Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2000
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

84 - QOC 2000-439 Question de M. Jean WLOS, Mme Mireille MARCHIONI et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris concernant la situation des familles de "mal logés" qui occupent l'immeuble 61, rue Myrha (18e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2000


Libellé de la question :
"M. Jean WLOS, Mme Mireille MARCHIONI et les membres du groupe communiste attirent l'attention de M. le Maire de Paris sur la situation des familles mal logées qui occupent l'immeuble 61, rue Myrha (18e).
Cet immeuble, situé dans le quartier de la Goutte-d'Or, est la propriété de la Ville de Paris depuis 1984. A l'époque, l'immeuble, en bon état, fut l'objet d'un projet d'aménagement en studios afin de permettre à l'O.P.A.C. de Paris et à la Ville de Paris de reloger les personnes isolées, vivant dans les hôtels meublés en péril du quartier.
Or, au mois d'octobre 1994, le retard pris dans l'exécution de cette décision devait conduire des familles du quartier, très mal logées ou sans logis, à occuper les lieux. Afin d'obtenir le relogement rapide et digne, celles-ci ont déposé des demandes en bonne et due forme pour accéder à des logements sociaux. Ces démarches n'ont toujours pas donné de résultat.
Ce n'est que le 10 mai 2000 que, suite à de nombreuses interventions, la Ville de Paris consentait à traiter le cas du 61, rue Myrha. Or, le 11 mai, un incendie dû à la vétusté de l'immeuble endommageait de manière très importante un grand nombre d'appartements. Ce tragique événement obligeait les habitants à camper sous une bâche de fortune. Cette situation inacceptable perdure depuis. Il semble également important de souligner que sur la trentaine d'enfants vivant dans cet immeuble 3 seraient gravement atteints de saturnisme et qu'un autre, hospitalisé depuis 4 mois, devra certainement se déplacer en fauteuil roulant.
Enfin, depuis l'incendie, un logement a été proposé à un certain nombre de familles.
Aussi, M. Jean WLOS, Mme Mireille MARCHIONI et les membres du groupe communiste demandent-ils à M. le Maire de Paris quelles sont les dispositions prises pour que les engagements - pris très tardivement - soient tenus et que des propositions de relogement se concrétisent rapidement.
Ils demandent également que le projet de réhabilitation, élaboré par les associations du quartier en concertation avec l'O.P.A.C. de Paris, soit maintenu et mis en oeuvre très rapidement dans l'esprit d'une plus grande mixité sociale affirmé notamment par la nouvelle loi de solidarité urbaine."
Réponse (M. Michel BULTÉ, adjoint) :
"L'immeuble du 61, rue Myrha, situé dans le secteur Château-Rouge, est effectivement propriété de la Ville de Paris.
Il a été entièrement squatté en 1994 par une quinzaine de familles africaines, empêchant ainsi l'engagement de l'opération de réhabilitation en petits logements qui avait été confiée à l'O.P.A.C.
Un jugement d'expulsion a été prononcé en juin 1995 à l'encontre de ses occupants.
Le 10 mai dernier, à l'occasion d'une audience accordée à l'association "Droit au logement", la Ville de Paris a accepté d'examiner la situation des occupants de cet immeuble ainsi que celle des occupants d'autres immeubles communaux ou en voie d'expropriation par la Ville.
Il convient toutefois de souligner que l'immeuble du 61, rue Myrha construit dans les années 1960 dispose d'une structure en béton armée parfaitement saine.
La Ville de Paris n'y a pas eu connaissance de cas de saturnisme, l'intoxication d'enfants au sein même de l'immeuble s'avérant en tout état de cause improbable compte tenu de la date de construction de l'immeuble largement postérieure à 1948, alors même que l'utilisation des peintures au plomb était interdite.
De même, l'incendie survenu le 11 mai n'était aucunement lié, contrairement aux allégations du "Droit au logement", à une quelconque vétusté des installations électriques, mais à une fuite de gaz sur un réchaud qui a détruit l'un des appartements et endommagé une partie de la toiture.
Suite à ce sinistre, les 5 familles résidant au 3e étage se sont vues proposer des hébergements temporaires par le Centre d'action sociale de la Ville de Paris. Ces propositions ont été refusées par les familles.
En outre, deux de ces familles ayant de très jeunes enfants se sont vues proposer le vendredi 12 mai un hébergement temporaire dans des logements d'insertion aménagés par la Ville de Paris ; ces propositions ont été également refusées par les familles.
Dès le 15 mai, six propositions de relogements définitifs étaient adressées à six foyers dont les cinq foyers résidant à l'étage du sinistre.
Sur les 16 foyers de l'immeuble ayant constitué un dossier de relogement, 14 foyers ont d'ores et déjà reçu au moins une proposition de relogement.
Le processus de relogement a été engagé le 15 mai dernier et la Ville de Paris entend le poursuivre indépendamment de tout pression afin de permettre la libération rapide et totale de cet immeuble et la mise en ?uvre du projet de réhabilitation prévu."