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Juin 2000
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90 - QOC 2000-445 Question de Mme Gisèle MOREAU, M. Michel VION et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris concernant les locaux du Service des Archives de Paris situés à Villemoisson-sur-Orge (Essonne)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2000


Libellé de la question :
"Les locaux du Service des Archives de Paris situés à Villemoisson-sur-Orge abritent toute une série de fonds importants, dont celui des dessins et modèles de fabrique déposés au Conseil des prud'hommes de la Seine.
Comme Mme Gisèle MOREAU, M. Michel VION et les membres du groupe communiste le rappelaient lors de la séance du Conseil de Paris, en date du 27 mars 2000, ce fonds constitue un ensemble unique d'objets en céramique ou en cristal, de documents graphiques et photographiques, de tissus d'ameublement, de passementerie ou bien encore de vêtements du XIXe siècle. C'est un témoignage essentiel de près de 2 siècles de l'histoire de la création et de la production industrielle et ouvrière de la Région parisienne.
D'ailleurs, certaines de ces pièces furent présentées au public lors d'une exposition en 1993. Dans la préface du catalogue de cette exposition, le Maire de Paris de l'époque notait que "ces objets si divers, parfois très beaux, souvent surprenants, signés de noms tombés dans l'oubli ou brillants, (...) témoignent tous avec éclat de l'élan créateur, de l'esprit d'invention et d'entreprise, du dynamisme économique et commercial des artisans, compagnons, maîtres, ouvriers, manufacturiers et boutiquiers qui font de Paris, en ces années, la Capitale de l'art de vivre".
Mme Gisèle MOREAU, M. Michel VION et les membres du groupe communiste souhaitent également rappeler que ce fonds ne concerne pas que la collectivité parisienne, mais l'ensemble des départements d'Ile-de-France et qu'il est très apprécié par de nombreux chercheurs français et étrangers.
Or, depuis plusieurs mois, ce fond est fermé au public et aux chercheurs. Cette décision, qui soulève la réprobation du milieu scientifique, va à l'encontre des propositions d'une plus grande ouverture au public des archives françaises et de Paris. Enfin, il semblerait également que la Direction des Archives de Paris a pris la décision de se séparer de ce fonds et de l'entreposer dans des locaux municipaux inadaptés pour ce genre de conservation.
Mme Gisèle MOREAU, M. Michel VION et les membres du groupe communiste ne peuvent accepter une telle décision d'enlèvement de ces objets, rares et fragiles, qui furent au centre de l'activité artistique et industrieuse des 2 derniers siècles.
Pour cette raison, ils demandent à M. le Maire de Paris d'intervenir afin que ce fonds unique et remarquable puisse être conservé dans les locaux des Archives de la Ville de Paris, que les mesures préconisées par le C.H.S. au mois de janvier 1999 soient effectivement appliquées et qu'il soit de nouveau ouvert au public et au monde scientifique."
Réponse (Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint) :
"Le fonds des dessins et modèles de fabrique est constitué de documents figurés, de photographies et d'objets déposés auprès du Conseil de prud'hommes de la Seine entre 1850 et 1970 par les industriels parisiens. Cet ensemble, qui est propriété de l'Etat, présente un intérêt historique et esthétique indéniable. Toutefois, il n'est pas constitué d'archives au sens légal du terme et, en vertu d'un décret du 24 avril 1980, sa prise en charge incombe à l'Institut national de la propriété industrielle, et non aux Archives de Paris. Celles-ci en ont cependant entrepris au début des années 1990 le traitement matériel (restauration, reconditionnement) et intellectuel (inventaire), en privilégiant les dépôts effectués par les grands couturiers : 200 classeurs ont été composés, qui sont aujourd'hui librement consultables par les chercheurs. Ils ne représentent cependant qu'une très modeste fraction des quelque 70 mètres cubes totalisés par le fonds. La poursuite des travaux entrepris nécessite des moyens humains et financiers considérables qui sont à évaluer au regard des priorités absolues des Archives de Paris que sont la collecte des archives administratives, l'informatisation du service et la numérisation des archives d'état civil très sollicitées par le public généalogiste. Les dessins et modèles soulèvent d'autre part de graves problèmes d'hygiène et de sécurité qui préoccupent l'administration et les organisations syndicales représentant les personnels des affaires culturelles. En effet, faute de locaux disponibles et de mobiliers adaptés, ils encombrent les couloirs de circulation du centre de Villemoisson-sur-Orge, ce qui présente un risque majeur en termes de protection contre l'incendie. De surcroît, la salubrité du fonds, qui n'avait pas été expertisée lors de son transfert aux Archives de Paris, s'est révélée problématique à la suite d'une inondation accidentelle suivie d'une désinfection insuffisamment maîtrisée : des résidus mycéliens semblent en tout cas à l'origine de phénomènes d'irritation cutanée subis par certains agents, qui ont conduit à suspendre toute manipulation. Dans ces conditions, il est apparu préférable de transférer provisoirement la partie du fonds non inventoriée dans d'autres locaux appartenant à la Ville de Paris et de dégager, en concertation avec les services compétents de l'Etat, une solution pérenne pour la préservation et la mise en valeur d'un fonds dont l'importance pour l'étude de la civilisation matérielle à l'ère industrielle est reconnue par tous."