Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2000
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

47 - 2000, DAUC 73 - Quartier de la Réunion, secteur "Planchat-Vignoles" (20e). - Bilan partiel de la concertation. - Mise en oeuvre de la procédure préalable à la Déclaration d'utilité publique du projet d'aménagement du secteur "Planchat-Vignoles" (20e) et mise en compatibilité du Plan d'occupation des sols de Paris avec cette opération par création d'un secteur de Plan-masse. - Réduction du champ d'application du droit de préemption urbain renforcé et du sursis à statuer institués sur le secteur "Planchat-Vignoles". - Autorisation de dépôt des demandes de permis de construire et de démolir nécessaires à la réalisation du programme de l'opération. - Avis favorable à la constitution de servitudes de passage sur la future cour de Casteggio au profit du bâtiment sis 23, rue des Vignoles - 4, impasse de Casteggio (fond de parcelle) et sur la future cour des Souhaits au profit des bâtiments sis 19 et 21, impasse des Souhaits (20e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAUC 73 relatif au quartier de la Réunion, secteur "Planchat-Vignoles" (20e).
Je donne la parole à M. BLET pour cinq minutes.
M. Jean-François BLET. - Nous n'allons pas recommencer nos vieux débats, Monsieur le Maire.
En ce mois de juin, la rue des Vignoles a des airs de petite ville méridionale. Elle ressemble encore à ce que pouvaient être les faubourgs parisiens d'antan. Pourtant, derrière ces façades bucoliques, l'îlot Planchat-Vignoles fait davantage penser à un champ de bataille ; la Ville a des projets ! La Mairie, on le sait, a naguère déclaré la guerre à ces immeubles. Là où la bataille est engagée, aucune alternative ne semble possible : Delenda Carthago !
L'îlot Planchat-Vignoles se situe à proximité de la Z.A.C. "Réunion" d'où d'innombrables "dégâts collatéraux". En 1990, l'îlot a fait l'objet de l'instauration d'un droit de préemption urbain renforcé. Dès lors la machine à saccager dans le diffus est en marche et fonctionne encore. Pendant 8 ans, l'îlot est infiltré par la Mairie, muré et détruit. La Ville et l'O.P.A.C. ne maîtrisant que partiellement le foncier, une réflexion d'aménagement est engagée à partir de la fin 1997. Une procédure de concertation commence en janvier 1998. La réflexion aboutit à l'élaboration d'un plan de masse, la concertation à un consensus.
Les plans de masse sont trop souvent des Z.A.C. qui s'ignorent. La volonté d'échapper au P.O.S. - en l'occurrence déjà bien peu contraignant - cache habituellement quelque manoeuvre peu avouable. Mais lorsqu'il est question d'assagir le P.O.S. parisien, je ne peux que me réjouir.
Ainsi, Monsieur le Maire, par le contenu de votre projet, fruit d'une heureuse concertation, vous désavouez le contenu du P.O.S. Vous réalisez enfin que celui-ci est inopérant dès lors que l'on souhaite réaliser des aménagements de qualité, adaptés à la demande du public et respectueux de leur environnement.
Dans le règlement du plan de masse le COS disparaît au profit d'un document graphique fixant les hauteurs maximums et désignant les espaces libres. Dans le projet, pas de bâtiments de plus de R + 3 mais de petits immeubles rappelant les maisons de ville ! La SHON prévue correspond à un COS virtuel de 1,7 ; un record dans ce quartier menacé par un COS de 3 et la mixité sociale est garantie par le programme, merveilleux ! Vous introduisez des espaces libres privatifs en lieu et place de SHON supplémentaires, fantastique ! Vos services ont écouté les riverains et enfin réalisé que l'équation concertation = projet abouti existe bel et bien.
En revanche, Monsieur le Maire, les résidents souhaitaient voir privilégiée la réhabilitation. Pourtant, vous nous demandez implicitement de vous autoriser à détruire au moins 34 petits immeubles et maisons n'excédant jamais plus de 3 niveaux. Si l'on compte les terrains déjà libérés, c'est une cinquantaine de bâtiments faubouriens qui ont ou vont être sacrifiés dans cette opération. Une cinquantaine, vous rendez-vous compte ! Laissez-moi vous donner la liste de ceux dont la mort est annoncée. Il s'agit souvent de parcelles pouvant accueillir plusieurs bâtiments parfois charmants : 19, rue des Vignoles, 5 à 11 bis, impasse de Castaggio, 27, rue des Vignoles, 4, impasse des Crins, 29, rue des Vignoles, 6, impasse de Castaggio, 10, 12, 13, 14, impasse de Castaggio, 3, 5, 7, 8, 10, 12, 13, 15, 17, 18 et 21, impasse de Crins, 3 bis, impasse des Souhaits, 11, 15, 16, 17, 18, impasse des Souhaits, 28, rue de Terre-Neuve et pour finir le 95, rue de Buzenval.
Certains choix laissent perplexes. Vous détruisez le 28, rue de Terre neuve, sympathique petit ensemble typiquement faubourien, représentant d'une espèce plus que menacée à Paris. En revanche, vous conservez le 26, moins rare et bien plus dégradé puisque la toiture en est partiellement effondrée et qu'un arbuste au port altier prend possession du 3e étage. Cette rudérale est la preuve d'un long abandon, la preuve des méfaits de la D.P.U.R.
Quelle justification à tout cela ? Le maintien de tel bâtiment, le 32, rue de Terre-Neuve, en l'occurrence, aurait posé des problèmes en termes d'accès ; le 30 ne permettait pas la réalisation d'un parc de stationnement. Vous sacrifiez encore sur l'autel du dieu voiture ! On évoque aussi la nécessité de ne pas créer de "baïonnettes", ces horreurs qui encombrent nos belles villes médiévales et poseraient des problèmes de sécurité... Allez-vous raser le marais ? Faut-il vous aider à établir la liste des ruelles de charme toutes plus étroites les unes que les autres ?
Sur la place de l'automobile, enfin, la Mairie franchit le pas et se refuse à respecter les ineptes normes de stationnement inscrites au règlement du P.O.S. qui oblige à des destructions autrement inutiles. Mais que de timidité ! La seule norme qui baisse - et encore cela reste très relatif - c'est le nombre de places par logement. Nous passons d'une place au moins en zone UH à une fourchette de 0,7 à 1 place. Les lots en accession à la propriété bénéficieront à ce titre d'une faveur et chaque logement aura sa propre place -entière ! Nous sommes encore bien loin d'une véritable mise en question de la place de la voiture à Paris !
Il me semble également important - et je suis déjà intervenu à ce sujet en avril dernier - que la réduction du champ d'application de la D.P.U.R. ne laisse pas le secteur en l'état. Les copropriétés dont l'entretien a été bloqué du fait des perspectives de démolition doivent être réhabilitées...
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Il vous reste 3 secondes pour conclure.
M. Jean-François BLET. - Vous me laisserez une minute de plus que vos 30 secondes.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Non, Monsieur BLET, pas une minute ni deux de plus sur chacune de vos interventions. Vous avez cinq minutes pour faire votre intervention, pas davantage.
M. Jean-François BLET. - Vous le faites systématiquement, cela devient une manie chez vous.
(Protestations dans l'Assemblée).
Qu'on me laisse terminer, on verra si j'ai dépassé de 20 ou 30 secondes. Pourquoi est-ce uniquement sur ma personne que cela se passe et depuis le début de la mandature ? Cela commence à bien faire ! Si vous voulez nous recommençons notre débat.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Probablement parce que vous le cherchez un peu.
M. Jean-François BLET. - Laissez-moi terminer. J'ai trois phrases à dire et c'est fini.
Donc je dis que vous avez proposé une O.P.A.H. dans le secteur de la Z.A.C. "Réunion", il faut faire de même à Planchat-Vignoles. Le projet fait table rase de l'intérieur et conserve les franges pittoresques de l'îlot. Sauver l'apparent ou le vécu - choix pirandellien dans ce quartier où les deux s'entremêlent si bien, si harmonieusement ! Que ce projet croisse sur le terreau d'une gestion foncière et immobilière absurde gâche un peu la fête ! Ce projet est né du pourrissement volontaire de l'îlot, et cette pratique, maintes fois condamnée, doit cesser. L'aménagement à coup de bulldozer cela ne fonctionne plus, si cela a jamais fonctionné !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Bien ! Je donne la parole à M. BULTÉ pour répondre à M. BLET. Cela fait 5 minutes 45.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Je crois qu'il ne faut pas agresser M. BLET quand il dit du bien de la Ville ! Il vient de reconnaître d'une manière très claire que la politique que nous avons menée est une bonne politique dans cet îlot. Merci, Monsieur BLET. Merci !
Je ne reviendrai pas sur le passé, effectivement, vous rappelez notamment les démolitions. Ce que je retiens, moi, dans vos propos et d'ailleurs dans ceux des élus de la majorité comme de l'opposition du Conseil du 20e, qui, je le rappelle, a voté ce projet de délibération à l'unanimité, c'est l'exemplarité du dialogue et de la concertation dans ce programme.
Nous avons mis longtemps, certes, et je remercie particulièrement l'ensemble des services de la Ville mais également l'architecte coordonnateur, M. SCHUCH, qui après avoir réuni l'ensemble des parties, l'ensemble des habitants de ce secteur, des associations, a pu arriver à ce projet.
Alors merci, Monsieur BLET, de vos propos encourageants pour la Municipalité et tout simplement, Monsieur le Maire, puisque ce projet a été voté à l'unanimité dans le 20e, je souhaiterais qu'il puisse l'être au Conseil d'aujourd'hui.
Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Donc je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 73.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DAUC 73).