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Juin 2000
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49 - 2000, DAUC 119 - DLH 174 - Aménagement du secteur "cité de l'Avenir - passage de Ménilmontant" (11e). - Avis favorable au programme et au projet d'aménagement du secteur "cité de l'Avenir - passage de Ménilmontant" (11e). - Réduction du champ d'application du droit de préemption urbain renforcé institué sur l'ancien secteur "Avenir - Durmar - Ménilmontant". - Avis favorable à la mise en oeuvre de la procédure préalable à la Déclaration d'utilité publique de l'opération. - Autorisation à M. le Maire de Paris d'acquérir et de libérer les immeubles inclus dans le périmètre de l'opération. - Autorisation de dépôt des demandes de permis de construire en vue de la réalisation dans la cité de l'Avenir d'un programme d'environ 35 logements de catégorie P.L.I. et 3 ateliers-logements pour artistes de type P.L.U.S. et au 18, passage de Ménilmontant d'un programme d'environ 11 logements P.L.U.S. - Avis favorable à la constitution d'une servitude de passage piéton sur la voie cité de l'Avenir au profit du bâtiment 31, passage de Ménilmontant (11e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAUC 119 - DLH 174 concernant l'aménagement du secteur "Cité de l'avenir", passage de Ménilmontant.
M. BLET est inscrit. Je lui donne bien volontiers la parole.
M. Jean-François BLET. - J'espère que vous ne me la couperez point prématurément car j'ai calculé qu'au moins sept, voire huit orateurs avaient dépassé leur temps de parole sans que vous leur fassiez la moindre remarque. Je suis donc touché des attentions qui me sont exclusivement consacrées de votre part... disons sept et non pas huit, si vous préférez.
Monsieur le Maire, ce projet de délibération entérine définitivement une sage décision, la réorientation d'une opération dont l'ampleur initiale laissait craindre les pires méfaits urbanistiques. La réduction du D.P.U.R., déjà annoncée lors des réunions publiques et dans des délibérations précédentes, est aujourd'hui confirmée officiellement et juridiquement par ce projet de délibération. C'est heureux.
Sont ainsi sortis du périmètre un nombre important de bâtiments qui échappent à la destruction : la cité Durmar, le 25, rue des Bluets et la plupart des immeubles de la fin du passage de Ménilmontant.
Tout ce bâti préservé vous apparaît ainsi aujourd'hui à sa juste valeur après avoir été considéré comme insalubre et voué à ce titre à la démolition. Serait-ce qu'entre temps, l'O.P.A.H. aurait fait des miracles et résorbé cette terrible poche d'insalubrité pour laquelle l'intervention municipale s'imposait de toute urgence, si l'on en croit la lecture des premières délibérations relatives à ce secteur ?
Pas le moins du monde. On aura juste revu sérieusement les critères d'insalubrité et fait apparaître par là même combien ceux-ci étaient dévoyés et artificiellement aggravés.
Mais c'est une bonne chose.
Que reste-t-il de cette opération ?
Hors de la Cité de l'avenir, les dégâts sont limités et le passage de Ménilmontant ne fera pas les frais d'un urbanisme qui s'annonçait brutal. La transformation de l'hôtel meublé du 24, passage Ménilmontant en résidence sociale est une excellente mesure, la préservation de tout le côté pair du passage, une autre bonne nouvelle.
Seule ombre au tableau : la démolition du bâtiment du 18, passage de Ménilmontant qui aurait pu être réhabilité si la Ville n'avait pas opéré selon ses méthodes habituelles de préemption et si elle n'avait pas laissé pourrir sur pied ce remarquable bâtiment.
Ainsi l'opération se concentre principalement sur le périmètre où la Ville avait préempté le plus massivement et où la tactique du pourrissement a été menée avec le plus d'application et de réussite : la Cité de l'Avenir.
On comprend facilement ces choix hautement stratégiques : très enclavée, le paysage de désolation légué par la Ville dans la Cité de l'Avenir est demeuré caché des yeux des passants et même des voisins pendant ces longues années d'agonie. Comme le poisson pourrit par la tête, on fait pourrir les quartiers populaires par les coeurs d'îlots. C'est plus discret et il ne se trouve pas de méchants associatifs pour dénoncer les murages et les préemptions, signes avant coureurs de massacres à venir.
Au final, sur cette seule cité, témoignage remarquable de cet urbanisme tout à fait particulier qui a façonné les arrondissements populaires de l'Est, combien de bâtiments seront démolis ?
La réponse est sans appel : tous sans aucune exception. Ont déjà été démolis les bâtiments des 1, cité de l'Avenir, le 2-4, le 3-5, le 5 bis, le 6, le 7, les 8 et 9, cité de l'Avenir le seront quant à eux prochainement.
Cette opération nous laisse quelque peu perplexes. Les partis pris urbains qui avaient décidé initialement de cette opération, ouvrir la Cité de l'Avenir, désenclaver des coeurs d'îlots jusqu'à peu obsolètes, élargir le passage Ménilmontant, creuser des parkings, densifier le quartier, sont tous abandonnés pour cause d'obsolescence conceptuelle. Le programme que l'on nous présente est intéressant par sa modestie affichée. Il en devient même presque minimaliste. On retrouve les mêmes orientations prises pour des opérations précédentes revues à la baisse : des bâtiments bas, un nombre de logements réduit, un espace public soigné et préservé des bruits de la rue, le respect du parcellaire.
Ces orientations sont aussi les nôtres, quelques remarques cependant.
Le projet prenant place Cité de l'Avenir nous est ainsi présenté : "Un ensemble de bâtiments neufs dont l'architecture retrouvera par son échelle, son organisation et son écriture, le caractère propre de ces coeurs d'îlots de Ménilmontant". Le plan joint confirme effectivement ce parti pris. Le constat est frappant, vous reconstruisez à peu près à l'identique ce que vous avez saccagé. Quel gâchis ! La seule différence avec ce qui existait sera de deux ordres : une qualité des constructions et des logements que l'on espère meilleure et le statut des immeubles puisqu'il s'agira de logements sociaux.
Il aurait été infiniment plus simple, moins traumatisant et beaucoup moins coûteux que la Ville se contente tout simplement d'acheter les immeubles, d'en améliorer le confort et de les transformer en logements sociaux.
C'est encore manifestement trop compliqué et les opérations de la Ville restent marquées de cette culture qui se refuse à agir autrement qu'en démolition-reconstruction. Il est infiniment plus ambitieux et pertinent de simplement faire changer de statut des immeubles pour en améliorer le confort et permettre aux habitants de rester sur place lorsque le libre jeu du marché ne leur promet que la relégation en lointaine banlieue. Comme si l'urbanisme ne trouvait de légitimité que dans l'acte de démolir et de construire !
Aussi, dans le cas présent, malgré un projet intéressant et revu à la baisse, le sentiment qui ressort est celui d'un gâchis, urbain, financier et humain.
Une fois de plus prédominent très largement les démolitions alors que des réhabilitations s'avéraient parfaitement possibles.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. BULTÉ pour répondre à M. BLET.
M. Roger ROMANI. - Trois phrases, Monsieur BULTÉ !
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Je n'ai pas besoin de trois phrases, Monsieur le Ministre, mais de moins que cela pour remercier à nouveau M. BLET de son excellente intervention et de son soutien pour ce projet qu'il a reconnu excellent. La mise au point de ce projet a donné lieu à un échange fructueux avec la mairie du 11e et M. BLET sait qu'après une concertation exemplaire avec les Verts dans cet arrondissement, ils ont eux-mêmes voté ce projet au dernier Conseil du 11e arrondissement et en ont reconnu la qualité.
Je n'ai donc pas grand chose à ajouter aux propos de M. BLET qui a bien entendu félicité les services de la Ville de Paris.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 119 - DLH 174.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DAUC 119 - DLH 174).