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Novembre 2004
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Conseil Général
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2004, DLH 4 G - DASES 313 G - Plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées. Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une convention relative à l’attribution d’une subvention d’investissement d’un montant de 453.076 euros à la Régie immobilière de la Ville de Paris (R.I.V.P.) pour son programme de création d’un centre d’hébergement d’urgence au 118, rue du Faubourg-Saint-Martin (10e). - Octroi de la garantie du Département de Paris pour le service des intérêts et l’amortissement d’un emprunt PLU à contracter par la R.I.V.P. en vue du financement du programme.

Débat/ Conseil général/ Novembre 2004


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - M. VUILLERMOZ est inscrit ainsi que Mme Sandrine MAZETIER sur le projet de délibération DLH 4 G - DASES 313 G pour la création d?un centre d?hébergement d?urgence dans le 10e arrondissement. En fait, il y a un deuxième projet de délibération similaire référencé DLH 5 G - DASES 314 G. Je vous proposerai de regrouper vos interventions pour les deux centres prévus dans le 10e.

La parole est à M. Jean VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Madame la Présidente.

Effectivement, un ensemble de délibérations dans la perspective proche de l?hiver concerne la prise en charge des personnes et des familles socialement défavorisées, notamment en matière de logement et d?aide alimentaire.

Je ne souhaite pas une nouvelle fois allonger mon propos à ce sujet, mais force est de constater que la pauvreté s?étend aussi à Paris. C?est la grande plaie de notre société et de notre monde. C?est la preuve irréfutable, à mon avis, que le libéralisme n?est pas la bonne réponse au développement de la société.

Force est de constater aussi que les mesures antisociales du Gouvernement aggravent encore cette situation.

Il faut dépasser cette organisation sociétale, réhumaniser notre société pour qu?elle soit enfin celle de l?émergence de l?humain bénéficiant totalement de ses droits les plus essentiels, et c?est vers cela qu?il faut aller. La solidarité est donc l?un de ces droits qui doit trouver toute sa place à Paris.

Concrètement, Madame la Présidente, dans le cadre de conventions passées avec des constructeurs sociaux, vous proposez la création de deux nouveaux centres d?accueil dans le 10e arrondissement d?une capacité de 80 places. Ces réalisations formalisent la décision prise par l?Etat et la Ville dans le cadre du P.D.I. d?humaniser les principaux centres d?urgence et de reconstruire des places en compensation des pertes de place induites par des travaux. Ce plan est forcément une bonne chose, il est au service de la dignité humaine. Mais il reste qu?il n?offre pas de places supplémentaires à un moment où, je l?ai dit plus haut, la crise sociale s?aggrave.

Sans entrer dans une énumération de chiffres et en saluant les 100 places supplémentaires ouvertes pour cette année, il faut noter que la Croix-Rouge a indiqué qu?il manquait 400 places nouvelles d?accueil à Paris intra muros. Il nous faut donc interpeller fortement l?Etat à ce sujet pour qu?il s?implique financièrement dans un plan complémentaire de construction de centres d?accueil à Paris.

 

Il y a de la place à Paris pour plus de solidarité dans un nombre plus grand d?arrondissements, dont le 5e, Monsieur TIBERI, lorsqu?on sait que le 13e, par exemple, compte 38 % du total des structures d?accueil. Or, à ce sujet, ne peut-on pas faire un bilan spatial des structures d?accueil parisiennes, ce qui permettrait d?ajuster les efforts à faire dans la transparence ?

Madame la Présidente, à propos de l?action des ?Restaurants du C?ur?, je voudrais dire, comme cela vient d?être dit, ma joie pour l?aide attribuée pour leur permettre d?aménager un centre de distribution dans le 19e arrondissement à la porte de la Villette. En revanche, je m?interroge sur le fait que notre contribution financière à la distribution alimentaire des ?Restos du C?ur? ne progresse cette année que de 2,5 % par rapport à la campagne précédente. Cette aide supplémentaire sera-t-elle suffisante au regard des besoins ?C?est une question.

Pour terminer, je souhaiterais avoir de plus amples informations concernant l?organisation des urgences à Paris pendant la période hivernale, en sachant que l?A.P.-H.P. va accroître ses capacités pour faire face aux épidémies touchant la petite enfance, et aussi au niveau de l?hospitalisation. A ce sujet, peut-on savoir si, comme l?année précédente, la Ville entend accompagner et soutenir ce dispositif ?

Merci.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Madame MAZETIER, vous avez la parole.

Melle Sandrine MAZETIER. - A mon tour au nom du groupe socialiste de saluer ce projet de délibération et de saluer le rapporteur et les rapporteures, Mme STIEVENARD, Mme STAMBOULI et M. MANO.

Des projets de délibération qui tombent à point nommé car chacun connaît la situation de saturation des centres d?hébergements et le besoin de structures nouvelles. Les structures nouvelles qui nous sont proposées à travers ces délibérations sont particulièrement adaptées car elles sont à taille humaine et bien insérées dans leur quartier.

Le centre d?hébergement d?urgence de la rue Faubourg-Saint-Martin, prévoit 40 places qui seront dédiées à des femmes en errance et à quelques couples.

Le centre d?hébergement de la rue des Messageries est également un centre d?hébergement de 40 places. On peut espérer que ce soit le début d?un parcours résidentiel qui devrait amener leur résidents à sortir de l?errance, peut-être à sortir de ces centres d?hébergement pour aller vers des résidences sociales, puis vers l?habitat social que nous souhaitons développer à Paris.

Vraiment, des félicitations à l?aboutissement de ces deux projets qui sont désormais bien engagés.

Je voulais également m?inquiéter en fait du rôle ou du non-rôle que l?Etat joue à nos côtés dans ce domaine. L?Etat lance actuellement son plan d?accueil et d?hébergement hivernal qui prévoit 4.000 places à Paris dont 900 dans des locaux et des immeubles qui appartiennent à la Ville.

L?effort que la Ville mène dans ce domaine permet naturellement de limiter les phénomènes d?errances et de limiter surtout les risques encourus par les personnes en errance à Paris, mais chacun sait que les dotations de l?Etat affectées aux centres d?hébergements parisiens sont notoirement insuffisants. Il manquerait aujourd?hui un million d?euros au budget des centres d?hébergements gérés par le C.A.S-V.P. et les associations gestionnaires de centres se plaignent sans cesse de la précarité de leur financement.

Elles passent aujourd?hui la moitié de leur temps auprès des banques à négocier de la trésorerie, à se battre ; ce n?est pas normal car ces associations ont pour vocation première d?aider les personnes vers lesquelles se concentrent leur action et pas de gérer sans arrêt des problèmes de subvention et de trésorerie.

J?appelle l?Etat, moi aussi, comme vient de le faire M. VUILLERMOZ à l?instant, à se mobiliser. A se mobiliser également pour, et là il y aura peut-être une petite nuance avec mon prédécesseur dans ce débat, à se mobiliser pour une répartition plus équitable de l?effort à l?échelle régionale. Paris concentre la moitié des places d?hébergement dans l?Ile-de-France et on pourrait considérer qu?un effort accru devrait se faire dans des départements qui jusqu?à présent se sont peu manifestés sur ces sujets, je citerai par exemple les Hauts-de-Seine. Cette répartition plus équilibrée à laquelle nous appelons tous vaut aussi dans Paris.

Jean VUILLERMOZ, le disait : il y a très peu de places dans le centre de Paris, très peu de places d?hébergement. Vous demandiez un bilan à l?instant, Monsieur le Président, je crois qu?il serait rapidement fait ; il n?y a aucune place d?hébergement dans le 5e arrondissement, aucune ! Je crois que tout Paris peut produire et générer de la solidarité et qu?il y a une certaine honte de ne pas accepter de venir en aide à ceux d?entre nous qui sont dans des situations les plus difficiles et dans des risques vitaux.

Un éditorialiste nous appelait ce matin dans la presse quotidienne à prendre peut-être un peu de temps pour parler de l?exclusion sociale et de la haine des pauvres, qui s?est - diton exprimé dans un conseil de quartier du 5e à propos de l?ouverture d?un restaurant aux S.D.F. Nous faisons plus qu?en parler. Nous agissons concrètement, Madame la Présidente, je le redis, à travers ce projet de délibération, c?est l?honneur des Parisiens que vous défendez, et encore toutes mes félicitations pour votre action, ainsi qu?au 10e arrondissement.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente, au nom de la 6e Commission. - Je remercie Sandrine MAZETIER et Jean VUILLERMOZ de l?intérêt qu?ils portent à nos projets en matière de solidarité.

Vous avez eu raison l?un et l?autre de rappeler la responsabilité première de l?Etat dans ces domaines. L?Etat n?est pas inerte, mais il reste cependant en deçà de la main par rapport aux besoins.

M. VUILLERMOZ souhaitait un bilan spatial. Or un document récent vient d?être produit par l?A.P.U.R. qui propose une photographie des lieux d?hébergement des personnes en difficulté. C?est tout à fait limpide qu?il existe une forte concentration dans quelques arrondissements du Nord-est parisien, énormément dans le 13e arrondissement, un peu dans le 14e alors que d?autres arrondissements sont beaucoup moins concernés. Je vous rejoins totalement sur le fait qu?il faut parvenir à une répartition plus équitable de ces équipements.

 

Sachant qu?en effet, du fait de l?importance du chômage, beaucoup de personnes adultes, jeunes, femmes ou étrangers se trouvent sans abri et à la rue.

Je remercie la mairie du 10e arrondissement pour l?accueil qu?elle réserve à ces deux établissements de 40 places chacun qui seront gérés par les ?Associations du Secours catholique? et la ?Cité du Secours catholique?. Nous sortons de la logique des grands dortoirs et il est certain qu?il est plus facile de s?insérer dans un quartier avec des projets à taille humaine. Ce programme est complété par l?ouverture en décembre d?un centre d?hébergement et de réinsertion sociale, boulevard de Charonne, dans le 11e, de 120 places pour des femmes en difficulté. Ce qui veut dire que la Ville a considérablement accru son effort globalement, aussi bien en matière de places nouvelles financées depuis 2001 que d?offres de places en résidence-relais et en résidence sociale, et également en logement d?insertion. Là où nous avons aujourd?hui des logements vacants, nous proposons aux associations de les gérer temporairement.

Bien sûr, je suis très favorable à une meilleure répartition régionale, notamment en direction des départements jusqu?ici sous-équipés.

Je souhaite que l?Etat réévalue les crédits consentis au fonctionnement des C.H.R.S. et je me réjouis de présenter ces deux projets de délibération aujourd?hui à notre séance.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 4 G - DASES 313 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2004, DLH 4 G DASES 313 G).