Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2000
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

5 - 2000, DAEE 5 - Communication de M. le Maire de Paris relative au développement économique et à l'emploi

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2000


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons au débat sur le développement économique et l'emploi.
Mes chers collègues, le 23 octobre 1995 je vous avais présenté une première communication sur les thèmes du développement économique et de l'emploi.
Depuis cette date, les mesures annoncées dans cette déclaration de début de mandature ont été mises en oeuvre ou adaptées à l'évolution économique.
Ce programme prioritaire a donc été tenu ce qui a permis de réagir avec détermination à une situation parisienne caractérisée à l'époque par des pertes massives de forces vives.
C'est ainsi que 200.000 emplois avaient été perdus entre 1990 et 1994 du fait notamment de la crise immobilière mais aussi des politiques nationales d'aménagement du territoire destinées à pénaliser Paris au profit, croyait-on, du reste de la France.
Aujourd'hui, la tendance est radicalement inversée grâce en partie au renouveau conjoncturel international mais aussi à la politique économique que j'ai conduite pour les Parisiennes et les Parisiens, avec chacun de mes adjoints sectoriels et les services de la Ville, dont tout particulièrement la Direction du Développement de l'Activité économique et de l'Emploi que j'ai créée en février 1996.
Cette politique a été fondée sur une conviction et un principe d'action :
- ce sont les entreprises qui par leur compétitivité créent les emplois d'avenir.
Fort de cette conviction, j'ai voulu avec toute mon équipe municipale créer un environnement favorable à l'essor, à la création et à l'implantation des entreprises dans Paris intra-muros.
Trois objectifs principaux ont alors guidé l'action de la Ville :
- maîtriser et décélérer progressivement la pression fiscale locale afin de favoriser le développement des activités économiques traditionnelles ou nouvelles ;
- aider à l'émergence d'emplois nouveaux qu'ils soient de proximité ou issus des hautes technologies ;
- enfin, porter une attention toute particulière aux demandeurs d'emplois les plus fragilisés afin de permettre leur réinsertion professionnelle au plus vite.
Pour atteindre ces objectifs, la politique de la Municipalité a consisté à valoriser, avec chacun des partenaires institutionnels et économiques de la Ville, les atouts et les pôles d'excellence de l'économie parisienne.
Cette volonté d'agir pour un plus grand dynamisme économique afin de combattre efficacement et durablement le chômage s'est traduite non pas par des structures et des dispositifs compliqués, mais par la mise en place de moyens ciblés sur des objectifs concrets, conçus au plus près des réalités de l'économie et de l'emploi dans Paris.
C'est ce pragmatisme allié à la recherche permanente de l'efficacité qui a fait en quelques années de la Ville de Paris un partenaire apprécié par tous ceux et toutes celles qui ont le goût d'innover et de créer, par tous ceux et toutes celles qui sont à la recherche d'un premier ou d'un nouvel emploi.
J'ai voulu ainsi que la collectivité parisienne devienne ce que j'appellerai un "faciliteur" de la vie économique afin que ceux et celles qui veulent innover, créer des richesses nouvelles, accéder à un premier poste ou trouver un nouvel emploi puissent le faire avec le minimum de contraintes et le maximum de soutien.
Mais cet effort s'est trop souvent heurté, je tiens à le souligner, ces dernières années à l'attitude négative de l'Etat à l'égard de Paris.
Il a fallu, par exemple, que je me batte contre la taxe sur les bureaux et les locaux commerciaux en Ile-de-France pour atténuer le plus possible ses effets pervers sur l'économie régionale.
J'ai dénoncé également à maintes reprises la procédure archaïque de l'agrément administratif qui pénalise Paris dans la compétition mondiale pour l'accueil des sociétés étrangères et que le Gouvernement vient d'alléger mais sans la supprimer totalement.
On s'en doutait, mais on l'a également constaté : l'Etat socialiste a bien du mal à se défaire de cette culture économique qui vise prioritairement au redéploiement des activités sur l'ensemble du territoire alors que l'avenir doit se construire sur l'expansion économique de chacune de nos métropoles et de nos régions, dont naturellement Paris.
Mes chers collègues, avant de vous présenter les grandes lignes et les principales mesures nouvelles inscrites dans le document qui vous a été remis, je voudrais rappeler quelques données chiffrées montrant le chemin parcouru.
Depuis 1995, le retournement de tendance s'est observé très nettement dans les indicateurs du chômage qui non seulement ont tous évolué favorablement mais, dans bien des cas, plus rapidement que les indicateurs régionaux et nationaux. C'est ainsi que le nombre de jeunes chômeurs parisiens a été plus que divisé par deux entre octobre 1996 et avril 2000, que le chômage de longue durée a régulièrement décru, j'en veux pour preuve la baisse de plus de 19 % entre avril 1999 et avril 2000, et que le chômage des femmes bénéficie également d'une réduction accélérée.
Ces succès dans la lutte pour l'emploi sont naturellement corrélés à la dynamique retrouvée des entreprises, qui connaissent un rythme très soutenu de créations couplé avec un taux de défaillances en constante diminution.
Il y a là des évolutions, amplifiées par la politique municipale, particulièrement encourageantes, qui concourent durablement à lutter contre le chômage et l'exclusion en donnant toutes leurs chances professionnelles non seulement aux jeunes mais aussi aux moins jeunes.
Faciliter le fonctionnement du marché du travail a consisté pour la Ville à rapprocher l'offre et la demande en améliorant la qualité et la circulation de l'information sur les possibilités d'embauche et de formation. Des moyens nouveaux continueront d'être donnés aux structures en charge de cette mission :
- les "cybers-emplois" actuels et nouveaux verront leurs horaires d'ouverture sensiblement élargis ;
- les dotations financières allouées au réseau des 5 "missions locales" seront renforcées ;
- les "rencontres-emplois" organisées avec l'A.N.P.E. et la Chambre de commerce seront rendues trimestrielles et devront concerner l'ensemble des mairies d'arrondissement ;
- dans les deux prochaines années, la Ville accueillera 500 apprentis chaque année ;
- dans le cadre du Programme départemental d'aide à l'emploi, un programme complémentaire de stages prioritairement orientés vers les publics des quartiers difficiles vous sera très prochainement soumis.
Vous le voyez, je continuerai, nous continuerons à privilégier les actions de proximité qui rencontrent au coeur de nos quartiers un succès populaire croissant parce qu'elles sont des réponses concrètes aux attentes des Parisiens.
Cette lutte pour l'emploi s'est appuyée, en amont, sur la vitalité du tissu d'entreprises parisiennes. C'est une des forces de notre Capitale que de disposer d'une grande variété de commerces, d'artisans, de P.M.E.-P.M.I. et de sièges sociaux de grandes sociétés. Cette indispensable variété tant du point de vue économique que de l'harmonie urbaine de Paris a été préservée tout en facilitant l'arrivée des entreprises de la nouvelle économie.
A cet égard, je voudrais insister sur la cohérence des dispositifs de valorisation économique de la recherche technologique qu'offre désormais la Ville avec :
- son incubateur de hautes technologies "Paris-Innovation" et le futur bio-incubateur du centre "Cochin Port-Royal" ;
- la pépinière biotechnologique qui sera créée également à Cochin et la pépinière multimédia qui ouvrira début 2001 dans le 19e arrondissement ;
- les 25 "pôles d'entreprises" dont le programme de modernisation sera accéléré et qui s'ouvrent aux entreprises à forte valeur ajoutée. Un projet de "pôle" dédié au secteur de la communication dans le 18e arrondissement vous sera d'ailleurs soumis aujourd'hui même.
Vous le constatez, pour dynamiser le tissu économique parisien, la Ville a conçu et déployé avec ses partenaires toute une filière d'instruments destinés à l'éclosion, au démarrage et à l'accueil des entreprises. L'ambition pour plus d'emplois et moins de chômeurs passe, je le répète, par un appui aux entreprises parisiennes et à celles qui veulent s'installer dans la Capitale. Il s'agit notamment de faciliter le démarrage et le développement de sociétés actives dans les divers secteurs d'excellence caractéristiques de l'économie parisienne. A titre d'exemple, "Paris-Innovation" est appelé à accroître les surfaces qu'il offre aux start up et à accentuer son rôle au centre du réseau parisien des partenaires de l'invention technologique et de l'innovation économique.
Dans un souci d'efficacité globale, cette structure d'incubation a été rattachée à notre comité d'expansion économique, "Paris-Développement", qui est désormais un acteur majeur des stratégies d'approche et d'accueil des entreprises, notamment étrangères.
Il y a là une terrible compétition internationale pour laquelle Paris valorise de mieux en mieux ses atouts. Je pense ici notamment au secteur très performant des salons et des congrès internationaux pour lesquels la Ville a consenti des efforts conséquents dans le cadre notamment du plan de modernisation des infrastructures du Parc des Expositions de la Porte-de-Versailles.
Le tourisme, grand public ou professionnel, est un formidable vecteur de l'image de Paris dans le monde et je reste tout particulièrement attentif au renforcement de sa compétitivité dans une concurrence européenne de plus en plus vive. Dans cet esprit, chaque salon ou congrès qui réunit plusieurs jours à Paris des hommes d'affaires du monde entier est aussi l'occasion d'une promotion de la Capitale en tant que ville d'accueil des investissements étrangers.
De façon plus générale, l'attractivité de Paris, capitale de l'Euroland, doit être encore renforcée tant il est impératif pour la place internationale de notre Ville que les sièges sociaux s'y installent de plus en plus. C'est pourquoi, afin d'améliorer encore l'accueil des cadres étrangers et de leur famille, j'ai décidé la création d'un collège-lycée international dans Paris. Je viens d'ailleurs d'écrire au Président Jean-Paul HUCHON et au Ministre Jack LANG pour leur demander la participation active de la Région et de l'Etat à ce projet très important pour Paris.
Voici, mes chers collègues, les grands axes de la communication que je souhaitais vous présenter. Vous le savez, dans le domaine économique ce sont avant tout les entrepreneurs et leurs collaborateurs qui font la vigueur d'une économie locale, à la condition qu'on leur donne les moyens de leurs ambitions. C'est dans cet esprit que je veux continuer à travailler pour Paris qui a désormais non seulement les atouts mais aussi des instruments performants pour devenir la Capitale économique de l'Europe du XXIe siècle.
Je vous remercie.
Avant de passer la parole aux orateurs inscrits... s'il y a des conversations vous êtes invités à les faire à l'extérieur ! S'il vous plaît... Je vous invite à vous rendre jusqu'à 17 heures, sans interruption, à l'auditorium du sous-sol pour d'une part regarder deux films de promotion de quelques minutes chacun destinés aux investisseurs internationaux ; d'autre part assister à des démonstrations de dispositifs Internet mis à la disposition des jeunes Parisiens au sein notamment des "cyber-emplois".
Je donne la parole au premier orateur, Monsieur KUBICZ.
M. Richard KUBICZ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, l'excellente compilation des mesures prises par la Ville en matière économique que vous nous présentez aujourd'hui répond parfaitement aux nouvelles exigences qui s'imposent aux grandes capitales européennes. Ce rapport est la preuve que l'agglomération urbaine est bien le centre et le point de départ du développement socio-politique et économique. Mais il ne suffit pas de se féliciter que d'un point de vue historique les villes ont été et restent à l'origine des mutations, encore faut-il que cette caractéristique trouve son expression dans une approche politique capable de profiter des opportunités, tant au niveau de la politique générale qu'au niveau des mesures spécifiques.
C'est dans les villes que les problèmes liés à l'exclusion d'une partie de la population deviennent particulièrement apparents, c'est donc dans ce contexte qu'il faut évaluer tout effort de développement et singulièrement celui que vous décrivez aujourd'hui et que nous avons soutenu.
Je dirai, pour simplifier, qu'en matière économique il y a ce que vous maîtrisez, Monsieur le Maire, et ce que vous ne maîtrisez pas. J'ajouterai que ce que vous maîtrisez est bien fait : l'équilibre des fonctions urbaines, la protection de la diversité du tissu économique parisien, la création d'une nouvelle université et maintenant d'un collège-lycée international, le dynamisme de "Paris-Développement" en matière de création ou de maintien d'emploi, la politique d'accueil et d'aide à l'implantation des entreprises, la mise en valeur et l'animation de la Ville pour accompagner l'essor du tourisme, enfin l'entretien du patrimoine.
Ce que vous ne maîtrisez pas en revanche ne peut vous être imputé ou reproché. Si les investisseurs étrangers et singulièrement américains concentrent plus de 50 % des engagements dans l'immobilier d'entreprise parisien, c'est aussi parce que les grands groupes français, à commencer par le Crédit-Lyonnais, se sont dessaisis de leur patrimoine après avoir frôlé la catastrophe dans les années 90 : les plus-values bénéficieront aux actionnaires américains, pas aux Parisiens. La taxe annuelle sur les locaux à usage de bureau et locaux commerciaux ou de stockage ressemble étrangement aux taxes levées par les monarques désespérés de pouvoir financer la guerre contre l'"anglois". L'"anglois" s'appelle "déficit" aujourd'hui, et les monarques et leurs intendants sont toujours aussi désespérés.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés", "Rassemblement pour Paris" et "U.D.F. et modérés").
Empêchons la D.A.T.A.R. de délocaliser ce qu'il reste de la vieille économie, même si l'avenir de notre Capitale est dans l'innovation technologique et biologique.
En ce qui concerne la place financière de Paris, "EURONEXT", fusion des bourses de Paris, Bruxelles et Amsterdam, aura son siège aux Pays-Bas et compte tenu de la lourdeur des impôts français et de l'absence de stock-options, il n'est pas difficile d'avancer que les malheureux qui continuent à oeuvrer dans la finance parisienne sont tous des patriotes dignes de la Grande Croix de la Légion d'Honneur.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés", "Rassemblement pour Paris" et "U.D.F. et modérés").
C'est une place fragile. Les investisseurs étrangers représentent plus de 35 % de la capitalisation boursière française, 40 % des transactions ; comme pour l'immobilier, notre patrimoine industriel émigre, faute pour l'Etat de laisser aux Français la possibilité de le retenir.
Les entreprises ont quitté et quittent encore la ville, et pourtant Paris doit maintenir une infrastructure publique de très haute qualité. Quelle coopération engageons-nous avec les communes qui nous entourent ? Pouvons-nous aujourd'hui nous féliciter du développement concerté avec nos voisins ? Il n'y a pas de coopération entre Paris et sa périphérie et tant que cette situation perdurera, une concurrence ruineuse se maintiendra, ainsi que l'exclusion sociale dont souffre Paris et l'Ile-de-France.
Il y a de plus en plus d'écarts entre les qualifications demandées et les qualifications disponibles. Et bien qu'il faille saluer votre effort, Monsieur le Maire, dans le domaine de la formation, seule une promotion concertée des ressources humaines au niveau de la Région éloignera la menace d'îlots de pauvreté dans un océan de prospérité.
Merci, Monsieur le Maire, de mettre ainsi en valeur les efforts entrepris pendant cette mandature. Nous pensons que l'essentiel a été fait du côté parisien mais qu'il reste à l'Etat à rattraper au plus vite son retard en matière fiscale et administrative pour éviter que le peu qu'il reste du patrimoine français n'émigre totalement. A quoi nous servirait d'être la Capitale mondiale du tourisme si Paris était un gigantesque Eurodisney dont nous serions tous les obligés ?
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés", "Rassemblement pour Paris" et "U.D.F. et modérés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Monsieur MANSAT, vous avez la parole.
M. Pierre MANSAT. - Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les Conseillers, je vais être direct. Voici comment nous recevons votre communication : un cocktail d'autosatisfaction, dont l'ingrédient principal est une conception très libérale et sélective du développement économique, une pincée de récupération...
(Mouvements divers sur les bancs des groupes "Paris-Libertés", Rassemblement pour Paris" et "U.D.F. et modérés").
... ne vous énervez pas parce qu'il va y en avoir pour dix minutes... donc une pincée de récupération et un zeste d'affirmations assez pertinentes sur les atouts de Paris.
Selon vous : "Vitalité nouvelle et exceptionnelle, nouveau dynamisme de Paris, baisse très importante du chômage"... quel changement de ton depuis 1997, votre bilan de mi-mandature ! Je ne dirais certes pas qu'il ne se passe rien à Paris et que la politique de la collectivité est sans effet, mais quel est le fond de ce rebond parisien ? Il est essentiellement dû à la croissance, une croissance importante et générale. Ce contexte essentiel est pourtant totalement passé sous silence dans votre communication.
Tout comme sont totalement évacués les effets de la politique gouvernementale. Et vous savez que nous sommes de ceux qui pensent qu'il faudrait faire plus (par exemple augmenter le S.M.I.C. et les minima sociaux) et mieux. Mais il y a pourtant des vérités : "la politique économique conduite en France a favorisé le retour de la croissance", c'est l'avis du Conseil économique et social, et cela, quel que soit l'angle d'attaque : les 35 heures, les "emplois-jeunes", la confiance des ménages...
Et puis il n'est pas étonnant que la reprise soit forte dans la Capitale, elle est à la mesure du recul des 15 dernières années, un recul qui a été jusqu'à entraîner une baisse des recettes de la taxe professionnelle. Voici donc la première observation, qui est essentielle.
Ma seconde observation concerne votre analyse de l'emploi et du chômage. Vous nous dites "baisse importante du chômage..." oui, baisse du chômage à Paris, mais il faut aller voir plus loin et constater l'explosion de la précarité, dans le travail et la mal vie de toute une partie de la population parisienne dont vous ne vous faites pas l'écho dans votre communication.
Paris reste le deuxième département de l'Ile-de-France pour le taux de chômage et si le différentiel Paris/Région s'est réduit, celui Paris/France s'est, lui, accru dans la dernière période.
Si la précarité et la flexibilité imposées explosent, c'est bien parce que les activités, notamment le commerce et le service, sont si importants à Paris.
Selon la Direction départementale du Travail et de l'Emploi, en 1999, 60 % des offres d'emploi proposent des contrats de moins de six mois dont 48 % de moins d'un mois.
Parallèlement, le temps partiel contraint lui aussi se développe, et cette précarisation du travail touche les services administratifs, la distribution, le second ?uvre du bâtiment, le spectacle, les transports et logistiques.
Il faut donc se poser la question :
A qui profite ce nouveau dynamisme économique ? Quel est son contenu social ?
Il faut, là aussi, se reporter à l'analyse de la D.D.T.E. - je cite - : "Hormis quelques activités de services, l'augmentation d'offre d'emplois à Paris profite en tout premier lieu à des populations franciliennes non parisiennes dont la mobilité vers la capitale est assez forte...", le contenu social, c'est aussi les salaires insuffisants, la vie personnelle et familiale éclatée.
Je vous invite d'ailleurs à prendre connaissance d'une lettre ouverte aux candidats qu'ont rédigée les responsables syndicaux du commerce parisien.
Parallèlement, la reprise n'a aucunement fait sentir son effet dans les services sociaux : la demande est toujours aussi forte et les situations difficiles. Et on connaît parfaitement les catégories de population ainsi concernées : les plus de 50 ans, des cadres, des jeunes du Nord et de l'Est parisien de bas niveau de formation, les personnes handicapées, les femmes étrangères, les femmes seules avec des enfants. On connaît également les critères sélectifs à l'embauche aggravant cette situation : discriminations d'âge, ethniques.
Cette analyse met en évidence l'importance accrue dans la lutte contre le chômage à Paris, des questions de la formation, du logement, de la santé, de la lutte contre les discriminations qui relèvent pour une part de l'action de la collectivité locale.
Venons en maintenant à ce qui est le fond de votre conception. Une seule obsession : l'attractivité de Paris pour les capitaux étrangers, les sièges sociaux et les cadres dirigeants. Nous ne sommes pas contre l'implantation de sièges sociaux, mais il faut voir ce qu'implique une telle orientation, outre la fragilité des secteurs cités, c'est très sélectif sur le terrain et implique compétition, concurrence. D'ailleurs, quand vous dites Londres, Francfort, vous pensez également Hauts-de-Seine, Toulouse, ou Lyon.
Même attitude avec les pôles d'excellence.
Oui, Paris a dans ce domaine des atouts extraordinaires, mais quel sens général y donner ?
Elévation des capacités de tous et développement à Paris dans un maximum de secteurs y compris ceux que l'on appelle abusivement la vieille économie, ou exclusivité au profit de ce qu'on pourrait appeler une élite qui serait la crème de l'économie aujourd'hui ?
On rejoint notre question précédente et nous n'avons pas les mêmes réponses.
Vous êtes totalement inscrit dans une démarche d'affrontement, de compétition entre territoires jusqu'à réclamer la suppression de l'agrément. S'il n'est pas dépourvu de défaut, le supprimer reviendrait à se priver de toute conception d'ensemble, de toute possibilité d'intervention pour un développement durable et équilibré. L'agrément est un outil majeur d'application du schéma directeur, un outil majeur de concertation entre les entreprises et les pouvoirs publics. Nous sommes donc farouchement opposés à votre volonté de le supprimer.
Et puis c'est assez habituel, vous faites un panorama de l'économie parisienne sans dire un mot du secteur public, alors que, outre le fait qu'il emploie des centaines de milliers de salariés à Paris, il est un atout essentiel du développement économique.
De même, concernant la politique municipale ou celles des S.E.M. sur les locaux commerciaux, hormis le cas de la rue de la mode dans le 18e, la situation à Paris est inchangée : cherté, incompréhension des besoins, pas de dynamisme, pas d'innovation. Les pieds des immeubles sont toujours désespérément vides. Alors que conserver, recréer des locaux d'artisanat, des locaux pour les T.P.E., P.M.E.-P.M.I. contribuerait à une nouvelle et dynamique mixité urbaine. C'est aussi l'avis du Conseil économique régional.
En fait, votre conception du développement économique peut se résumer ainsi : compétition internationale et nationale et levée de toutes les contraintes. C'est en fait une politique libérale qui favorise les marchés et les profits.
A l'inverse, les élus communistes pensent que le développement économique de notre Ville doit s'articuler autour d'objectifs dont les priorités doivent être l'emploi, le développement durable, la satisfaction des nombreux besoins non satisfaits des Parisiens, la lutte contre les inégalités sociales et les déséquilibres urbains existants. Car, contrairement à ce que vous dites, on assiste actuellement à une concentration des activités dans certains arrondissements et un recul de l'activité de l'emploi dans les autres par exemple le 18e, le 11e, le 19e ou le 20e arrondissement.
C'est dans ce sens que je ferai quelques propositions.
Tout d'abord, nous estimons qu'il est de la toute première responsabilité de la Ville de lutter contre la spéculation immobilière afin d'aider les jeunes entreprises qui souhaitent s'installer à Paris, mais également pour essayer de dissuader les grandes entreprises - privées ou publiques - qui jouent la carte de la spéculation contre celle de l'emploi. En effet, nombre d'entre elles, à la recherche du profit immédiat, préfèrent vendre leurs biens immobiliers, se délocaliser tout en se séparant d'une partie de leur personnel.
Cette situation est inacceptable. La Ville ne peut pas rester les bras croisés. Il est du rôle de la Ville d'intervenir de manière volontariste contre la spéculation immobilière.
La Ville doit également s'engager résolument pour la réduction des graves déséquilibres urbains existant entre les arrondissements de Centre et de l'Ouest et ceux du Nord et de l'Est en instaurant une mixité sociale et urbaine sur l'ensemble du territoire parisien. Une telle action aurait, à n'en pas douter, un effet bénéfique sur le commerce de proximité en proie à de grandes difficultés.
De même, il est nécessaire que les différentes aides financières accordées par la Ville aux entreprises fassent l'objet d'une plus grande transparence et d'un réel souci d'efficacité économique. Les élus communistes ne sont, a priori, pas opposés à ce genre d'aides publiques car elles peuvent participer du retour attendu pour notre collectivité sous forme de recettes publiques ou sociales utilisables pour l'intérêt des Parisiens. Mais encore faut-il que celles-ci soient avant tout basées sur un certain nombre de critères, notamment en matière de création et de préservation d'emplois.
C'est pour cette raison que nous proposons la création d'un Conseil consultatif du monde du travail, associé au Comité d'expansion économique et à l'Observatoire du développement économique de Paris.
Cette Assemblée serait notamment chargée de contrôler la bonne utilisation des aides publiques de notre collectivité et rassemblerait l'ensemble des acteurs économiques, y compris les représentants des différentes organisations syndicales des salariés, qui aujourd'hui sont régulièrement écartées des différents organismes mis en place par la Ville.
Enfin, nous souhaitons que la Ville s'engage plus fortement en faveur des T.P.E./P.M.E. Les prêts de "Paris-Initiative" fort bien, mais cette réponse n'est pas à la hauteur des enjeux. Les T.P.E./P.M.E. ont un énorme besoin d'accès à des crédits sélectifs et peu coûteux, notamment au moment où les taux d'intérêt montent très fortement. Elles ont également besoin de marchés à long terme.
Bien évidemment, ce n'est pas que du ressort de la seule politique municipale, mais nous pensons que la Ville doit agir auprès des institutions financières, dont certaines sont présentes dans beaucoup d'organismes parisiens.
De même, la Ville ne doit-elle pas intervenir auprès des donneurs d'ordre afin de les sensibiliser pour l'obtention à plus ou moins long terme de marchés pour ces entreprises. Ne serait-il pas intéressant de mettre sur pied, une sorte d'Observatoire parisien des T.P.E./P.M.E. qui aurait la charge du suivi et de l'aide de ces entreprises.
Nous estimons également qu'en cette période de reprise économique, notre collectivité - en tant qu'employeur - doit jouer un rôle moteur. Notre Ville, les Parisiens ont besoin de services publics dégagés des critères de rentabilité financière afin de répondre aux besoins sociaux individuels et collectifs et d'assurer l'égalité de traitement en matière de droit, de tarifs entre nos concitoyens. Et les besoins sont immenses. Il n'y a qu'à écouter les personnels des crèches, des M.A.P.A.D., des écoles ou bien encore ceux des C.A.S.
Je tiens également à affirmer que, pour les élus communistes, le passage pour notre collectivité aux 35 heures doit se traduire par un nombre important d'embauches en personnel afin que les services rendus à la population ne soit pas diminués.
Et puis il y a des besoins nouveaux de loisirs ou d'environnement. Vous n'en parlez pas alors qu'il serait nécessaire de créer des emplois et des centaines d'emplois-jeunes dans les domaines du sport, de la vie associative ou bien encore de la collecte sélective.
Enfin, nous estimons qu'en cette période de croissance, les maîtres mots de la politique municipale doivent être : partage et solidarité.
Et pourtant ceux-ci sont absents de votre communication alors que notre ville qui comporte des milliers de personnes sans-abri, des concitoyens exclus du droit à l'emploi, aux soins, au logement ne peut être considérée comme un modèle de développement durable.
Cette situation inacceptable place au premier rang de nos préoccupations la nécessité d'un plan d'urgence, élaboré avec les associations de lutte contre l'exclusion, les organisations de chômeurs, et qui prendrait en charge toutes les composantes du problème : santé, logement, alphabétisation. Notre collectivité doit jouer un rôle déterminant dans ce domaine, en y affectant les recettes supplémentaires qu'elle tire de la reprise.
C'est dans cet esprit que nous aborderons le débat budgétaire de juillet.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, les adjoints compétents répondront tout à l'heure. Je voudrais attirer votre attention sur l'agrément ; il y a un point sur lequel nous devrions être d'accord, c'est les conséquences néfastes - on peut l'approuver ou la regretter - de cette politique d'agrément pour Paris intra muros.
Vous avez pris position pour ; j'attire votre attention sur les conséquences négatives qui ont été celles pour Paris de cette politique d'agrément.
La parole est à M. DELANOË.
M. Bertrand DELANOË. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, aussi étonnant que cela puisse paraître, le principe même d'une réflexion sur le développement économique est très récent à Paris.
En effet, la droite municipale a longtemps vécu dans l'illusion d'une attractivité de la Ville qui devait se suffire à elle-même.
Votre communication ressemble donc à l'histoire d'un rattrapage contraint, laborieux et, bien sûr, inapte à effacer le temps perdu.
Qu'on en juge : dans un contexte économique largement restauré, le nombre de demandeurs d'emplois progressait encore de 0,5 points en 1998 à Paris, alors qu'il était en baisse de 1,9 % en Ile-de-France.
Cette stagnation de l'activité s'est traduite notamment par la baisse continue des recettes de la taxe professionnelle de 19991 à 1998.
Et derrière ces chiffres, ce sont autant d'entreprises qui déménagent, d'artisans qui ferment leur atelier ou de commerces qui périclitent. Résultat : le drame du chômage - vous le reconnaissez vous-même - demeure proportionnellement plus élevé à Paris que dans le reste de la France.
Vous tentez, selon une habitude désormais classique, de rendre l'Etat responsable de ces difficultés. Par exemple, vous regrettez les procédures administratives qui freinent l'implantation d'entreprises dans la Capitale. Mais faut-il vous rappeler que c'est un gouvernement de droite qui, en 1995, a réintroduit la procédure dite "d'agrément-utilisateur" ? Et c'est le gouvernement de Lionel JOSPIN qui, en avril 2000, l'a tout simplement supprimée !
De même, je veux rappeler que la réforme de la taxe professionnelle a fait baisser de 1,157 milliard de francs les charges pesant sur les entreprises parisiennes. En terme d'activité, enfin, les 6.000 emplois-jeunes créés à Paris, dont 800 seulement à l'initiative de la Municipalité, expliquent en grande partie la baisse régulière du chômage enregistrée au sein de cette classe d'âge depuis trois ans.
Voilà, mes chers collègues, quelques précisions sur les prétendues carences de l'Etat.
Mais examinons maintenant l'action de la Ville en tant que telle. Il ne suffit pas de compiler plusieurs argumentaires sectoriels pour dessiner une vision claire. D'autant que certains thèmes semblent bien répétitifs dans votre discours : les hôtels industriels notamment.
En juin 1997, vous nous annonciez déjà un hôtel artisanal dans le 12e, la redynamisation du quartier Château-Rouge ou un hôtel industriel dans le quartier Leibnitz-Vauvenargues ; trois ans plus tard, les mêmes promesses sont toujours au rendez-vous !
Effets d'annonce, lenteur des procédures et éclatement du dispositif caractérisent votre démarche municipale.
Au cours de cette brève intervention, je limiterai mon propos à quelques principes au service d'une approche alternative.
D'abord, il faut veiller à raisonner à la bonne échelle. Par exemple, je m'étonne que vous n'abordiez absolument pas la nécessité pour Paris, de s'engager résolument vers la voie d'un partenariat intercommunal.
La création récente de certaines communautés interurbaines aux portes de Paris risque à terme, d'enfermer notre ville dans les frontières du périphérique. Au contraire, il faudrait dépasser la situation absurde qui la place en concurrence avec plusieurs villes de l'Ouest parisien.
La perspective de création d'une communauté de l'agglomération - et l'instauration d'une taxe professionnelle unique - constitue pourtant une voie pour l'avenir, voie que vous n'envisagez même pas.
Autre constat : la frilosité municipale dans son engagement européen. Paris est une ville européenne et cela a un sens qui ne se résume pas seulement à l'activité boursière.
Je sais bien que d'autres, au sein de votre famille, sont encore plus allergiques à cette donnée pourtant essentielle.
Au contraire, je crois que Paris a un rôle moteur à jouer au sein de l'Europe des villes; partenariats, échanges culturels, mises en commun d'expériences doivent être multipliés. Une illustration : à maintes reprises, notre collègue Michel OTTAWAY, a alerté la Municipalité sur ce réel atout que représentent les deux gares du 10e arrondissement : celle de l'Est, et celle du Nord, la deuxième au monde en terme de trafic.
Voilà un formidable pôle européen, relié à l'Angleterre, au Bénélux et bientôt à l'Allemagne avec le T.G.V. Est.
Je vous suggère une piste : lancer une réflexion avec la S.N.C.F., les propriétaires privés de locaux vides du quartier et la Chambre de commerce et d'industrie afin d'y créer des conditions d'accueil modernes à destination des décideurs européens. Et ce serait notamment le rôle d'une structure comme "Paris-Développement" dont l'efficacité nous semble, par ailleurs, insuffisante.
L'ouverture est donc primordiale à Paris, de même que la modernisation de ses équipements. Nous approuvons le projet d'implantation de la pépinière Cochin, tournée vers les biotechnologies. Un tel projet s'appuie notamment sur les dispositions de la loi sur l'innovation. C'est très bien, même s'il ne faut pas s'arrêter là.
D'autres projets doivent être engagés. Par exemple, nous défendons l'idée d'une pépinière d'entreprise en multimédias à la Maison des métallos, dans le 11e arrondissement.
De même, l'enjeu des réseaux est fondamental. Chacun le sait : les activités financières et boursières sont largement regroupées à l'ouest de Paris. Or, elles sont consommatrices de haut débit, ce qui s'est traduit par la mise en place de réseaux plus performants. Ces dernières années, les entreprises de la "nouvelle économie" ont profité de ces réseaux ultra-modernes pour développer leur propre activité.
Résultat : l'Ouest concentre l'essentiel du potentiel économique de demain.
A l'instar d'autres villes françaises et européennes, notre collectivité doit s'interroger sur l'opportunité de se lancer éventuellement en partenariat avec d'autres acteurs, dans l'installation de réseaux à haut débit, notamment à l'Est de la Capitale, et je pense bien sûr en particulier à la Z.A.C. "Paris-Rive gauche".
L'objectif serait double : attirer des startup dans des quartiers aujourd'hui défavorisés en termes de manque d'activité, et rééquilibrer ainsi la carte économique de Paris.
Cette dynamique technologique implique parallèlement un pari sur l'intelligence. Certaines villes comme Grenoble ou Strasbourg ont su jouer la carte de la formation en synergie avec le monde économique.
A Paris, au contraire, la Municipalité n'a jamais su investir dans son formidable potentiel universitaire et scientifique.
Fait révélateur : une soixantaine de logements étudiants seulement ont été construits depuis 1995, après le vide absolu des trois mandatures précédentes.
Là encore, "Paris-Rive gauche" peut devenir le c?ur d'une bataille stratégique : émergence d'un campus, installation de laboratoires, développement du secteur tertiaire. Nous concevons cet espace comme un lieu de vie et d'échange pour des acteurs universitaires et économiques qui seront porteurs d'une dynamique nouvelle. Voilà, Monsieur le Maire, quelques pistes pour le développement économique de la Capitale, que Pierre CASTAGNOU complétera en abordant plus spécifiquement la question de l'emploi à Paris.
Sur ce sujet essentiel, comme sur d'autres, la Municipalité parisienne n'a pas su prendre le train du changement et de la modernité. Pour ne pas rester à quai, c'est une autre logique, une autre dimension et une autre force qu'il faudra privilégier.
Et je veux vous dire que j'ai la conviction profonde que les Parisiens souhaitent tourner la page du conservatisme essoufflé, et qu'ils attendent un projet réellement crédible, novateur en particulier dans ce domaine.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à M. LECOQ.
M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement. - Monsieur le Président, mes chers collègues, la communication relative à la politique municipale en faveur du développement économique de l'emploi que vous avez souhaité inscrire à l'ordre du jour de notre Assemblée va nous permettre de prendre mieux conscience de l'action multiforme que notre ville a développée dans ce domaine, au cours de la précédente mandature.
A cet égard, j'aimerais à votre suite, Monsieur le Maire, féliciter l'ensemble des agents et des personnels des différentes administrations et organismes concernés de l'Office du tourisme et des congrès jusqu'à la Direction du Développement économique et de l'Emploi qui donnent le meilleur d'eux-mêmes sous l'autorité de vos deux excellents adjoints, Nicole CATALA et Pierre GABORIAU, pour promouvoir l'image de la Capitale en France et dans le monde et développer son dynamisme.
Vous avez rappelé, il y a quelques instants, dans votre communication, l'importance des actions mises en ?uvre par notre Capitale, afin d'y favoriser l'emploi et lutter contre le chômage.
La création de missions locales en liaison avec l'A.N.P.E. et d'autres organismes font un travail considérable en direction des jeunes adultes, jusqu'aux espaces "cyber-emplois", et autres équipements publics dotés d'un accès à Internet en passant par les espaces "économie-emploi".
La Ville et le Département multiplient les initiatives pour faire reculer le chômage de longue durée et faciliter l'embauche dans la Capitale intervenant d'ailleurs dans un domaine qui n'est pas le sien mais qui est de la responsabilité pleine et entière de l'Etat qui consacre des dizaines de milliards de francs. La Ville a toujours considéré que même si elle ne figurait pas dans son champ légal de compétences, la lutte contre le chômage et la promotion de l'activité économique, constituent par leur interaction, dans le domaine social, une préoccupation majeure et incontournable pour chaque maire.
Mes chers collègues, Monsieur le Maire, la compétition existe en Europe, dans le monde, entre les grandes villes, pour attirer les sièges sociaux et les quartiers généraux des grands groupes. C'est une réalité qui s'impose à tous.
Aux données objectives touchant à la situation géographique et climatique, au maillage des transports, s'ajoutent des considérations plus subjectives comme la qualité de la vie ou l'attractivité culturelle.
Si, sur ces éléments, Paris jouit d'une situation enviable, force est de reconnaître que le poids de la situation administrative, fiscale et sociale est de plus en plus déterminant dans la décision d'implantation d'un grand groupe.
Nous ne pouvons donc que déplorer avec l'ensemble des acteurs économiques parisiens, la tutelle bureaucratique, paralysante et les prélèvements injustes imposés à Paris et à la Région Ile-de-France par l'Administration.
S'ajoutant aux formalités paperassières en tous genres imposées par une administration centrale qui semble justifier son existence, à l'agrément sur les bureaux, accompagné de la taxe du même nom, qui pèse sur Paris et certains départements de la petite couronne, nous avons vu, mes chers collègues, ajouter l'année dernière, une taxe spécifique sur les activités en Ile-de-France, dont le poids va d'ailleurs s'accroître durant les prochaines années.
Enfin, les changements incessants de notre législation sociale et fiscale, constituent autant de freins et d'obstacles à l'implantation d'entreprises étrangères, désorientées par la complexité de nos procédures.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Rassemblement pour Paris").
Dans cet esprit, par exemple, la législation sur les 35 heures ne fera que renforcer ce phénomène et risque de susciter bien des déconvenues, lorsque la conjoncture sera moins porteuse.
Il convient donc, comme vous le faites, Monsieur le Maire, de tout faire pour renforcer l'attractivité de la Capitale, en nommant et en renforçant les synergies entre les différents organismes.
Une vision partielle ou partiale pourrait laisser à penser qu'un grand nombre d'organismes publics et privés traitant du développement de la Capitale est nuisible. Il s'agit, au contraire, d'une force si nous savons, au sein de leurs organes de direction, leur faire partager notre vision des choses, celle d'avoir une ville dynamique, une capitale internationale tournée vers l'avenir profitant à plein de ses attraits de grande ville culturelle et touristique.
Cela nécessite bien évidemment que des moyens soient mis en ?uvre pour conforter et développer l'attrait touristique de Paris.
Mon collègue et ami Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE interviendra tout à l'heure sur les moyens d'y parvenir.
Cela suppose que nous nous persuadions que dans le domaine économique, tout va très vite et que la position flatteuse occupée par Paris dans le classement des grandes villes peut être rapidement remis en cause par un excès de réglementation.
Cela doit être, mes chers collègues, notre préoccupation permanente. La communication présentée aujourd'hui y participe et nous l'approuvons pleinement, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Rassemblement pour Paris").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur LECOQ.
La parole est à M. FERRAND.
M. Eric FERRAND. - Merci, Monsieur le Maire.
Le développement économique de Paris ainsi que l'emploi dans la Capitale font l'objet d'une communication qui tord le cou à la réalité et tient plus du débat idéologique, il faut bien le reconnaître, sur le rôle de l'Etat que d'un bilan objectif.
Rappelons tout d'abord que nous vivons à l'époque de la toute puissance de la pensée libérale, celle qui souhaite éliminer au maximum le pouvoir d'intervention de l'Etat et même des collectivités locales.
Cette pensée, Monsieur le Maire, vous en êtes un adepte, avec votre majorité : il est donc compréhensible qu'il vous soit difficile de présenter un plan d'action dans un domaine où vous voulez que le libre jeu du marché soit roi.
Il n'est certes pas dans mes intentions de nier les efforts consentis par la Ville pour favoriser la compétitivité de la Capitale et l'emploi de nos concitoyens, mais ayons bien en tête ceci : à cause du contexte ultralibéral que je viens d'évoquer, les communes, quelles qu'elles soient, n'ont que des moyens limités pour peser sur l'emploi et le développement économique et lorsqu'une évolution se fait pour le mieux, c'est toujours parce qu'au plan national, la croissance et l'emploi repartent. Tel est donc le cas en ce moment.
Vous dénoncez l'action de l'Etat, et notamment la taxe sur les bureaux, ainsi que la procédure d'agrément. Vous allez même jusqu'à décrire comme un succès la réussite économique de la Z.A.C. "Paris-Rive gauche". Mais ce faisant, vous oubliez que c'est l'implantation anarchique et spéculative des bureaux qui a entraîné le marasme de l'immobilier ! Il faudrait aussi que vous puissiez reconnaître que sans l'intervention de l'Etat et de la Région avec la construction de la Bibliothèque, l'arrivée de Météor et, demain, du Pôle universitaire, "Paris-Rive gauche" ne serait pas tiré vers le haut.
Quant à inclure dans la liste des principales actions de votre mandature la mise en oeuvre des quartiers D.S.U., qui reposent sur des financements tripartites, Ville-Région-Etat, voilà qui est tout de même un peu surréaliste, surtout quand on connaît la modestie des crédits alloués à l'insertion par l'économie !
Face à ce constat d'évidence, qu'observons-nous ?
Le ralentissement des investissements depuis 5 ans qui, pourtant, sont de nature à faire repartir l'emploi, notamment dans le bâtiment public.
Vous avez refusé notre proposition de relever les taxes foncières qui, anormalement basses, profitent aux propriétaires institutionnels alors qu'elles pourraient financer de grands travaux comme le tramway.
Pour autant, je ne dirai pas que rien n'a été fait en 5 ans.
Un premier changement est apparu : votre prédécesseur voulait faire de Paris une cité financière, c'était même la raison d'être de la Z.A.C. "Paris-Rive gauche", vouée uniquement au "tout-bureaux" et au logement de luxe, et vous avez choisi, plus raisonnablement, de favoriser les P.M.E. innovantes, les start-up, la haute technologie. C'est un atout pour la compétitivité de la Capitale, ces entreprises de pointe emploient une main d'oeuvre très spécifique, très fortement qualifiée, souvent très jeune, très mobile.
Or, il faut aussi penser à offrir des perspectives d'emploi à celles et ceux qui par leur âge, leur formation, ne peuvent travailler que dans des secteurs moins pointus. Pour ceux-là, les moyens ne sont pas à la hauteur des ambitions : 930 emplois-jeunes en 2 ans, c'est trop peu. Voyons maintenant pour les apprentis : vous souhaitez en former ou parrainer 1.000 en 2 ans mais, sur ce total, combien seront effectivement embauchés par la Ville ?
D'autres problèmes structurels handicapent encore le développement économique de notre Ville. Le premier est la nature de l'offre de locaux d'activités. Les loyers pratiqués dans les hôtels industriels de la Ville sont beaucoup trop élevés par rapport aux possibilités des sociétés qui se lancent et de la plupart des P.M.E. La remarque vaut également pour une localisation comme le Viaduc des Arts.
Dans ces conditions, nombre d'entreprises émigrent vers la banlieue où le rapport surface/prix est plus favorable. Il est donc urgent de modérer ces loyers et il est impératif d'arrêter de suivre ce mouvement général de flambée des loyers commerciaux que l'on constate dans le secteur privé et qui, lui aussi, aboutit, comme dans le Faubourg Saint-Antoine, à des départs ou des cessations d'activité.
D'autre part, une différenciation spatiale marquée existe encore entre le degré de développement de l'Ouest et de l'Est parisien, et il est indispensable de rééquilibrer en faveur du quart nord-est, le moins pourvu en sièges d'entreprises, en activités de pointe.
C'est un exercice difficile car il ne faut pas pour autant céder à la tentation de faire de grandes Z.A.C. destructrices du tissu ancien, comme "Paris-Rive gauche" ou "Bercy". Il faut, au contraire, préserver la mixité entre habitation, souvent sociale, et activités, sauvegarder les activités artisanales traditionnelles, éviter la spéculation qui défigure actuellement le quartier Bastille par exemple.
Les élus du Mouvement des citoyens avaient à cet égard formulé, dès 1995, un certain nombre de propositions partant du constat suivant : la pénurie foncière à Paris fait que seules des activités à forte valeur ajoutée peuvent s'y installer et que d'autres, tout aussi indispensables à l'équilibre des quartiers, mais d'une rentabilité plus précaire, vont disparaître mécaniquement, sauf si, bien sûr, la Ville corrige cela en utilisant son droit de préemption sur des immeubles mis en vente pour ensuite les louer à des artisans ou des sociétés, sauf si elle développe des aides au maintien dans les lieux pour les activités menacées.
Nous insistons également sur le besoin de voir revenir dans Paris des industries comme l'industrie informatique, la mécanique de précision, la robotique, le matériel médical, etc., et pas seulement des entreprises de services. Le mouvement s'est amorcé dans les hôtels industriels mais, comme je l'ai dit, il est encore très insuffisant.
Cela étant, il faut accueillir avec intérêt certaines des actions que vous avez annoncées : ainsi du renforcement de la fréquence des rencontres-emploi dans les mairies d'arrondissement bien que, là encore, celles-ci n'aient pas les moyens humains nécessaires pour rendre l'opération, actuellement annuelle, trimestrielle.
Ainsi du renforcement du budget des missions locales, de la création de nouveaux locaux pour les start-up, ou encore du projet de collège-lycée international, dont reste toutefois à préciser la localisation.
Je tiens enfin à tirer la sonnette d'alarme pour ce qui concerne l'avenir d'un secteur particulièrement important pour l'économie et l'emploi à Paris, celui du petit commerce. Dans des quartiers entiers, le commerce de proximité, notamment alimentaire, disparaît au profit des grandes et moyennes surfaces ou bien d'autres activités non tournées vers le consommateur final. C'est une désertification nuisible à l'équilibre social des quartiers, qui tue l'emploi et favorise la spéculation.
Je sais bien que les communes n'ont pas le pouvoir d'empêcher tel ou tel de racheter un fonds de commerce mais il existe des moyens d'enrayer cette disparition par le strict contrôle des permis de construire déposés, par le renforcement des actions du F.I.S.A.C. à Paris ou le refus de l'implantation des moyennes surfaces dans les quartiers déjà pourvus et par une meilleure occupation des locaux commerciaux appartenant aux bailleurs sociaux.
Pour conclure, les élus du Mouvement des citoyens prennent acte des intentions de la Municipalité et de la relative embellie de l'économie et de l'emploi à Paris. Cependant, ils vous mettent en garde contre la tentation de ne favoriser que les secteurs à haute technologie, donc de renforcer encore la ségrégation sociale existant déjà dans la Capitale. Les chômeurs les moins qualifiés ou de longue durée, les jeunes qui n'ont pas une qualification très poussée doivent aussi retrouver leur place dans le tissu économique de Paris.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, socialiste et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à M. HUBIN.
M. Jean-Philippe HUBIN. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, ce qui se conçoit bien s'énonce clairement !
81 pages d'explications ne peuvent qu'inquiéter, en tout cas m'ont inquiété, sur la clarté de la politique économique de la Mairie de Paris et, de ce fait, sur la conception même de cette politique. Il y a là un catalogue impressionnant par sa longueur, impressionnant par la diversité des sujets traités, impressionnant par son côté touffu.
La volonté d'intervenir, d'aider, d'interférer est immense, bonne volonté sans aucun doute des acteurs de ces actions multiformes qu'ils soient fonctionnaires ou élus. Mais la mouche du coche de la fable manifestait aussi une impressionnante et immense bonne volonté pour faire avancer la diligence et tout le monde est censé savoir pourtant que ce sont les chevaux, et pas la mouche, qu'il fallait féliciter d'avoir amené le lourd charrois au sommet de la côte.
Monsieur le Maire, vous le dites vous-même dans le résumé du résumé de votre note de 81 pages, je vous cite : "Ce sont les entreprises qui créent les vrais emplois". Vous devez simplement, je vous cite toujours, "créer un environnement favorable à la création et à l'essor des entreprises dans Paris intra muros".
Il y a ici, entre d'une part la note de 81 pages dont j'ai parlé et, d'autre part, ces deux lignes de citation, une formidable contradiction car si nous avons la "forte conviction" qu'il faut faciliter l'essor et la création d'entreprises, il est évident qu'il faut d'abord pratiquer une politique fiscale modeste et donc réduire les dépenses de la Ville autant que faire se peut, en les ramenant à l'essentiel de ses missions de service public, en obligeant les services de la Ville à travailler exclusivement sur le "coeur des métiers" de l'administration municipale sans se laisser aller à l'incroyable saupoudrage décrit dans les deux notes annexées à votre brève communication.
Alors, je voudrais d'abord voir quelle politique fiscale faut-il faire pour faciliter le développement économique.
La fiscalité d'Etat est tout à fait excessive, nous le savons bien et malheureusement vous n'y pouvez rien, Monsieur le Maire, sauf faire une chose : éviter que la gauche ne gagne les élections municipales parce qu'il faudrait plutôt que nous amenions aux commandes de l'Etat des hommes et des femmes vraiment décidés à baisser les impôts nationaux, par exemple la T.V.A. sur la restauration traditionnelle qui pénalise injustement ce secteur si important à Paris.
La fiscalité assise sur les bureaux est excessive. Il faut obtenir la réduction, la disparition même de la taxe sur les bureaux et les locaux d'activité et, Monsieur le Maire, vous avez bien fait de vous opposer à son extension l'année dernière. Malheureusement, vous n'avez pas été entendu, totalement en tout cas, puisque la majorité socialiste l'a étendu à des activités qui ne payaient pas cette taxe, notamment médicales et commerciales.
Après, ils viennent nous expliquer comment ils vont renforcer l'activité économique à Paris ! Je rigole ! Qu'ils arrêtent d'abord d'augmenter les taxes que paient les entreprises parisiennes.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "U.D.F. et modérés", "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
Cette taxe, les socialistes l'ont augmentée dans son assise, dans son assiette. Ils l'ont aussi augmentée dans son montant de 10 % de 1998 à 1999. Rien que cela ! Ils ne le savent même pas !
Comment ne pas comprendre qu'un impôt de plus de 70 F par an et par mètre carré utilisé au centre ville décourage la création et l'essor des entreprises là où on le paie, à Paris et non pas à Londres ou à Bruxelles ?
La fiscalité spécifique à l'hôtellerie, qui est une taxe forfaitaire assise sur la capacité d'accueil des hôtels est excessive et devrait disparaître. Elle n'existe que depuis 8 ans, elle dépend de nous. Réduisons-la, supprimons-la et nous améliorerons vraiment la compétitivité de l'hôtellerie parisienne qui va beaucoup souffrir de l'application des 35 heures - pour le moment elle n'en souffre pas encore mais cela va venir - qui est aujourd'hui très prospère parce qu'elle bénéficie depuis deux ans de la hausse du dollar et du yen, dans laquelle les socialistes ne sont strictement pour rien, ou si vous préférez de la baisse de l'euro. Un jour ou l'autre, on va considérer que cette baisse de l'euro est un dopage bienvenu mais dangereux à long terme et sans doute provisoire.
La fiscalité directe de la Ville est excessive. Voilà pourquoi nous nous sommes battus avec constance dans le sens rigoureusement opposé à nos collègues socialistes qui veulent augmenter les taxes foncières. En quoi l'augmentation des taxes foncières pourrait-elle aider au développement des entreprises à Paris ? Nous nous sommes battus avec constance pour la mise sous contrôle de la fiscalité directe de la Ville, notamment la taxe professionnelle et sommes ravis que vous nous ayez entendus sur ce sujet lors du vote du dernier budget.
La fiscalité, donc il faut qu'elle soit modeste ; nous sommes tous d'accord. Mais comment ?
La réponse est claire.
Il faut recentrer l'action de la Ville sur ses missions essentielles, sur son coeur de métier et, pour cela, il ne faut pas développer, multiplier les interventions économiques, au contraire les réduire et les supprimer.
"Paris-Développement" semble croire qu'en traitant 1.450 dossiers, il crée des emplois. C'est à mon avis faux. Ces emplois auraient été créés de toute façon et ni les start-up ni les implantations des grandes entreprises n'ont été causées par "Paris-Développement". Il y a eu quelques effets d'aubaine en faveur de ceux qui ont su que "Paris-Développement" existait, mais laissez faire le marché, il n'a pas besoin de vous. C'est d'ailleurs bizarrement ce qu'a dit le cabinet de M. HUCHON quand on l'a interrogé pour savoir s'il souhaitait développer des actions de ce type au niveau de la Région.
"Paris-Innovation" peut disparaître, les projets dans la haute technologie ne s'en porteront pas plus mal puisqu'ils sont simplement financés par le marché et pas par nous ni par les socialistes.
"Paris-Europlace" peut vivre sans nous et ne croyez pas que la Ville puisse corriger l'évolution négative qu'a dénoncée mon collègue de Démocratie libérale car comment peut-on imaginer que la place financière de Paris puisse se battre contre Londres tant qu'on n'aura pas convaincu M. FABIUS d'admettre les stocks options et de diminuer les impôts sur le patrimoine ?
Quant à l'Office du tourisme, laissez-le entre les mains et les financements des professionnels, ne nous en mêlons pas, supprimons en revanche, comme dit plus haut, la fiscalité spécifique à l'hôtellerie.
"Cyber-emploi" et bourse des emplois, tous les jours à la télévision on s'aperçoit qu'il y a une petite publicité sur une société privée qui fait le boulot que nous prétendons vouloir faire ! Laissons le marché gérer ce genre de problème. Si la Chambre de commerce veut s'en mêler, c'est son problème ; elle perçoit suffisamment de taxe professionnelle et elle a suffisamment d'argent pour ne pas avoir besoin de notre appui ; les contribuables sont les mêmes ; ce n'est donc pas la peine de leur demander de subventionner deux fois, par la poche de droite et celle de gauche, ce genre d'inflation !
Par contre, il faut bien faire les métiers que seule la Ville peut faire et le premier d'entre eux, en matière économique est d'assurer la fluidité et la rapidité des transports et des déplacements.
Monsieur le Maire, nous y reviendrons mais actuellement la Ville est en crise et en voie vers la paralysie. La situation en ce domaine est, à Paris en 2000, beaucoup moins satisfaisante qu'en 1995.
Résumons-nous, la Ville ne doit pas être Chantecler - celui qui croyait faire lever le soleil parce qu'il chantait - ni la mouche du coche dont j'ai parlé. Elle doit réduire sa fiscalité, notamment sur les bureaux et l'hôtellerie.
La Ville ne doit pas dépenser lorsque le marché satisfait naturellement les besoins.
La Ville ne doit pas subventionner les actions de la Chambre de commerce bien suffisamment riche à notre goût.
La Ville doit assurer la fluidité des déplacements sous peine de voir mourir le tissu économique de la Capitale.
Notre projet n'est peut-être pas assez médiatique ou "moussu" ou pas assez "moussant", pas à votre goût peut-être ou au goût de ceux qui nous conseillent de vouloir toujours briller de mille feux mais nous préférons éviter les effets d'annonce et privilégier le réalisme et le raisonnable.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "U.D.F. et modérés", "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je ne peux pas laisser passer votre intervention sans dire quelques mots.
Globalement, je comprends parfaitement votre intervention. Il y a des points importants que je comprends parfaitement, mais enfin, cette teinte d'ultra-libéralisme me confond.
Je comprends parfaitement et je l'ai dit moi-même dans mon propos, ce sont les entreprises qui créent les emplois, c'est cela la liberté, c'est cela la concurrence, mais comment pouvez-vous imaginer qu'une collectivité puisse être absente, non pour créer en tant que telle - elle le fait par différentes actions publiques, par des établissements, par des écoles, elle aide par le biais d'un certain nombre d'établissements qui interviennent - mais sur les emplois privés qu'elle aide avec la Chambre de commerce, l'A.N.P.E., "Paris-Développement", l'Office du tourisme. Comment peut-on imaginer que Paris, capitale de la France, soit totalement absente.
Il ne s'agit pas, par ce moyen, de se substituer au marché, bien entendu qui, lui, est la base, mais comment peut-on imaginer que la Ville soit absente ?
Vous parlez de "Paris-Innovation", de l'Office du tourisme. Nous travaillons en liaison constante avec eux pour le tourisme à Paris qui a connu un développement extraordinaire depuis 2 ans. Comment peut-on imaginer que la collectivité publique soit absente ?
D'ailleurs, sur tous ces bancs, tous les élus, qu'ils soient du groupe "Paris-Majorité", "Paris-Libertés" ou "U.D.F." l'ont toujours approuvé. Ce qui m'inquiète, ce ne sont pas un certain nombre d'observations fortes, que je comprends, mais le retrait total que vous proposez.
Vous dites qu'il faut moins de pression fiscale. C'est vrai. C'est ce que nous faisons, vous l'avez vu, et nous remboursons l'emprunt. Nous faisons un effort considérable sur l'endettement. Paris est quand même l'une des villes non surchargées sur le plan de la pression fiscale. Dire à l'opinion publique que Paris aurait une pression fiscale trop forte n'est pas, mon cher collègue, même si un certain nombre de vos analyses sont fortes - et je les comprends - conforme à la vérité.
Je vous demande de réintégrer cette notion de présence de la Ville dans un certain nombre de domaines, qui ne se substitue pas mais qui apporte un "plus" dont, d'ailleurs, tout le monde est satisfait, parce qu'on voit bien les résultats qui ont été obtenus.
Je vous demande simplement, si vous le permettez, puisque vous appartenez à un groupe "U.D.F. et modérés" et que je crois comprendre que vous êtes le modéré de l'équipe, d'intégrer cette notion !
(Rires sur les bancs de l'Assemblée municipale).
M. Jean-Philippe HUBIN. - Il est dommage que je ne puisse pas vous répondre, Monsieur le Maire. J'aurais bien voulu...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous en reparlerons de manière amicale...
M. Jean-Philippe HUBIN. - Si vous voulez bien me redonnez la parole...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je suis sûr qu'il y a beaucoup de points communs, mais pas tous...
M. Jean-Philippe HUBIN. - L'hôtellerie va bien à Paris, Monsieur le Maire. Evidemment, le dollar était à 5 F. Il est passé à 7 F.
M. LE MAIRE DE PARIS. - On ne va pas engager un débat général. Simplement, soyons modérés dans l'expression parce que les choses ne sont pas aussi nettes que vous avez bien voulu le dire. Lorsqu'il y a une amélioration dans un secteur, elle est due à plusieurs facteurs et, notamment, à l'intervention de la Ville qui a pu apporter un minimum de pourcentage...
Nous en reparlerons librement, il y aura d'autres occasions de s'exprimer.
Madame BILLARD, vous avez la parole pour quatre minutes.
Mme Martine BILLARD, élue "Les Verts". - Je pense que cela ne va pas être tout à fait le même ton.
Faut-il attirer encore plus d'emplois à Paris ?
Il me paraît utile de rappeler que le nombre d'emplois proposés à Paris est très largement supérieur au nombre de Parisiens actifs. Par ailleurs, un quart des Parisiens actifs travaillent en banlieue. Le niveau de chômage dans la Capitale n'est donc pas lié à un manque de postes de travail mais à la difficulté d'adaptation des offres et des demandes d'emplois.
Ainsi, attirer plus d'entreprises à Paris a comme conséquences :
- d'obliger plus d'habitants d'Ile-de-France à venir travailler à Paris ;
- dans certaines branches, de faire jouer la concurrence avec la province et d'attirer de nouveaux habitants vers l'Ile-de-France.
Nous sommes donc face à un choix d'aménagement du territoire.
Devons-nous continuer à entendre tous les matins : "15 kilomètres de bouchons... 20 kilomètres de bouchons... 30 kilomètres de bouchons" ?
De nombreux salariés préféreraient trouver du travail dans leur région d'origine que d'être obligés de venir travailler à Paris où ils considèrent que la qualité de vie est moindre. Et ce n'est pas faire injure à notre Ville que d'accepter de reconnaître que la vie dans une grande agglomération avec ses embouteillages constants, sa pollution, ses transports bondés, ses logements plus chers, n'est pas forcément le choix de vie de la majorité des habitants de notre pays, ni le modèle à proposer à tous. Malheureusement, la concentration de l'emploi en région parisienne et notamment à Paris oblige de nombreux jeunes à "monter à la Capitale", comme le dit l'expression populaire.
Augmenter l'emploi à Paris en attirant de nouvelles grandes entreprises aura donc comme conséquence d'obliger de nouveaux salariés à de nombreux déplacements et c'est bien le seul point où je me retrouve avec M. HUBIN quand il dit que nous sommes dans une situation qui se dégrade au niveau des problèmes de transports. Car nous sommes déjà la Région où les déplacements domicile-travail sont les plus longs.
Paris ne peut pas attirer plus de population. Les salariés obligés de venir s'installer en Ile-de-France se trouvent donc devoir subir des temps de transport de plus en plus longs.
Il est temps d'arrêter de réfléchir au développement économique de Paris sans se préoccuper des conséquences sur les conditions de vie de ses habitants et des conséquences sur le reste de l'Ile-de-France et le reste du pays.
Il faut donc le concevoir de façon beaucoup plus équilibrée :
- au niveau de la répartition de l'emploi entre arrondissements afin d'éviter qu'il soit concentré dans certains au détriment des autres ;
- au niveau de la répartition entre l'ensemble des départements de la Région.
Cela permettrait de résoudre de nombreux problèmes, que ce soit en termes de budget communal par une répartition plus équitable de la taxe professionnelle entre les différentes communes, ou en termes de transports en commun en rapprochant les lieux de travail des lieux d'habitation.
Il est, par contre, fondamental de développer l'emploi de proximité. En effet, pour qu'une ville soit vivable, il faut que les diverses activités économiques, artisanales, commerciales, culturelles existent dans tous les quartiers. Par ailleurs, 93 % des entreprises parisiennes emploient moins de 10 salariés. Mais les gisements d'emplois sont souvent dans ces entreprises.
Pour cela, il faut que les P.M.E., les commerces et les artisans puissent trouver des locaux à des prix abordables. Or, sur ce sujet, la situation ne s'est pas beaucoup améliorée. Combien de rez-de-chaussée d'immeubles de l'O.P.A.C. ou des S.E.M. de logements de la Ville qui restent désespérément vides depuis des années ? Combien de commerces qui ferment lors de départs à la retraite, faute de baux à des prix abordables pour que des jeunes puissent reprendre ?
Le secteur de l'économie solidaire recèle de nombreux emplois possibles. Pour cela, il faut aider à son développement par des incitations financières ou par des aides ciblées. Il en est ainsi pour les régies de quartier, en sachant que si celle du 20e a pu exister, c'est bien grâce à l'obstination de ses promoteurs et assez peu grâce à l'aide de la Ville. Aujourd'hui, vous reconnaissez son utilité, tant mieux. Il faut aussi prévoir la reconversion des emplois-jeunes en emplois pérennes dans ce secteur.
Dans le secteur des aides aux personnes à domicile, il n'est pas toujours très facile de trouver du personnel. Mais lorsqu'on connaît les salaires payés pour un travail qui n'est pas si facile, il est compréhensible que de nombreux demandeurs d'emploi ne se précipitent pas vers ce type d'emplois. Si nous sommes en période de décrue du chômage, penser que la situation des chômeurs va s'améliorer d'elle-même serait une erreur très grave. Les nouveaux programmes doivent donc être orientés en priorité vers celles et ceux qui auront le plus de mal à sortir de cette situation.
En conclusion, je vous ferai 7 propositions au nom des Verts.
- la première est de promouvoir une baisse significative du prix des locaux de l'O.P.A.C. et des S.E.M. de logements afin de favoriser l'installation de commerces et de petites entreprises, notamment dans les rez-de-chaussée de ces immeubles ;
- la deuxième est d'étudier la mise en place d'une aide ciblée vers les jeunes pour la reprise de commerces et d'entreprises artisanales ;
- la troisième est d'orienter le plan "Internet Emploi" vers les arrondissements et les quartiers où le taux de chômage est le plus important ;
- la quatrième est d'accentuer les aides vers les publics les plus en difficulté et de renforcer les dispositifs dans les arrondissements les plus touchés par le chômage ;
- la cinquième est de mettre en oeuvre une aide aux emplois destinée à l'aide au maintien des personnes à domicile ;
- la sixième est de mettre en place un plan d'aide au retour à l'emploi des personnes handicapées et de commencer par respecter le taux de 6 % d'emplois protégés, que ce soit dans les services de la Ville, du Département, ou dans les structures dépendant de la Ville. D'ailleurs, dans votre communication, vous ne donnez plus de chiffre, en 1995 il était indiqué 4,5 %, donc pas les 6 % ;
- la septième et dernière est de résorber l'emploi précaire à la Ville, ville qui doit montrer l'exemple, et de reconvertir les emplois en C.E.S. en emplois à temps plein, parce que je ne vois pas qui peut vivre aujourd'hui avec la rémunération perçue en tant que C.E.S.
Merci.
(Applaudissements).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur CASTAGNOU, vous avez la parole.
M. Pierre CASTAGNOU. - Monsieur le Maire, chers collègues, compte tenu du temps qui m'est imparti et de ce qu'a déjà dit Bertrand DELANOË, je traiterai rapidement trois points :
- l'emploi ;
- le commerce et l'artisanat ;
- et le tourisme.
Tout d'abord et pour l'essentiel, l'emploi.
Certes, le chômage diminue à Paris, ce dont il faut se féliciter, comme il diminue dans l'ensemble du pays, grâce à l'évolution de la conjoncture internationale et à la politique volontariste menée depuis 3 ans par le Gouvernement de Lionel JOSPIN.
Mais force est de constater que le taux de chômage reste sensiblement plus élevé dans la Capitale qu'au plan national et dans la Région d'Ile-de-France.
A cela s'ajoutent deux éléments aggravants :
- la structure du chômage de longue durée reste la même ;
- les arrondissements de l'Est parisien restent les plus touchés.
C'est dire que votre politique est insuffisamment volontariste à nos yeux et ne prend pas assez en compte les spécificités du chômage parisien, lesquelles appellent des réponses spécifiques.
Je prendrai à cet égard et rapidement trois exemples.
Les allocataires du R.M.I. : ils sont plus de 50.000 à Paris. Pour répondre aux besoins d'emploi de ces personnes en grande difficulté, notre collectivité trouve le moyen de ne consommer que 48 % des crédits prévus au titre de l'insertion par l'économique, soit 55,5 millions de francs sur 116 millions de francs. L'action du Département se concentre sur les personnes les plus proches de l'emploi. Une politique active et dynamique en faveur de l'emploi devrait notamment s'attacher dans ce domaine, d'une part, à favoriser la création et le développement des régies de quartier, d'autre part à soutenir les entreprises et associations d'insertion, par exemple en mettant à leur disposition des locaux de la Ville, en faisant davantage appel à elles et en leur ouvrant les marchés publics.
Second exemple, les jeunes : sur 6.000 "emplois-jeunes" créés à Paris, 800 seulement l'ont été par la Ville. Nous estimons toujours, Monsieur le Maire, que notre collectivité pourrait en employer directement ou indirectement 5.000. Il conviendrait d'étendre ce dispositif malgré l'évidente faiblesse des moyens. Il serait possible de le faire en recensant le niveau des besoins auprès des mairies d'arrondissement qui constituent l'échelon le mieux adapté pour appréhender et prendre en compte ces besoins ; en mobilisant tous les organismes de la Ville (bailleurs sociaux, sociétés d'économie mixte et autres organismes) ; en généralisant à toutes les mairies d'arrondissement les structures d'appel à projet et d'aide au montage des projets de création d'"emplois-jeunes" par des associations accompagnées financièrement par la Ville ; enfin en redéployant les 40 millions de francs alloués à une entreprise privée pour la surveillance des grands immeubles par 250 agents au profit de quelque 2.000 jeunes Parisiens qui effectueraient des missions de médiation.
De manière plus générale, il est à déplorer que notre collectivité se contente d'un "partenariat à minima" avec l'Etat comme avec les associations concernées, qu'il s'agisse du programme "TRACE"("trajet d'accès à l'emploi pour les jeunes"), des Missions locales pour l'emploi, des "Espaces économie emploi", en nombre insuffisant d'ailleurs, au lieu de développer les synergies et d'optimiser les moyens disponibles.
Dernier exemple, les femmes. L'importance de l'emploi féminin est une des caractéristiques de la situation parisienne, tout comme les difficultés rencontrées par les femmes sur le marché du travail.
Il conviendrait en premier lieu que la Municipalité établisse un diagnostic parisien de l'emploi des femmes, cadres et non cadres, comme l'a déjà demandé le groupe socialiste, pour pouvoir traiter de manière spécifique leurs problèmes.
Jusqu'à présent, les seules mesures vraiment volontaristes menées en faveur de l'emploi des Parisiennes sont des actions d'insertion par l'économique dans le cadre du Plan départemental d'insertion. Non seulement il conviendrait de renforcer ce dispositif, mais il serait nécessaire de développer, dans le cadre de la politique de la ville, et en partenariat avec le "Centre national d'information et de documentation des femmes et des familles" des initiatives du type "femmes dans les quartiers : les chemins vers l'emploi".
Quelques mots maintenant sur le commerce et l'artisanat. Monsieur le Maire, nous attendons toujours, près de 5 ans après votre annonce, je vous cite, "l'établissement, en relation avec les organismes consulaires, des schémas d'arrondissement de réactivation du commerce et de l'artisanat" pour lesquels mon collègue Alain LE GARREC vous a fait à plusieurs reprises des propositions.
Au lieu de cela, et alors que la disparition du commerce et de l'artisanat de proximité continue de frapper de nombreux quartiers de notre Ville, vous vous contentez d'annoncer la création de "Paris-Commerce" qui centraliserait la politique d'animations commerciales. Nous sommes, quant à nous, partisans de créer dans chaque arrondissement une Maison du commerce et de l'artisanat, associant les professionnels concernés et dotée de moyens financiers et humains.
Enfin, le tourisme. Votre politique du tourisme présente à nos yeux, Monsieur le Maire, trois faiblesses principales :
- tout d'abord elle est trop concentrée sur le tourisme d'affaires, comme l'illustre le regroupement de l'Office de tourisme, de "Paris-Promotion" et du Bureau des congrès et salons de Paris ;
- ensuite, elle ne mise pas suffisamment sur la complémentarité enrichissante de l'Ile-de-France dans la promotion de Paris comme destination mondiale ;
- enfin, elle s'adresse peu, trop peu, aux jeunes qui constituent pourtant une clientèle stratégique pour le futur. Ma collègue Françoise DURAND a, à juste titre, souligné à plusieurs reprises le manque de centres d'hébergement accessibles à des publics jeunes et de lieux d'échanges culturels entre jeunes de toutes nationalités.
Je crains, Monsieur le Maire, que l'ultime année de l'actuelle mandature ne vous permette pas de remédier à ces erreurs d'orientation.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, communiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur BOULENGER de HAUTECLOCQUE, vous avez la parole.
M. Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le volet de votre communication consacré au tourisme mérite que l'on y accorde une attention particulière. Les excellentes performances de notre Ville, mesurées par l'attirance qu'elle exerce sur la clientèle touristique, démentent s'il en était besoin les esprits chagrins qui se complaisent à dénigrer Paris à travers de vaines comparaisons avec d'autres grandes capitales. Paris n'est pas la belle endormie que certains présentent.
L'efficacité incontestable de l'action municipale, notamment à travers la réforme de l'Office du tourisme, le haut degré de professionnalisme des acteurs de ce secteur, sa modernisation ces dernières années et son impact sur l'économie municipale, régionale et nationale, ainsi que le tourisme d'affaires sont quelques-uns des grands chapitres auxquels il faut prêter une attention particulière.
Paris reste la première destination mondiale du tourisme de loisirs et d'affaires avec 30 millions de visiteurs chaque année. Le secteur génère un chiffre d'affaires total de l'ordre de 50 milliards, contre 32 en 1995. Il représente 10 % de l'emploi salarié parisien. Pour la vingtième année, Paris se classe au premier rang mondial des salons et congrès. Autant de faits qui devraient inciter les amateurs d'auto-flagellation à un peu plus de modération.
Ces résultats sont-ils tombés du ciel ? Bien évidemment non ! La réforme de l'Office du tourisme et le renforcement considérable des moyens que notre Ville lui octroie, la politique culturelle, celle des grands événements, l'amélioration du cadre de vie dans nos quartiers et sur la Seine sont autant de leviers qui ont été utilisés par notre collectivité et dont les effets se font clairement sentir.
C'est en 1997 que vous avez décidé, Monsieur le Maire, de fusionner l'Office du tourisme et le Bureau des salons et congrès. Aujourd'hui, preuve est faite que ce choix était judicieux. Interrogés dans le cadre d'une récente enquête par un grand cabinet d'audit - indépendant bien entendu - les professionnels répondent que c'est une véritable révolution que l'Office a accomplie en trois ans. Pour eux, il est passé d'un simple service d'information à un véritable partenaire qui montre un réel dynamisme, des qualités d'innovation et qui accomplit des efforts constants en leur direction.
Parmi les exemples concrets, je citerai le plan "marketing", établi en étroite concertation avec les professionnels. Vous avez voulu, Monsieur le Maire, renforcer encore les moyens qui sont alloués à l'Office en lui attribuant une subvention supplémentaire de 10 millions de francs, en complément des 34 millions inscrits au budget primitif. Cela va dans le bon sens, et répond aux attentes exprimées par les acteurs du secteur.
Le dynamisme se constate dans la progression régulière de la fréquentation touristique de Paris ces dernières années. Ainsi, le nombre de nuitées enregistrées dans l'hôtellerie parisienne homologuée est passé de 28,5 millions en 1997 à 31,7 millions en 1998. Paris concentre 21 % des arrivées touristiques françaises et 2,5 % des arrivées mondiales. Paris représente 15 % de l'emploi touristique national et 50 % de l'emploi touristique régional. Paris comprend 13.000 entreprises travaillant dans les activités de tourisme.
Une des caractéristiques majeures du tourisme parisien réside dans la répartition homogène de la fréquentation sur l'ensemble de l'année. Cette absence de saisonnalité est un atout économique certain.
Paris se place également au premier rang des capitales du monde pour la capacité hôtelière. L'offre parisienne s'illustre par sa diversité et sa qualité, mais aussi par sa compétitivité. Paris est ainsi l'une des capitales les moins chères en hôtellerie deux étoiles. Enfin, le taux de fréquentation moyen des hôtels parisiens ne cesse de grimper, avec un taux de 75,5 % sur les onze premiers mois de 1999 - dernier chiffre disponible - supérieur de 1,3 point à 1998.
Ces différentes données montrent bien l'importance pour Paris de ce secteur économique mais aussi son niveau d'excellence.
Le chapitre du tourisme d'affaires mérite une attention particulière, notamment en raison de son impact pour l'économie nationale. On ne sait pas assez que la seule signature de contrats pendant la durée des salons français représente pour les entreprises nationales un chiffre d'affaires de 150 milliards de francs, correspondant à 250.000 emplois directs. En termes d'emploi d'ailleurs, la seule activité de "Paris-Expo" générerait 20.000 équivalents-emplois temps plein. C'est pourquoi il faut non pas opposer Paris et la France mais réaliser la complémentarité et l'action pour la création de richesses dans notre pays de Paris et de l'activité touristique parisienne.
Paris dispose, dans le domaine du tourisme, d'atouts exceptionnels, tels que notre position centrale en Europe, la situation à quelques minutes du centre ville du Parc des Expositions de la Porte-de-Versailles, le premier parc hôtelier d'Europe, l'offre culturelle, la qualité du réseau de transports et de communication, ou encore la présence des administrations centrales et des sièges sociaux régionaux d'un grand nombre d'entreprises.
Par contre nous devons faire face à la concurrence extrêmement vive d'un certain nombre de grandes villes d'Europe, au premier rang desquelles Francfort.
A cela, il faut ajouter des tarifs moins compétitifs que nos concurrents, mais aussi la mondialisation de l'économie, l'intégration plus grande des industriels avec leurs fournisseurs.
Je ne reviendrai pas sur l'effet très positif de la réforme de l'Office et l'augmentation de ses moyens, si ce n'est pour illustrer son action à travers "Paris, Capitale de la mode".
Cette manifestation, qui coordonne plusieurs salons organisés simultanément, est désormais organisée sous la houlette de l'Office. Cela a permis d'éviter que certains d'entre eux ne partent pour Milan, autre grande capitale de la mode, comme on pouvait légitimement le craindre.
Je veux par contre souligner l'importance de la modernisation du Parc des Expositions de la Porte-de-Versailles et la nécessité de remédier à ses handicaps que sont l'exiguïté des espaces, le stationnement des véhicules et tout particulièrement des autocars, qui créent lors des grandes manifestations de très importantes nuisances pour les riverains - c'est aussi l'élu du 15e qui s'exprime - et enfin les tarifs pratiqués, moins compétitifs qu'à l'étranger.
L'étroitesse des espaces libres, la confusion des flux de visiteurs et de véhicules, l'encombrement désordonné des emprises situées entre les grands axes urbains et les halls d'exposition sont des inconvénients très importants. Ils pénalisent fortement le fonctionnement du Parc ainsi que l'agrément des visiteurs et l'attrait de "Paris-Expo".
Le programme de travaux de modernisation entrepris par le Parc, mais aussi la décision de la Ville de réaliser d'importants aménagements à ses abords, sont susceptibles de faire de "Paris-Expo", dans un proche avenir, le plus attractif des parcs d'exposition européens.
Mais on ne peut que regretter vivement l'absence d'une politique nationale, totalement absente en ce domaine. L'Etat, a pourtant un rôle important à jouer. Tant la Ville que les professionnels attendent de lui des gestes significatifs, tout spécialement en matière fiscale, avec notamment la demande légitime d'exonération de la taxe sur les bureaux, étendue récemment aux surfaces d'exposition de façon totalement injustifiée.
Pénaliser Paris une fois de plus est non seulement injuste, mais absurde. Le tourisme parisien, comme bien d'autres secteurs d'activités, mais plus encore que d'autres, est créateur de richesses pour le pays tout entier. On pourrait imaginer que l'Etat ne se conduise pas en gribouille, mais bien au contraire valorise un de ses atouts en ne lui infligeant pas de handicaps supplémentaires.
La Ville, quant à elle, a démontré qu'elle pouvait jouer un rôle majeur pour dynamiser ce secteur. La balle est maintenant dans le camp de l'Etat.
Merci, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BOULENGER de HAUTECLOCQUE.
La parole est à M. REVEAU.
M. Jean-Pierre REVEAU. - J'ai lu avec intérêt votre communication, Monsieur le Maire. Ce n'est pas inintéressant pour la Capitale, mais il faut cependant raison garder : l'action municipale n'y concourt qu'à la marge et ne peut s'attribuer par exemple la paternité de la croissance des créations d'entreprises.
Tout d'abord, il y a la question du respect des compétences puisque nous sommes ici en présence, au-delà de l'alibi commode du soutien à la recherche et l'innovation aux biotechnologiques, d'une implication très poussée et risquée de la Ville très en amont dans la création d'entreprises.
A ce propos, une proposition de loi R.P.R.-U.D.F. a été votée par l'Assemblée nationale le 31 mai dernier qui tend à mieux contrôler l'aide publique aux entreprises. Voilà qui est contradictoire avec votre catalogue de mesures.
La Ville n'a qu'un outil d'intervention économique : c'est sa fiscalité et son emprunt.
Or, depuis 1995, les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 14,5 %. Sur la même période, et la croissance française aura été à peine supérieure à 10 %.
Vous allez donc à contre courant de la richesse économique que vous prétendez favoriser.
Tous les gouvernements que vous avez soutenus, comme ceux que vous prétendez combattre, ont alourdi les prélèvements obligatoires : 42,7 % avec M. BEREGOVOY, mais 43,7 % avec M. BALLADUR, 44,9 % avec M. JUPPÉ, comme 44,8 % avec M. JOSPIN.
La faiblesse structurelle de l'économie française, c'est l'accès des entrepreneurs individuels aux ressources de l'épargne. Cela fait longtemps que notre système financier privilégie la rente à l'initiative.
Les T.P.E. et P.M.E./P.M.I. ont du mal à trouver les moyens financiers de leur développement parce que le système financier privilégie les gros tireurs d'épargne à commencer par l'Etat et ses déficits renouvelés et l'épargnant qui est de plus en plus taxé. Il est de moins en moins maître de son épargne et ce n'est pas avec 300.000 F, 1 million de francs ou même 2,4 millions de francs que l'on résoudra le problème.
Enfin, le soutien à Paris Europlace fait penser à la fable de l'aveugle guidant le paralytique. La mondialisation affiche les brusques variations économiques et les retournements de conjoncture.
Qui sait si, dans six mois, la situation sera celle d'aujourd'hui ?
En réalité, en faisant le pari du libre échangisme systématique, vous nous condamnez à dépendre d'autrui. Vous écopez l'océan avec une petite cuillère.
La situation de Paris, Capitale financière, n'est pas aussi assurée que vous voulez bien le dire, face à l'axe Francfort-Londres. Francfort siège de la B.C.E. décidé par le Traité de Maastricht que vous avez approuvé. C'est là une contradiction qui rend votre démonstration un peu caduque.
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. RIOU.
M. Alain RIOU. - Monsieur le Maire, Martine BILLARD est intervenue sur la globalité du problème, je voudrais intervenir sur deux petits points.
Dans votre communication, vous évoquez l'installation d'un lycée-collège international dans l'Est parisien, à l'instar de ce qui existe à Saint-Germain-en-Laye.
Les Verts ne sont pas hostiles par principe à une telle installation, mais est-ce une priorité ?
Je voudrais insister sur le fait qu'aujourd'hui, dans l'Est parisien, ce n'est pas d'un lycée-collège international dont les habitants, les enfants et les parents ont besoin, mais c'est d'un lycée-collège tout court.
En effet, depuis des années, voire des décennies, les habitants de ces quartiers regrettent la concentration parfois un peu importante qu'il y a dans les collèges et regrettent que les lycées soient concentrés dans le Sud du 20e arrondissement et qu'il n'y ait strictement rien dans le Nord.
Je n'insisterai pas davantage, mais je voulais dire par là que vous devriez être plus soucieux, lorsque vous voulez engager des crédits qui ne sont pas simplement ceux du Département, mais aussi ceux de la Région, de faire des propositions qui soient à l'écoute des citoyens et pas forcément faites pour donner à Paris un prestige supplémentaire.
La deuxième observation que je voulais faire concerne le tourisme. Elle sera beaucoup plus courte que certaines des précédents intervenants. S'il existe un Office du tourisme à Paris, il n'existe pas d'offices municipaux de tourisme dans les arrondissements. C'est regrettable.
Il y a aujourd'hui des arrondissements qui comptent 200.000 habitants, et finalement lorsque les touristes s'y égarent, ils cherchent désespérément un lieu où on pourrait les renseigner. Je ne crois pas qu'il soit indispensable d'aller sur l'avenue des Champs-Elysées pour avoir une information sur tout Paris.
Les "Verts" souhaitent qu'il y ait des offices de tourisme par arrondissement et d'ailleurs on a des idées claires sur la question. Notamment dans les arrondissements de l'Est de Paris on s'aperçoit qu'il y a des lieux relativement limités qui sont visités. Par exemple, dans le 20e, c'est le cimetière du Père-Lachaise, dans le 19e c'est la cité de la Villette, dans le 18e c'est la Butte-Montmartre. Pour le reste, les touristes ne vont pas au-delà de ces lieux. Eh bien, si l'on installait pour des arrondissements aussi peuplés que ceux-là des offices de tourisme ou des antennes de tourisme aux abords ou au sein de ces lieux, cela permettrait aux touristes de découvrir le Paris populaire, de redécouvrir qu'il y a des quartiers piétonniers, des églises anciennes, des marchés "bio", enfin de connaître autre chose que le centre historique de Paris, cela permettrait d'orienter le tourisme de manière plus populaire et plus sociale. Je crois que les gens ne viennent pas uniquement pour découvrir à Paris la Tour-Eiffel, l'Arc-de-Triomphe et un certain nombre de grands monuments. Ils viennent aussi, peut-être pour découvrir l'esprit de Paris et l'esprit de Paris, ce n'est pas simplement son centre historique.
Voilà les observations, Monsieur le Maire, que je voulais faire sur votre intervention.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme CATALA pour répondre, puis à M. GABORIAU.
Mme Nicole CATALA, adjoint, au nom de la 7e Commission. -Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais d'abord exprimer mes remerciements à ceux des orateurs qui ont approuvé l'action de la Ville dans le domaine de l'activité économique et de l'emploi et je citerai à cet égard M. KUBICZ, M. LECOQ, M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE. Je les remercie de leurs encouragements et de leur soutien.
Je dirai d'un mot à M. Jean-Philippe HUBIN, auquel vous avez déjà répondu, Monsieur le Maire, que je ne partage pas, moi non plus, ce libéralisme intégriste qui a inspiré son intervention. Je crois que nous avons, en tant qu'élus de la Ville de Paris, une certaine responsabilité à l'égard de l'activité économique et de l'emploi.
De ce point de vue, je voudrais d'abord formuler un constat, dont je me félicite : Paris est resté la locomotive de l'Ile-de-France en matière d'emploi. Après le fléchissement de l'emploi dans les années 90-94, le nombre d'emplois s'est stabilisé à Paris, puis a commencé à se redresser et nous offrons aujourd'hui le tiers de tous les emplois proposés en Ile-de-France. C'est le signe d'une vitalité remarquable et je crois que nous devons tous, sur tous ces bancs, nous en réjouir.
J'ajouterai que le taux de chômage à Paris, s'il reste, c'est vrai, au-dessus de 10 %, a néanmoins diminué plus rapidement que dans le reste de l'Ile-de-France. Il a diminué plus rapidement non pas seulement grâce à la croissance dont l'opposition municipale affirme qu'elle est due à la politique volontariste du Gouvernement alors qu'elle est due à une conjoncture mondiale favorable, mais ce recul du chômage est dû aussi, pour une large part, aux actions engagées par la Ville et le Département de Paris.
C'est grâce à cette action notamment, je vous indiquerai pourquoi dans quelques instants, que le taux de chômage des jeunes à Paris est aujourd'hui le plus faible de France. J'y reviendrai.
Je voudrais répondre plus particulièrement à M. DELANOË, qui s'est malheureusement absenté, pour lui dire qu'il cherche à faire porter à la Ville la responsabilité de ce qu'il y ait encore à Paris des demandeurs d'emploi et que lorsque la Ville se trouvait en difficultés, dans les années 80-90, lorsque la situation n'était pas très bonne, il en faisait porter la responsabilité à la majorité municipale et qu'aujourd'hui, en revanche, il attribue au Gouvernement et à la majorité nationale le mérite des améliorations survenues. Ce n'est pas très logique, ce n'est pas cohérent et je me devais de le souligner.
J'ajouterai, toujours à l'intention de M. DELANOË mais aussi de M. MANSAT, que l'amélioration de l'emploi à Paris a commencé à se faire sentir dès 1996, donc avant l'installation du Gouvernement actuel. Cela était perceptible dès août 1996 pour l'emploi des cadres, dès octobre 1996 pour l'emploi des jeunes. On ne peut donc pas tout ramener à l'action du Gouvernement. Il faut encore une fois le dire et le redire.
J'ajouterai un certain nombre de précisions concernant particulièrement l'emploi des jeunes.
On reproche à la Ville de n'avoir pas multiplié plus encore le nombre d'emplois-jeunes sur lesquels nous avons néanmoins recruté plus de 900 jeunes depuis 2 ans, et également 500 apprentis qui se trouvent toute l'année en formation dans les services municipaux. 900 et 500, cela fait 1.400 jeunes en formation ou employés dans les services de la Ville.
1.400 par rapport aux 5.800 jeunes demandeurs d'emploi à Paris, c'est une proportion tout à fait remarquable et je crois que (et c'est la vérité) nous sommes la collectivité territoriale la plus ouverte à l'emploi et à la formation des jeunes par rapport à toutes les autres.
Je soulignerai aussi tout le rôle pris dans cette amélioration de l'emploi des jeunes, les jeunes demandeurs d'emploi étant passés de 13.000 en 1996 à 5.800 en 1999, toute la part prise par le réseau des missions locales et la création des cyber-emplois jeunes, que vous avez voulu implanter, Monsieur le Maire.
S'agissant des missions locales, 8.700 jeunes ont été accueillis en 1999 dans les missions locales parisiennes. Sur ces 8.700 jeunes, plus de 4.000 ont accédé à un emploi la même année. Plus de 2.000 sont entrés en formation. 6.000 au total, sur ces 9.000 jeunes ont donc trouvé un emploi ou une formation l'année dernière.
Comment dire que la Ville n'a pas joué un rôle déterminant dans l'amélioration de l'emploi des jeunes ?
Même observation en ce qui concerne les résultats obtenus grâce aux cyber-emplois jeunes. 12.000 jeunes sont passés aux cyber-emplois du 5e arrondissement, 9.000 aux cyber-emplois de la rue de Bretagne. Sur ces chiffres, 82 % ont obtenu une offre d'emploi concrète, 46 % ont trouvé un emploi. La moitié des jeunes qui se sont présentés dans les cyber-emplois ont trouvé un emploi grâce à Internet, grâce à la recherche d'emplois en ligne.
Comment dire, là encore, que la Ville n'a pas joué un rôle décisif pour cette amélioration de l'emploi des jeunes ?
Bien sûr, nous pouvons et nous devons faire davantage et il a été indiqué que le nombre des rencontres emploi serait multiplié. Je crois que cela sera très utile puisque l'année dernière, sur les 2.500 emplois offerts grâce aux rencontres emploi, 80 % des offres d'emploi ont été pourvues.
Je crois que nous pouvons aussi nous féliciter de ce que, dans le domaine du maintien à domicile, qui a été mentionné notamment par Mme BILLARD, si je ne me trompe pas, la Ville soutient le regroupement des associations d'emplois familiaux et a aidé cette fédération d'associations à faire fonctionner un numéro "azur", qui permet à tous les Parisiens d'obtenir, en quelques instants, les coordonnées de plusieurs associations susceptibles de répondre à leurs besoins d'aide à domicile.
Il faut maintenir et développer ce service autant que nous le pourrons.
En ce qui concerne les "R.M.istes", il est vrai que nous avons encore à Paris un nombre élevé de "R.M.istes". Le nombre est en légère diminution et je compte présenter au prochain Conseil de Paris une communication sur le Plan départemental d'insertion qui nous permettra de faire le point.
J'ajouterai enfin quelques mots au sujet des entreprises d'insertion dont M. CASTAGNOU a regretté que la Ville ne les soutienne pas davantage.
Je constate qu'il est mal informé, je voudrais lui rappeler que la Ville a désigné dans chacune de ses grandes directions techniques, une personne qui est l'interlocuteur identifié de toutes les entreprises d'insertion parisiennes, qui auraient la possibilité de proposer leur concours pour tel ou tel contrat ou marché.
Je souligne que la Ville ne peut aider que les entreprises d'insertion qui n'ont pas un statut commercial, mais qui ont un statut associatif.
Je souligne enfin que le Gouvernement n'a à aucun moment déposé de texte donnant une base juridique à l'insertion de clauses sociales dans les marchés publics alors que j'ai moi-même déposé et fait voter il y a deux ans un amendement en ce sens, amendement malheureusement censuré par le Conseil constitutionnel par la suite.
Il faudra donc revenir reprendre une initiative parlementaire pour parvenir à la légalisation de ces clauses.
On vous suggère d'embaucher 5.000 emplois-jeunes ou je ne sais plus quel chiffre j'ai entendu de la bouche de M. CASTAGNOU. Il est passé de 1.000 réclamés l'année dernière à 5.000 cette année, alors...
M. Pierre CASTAGNOU. - Non, 1.000 par an !
M. Nicole CATALA, adjoint, rapporteur. - Très bien, mais cela fait quand même 5.000 au total.
Cela représenterait le cinquième des demandeurs d'emploi de moins de 25 ans à Paris. J'espère bien, Monsieur CASTAGNOU, que ces 5.800 demandeurs d'emploi à Paris vont avoir et ont déjà d'autres perspectives d'insertion dans la vie professionnelle qu'un emploi-jeune de 5 ans qui malgré tout représente un accès à une sous-fonction publique dont nul ne saurait vraiment se satisfaire.
Voilà, Monsieur le Maire, ce que je voulais répondre aux différents orateurs qui ont évoqué le problème de l'emploi à Paris.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris", "Paris-Libertés" et "U.D.F. et Modérés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - M. GABORIAU a la parole.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Monsieur le Maire, après l'intervention de ma collègue, Nicole CATALA, sur l'emploi, je compléterai donc les réponses aux questions qui ont été posées par les différents orateurs sur les points concernant plus spécialement ma délégation, c'est-à-dire sur "Le développement économique et le tourisme".
Comme ma collègue, Nicole CATALA, je remercie les orateurs qui ont bien voulu nous apporter ce matin leurs encouragements et leur soutien. Je veux citer Richard KUBICZ, Jean-Pierre LECOQ et M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE.
Je vais répondre à chacun des orateurs et d'abord à Richard KUBICZ, qui a bien voulu mettre en avant deux choses essentielles : ce qui est du pouvoir du Maire et ce qui ne l'est pas. Je le remercie de l'analyse positive qu'il a eue des développements économiques parisiens en rappelant la création de "Paris-Innovation", le dynamisme de "Paris-Développement" agissant en particulier pour l'aide à l'implantation d'entreprises et puis le rééquilibre des fonctions urbanistiques. D'autres collègues ce matin ont parlé de la taxe annuelle sur les bureaux, la fragilité de la place financière et le manque de coopération suffisante entre Paris et sa périphérie.
Je voudrais rappeler que le Maire de Paris a confié à l'un de nos collègues, les relations justement avec les communes périphériques et qu'il s'y emploie. Nous devrions donc avoir des résultats dans ce domaine.
Je remercie également les parlementaires et les élus régionaux qui nous aident pour combattre les handicaps que vous avez bien voulu rappeler.
Monsieur MANSAT, on ne peut pas dire en même temps qu'il ne se passe rien à Paris dans le cadre du développement économique et que la politique de la Ville a porté ses fruits, je vous remercie en tout cas d'avoir bien voulu avec objectivité le reconnaître. Mais vous disiez que le Maire de Paris n'avait pas évoqué la croissance ; je crois qu'il l'a fait lors de la conférence de presse qui a précédé ce Conseil et qu'il l'avait parfaitement intégré dans ses propos.
Vous trouvez que nous sommes trop favorables à l'implantation des entreprises étrangères et que la politique de la ville s'inscrit dans une démarche d'affrontement. Je ne le crois pas du tout. Je crois que l'implantation des entreprises étrangères est nécessaire, mais elle ne constitue que l'un des secteurs dans lequel la Municipalité parisienne s'investit.
C'est l'un des rôles d'ailleurs de "Paris-Développement Agency" mais il y a d'autres secteurs, en particulier avec "Paris Initiative Entreprises" qui favorise les autres secteurs d'implantation.
Je voudrais vous dire également que la politique de la ville n'est pas centrée sur les sièges sociaux et que la politique de l'immobilier d'entreprise s'adresse également au secteur secondaire. Aujourd'hui, la vacance des locaux en biens d'immeubles a été réduite de 25 %, ce qui est énorme, et - cela n'aura pas échappé à M. MANSAT - la spéculation immobilière et la rareté ont une conséquence inflationniste. Il faut donc mobiliser des emprises pour les entreprises et la procédure d'agrément a aussi un effet sur la hausse des prix.
C'est donc pourquoi nous combattons cette procédure d'agrément, mais si un effort récent a été fait, il n'est pas suffisant puisque l'agrément constructeur n'est pas supprimé.
Je voudrais dire avec humour que l'agrément est un des points que nous avions en commun avec Téhéran ; c'est la seule ville dans le monde, je crois, qui ait ce type de procédure, ce qui n'est pas très réjouissant pour notre Capitale.
La Municipalité parisienne agit considérablement pour redynamiser le tissu local contrairement à ce que disait M. DELANOË tout à l'heure. On n'a pas attendu pour s'occuper de ce secteur ; dans cette mandature, nous avons procédé à la revalorisation des grands boulevards et du Faubourg Saint-Antoine notamment, que nous avons mis en place un fonds de soutien financier à la création de petites entreprises, en particulier dans le domaine commercial et artisanal, que certains de nos collègues évoquaient tout à l'heure, que cette politique a porté ses fruits avec des exemples emblématiques de retours parisiens de grandes entreprises : Rank Xerox a quitté Saint-Ouen pour la métropole, la rue d'Aubervilliers, dans le 19e, Pechiney a laissé la Défense pour la place du Chancelier-Adenauer, dans le 16e. Louis Vuitton a quitté la Défense et Asnières pour un siège unique dans les anciens locaux de la Belle Jardinerie au Pont-Neuf ou encore COGEDIM a quitté Levallois pour venir dans le 16e, rue de la Pompe.
Voilà des exemples précis qui montrent que la politique menée par la Ville a porté déjà des fruits.
"Paris Initiatives Entreprises" est une association qui a été créée par la Ville de Paris et la Caisse des dépôts et consignations et qui aide les entreprises en leur apportant un appui financier sous forme de prêts d'honneur, de garanties d'emprunt et ensuite, assure un suivi dans leur développement.
Voilà une façon de soutenir les créateurs d'emplois sans s'immiscer dans la gestion comme notre collègue HUBIN le rappelait tout à l'heure ; laissons le marché s'exprimer et les professionnels travailler, mais je suis persuadé que la Ville a un rôle moteur dans l'accompagnement et l'installation des jeunes entreprises.
M. DELANOË disait tout à l'heure que ce rattrapage, contraint, est inapte à effacer le temps perdu. Il y va un peu fort dans ce domaine parce que nous n'avons pas attendu aujourd'hui, pour nous investir dans le développement économique, l'aide aux entreprises et la promotion du tourisme parisien.
Il est donc nécessaire d'abord, pour Paris, de s'engager dans la vie régionale. Je crois qu'à ce point-là, nous avons des relations régulières avec les organismes de la Région, organismes du développement économique, par exemple l'Agence pour l'implantation des entreprises, qui est un exemple du développement économique.
La frilosité de la Ville, dans l'engagement européen : Paris a un rôle phare à jouer. Je crois que nous le jouons justement avec des partenariats, des échanges culturels et la mise en commun d'expériences :
- la modernisation des infrastructures avec l'approbation de l'ouverture de la pépinière Cochin ;
- demande d'ouverture d'un centre multimédia dans le 11e.
Je rappelle à M. DELANOË que le Maire de Paris a annoncé ce matin même un projet de pôle dédié aux secteurs de la communication, dans le 18e arrondissement.
Non, Monsieur DELANOË, la Ville de Paris a pris le train du changement et de la modernité. Nous sommes heureux de le conduire ensemble.
Il y a déjà des résultats, mais rien n'est fixé bien entendu, rien n'est arrêté et nous continuerons à amplifier les actions qui ont été déjà menées depuis le début de la mandature.
Les relations avec les autres collectivités locales : Monsieur DELANOË, savez-vous que la Région envisage de créer une agence régionale de développement ?
Sans doute inspirée par référence aux étrangers, elle est abandonnée depuis 1989 sans aucune concertation avec la Ville de Paris. Vous voulez que la Ville ait des contacts avec la Région pour une intercommunalité meilleure. La Région envisage de créer l'agence sans même consulter notre Ville.
Est-ce bien normal ?
Je dirai en tout cas que P.D.A., dont j'assure la présidence déléguée auprès du Maire de Paris récemment, travaille en relation étroite avec les Comités d'extension de la petite couronne.
Ceci est du ressort des acteurs privés. C'est ainsi que "Corps Télécom" a été installé dans le 12e arrondissement.
La valorisation de la recherche : je crois que le seul incubateur public qui fonctionne à Paris, c'est "Paris-Innovation". Le Maire l'a cité tout à l'heure dans son intervention. Les entreprises innovantes ont été écoutées par la Ville.
Enfin, pour les réseaux de communication à "Paris-Rive gauche", M. DELANOË ignore certainement l'installation de TRANSPAC.
Je remercie Jean-Pierre LECOQ d'abord pour les félicitations qu'il a faites sur l'action menée par les adjoints, la DDAEE, et les personnels travaillant dans ce secteur. Vous avez mis en place les éléments néfastes de la politique gouvernementale, je n'y reviens pas. J'ai évoqué cela à propos de l'intervention de M. KUBICZ.
Vous dites que tout est fait pour renforcer la tranquillité de la Capitale, qu'elle est tournée vers l'avenir et que nous avons pris les décisions et les moyens financiers pour soutenir cette attractivité face à la concurrence très rude qui existe sur le plan international.
En effet je crois que votre analyse est parfaitement justifiée et qu'aujourd'hui, c'est par rapport à Londres, Amsterdam, Francfort et demain Berlin qu'il nous faut nous mobiliser et nous battre.
A M. FERRAND qui également ne nie pas l'effort fourni par la Ville, pour accroître le développement économique de la Capitale et je l'en remercie ; il évoque toutefois la nature de l'offre et les loyers trop élevés dans les hôtels industriels.
Je dirai que le Maire de Paris a effectué sa conférence de presse pour cette communication la semaine dernière, dans un bel exemple justement d'hôtel industriel rue Bouvier dans le 11e arrondissement et que le Président de l'entreprise spécialisée a justement insisté sur les faibles loyers qui permettent à des entreprises qui s'installent de profiter du c?ur de Paris, dans des hôtels industriels mis en place par la Ville.
Vous dites aussi également que vous souhaiteriez de nouveaux locaux pour les start-up. En effet, je crois que vous avez raison. Cela fait aussi partie des projets en cours de notre Municipalité.
D'ailleurs si les loyers des hôtels industriels étaient trop élevés, on comprendrait mal pourquoi le taux d'occupation de ces hôtels industriels est aujourd'hui de 92 %.
Pour l'aménagement du Nord-est que vous avez évoqué, on peut dire que la Ville agit avec les opérateurs dont la C.D.C., sur l'opération du pont de Flandres notamment, qui est une parfaite illustration de ce que je viens d'exposer. Il serait donc intéressant, par ailleurs, que la Cité des Sciences s'investisse davantage dans la valorisation économique. L'Etat dispose, là, en effet, de surfaces très importantes vacantes.
A M. HUBIN qui est intervenu, comme à l'habitude, avec l'enthousiasme et la clarté qu'on lui connaît, je le remercie d'avoir évoqué la bonne volonté de la Ville et de la Municipalité à l'égard du développement économique, mais il a jugé notre communication touffue.
Les 81 pages qu'il évoque en fin de compte ont voulu démontrer toutes les actions qui ont été faites au service du développement économique depuis le début de la mandature. Quand on ne donne pas d'exemples, on nous dit que c'est peu transparent, et quand on en donne trop, on dit que la communication est touffue. Je ne peux donc pas le suivre dans ce jugement.
Bien sûr, vous avez souligné la politique fiscale de l'Etat, trop rigide, la fiscalité sur les bureaux, la fiscalité forfaitaire sur l'hôtellerie. Je ne partagerai pas totalement votre sentiment quand vous dites qu'elle dessert l'hôtellerie parisienne et l'attractivité de notre Capitale en matière d'hôtellerie, car comme certains de nos collègues l'ont rappelé, notre hôtellerie fonctionne très bien aujourd'hui, et je ne pense pas que ce soit la taxe de séjour, réclamée à chaque personne venant dans un hôtel parisien qui réduit considérablement l'attractivité de notre Capitale.
Vous dites que "Paris-Développement" n'a aucun effet sur le nombre d'entreprises implantées et que l'O.T.C.P. soit aux mains des professionnels car le marché doit se réguler tout seul.
Je ne partage absolument pas cette analyse-là. Je crois, comme vous, que le marché doit appartenir au marché.
La Municipalité parisienne a un devoir d'accompagnement, pour faciliter un certain nombre de choses dans ce domaine qu'elle a pu faire dans le domaine économique avec "Paris-Développement" et "Paris-Innovation". Elle l'a montré avec l'Office du tourisme et des congrès que Paris a pu rassembler depuis trois ans, sous la présidence et la direction générale de deux personnes, les trois associations qui existaient auparavant.
En effet, je crois que si certains nous ont, à l'époque, reproché d'avoir trois organismes, et un certain nombre de redondances, avec un certain nombre de dépenses, au contraire, je crois qu'aujourd'hui et les professionnels le mettent en avant, l'Office du tourisme et des congrès est un excellent outil qui donne une excellente image de la Ville auprès des professionnels.
De plus, siègent à l'Office bien sûr les professionnels, mais également les Institutionnels, et il est normal qu'une ville comme la Capitale réunisse la Chambre de commerce et d'industrie de Paris mais également la S.N.C.F., Aéroports de Paris, la R.A.T.P. et bien d'autres encore.
Vous dites qu'il faut privilégier le réalisme et le raisonnable. Je crois vraiment que c'est ce que nous faisons. Nous continuerons à le faire car la Ville ne peut pas être absente de ces dossiers.
Madame BILLARD, faut-il attirer plus d'emplois à Paris avez-vous dit. Mme CATALA vous a répondu.
Sur la dégradation des problèmes de transports que vous évoquez, je laisserai mon collègue PLASAIT présenter la communication que le Maire de Paris fait et sa réponse.
En ce qui concerne le développement économique, je vous dirai que la baisse des loyers est un point intéressant mais qu'il est déjà en cours, qu'une aide ciblée pour que les jeunes reprennent les commerces doit avoir lieu ; c'est aussi à l'étude et mon collègue en charge du commerce et de l'artisanat pourra, en dehors de cette séance, vous apporter les éléments de réponse que vous attendez.
Monsieur CASTAGNOU, je laisserai aussi le soin à mon collègue de vous répondre sur le commerce et l'artisanat.
Le tourisme, dites-vous, a trois faiblesses : trop concentré sur le tourisme d'affaires ; ne mise pas suffisamment sur la complémentarité de la Région et s'adresse trop peu aux jeunes. A nouveau manque de centres d'hébergement ; erreurs d'orientation.
Je ne peux pas vous suivre et nous l'avons déjà évoqué lors de la 7e Commission. Le tourisme d'affaires est indispensable à notre Capitale, mais ce n'est absolument pas le seul point de la politique touristique de Paris puisque nous faisons beaucoup pour la politique de loisirs également et que l'Office du tourisme et des congrès, en particulier a un certain nombre d'éléments qui s'adressent aux jeunes pour leur accueil et je suis tout à fait d'accord avec vous pour dire que les jeunes sont les touristes de demain et que donc il faut les aider aujourd'hui pour qu'ils aient envie de revenir dans la Capitale, quand ils seront adultes et qu'ils auront avec eux une famille.
Je crois qu'il y a encore des efforts à faire. On peut accroître les centres d'hébergement, mais il en existe. Donc il n'y a pas réellement d'erreurs d'orientation de notre Municipalité.
Il y aura en tout cas un effort fait dans ce sens qui a déjà démarré et qu'il faut poursuivre, mais on ne peut pas tout faire en même temps.
En ce qui concerne la complémentarité avec la Région, dois-je vous rappeler que je représente le Maire au Conseil régional du tourisme avec lequel nous avons des liens permanents et que je représente également le Maire à l'Agence d'implantation pour les entreprises dans le cadre du développement économique et que sont évoqués à cette instance les dossiers entre Paris et la Région.
Je remercie M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE pour son intervention sur le tourisme. En effet, il a montré tous les atouts de Paris qui avaient été développés et soutenus pendant ces dernières années. La réforme de l'O.T.C.P. a bien réussi et je crois que l'ensemble des professionnels de ce secteur se réjouit du professionnalisme de cet organisme présidé avec ambition par Jacques PERILLAT et dirigé avec beaucoup de talent et de sérieux par Christian MANTEI.
D'ailleurs, les bons résultats sont connus. C'est pourquoi le Maire et notre Municipalité ont voulu encourager ces efforts en attribuant ce jour même une subvention complémentaire de 10 millions de francs pour avoir un budget total de 44,3 millions de francs pour l'Office du tourisme, outil qui travaille directement pour la promotion du tourisme parisien.
Je n'évoque évidemment pas les millions supplémentaires qui sont investis en faveur du tourisme parisien dans les différentes directions de cette Ville, la voirie, le transport, la circulation, la signalétique, le commerce et l'artisanat, les parcs et jardins et bien d'autres encore. Tout ceci concourt à la bonne image de notre Ville, à sa réputation et à l'envie de nombreux touristes provinciaux et étrangers de venir dans notre Capitale.
En ce qui concerne le tourisme d'affaires, c'est vrai que la Ville a fait un effort considérable, d'abord à "Paris Expo", avec la modernisation du parc et avec les importants aménagements extérieurs qui vont être effectués autour du parc pour que nous ayons un des parcs européens les plus attractifs.
Merci aussi d'avoir souligné que "Paris, capitale de la mode", était une idée intelligente, répondant à la volonté du Maire et très bien orchestrée par l'O.T.C.P. qui en effet, pour ne pas laisser partir des salons, a eu l'idée de ce rassemblement et c'est la première fois que les salons professionnels de la mode se réunissent. Dans le fond, "Paris, capitale de la mode" est bien aussi un des éléments-phares de notre ville.
Enfin, Monsieur REVEAU, vous dites que la Ville n'a que deux outils d'intervention économique, les impôts et l'emprunt. Je crois que la municipalité parisienne, son maire et son adjoint aux Finances, Jean-François LEGARET, ont montré combien ils avaient pris en compte l'importance de ces outils d'intervention puisque dans les budgets successifs que nous avons connus, les impôts dépendant de la Municipalité ont baissé progressivement et les emprunts ont été en partie remboursés par anticipation.
Enfin, M. RIOU a axé son intervention sur le tourisme. Il a évoqué, en reconnaissant le travail excellent de l'Office du tourisme et des congrès de Paris, la création d'offices municipaux d'arrondissement. Je me permettrai de lui rappeler qu'en dehors de l'Office qui répond à toutes les demandes, il y a des antennes de l'Office du tourisme un peu partout réparties dans la Capitale : auprès de la S.N.C.F. celles-ci ont fermé du fait de la rénovation des gares mais vont bientôt rouvrir. A la R.A.T.P. dans certaines stations de métro nous allons les développer. Enfin aux aéroports de Paris pour un accueil des touristes étrangers dès l'arrivée d'avions.
Je rappellerai également qu'il y a des services d'accueil dans chaque mairie d'arrondissement et que nous veillons à ce que l'ensemble des documentations existantes, des guides pour présenter non seulement les monuments de Paris, mais l'ensemble des éléments attractifs de notre Capitale, soient à disposition dans l'accueil de toutes les mairies et lorsqu'on connaît la fréquentation des mairies d'arrondissement au niveau de l'information et des renseignements, on peut être rassuré, déjà, sur cette information permanente de ce qui existe au niveau touristique à Paris.
Un exemple précis est le Syndicat de Montmartre puisque Montmartre est l'un des endroits les plus visités de la Capitale où il y a une antenne particulière, mais avec une convention d'objectif avec la Ville de Paris, car il ne faudrait pas que votre volonté d'offices municipaux d'arrondissement soit contraire à une stratégie commune, car il faut que la politique de Paris soit une et indivisible.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés", "Rassemblement pour Paris" et "U.D.F. et Modérés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur GABORIAU.
Le débat est clos.