est évident que sur ce sujet proximité rime à la fois avec sécurité et qualité, les élus du Mouvement des citoyens voteront contre ce projet de délibération.
Je vous remercie.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - La parole est à M. REINA pour répondre aux intervenants.
M. Vincent REINA, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire, je vais essayer de rassurer nos collègues Mme MOREAU et M. CASTAGNOU qui ont tenu des propos que, certes, l'on peut comprendre quand il s'agit de problèmes de restauration scolaire, mais qui sont à la limite de l'apocalypse.
Ils savent très bien que l'extension de cette cuisine du 188-190, rue d'Alésia vise à accroître la capacité de 550 repas par jour à 2.500, afin d'alimenter un certain nombre d'écoles que je n'énumère pas, ils les connaissent. Cette extension remplace celle de la cuisine du 12-14, rue d'Alésia, qui était un projet plus modeste. Il devait permettre de porter sa capacité à 900 repas pour les besoins de ce groupe scolaire et la future école de la Z.A.C. "Alésia-Montsouris". Ce projet imposait à l'époque, d'une part, de supprimer un préau pour étendre le réfectoire et d'autre part, que les élèves de l'école élémentaire utilisent la formule du libre-service, seule solution compatible avec l'espace disponible.
Les parents d'élèves et les instituteurs se sont opposés à cette restructuration, tant en raison de la création d'une salle de gymnastique en sous-sol pour remplacer le préau supprimé, que de la mise en place d'un libre-service. En conséquence, le Maire du 14e, Lionel ASSOUAD, a demandé au directeur des Affaires scolaires par une lettre du 31 mars 1999, l'abandon de ce projet et son remplacement par une extension de la cuisine du 188-190, rue d'Alésia. Le 15 novembre 1999, à la mairie du 14e arrondissement, en présence de M. MOLLE, Directeur des Affaires scolaires, l'ensemble des travaux touchant à la restauration scolaire du 188-190, rue d'Alésia, ont été présentés aux directeurs d'école qui ensuite ont dû, comme c'est l'usage, informer les représentants des parents d'élèves. Par conséquent ni le 15 novembre, ni ultérieurement, ce projet n'a été contesté.
Pour faire face aux besoins actuels et futurs, le 14e arrondissement ne dispose d'aucune cuisine centrale ayant reçu l'agrément des services vétérinaires pour faire du portage en liaison chaude. Cet agrément est imposé par l'arrêté ministériel du 29 septembre 1997. La seule solution qui demeure est celle prévue au 180-190, rue d'Alésia.
D'ailleurs, le pourcentage de repas qui font l'objet d'un portage représente déjà actuellement 40 % de la production totale des repas de l'arrondissement et l'ouverture de la cuisine du 188-190, rue d'Alésia permettra d'assurer un même volume de portage mais à partir d'un site ayant reçu l'agrément indispensable des services vétérinaires. La qualité de la prestation pourra donc être maintenue.
S'agissant des craintes de toxi-infection alimentaire collective dont vous avez parlé, il semble plus facile en règle générale d'identifier les dangers, d'évaluer les risques et de mettre en place des mesures de prévention, de surveillance et de corrections éventuelles sur un site unique, que sur plusieurs sites non conformes et disséminés.
Enfin, en ce qui concerne la Caisse des écoles, elle n'a pas l'intention, bien évidemment, de confier la gestion de cette cuisine à un prestataire extérieur. Je rassure Mme MOREAU, il existe d'ailleurs à Paris plusieurs cuisines de même importance gérées en régie directe par différentes Caisses des écoles et qui fonctionnent sans difficulté.
Voilà ! J'ai essayé d'apporter un maximum d'éléments d'information. Je crois que c'est une affaire qui doit maintenant aboutir à une décision, sinon, effectivement, chacun pourra prendre la responsabilité d'une rentrée en 2003 s'effectuant dans de mauvaises conditions, notamment s'agissant de la restauration scolaire.
Voilà, Monsieur le Maire.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci, cher collègue, j'espère que vos arguments ont convaincu nos collègues.
Je mets donc maintenant aux voix, à main levée, le projet de délibération DPA 177.
Qui est pour ?
Contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DPA 177).