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Juin 1996
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50 - IV- Question d'actualité du groupe communiste à M. le Maire de Paris sur l'ensemble des dispositions et des moyens engagés concernant les initiatives prises en faveur des jeunes Parisiens durant les vacances scolaires.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Nous passons à la question d'actualité des élus communistes concernant les initiatives prises en faveur des jeunes Parisiens durant les vacances scolaires.
M. MANSAT a la parole.

M. Pierre MANSAT.- J'espère que vous aurez la bonté de considérer que ma question est d'actualité puisque habituellement vous présentez la communication sur les initiatives en direction des jeunes pendant les vacances scolaires d'été à la séance du mois de juillet. Nous souhaiterions avoir préventivement le point exact des mesures que la Municipalité entend engager.
Nous savons très bien que vous allez nous dire que l'effort, comme tous les ans d'ailleurs, est considérable, et que, comme le dit la charmante petite brochure qui nous a été remise, "à Paris, l'été on peut tout y faire ou presque", mais nous avons quelques questions précises à poser.
Effort : certes on peut rendre hommage à tous ceux, enseignants, animateurs sportifs, policiers, bénévoles d'associations, qui participent aux activités l'été en direction des jeunes, mais considérable c'est à voir !
On le voit d'ailleurs avec les chiffres que vous annoncez lors du débat budgétaire. Il a été dit que 4.300 jeunes étaient concernés par les opérations "Prévention Eté 1995". En même temps, ce chiffre de 4.000 jeunes était celui d'une seule parmi les décisions annoncées en juillet 1995. Ce chiffre ne permet pas de se faire une idée réelle puisqu'il ne peut s'agir que d'un seul jeune pour une seule journée.
La situation des familles parisiennes étant celle que l'on connaît, il est probable qu'encore plus de jeunes ne pourront quitter Paris en juillet et en août. Tenons compte bien sûr de l'écart important entre les demandes, les besoins et les offres de la Ville.
Il faut donc un effort exceptionnel et il faut trouver les moyens financiers. C'est notre première question. Quand on le décide, c'est possible. Nous avons aujourd'hui voté une somme importante pour un seul club sportif à Paris.
Et puis autre question : la prévention ne peut tourner uniquement autour des activités sportives. Les jeunes ont aussi besoin de sorties culturelles : bibliothèque, ludothèque, musée, qui pourraient être utilisées à bon escient. Qu'en est-il pour cet été ?
Et puis l'initiative très positive des collèges ouverts qui accueillent des centaines d'enfants pour des révisions scolaires et des sorties culturelles et sportives. De l'avis général, les effets positifs se font sentir tout au long de l'année. La Municipalité ne pourrait-elle pas apporter un complément à ce que fait la Région dans ce domaine puisque les financements de la Région sont importants, mais insuffisants ? Pourquoi ne pas doubler la mise pour l'ensemble des collèges de Paris qui sont ouverts pendant l'été ? Cela permettrait de payer des professeurs et de faire participer plus de tranches d'âges à ces activités.
Et puis n'y a-t-il pas des mesures toutes particulières en direction des tout petits qui ne fréquentent pas les centres de loisirs et qui passent leurs vacances dans la rue ?
Sur les centres de loisirs, autre question, la brochure est un véritable conte de fées puisque l'on sait que beaucoup d'enfants vont passer leurs vacances en centres de loisirs dans les cours d'écoles surchauffées !
Voilà notre question. Il nous semble qu'il est un peu temps d'arrêter de se payer de mots et d'adjectifs qualificatifs ronflants. Que faites-vous pour mettre en oeuvre ce que vous avez déclaré en juillet 1995 : "nous ferons tout pour que l'été 1996 soit encore plus agréable pour celles et ceux qui ont besoin de voir leur vie embellie" !

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Monsieur GOASGUEN, vous avez la parole pour répondre à M. MANSAT.

M. Claude GOASGUEN, adjoint.- Cette question, qui est astucieusement posée, ne rentre pas non plus tout à fait dans le cadre de l'article que vous avez évoqué tout à l'heure.
Mais à la question, même réponse. Je vais essayer de faire une espèce d'état récapitulatif sommaire car c'est un débat qui pourrait nous amener très loin, de ce que la Ville de Paris a envisagé pour cet été. Je le fais bien entendu comme adjoint aux Affaires scolaires, mais l'adjoint aux Affaires sportives ou bien l'adjoint à la Jeunesse seraient tout à fait à même de vous faire cette réponse que je vais essayer de synthétiser.
Je n'emploierai pas, comme vous le dites, de mots ronflants, simplement je vous répète qu'entre le "ronflement" des mots et la somme des crédits, vous comprenez très bien que la Ville de Paris fait un effort exceptionnel.
Je le répète, cet effort est exceptionnel, car vous savez très bien, cher ami, qu'il n'y a pas une seule collectivité locale, ni parmi vos amis, ni parmi les nôtres, qui fasse un effort équivalent.
Certes cela ne veut pas dire que tout soit parfait. C'est le rôle de l'opposition de dire que ce n'est jamais complètement au point. J'écoute tout à fait vos suggestions, mais quand même reconnaissez, puisqu'on est entre nous, en fin de séance, aujourd'hui, que de ce point de vue, la Ville de Paris n'a rien à envier à qui que ce soit.
Donc je le répète, sans "ronfler", mais avec beaucoup de force : la Ville de Paris n'a à envier à personne et se trouve très largement en tête de tout ce qui est fait sur le périscolaire et sur la politique en faveur de la jeunesse.
Les contribuables parisiens et la Ville de Paris sont en tête, sans conteste, de ce point de vue.
La Ville de Paris s'est donc attachée, comme elle le fait chaque année à l'approche de l'été, à mettre en place des dispositifs d'accueil et d'animations destinés aux jeunes parisiens, et notamment aux jeunes qui n'ont pas la possibilité de partir en vacances.
D'abord, pour les jeunes de 3 à 14 ans, l'ouverture des centres aérés permettra à un nombre d'enfants important de bénéficier d'activités ludiques, sportives, ou culturelles dans Paris ou à l'extérieur de Paris.
Le centre de loisirs d'été, puisque c'est la nouvelle dénomination, deviendra l'unique point d'accueil où les enfants pourront choisir entre les possibilités de sortie ou de séjour.
Selon la période d'été, les points d'accueil ouverts varieront entre 154- pour vous donner les chiffres précis- entre le 1er juillet et le 30 août, et 248 pour les trois premières semaines de juillet et la dernière semaine d'août.
Ce dispositif est conçu pour accueillir chaque jour 9.500 enfants en moyenne.
Par ailleurs, chaque semaine, 500 enfants de 3 à 14 ans, pourront partir dans le cadre de séjours aventures dans la région parisienne, ainsi que 80 adolescents âgés de 11 à 14 ans qui participeront à un raid sportif itinérant de 5 jours en Ile-de-France, que nous initions cette année.
Au total, ce sont 446.000 journées-enfants qui seront prises en charge par la collectivité parisienne pendant l'été 1996.
En matière sportive- excusez cette énumération, mais la question prête à l'énumération- la Ville organise autour de 20 centres d'animation sportive, la pratique d'une trentaine de disciplines. Cet accueil, qui a lieu sur les équipements sportifs municipaux, est totalement gratuit, et toutes les activités sont encadrées par des moniteurs spécialisés, diplômés d'Etat.
En outre, 18 séjours de vacances sportives sont proposés dans différentes régions à près de 500 adolescents.
Au niveau des structures de jeunesse, des opérations vacances sont menées par les centres d'animation de la Ville. Elles concerneront 450 jeunes en séjour hors de Paris, et 350 stages à Paris.
Par ailleurs, la Ville finance le départ autonome de près de 200 jeunes. De plus, quelque 70 associations de jeunesse perçoivent un montant global de 2 millions de francs leur permettant d'organiser plus de 400 camps pour environ 8.000 adolescents.
Dans le domaine des activités culturelles, la Ville de Paris, comme chaque année, participe largement avec l'Etat à l'organisation du Festival "Paris quartiers d'été". Les spectacles organisés dans ce cadre le sont à des prix très modiques ou parfois à titre gratuit.
Cette année, est notamment prévue, le 27 juillet, dans le Jardin des Tuileries, la parade des quartiers d'été, défilé d'enfants et de jeunes, qui a bénéficié de l'aide du Ministre Délégué à la Ville et à l'intégration, de la délégation inter-ministérielle à la Ville et du fonds d'action sociale.
Il faut rappeler que la participation de la Ville à l'ensemble de cette manifestation qui était de 1 million en 1994, est passée en 1996, à 3 millions, faisant ainsi de la Municipalité, désormais, le principal bailleur de fonds après l'Etat dans cette opération.
Enfin, dans le cadre de la politique de la Ville, il faut citer l'opération "ville, vie, vacances" mise en place par la Ville de Paris, l'Etat, qui est destinée à prendre en charge pendant les vacances d'été des jeunes des quartiers sensibles et à leur offrir sur les équipements sportifs des activités gratuites.
Cette opération représente un coût total de 5,8 millions dont 3,1 sont pris en charge par la Ville et concerne 400.000 journées-enfants.
La description de ces actions n'est naturellement pas exhaustive et ne donne, bien entendu, que les grandes orientations des programmes que la Ville de Paris met en place pour l'été, mais mes collègues et moi-même, nous tenons à la disposition de nos collègues pour fournir des renseignements plus précis qui, évidemment, prendraient beaucoup plus de temps si nous voulions en faire le récapitulatif "cataloguesque".
Votre question invitait un peu au "catalogue", et je m'excuse auprès de mes collègues du caractère un peu fastidieux de la réponse.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés" et "Rassemblement pour Paris").

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Je remercie M. GOASGUEN.
Non, Monsieur MANSAT, je vous renvoie là aussi à l'article 31 de notre règlement : aucune réplique, aucune réponse après les questions d'actualité. Je vous demande de bien vouloir respecter notre règlement.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. Pierre MANSAT.- Ce sont les mêmes chiffres que l'année dernière.