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Juin 2000
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19 - 2000, DVD 72 - Communication de M. le Maire de Paris sur les déplacements touristiques et l'accueil dans Paris des autocars de tourisme (suite)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2000


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous poursuivons la discussion concernant les déplacements touristiques et l'accueil dans Paris des autocars de tourisme.
Je donne la parole à M. PLASAIT, qui dispose de dix minutes.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais remercier les intervenants et les féliciter de leurs propos, qui sont souvent pertinents et toujours intéressants.
Pour commencer, je voudrais rectifier quelques erreurs.
D'abord répondre à M. GALLAND que, contrairement à ce qu'il affirme, la vitesse moyenne des voitures dans Paris, dans la tranche 7 heures-22 heures, s'est stabilisée à 18 kilomètres heure depuis 1996.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Chers collègues, veuillez écouter en silence !
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - ... J'en profite pour dire à M. GALLAND, ainsi qu'à tous nos collègues, qu'au cours des dernières années, la circulation dans Paris a diminué de plus de 3 %, depuis 1997 pour être précis, ce qui montre que, contrairement aux craintes de M. GALLAND, la politique du Maire de Paris porte ses fruits. Il souhaitait se tromper, il sera exaucé.
A M. TUROMAN, je voudrais proposer une visite en soirée sur les Champs-Elysées, de telle manière qu'il puisse constater avec moi l'importance des autocars devant le "Lido". Quant au calendrier Clichy-Rochechouart, sur lequel il m'interroge, il ne dépend pas de nous, il le sait bien. Mais nous voulons - et le Maire a indiqué comme période le courant de l'été - que cela aille très vite.
A M. BRET il faut que j'apporte une information capitale qui semble lui avoir échappé : l'Open Tour ne passe pas par la place du Tertre, mais en bas du funiculaire.
Mme BILLARD s'étonne d'une apparente contradiction entre les chiffres de touristes entre les deux communications au Conseil ce matin. Qu'elle se rassure, il n'y a pas contradiction : quand on parle de 20 millions de touristes dans la communication c'est parce qu'on comptabilise les touristes de loisirs, alors que dans l'autre communication sur le développement économique quand on parle de 30 millions de touristes, c'est le nombre total de touristes, à savoir les touristes de loisirs plus les touristes d'affaires, c'est-à-dire les participants aux salons et aux congrès.
Madame SCHNEITER, contrairement à ce que vous affirmez, les cars ne peuvent pas stationner dans Londres ; en revanche, ils peuvent y circuler, notamment pour desservir les grands sites et les hôtels.
Mme Laure SCHNEITER. - Je n'ai jamais dit cela !
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Mme SILHOUETTE nous dit qu'il faudrait interdire totalement la ville aux autocars. Je voudrais lui faire remarquer qu'aucune ville au monde ne s'est risquée à interdire totalement les cars à l'intérieur de son territoire. Je crois, pour ma part, davantage à des "dispositifs mesurés".
Pour répondre au fond, je veux remercier M. LEGARET d'une part, M. LAMBERT d'autre part, de leurs excellentes interventions qui m'évitent de décliner beaucoup de choses que j'aurais voulu dire, car ils les ont fortement et de manière excellente exprimées.
M. Bertrand BRET. - C'est de la solidarité !
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Oui, c'est vrai, il y a là de la solidarité, mais en même temps, la reconnaissance du talent et de la vérité.
Tout le monde fait je crois le même constat : les autocars sont un problème majeur la situation est devenue insupportable, vraiment préjudiciable à tous. Je crois que chacun s'accorde d'une manière générale à reconnaître que les mesures proposées vont dans le bon sens. Beaucoup les trouvent insuffisantes. Il y a par ailleurs quelques propositions originales dont font partie les taxis-bus proposés par M. SARRE et j'aurai l'occasion de répondre sur ce point tout à l'heure.
Je voudrais, en premier, faire une observation : la réglementation actuelle, que nul ne s'y trompe, est déjà contraignante en matière d'autocars ; si elle était davantage respectée, la situation serait beaucoup moins insupportable parce que les parkings ne seraient pas vides, parce qu'il y aurait de ce fait moins de cars en circulation et en stationnement anarchique ; et, par conséquent les nuisances seraient beaucoup moins fortes.
C'est pourquoi M. le Maire de Paris, comme la plupart des orateurs, demande au Préfet de police de dégager plus de moyens pour faire mieux respecter la réglementation ; c'est aussi la raison pour laquelle M. le Maire de Paris propose son aide à M. le Préfet de police ; c'est enfin pourquoi nous avons tant travaillé sur cette Charte dont je reparlerai tout à l'heure, tant elle me paraît importante.
Il faut aller plus loin, nous disent les orateurs. Mais, je voudrais faire remarquer que c'est exactement ce que nous faisons ; c'est exactement ce que demande M. le Maire à M. le Préfet de police : réorganiser la circulation des autocars dans la Ville à moyen terme.
Au centre de Paris, il s'agit d'améliorer la visite des principaux sites par des circuits sur la Seine, à partir de Bercy ; il s'agit d'optimiser l'efficacité des lignes touristiques, c'est-à-dire des cars rouges et de l'Open Tour.
C'est l'occasion de répondre à M. TUROMAN et à Mme JUNOT sur les exemples étrangers dont ils nous disent qu'il faut s'inspirer. Oui, c'est ce que nous faisons, quand c'est possible. D'une façon générale nous observons ce qui se passe à l'étranger. Souvent les comparaisons sont impossibles. Quelques exemples rapides : le centre de Prague c'est un kilomètre carré, le centre de Rome c'est cinq kilomètres carrés, soit 6,6 % de la surface totale de la Ville, alors que Paris, si l'on prend les six premiers arrondissements, ce qui est réellement le centre de l'agglomération, c'est 10 kilomètres carrés, soit 12 % de la surface. Aussi quand les leçons de diverses expériences peuvent être exploitées, bien entendu, nous le faisons. Tel est le cas des lignes touristiques exploitées dans les grandes villes touristiques dans le monde. Nous bénéficions, ainsi, maintenant, de "quasi services publics" avec deux lignes touristiques depuis deux ou trois ans.
Par ailleurs, je voudrais insister sur le fait que l'expérience de Rome concernant les autocars pendant l'année du Jubilé, dont beaucoup nous demandent de nous inspirer, en nous disant que c'est là une solution à tous nos problèmes, est une expérience qui nous intéresse beaucoup : nous avons fait un déplacement l'année passée, au moment où se mettait en place ce dispositif ; ce matin encore, notre collègue Mme Laurence DOUVIN avait au téléphone l'un des responsables italiens, à Rome, de cette expérience, M. TOMASINI ; ce dernier lui a indiqué que les premiers résultats sont mitigés. Je crois donc qu'il faut attendre encore avant de tirer les enseignements réellement utiles de cette expérience.
"Aller plus loin"... c'est ce que nous préparons également en demandant à M. le Préfet de police d'étudier la circulation des autocars uniquement sur les voies principales définies au titre du P.D.U. Je n'insiste pas là-dessus, cela a été expliqué par M. le Maire ce matin. Je crois que ce serait en effet une mesure intéressante dans le cadre d'une réorganisation de la circulation des autocars à Paris.
De la même manière, M. le Maire de Paris demande à M. le Préfet de police d'étudier de nouveaux périmètres de protection d'un certain nombre de sites, mesure qui permettrait de mieux protéger, de mieux respecter le Pont-Neuf, comme le souhaitait M. BRET ce matin.
"Aller plus loin"... c'est aussi le souci de M. SARRE qui a une idée originale, à priori séduisante, ce qu'il appelle les "taxis-bus". Cela me fournit l'occasion de répondre au voeu qu'il a déposé, sur lequel notre Conseil sera appelé à se prononcer tout à l'heure. Je le disais, cette proposition apparaît à priori séduisante mais je voudrais lui faire part d'un certain nombre d'observations :
- d'abord les 700 places environ de stationnement qui existent et qui sont autorisées pour les seuls autocars, sont actuellement notoirement sous-utilisées. Je l'indiquais tout à l'heure. M. LEGARET également.
Ensuite, les autocaristes étant organisés professionnellement de façon très autonome, il serait sans doute difficile, voire impossible, de les fédérer à l'intérieur d'un même G.I.E. comme cela est proposé.
Par ailleurs, le fonctionnement d'un centre de réservation est particulièrement délicat : il suppose de disposer des prévisions en besoins de déplacement en autocars, ce qui est difficilement envisageable, au regard des aléas de circulation et des durées de visite.
Enfin, l'idée d'associer S.T.P. et R.A.T.P. n'apporterait, je crois, aucune amélioration au système envisagé puisque 60 % des cars qui circulent dans Paris l'été sont d'origine étrangère ou viennent de province. Il s'agit d'une clientèle qui apprécie une prise en charge complète sans rupture de charge.
C'est pourquoi il faut faire très attention et ne pas pécher contre le tourisme de façon grave.
La plupart des autocaristes organisent eux-mêmes les voyages qu'ils proposent. Il est évident qu'ils renonceront à faire visiter Paris s'ils sont contraints d'adhérer à une structure juridique relativement lourde entraînant des surcoûts à répercuter sur leur clientèle.
N'oublions pas que nous sommes sur un marché en concurrence, en concurrence importante avec les autres grandes villes touristiques, qu'il faut éviter d'agir contre les intérêts de l'industrie touristique dont on connaît toute l'importance pour Paris.
Les mesures annoncées dans la communication doivent contribuer à résoudre les problèmes engendrés par les autocars de tourisme dans Paris. En particulier la création d'un titre unique de stationnement, le forfait journalier, que nous nous proposons d'instituer ; ils contribueront à une meilleure utilisation des capacités de stationnement offertes dans la Capitale, actuellement sous-utilisées.
Mais, également, la limitation de la circulation des autocars permettra de réduire les nuisances.
Pour en revenir à votre projet, l'obligation pour les sociétés, n'ayant pas adhéré à la structure G.I.E., de stationner leurs véhicules dans les parcs réalisés aux portes ou en périphérie de Paris, générera pour leur clientèle une rupture de charge réellement inacceptable ; d'ailleurs, elle n'existe dans aucune autre capitale ; il y aurait, là, Paris mise en situation de concurrence très défavorable.
Enfin, et c'est, je crois, la réponse principale à votre proposition de taxis-bus, l'organisation d'un tel système ne réduirait pas le nombre d'autocars en circulation dans la Capitale.
Alors, "aller plus loin" est donc sans doute nécessaire. Mais la seule façon, je crois, de répondre, et de répondre, immédiatement à ce problème urgent, est de donner toutes chances de succès à la "Charte de bonne conduite", c'est de cela qu'il s'agit aujourd'hui.
Je crois qu'il faut se garder des excès, comparaison n'est pas raison. Paris n'est réellement comparable à aucune autre ville Capitale.
Sa position "leader" en matière de tourisme, avec ses vertus en termes de recettes, mais aussi en termes d'image internationale, recommande la prudence dans ces bouleversements demandés, souvent avec autant de légèreté que de force.
La politique du Maire de Paris consiste à aller d'équilibre nouveau en équilibre nouveau, d'étape en étape, comme d'ailleurs le montre, d'une façon je crois très intéressante, le traitement des autocars sur la Butte-Montmartre :
- dans un premier temps, nous avons interdit la circulation des autocars sur la Butte ;
- dans un deuxième temps, nous avons organisé le stationnement payant des autocars sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart ;
- le Maire de Paris a promis une troisième étape : nous y sommes, c'est celle de l'interdiction du stationnement sur ces boulevards pour ne permettre que la dépose et la reprise des touristes.
Notre politique qui consiste à aller d'équilibre nouveau en équilibre nouveau, à être mesuré, ne veut pas dire pour autant qu'il ne faut pas être déterminé.
C'est, je crois, ce que nous démontrons en ayant, avec opiniâtreté, tout au long d'une année, mené la concertation avec tous les acteurs du tourisme en autocars à Paris.
Il est de l'intérêt de tous que cette Charte soit signée rapidement et surtout qu'elle soit respectée.
Les engagements réciproques des autocaristes, des exploitants de parkings de la Ville et de la Préfecture de police, s'ils sont respectés, assureront une meilleure desserte des sites, par une bonne utilisation de tout l'éventail des moyens de déplacement des touristes, c'est-à-dire les moyens de transport qui doivent être privilégiés, telles que : les navettes fluviales et les lignes touristiques. C'est ce que je rappelais tout à l'heure.
Le respect de cette Charte assurera aussi une bonne adéquation, la meilleure adéquation nécessaire entre offre et demande de parkings, ce qui n'est pas du tout le cas à l'heure actuelle, et ce qui explique, en particulier, qu'un certain nombre d'équipements soient vides. Je pense par exemple : au parking du Carrousel du Louvre, à celui de Bercy, etc.
Il y aurait là une bonne adéquation entre offre et demande, aussi bien en termes de places qu'en termes de tarifs.
Enfin, le respect de la Charte assurera un meilleur respect de la réglementation, par conséquent, un meilleur respect de la Ville et de ses habitants.
Je voudrais terminer en rappelant la définition de la politique (je crois d'Helvetius) : "La politique c'est l'art de faire en sorte qu'il soit de l'intérêt de chacun d'être vertueux".
C'est cette philosophie-là qui inspire notre Charte : la conviction de tous ceux qui ont participé à son élaboration, aussi bien les autocaristes que les exploitants de parkings, que la Ville et que la Préfecture de police. C'est, j'en suis sûr aussi, le sentiment de notre Conseil. C'est la raison pour laquelle je souhaite qu'une très large majorité, sinon l'unanimité, se prononce pour l'adoption et la signature rapide de cette Charte qui ne peut qu'améliorer les choses dans l'intérêt de tous, à commencer par les Parisiens.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés", "Rassemblement pour Paris" et "U.D.F. et Modérés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur PLASAIT.
La parole est maintenant à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, c'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai écouté, Monsieur le Maire, votre communication et, Mesdames et Messieurs les Conseillers, vos différentes interventions sur les déplacements touristiques et l'accueil dans Paris des autocars de tourisme.
Les idées que vous avez exprimées rejoignent tout à fait mes préoccupations et la richesse des échanges ne peut que nourrir notre réflexion commune.
Pour être convenablement traité, ce sujet important et délicat suppose une concertation étroite et approfondie entre nous. J'y suis comme toujours pleinement disposé.
En effet, en matière de stationnement et de circulation, les décisions que je suis amené à prendre sont toujours précédées d'un dialogue approfondi et très fécond entre le Maire de Paris, les maires d'arrondissement, les services de la Mairie de Paris et les services de la Préfecture de police.
La qualité de cette concertation commande toujours la qualité des choix arrêtés, et le dossier qui nous occupe aujourd'hui n'échappe pas à cette règle.
De par son rôle éminent, Paris connaît une circulation très dense à laquelle s'ajoute, au cours de la saison touristique, celle de nombreux autocars, nous en avons longuement parlé depuis ce matin.
Si le séjour des touristes contribue au rayonnement et à l'activité de la Capitale, la circulation des autocars qui en découle est, comme vous l'avez souligné, Monsieur le Maire, source de nuisances non négligeables qui sont de plus en plus mal supportées par les Parisiens.
Les décideurs publics, conscients de cette situation, ont cherché pour ce qui les concerne, depuis plusieurs années, à organiser au mieux le déplacement et le stationnement de ces véhicules au sein de la Capitale. Nous l'avons fait, pour ce qui nous concerne, en liaison étroite avec la Ville de Paris.
L'action de la Préfecture de police, dans ce domaine, a été multiple. Elle a tout d'abord consisté en la création de zones touristiques. Il en existe actuellement douze, la dernière Madeleine-Vendôme ayant été créée par arrêté en date du 22 décembre 1999.
Une nouvelle zone touristique actuellement au stade des études pourrait être prochainement instaurée dans le 13e arrondissement.
Sur le plan réglementaire, les zones en question permettent d'infliger des sanctions renforcées à l'encontre des autocars en stationnement non autorisé, en portant la contravention à 900 F renouvelable toutes les deux heures.
Par ailleurs, certains secteurs sensibles ont été interdits d'accès aux autocars. C'est ainsi que par arrêté du 2 juillet 1996, j'ai interdit leur circulation sur les îles de la Cité et Saint-Louis pendant les mois de juillet et août, et en cas de pic de pollution.
Il convient de souligner que, provisoirement, le recalibrage des quais Rive gauche, souhaité par la Ville de Paris, entraînera le retour des autocars sur les îles. C'est une mesure qui a été arrêtée en accord avec la Mairie. Elle présente, j'y reviens et j'y insiste, un caractère transitoire dont la durée est liée aux nouvelles possibilités des zones de dépose qui me seront proposées.
En ce qui concerne le quartier de la Butte-Montmartre qui est soumis à une forte pression touristique, on l'a maintes fois souligné aussi depuis ce matin, et aux nuisances qui en découlent, il a été totalement interdit d'accès. En outre, il a été procédé par deux arrêtés pris conjointement avec le Maire de Paris, en 1997 et 1999, à l'instauration du stationnement payant pour les autocars sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart.
Enfin, la réduction de moitié du nombre d'emplacements de stationnement réservés aux autocars dans ces deux rues a été rendue possible grâce à l'ouverture, en avril 1998, du parking Cardinet, dans le 17e arrondissement.
Un nouveau pas peut maintenant être franchi avec la libération des lieux, intervenue le 9 juin dernier, qu'occupe la pré-fourrière Europe située boulevard des Batignolles, dans le 8e arrondissement. Ce site libéré devrait permettre à la Ville d'y créer un nouveau parking pour autocars, allégeant d'autant les contraintes subies par les riverains boulevard de Clichy et de Rochechouart.
L'annonce que vous venez de faire, Monsieur le Maire, d'instaurer un titre unique de paiement valable pour les principaux parcs de stationnement réservés aux autocars recueille, bien entendu, mon plein agrément.
En ce qui concerne une meilleure utilisation de cette très belle voie de communication que constitue la Seine, le développement d'une interconnexion entre le parking pour autocars de Bercy et la zone d'embarquement sur navettes fluviales sur le quai du même nom, tout proche d'ailleurs, pourra constituer une solution alternative de qualité, dans la mesure où elle est susceptible de désengorger d'une manière significative le centre de la Capitale.
Cette solution, qui implique la création d'une zone de reprise des passagers à l'ouest de Paris, est intégrée par mes services à la réflexion d'ensemble sur l'utilisation de la Seine.
De nouvelles autres avancées sont aujourd'hui possibles. L'interdiction totale du stationnement sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart et l'instauration d'une simple zone de dépôt et de reprise pourront être effectives dès que les capacités supplémentaires de parking seront elles-mêmes opérationnelles sur le site de l'ancienne pré-fourrière Europe ou sur tout autre lieu situé à proximité.
Je suis par ailleurs favorable à des restrictions significatives de la présence des autocars dans le centre de Paris. A cet égard, il m'apparaît plus efficace d'envisager une interdiction complète d'accès à certains quartiers plutôt que de vouloir cantonner les autocars aux seuls grands axes qu'ils seraient nécessairement conduits à quitter pour accéder aux hôtels, rendant ainsi les actions de contrôle des forces de police beaucoup plus complexes.
Je suis également partisan, sous réserve d'un examen au cas par cas, d'étendre le nombre de sites protégés auxquels l'accès ne pourrait se faire que par le biais de zones de dépose situées en dehors du périmètre du site concerné.
Vous avez fait part enfin, Monsieur le Maire, de la finalisation d'une charte avec les professionnels du tourisme pour un meilleur accueil dans Paris des autocars de tourisme et de leurs passagers, charte par laquelle les sociétés d'autocars s'engagent à mieux observer la réglementation en vigueur en matière de circulation et de stationnement.
La Préfecture de police, qui a participé aux réunions d'élaboration de ce document, soutient, bien sûr, une telle initiative susceptible de remédier à l'indiscipline de nombreux chauffeurs d'autocar par le biais d'une meilleure prise de conscience et d'une forte sensibilisation.
Participe d'ailleurs de cette méthode la diffusion, chaque année, par mes services d'une brochure actualisée donnant toute une série d'informations pratiques à l'usage des conducteurs des autocars de tourisme à Paris. En 1999, je le rappelle, ce document a été diffusé à 23.000 exemplaires, en 6 langues différentes.
Il n'en demeure pas moins vrai que le respect de la réglementation tient aussi par l'exemplarité de la sanction des comportements répréhensibles qui sont, hélas, encore trop souvent constatés et j'ai récemment confirmé mes consignes de particulière sévérité en ce domaine.
C'est ainsi qu'entre janvier et avril 2000, 666 procès-verbaux de contravention ont été établis à l'encontre d'autocars en stationnement irrégulier par rapport à 187 pour la période du second trimestre 1999. De plus, les services de police ont perçu directement auprès des chauffeurs d'autocars étrangers en infraction, au titre des consignations, une somme totale de près de 1.250.000 F entre janvier et mai 2000, par rapport à 1.700.000 F pour la période allant de septembre à décembre 1999.
Ces chiffres ne rendent pas compte à eux seuls de l'efficacité des interventions policières. En effet, la priorité étant donnée à la fluidité du trafic, les contrevenants sont invités à circuler pour faire cesser l'infraction, sans parfois que celle-ci soit formellement verbalisée.
En outre, des actions de contrôle sont menées conjointement avec les services spécialisés du Ministère de l'Equipement afin de verbaliser les infractions à la réglementation des transports visant notamment les temps de conduite et l'état technique des véhicules. C'est un aspect particulier qui avait été souligné par certains d'entre vous, ce matin.
Cette politique sera poursuivie et accentuée.
En conclusion, les axes d'action et de réflexion qui viennent d'être présentés aujourd'hui, qui nécessitent pour certains d'entre eux un approfondissement ou des concertations complémentaires avec la Ville de Paris et la profession, notamment, devraient permettre d'accroître le degré de satisfaction des touristes qui viennent visiter la Capitale et de diminuer les nuisances liées à l'utilisation des autocars pour les Parisiens.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Préfet de police.
Tout le monde s'est exprimé.
Quelle est la position de M. PLASAIT sur le voeu présenté par le groupe "Rassemblement pour Paris" ?
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Monsieur le Maire, c'est un voeu qui va tout à fait dans le sens de votre communication, qui ne peut que renforcer la volonté des uns et des autres de mieux faire appliquer la réglementation.
A cet égard, je voudrais dire à M. le Préfet de police que je suis un peu étonné d'une partie de sa réponse. Ce que nous demandons, ce que demande avec force, je crois, la majorité des orateurs, c'est que la réglementation concernant les autocars soit beaucoup mieux respectée qu'elle ne l'est. J'aurais souhaité que M. le Préfet de police veuille bien dire, non pas qu'il confirme et amplifiera, mais que réellement il mettra à disposition, pour un meilleur respect de cette réglementation, tous les moyens nécessaires, en faisant éventuellement appel au concours que, Monsieur le Maire, vous lui avez proposé, de sorte que la réglementation existante soit réellement appliquée.
On ne peut pas se contenter de dire qu'il y a un certain nombre de procès-verbaux qui ont été délivrés au cours d'une année. L'idéal, ce n'est pas qu'il y ait des procès-verbaux nombreux délivrés, mais qu'il n'y en ait pas du tout et que la réglementation soit effectivement respectée.
Je reste un peu sur ma faim avec cette réponse de M. le Préfet de Police. C'est une raison supplémentaire pour laquelle j'émets sur le voeu qui nous est proposé un avis favorable.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u du groupe "Rassemblement pour Paris", relatif aux mesures à prendre par M. le Préfet de police concernant la circulation et le stationnement des autocars.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est adoptée.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Quelle est votre position Monsieur PLASAIT sur le v?u présenté par le groupe du Mouvement des citoyens ?
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Monsieur le Maire, pour toutes les raisons que j'ai longuement expliqué tout à l'heure, j'émets un avis défavorable sur ce voeu.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u du groupe du Mouvement des citoyens, préconisant diverses dispositions, et notamment la création d'une structure juridique ayant pour mission de constituer et de gérer une flotte de cars, ainsi que la mise en place d'un nouveau service de "Taxis-bus" en liaison avec la R.A.T.P.
Qui est pour ce voeu ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est rejetée.
Le débat est terminé.
Je vous remercie d'avoir participé à ce débat important.