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Juin 1996
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9 - 1996, D. 682- Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec la société anonyme "Weber café" une convention en vue de l'exploitation en café-restaurant de la propriété domaniale anciennement dénommée "Pavillon du Chemin de fer" sise dans le parc des Buttes-Chaumont (19e).

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1996




M. LE MAIRE DE PARIS.- Nous passons à l'examen du projet de délibération D. 682 concernant l'exploitation en café-restaurant de la propriété domaniale anciennement dénommée "Pavillon du Chemin de fer" située dans le parc des Buttes-Chaumont.
Monsieur MARCOVITCH, vous avez la parole.

M. Daniel MARCOVITCH.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, comme vous le savez, le Conseil du 19e arrondissement a refusé le projet de cession du Pavillon du Chemin de fer à la société dite "Weber café".
Le Pavillon du Chemin de fer a été, jusqu'à une période récente, consacré à la restauration, et le moins que l'on puisse dire est que ce ne fut pas un succès.
Le précédent gestionnaire n'a pas tenu ses engagements, et s'était maintenu dans les lieux au-delà de son bail. Ce n'est qu'à la suite d'une action en justice que les locaux ont pu être libérés. Aujourd'hui, vous nous proposez de concéder ce pavillon à un restaurateur qui prendrait selon le cahier des charges, à sa charge, les travaux de reconstruction des ailes du bâtiment et s'engagerait à entretenir l'environnement immédiat du restaurant.
Nous ne connaissons pas les personnes physiques, certainement très honorables, auxquelles vous proposez de concéder le pavillon du chemin de fer.
Permettez-moi donc quelques observations.
Premièrement, la société qui doit gérer le restaurant et prendre à sa charge les 4 millions de francs de réparations des ailes du bâtiment n'est pas encore constituée.
Deuxièmement, aucune référence professionnelle dans le domaine de la restauration et de la gestion d'une structure importante ne nous est proposée pour justifier des qualités qui ont fait que ces personnes ont été choisies plutôt que d'autres.
Troisièmement, quels que soient les engagements que le gestionnaire prendra, pouvez-vous nous affirmer que pour les mariages du dimanche, ou pendant les beaux jours, les allées des Buttes-Chaumont ne seront pas envahies par des voitures bruyantes et dangereuses pour les piétons ?
Le parc des Buttes-Chaumont est un des espaces verts privilégiés de la Capitale, et c'est une chance pour le 19e arrondissement. Plusieurs lieux de restauration existent déjà dans son périmètre. Je ne suis pas persuadé que ce parc ait pour vocation de concentrer des restaurants et des salons pour noces et banquets.
Par contre, dans l'esprit du parc, pourquoi ne pas envisager la création d'un écomusée consacré à la nature à Paris dont pourraient bénéficier les jeunes des écoles de l'arrondissement et pourquoi pas plus largement de Paris ?
Ou bien, pourquoi ne pas envisager la mise en place d'une structure à but culturel : salles d'expositions, animations, conférences, dont le 19e arrondissement manque cruellement ?
Ce type de structures pourrait trouver parfaitement sa place dans ce lieu.
En conclusion, ce que propose la Mairie du 19e par le vote acquis à la majorité, c'est d'insuffler un peu d'imagination, de sortir de ce principe de la concession qui rapportera au total 100.000 F par an à la Ville de Paris pour des nuisances dont on n'a pas encore mesuré l'importance, une détérioration de l'environnement et finalement peu de bénéfices, pour ne dire aucun bénéfice, pour les Parisiens.
Monsieur le Maire, nous vous le demandons : pensez aussi à ces arrondissements périphériques qui ont besoin d'un peu de culture, d'une autre animation que des structures à but commercial.
Dans ce domaine, en tout cas, le groupe socialiste votera contre ce projet.

(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).

M. LE MAIRE DE PARIS.- La parole est à Mme DURLACH.

Mme Martine DURLACH.- Il me paraît en effet tout à fait dommageable qu'un bâtiment aussi bien situé et aussi élégant, je dirai, aussi intéressant, propriété de la Ville, et situé dans le parc des Buttes-Chaumont, soit limité à un équipement de restauration.
Il me semble que deux pistes de réflexion plus intéressantes pourraient être étudiées par la Mairie.
En effet, les 13e et 20e arrondissements disposent chacun d'un centre de ressources lié à la nature, ce qui n'est pas le cas dans le 19e arrondissement.
Il serait possible d'étudier la possibilité de créer à l'emplacement des anciens salons Weber un tel centre de ressources, ce qui permettrait d'accueillir, autour d'activités liées à la connaissance de la nature, à l'étude des plantes et des animaux, à la fois les enfants des écoles et les centres de loisirs qui en auraient bien besoin.
Une autre proposition pourrait être étudiée : il s'agirait de proposer le relogement des ateliers du Chaudron, actuellement installés à la Cartoucherie de Vincennes et qui doivent quitter ces locaux destinés à accueillir l'école de danse de Carolyn CARLSON.
Ces ateliers offrent des activités fort intéressantes pour les enfants, pour l'insertion des jeunes ainsi que pour les personnes âgées.
Ainsi cette association serait très intéressée par cette proposition de relogement.
C'est la raison pour laquelle, Monsieur le Maire, les élus communistes pensent que la Ville s'honorerait en prévoyant un investissement qui permettrait d'offrir cet équipement dont la qualité et l'emplacement sont rares à de nombreux jeunes et à tous les habitants de l'arrondissement.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).

M. LE MAIRE DE PARIS.- Monsieur LEGARET, vous avez la parole.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, au nom de la 6e Commission.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, je ne suis pas surpris par les observations qui ont été faites par M. MARCOVITCH et Mme DURLACH qui reprennent les arguments qu'ils ont développés devant le Conseil du 19e arrondissement.
Je voudrais simplement rappeler, sans refaire à chaque fois l'histoire, que c'est une concession qui avait une affectation à usage de restaurant depuis très longtemps.
On est donc tout à fait conforme à la tradition et je ne crois pas qu'il puisse y avoir des contre-indications fortes à ce type d'établissement dans les parcs et jardins.
C'est une très vieille tradition parisienne notamment depuis le siècle dernier, et pas seulement depuis le siècle dernier.
C'est un bâtiment qui a connu, c'est vrai, des vicissitudes.
Il a notamment été affecté par un incendie important, et il y a des travaux considérables à faire. La Ville a lancé un appel public à candidatures, deux candidats se sont manifestés, je suis d'ailleurs un petit peu étonné de l'attitude du Maire du 19e arrondissement, puisque j'avais pris le soin, alors que je n'étais pas du tout tenu de le faire, de l'informer et de l'associer à la décision qui était prise.
On vient aujourd'hui refaire tout l'historique et nous dire qu'on manque d'imagination. Je voudrais simplement que conformément à la règle, à la tradition, on affecte à un concessionnaire- dans des formes très normales, très transparentes, d'appel à candidatures - ce pavillon dit "du Chemin de fer et des salons Weber" qui en a bien besoin parce qu'il y a des travaux considérables à faire.
J'ajoute que dans la conjoncture budgétaire actuelle, les concessions rapportent accessoirement quelques recettes et que cela ne devrait pas laisser notre Assemblée indifférente.

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci.
Monsieur MADEC, vous avez la parole.

M. Roger MADEC, maire du 19e arrondissement.- Je voudrais dire à M. le Rapporteur que jamais je n'ai été associé, ni de près ni de loin, à cette décision. Certes, j'ai été informé de sa décision, mais je lui ai dit que je ne pensais pas opportun d'installer un restaurant festif dans le parc des Buttes-Chaumont.
Nous n'avons rien contre le concessionnaire qui est honorable, il ne me paraît pas opportun d'organiser des noces et des banquets le dimanche après-midi, dans un secteur très fréquenté par des enfants. Les usagers des Buttes-Chaumont sont hostiles. Il semble difficile d'empêcher les voitures de rentrer dans le parc des Buttes-Chaumont.

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci.

M. Daniel MARCOVITCH.- On est vraiment dans la dèche !

M. LE MAIRE DE PARIS.- Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 682.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, les groupes socialiste et apparentés, communiste, du Mouvement des citoyens, Mmes TAFFIN, SILHOUETTE, SCHERER, MM. BLET, DUMAIT et MESMIN ayant voté contre et Mme SCHNEITER s'étant abstenue. (1996, D. 682).