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Juin 1996
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10 - 1996, D. 586- Fixation des redevances applicables aux visites guidées payantes autorisées dans les promenades municipales et les cimetières parisiens.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1996




M. LE MAIRE DE PARIS.- Nous abordons l'examen du projet de délibération D. 586 concernant la fixation des redevances applicables aux visites guidées payantes autorisées dans les promenades municipales et les cimetières parisiens.
Monsieur SARRE, vous avez la parole.

M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, en octobre dernier les élus du Mouvement des citoyens avaient déposé une question orale relative à la création d'une taxe sur les visites organisées par les conférenciers indépendants.
Une taxe de 200 F avait en effet été instaurée pour les visites guidées et commentées par les conférenciers indépendants dans les jardins municipaux et les cimetières parisiens.
La Ville de Paris compte en effet un faible nombre de conférenciers. Ce sont généralement des professeurs d'histoire de l'art à la retraite dont les visites commentées, souvent passionnantes, sont très appréciées des touristes, des Parisiens, des retraités nombreux à fréquenter ces conférences.
C'est en effet une activité qu'ils exercent par amour de notre Capitale et en même temps un goût prononcé pour l'histoire et les événements qui ont fait Paris et la Nation française. La participation à ces visites est modeste.
A la suite de ces observations, il nous avait été répondu que cette taxe de 200 F par conférencier et par visite avait été fixée à un niveau raisonnable au regard de l'effectif moyen des groupes et des recettes correspondantes.
La délibération qu'il nous est demandé d'approuver aujourd'hui, déjuge, Monsieur le Maire, l'argumentation précédemment avancée.
Aujourd'hui, vous nous proposez en effet de moduler l'application de cette taxe selon l'intérêt du site visité, cette nouvelle disposition s'appliquant aux organismes privés à vocation commerciale.
Celle-ci serait fixée à 200 F pour les cimetières quel que soit le nombre d'auditeurs et à 100 F pour les jardins lorsque le groupe d'auditeurs est supérieur à 7.
Aussi, nous vous demandons si vous entendez étendre cette mesure en faveur des conférenciers indépendants.
Il nous semble qu'en la matière les règles doivent être égales pour tous, et qu'il ne serait pas équitable de voir les conférenciers indépendants payer 200 F pour la visite des jardins quand les organismes privés paient moitié moins.
Nous regrettons à nouveau l'instauration de cette redevance sur les visites organisées par les conférenciers indépendants qui semblent avant tout résulter d'une recherche de recettes de poche pour la Ville.
Elle ne devrait dans les faits n'avoir qu'un apport marginal au budget de la Ville.
Nous vous rappelons que 22 milliards 800 millions de francs sont inscrits au budget primitif de fonctionnement de la Ville de Paris pour 1996.
Aussi souhaiterions-nous connaître le produit annuel estimé de ces redevances concernant les visites organisées par des guides indépendants et les visites organisées par les organismes privés à vocation commerciale.
Au regard de ces éléments, sauf si vous nous apportiez des informations contraires et nouvelles, nous voterions contre ce projet de délibération.

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, socialiste et communiste).

M. LE MAIRE DE PARIS.- Madame SCHNEITER, vous avez la parole.

Mme Laure SCHNEITER.- Monsieur le Maire, c'est avec surprise que j'ai pris connaissance de ce projet de délibération.
Vous nous invitez à fixer les redevances applicables aux visites guidées de certains jardins et cimetières parisiens. Je souhaiterais connaître les critères de sélection concernant les jardins.
Vous proposez 100 F pour la visite du jardin "Atlantique" dans le 14e arrondissement. Doit-on considérer ce jardin sur dalle et jardinière comme une réussite digne d'attirer les visiteurs étrangers et provinciaux ? Ou plutôt espérez-vous en récupérant 100 F par-ci, par-là, minimiser le coût de cette merveille technologique pour pourvoir aux futurs coûts et travaux d'entretien de cette dalle. Je n'ai pas oublié qu'avant l'inauguration du jardin "Atlantique", nous avions délibéré en Conseil d'arrondissement sur l'entretien. Le coût en était tellement cher que je n'ai d'ailleurs jamais vu après figurer les mêmes sommes dans la presse concernant son entretien.
Donc, je pense qu'à l'époque il y avait déjà un gros problème du coût de ce jardin sur dalle, et que la Mairie, d'une certaine façon, a essayé de minimiser ce coût.
Concernant le jardin "André Citroën" dans le 15e arrondissement, je suppose que le jardin exotique sous serre avec ses fabuleuses espèces de 50 centimètres à 2,50 mètres de haut justifie à lui seul les 100 F demandés également.
Même si ces choix prêtent à sourire, je voterai ce projet.

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci, Madame.
Madame de PANAFIEU, vous avez la parole.

Mme Françoise de PANAFIEU, adjoint, au nom de la 4e Commission.- Merci, Monsieur le Maire.
Pour répondre d'abord aux questions qui ont été posées par M. SARRE, je rappellerai qu'il y a deux formes de visites des jardins ou cimetières parisiens : des visites qui sont organisées par la Ville de Paris, dont le coût est de 35 F la visite, et des services qui sont organisés, comme il le rappelait, par des groupes indépendants.
Récemment, dans un quotidien du soir, et pas plus tard que samedi dernier d'ailleurs, il y avait un appel fait par l'une de ces formations indépendantes pour visiter dimanche, deux grands cimetières de Paris. Il était proposé pour effectuer cette visite de s'acquitter de 50 F.
Les visites organisées de manière indépendante ne sont donc pas gratuites et leurs tarifs sont d'ailleurs, souvent, supérieurs à ceux appliqués par le service des visites de la Ville de Paris.
A partir de cette constatation, est-il vraiment normal qu'un guide professionnel indépendant, dès lors qu'il perçoit des entrées payantes, n'ait rien à reverser à la Ville de Paris, alors qu'il exerce sa prestation sur les structures municipales.
C'est la raison pour laquelle, il est proposé de faire payer à ces groupes, de sept personnes et plus, la somme forfaitaire de 200 F. Vous voyez donc que, quand vous divisez 200 F par sept ou plus, vous arrivez à un prix qui est tout de même inférieur à celui des visites guidées classiques. On prend là en compte le fait que la prestation du professionnel est soutenue derrière par un organisme associatif ou autre, qui a peut-être besoin de vivre, qui a droit, à partir du moment où il se donne la peine d'organiser ces visites, d'en tirer un certain bénéfice. Cela étant, il serait anormal que la Ville soit complètement oubliée dans cette affaire.
Pour ma part, ce système me paraît équitable.
Monsieur SARRE, vous avez posé une deuxième question qui est celle du produit annuel des redevances des visites organisées, d'une part, par la Ville de Paris, et d'autre part, par le privé. Je n'ai pas ici cet élément de réponse et je me propose de vous le faire parvenir dès qu'il sera en ma possession. Si j'avançais aujourd'hui des chiffres, j'aurais peur qu'ils soient approximatifs. Je préfère attendre 24 heures et vous apporter des éléments fiables de réponse à votre question.
Je répondrai maintenant à Mme SCHNEITER qui a pris comme exemple le jardin "Atlantique". Oui, c'est une merveille qui est visitée par des touristes étrangers, par de grands botanistes, par de grands architectes d'espaces verts. Oui, c'est une réalisation qui nous est enviée au plan européen. Par conséquent, oui à ce titre-là, ce jardin mérite d'être visité comme le jardin de Bagatelle, comme le Parc floral de Paris, comme d'autres jardins de Paris qui sont admirables.
Alors toujours la même chose : à partir du moment où ce jardin intéresse, par sa spécificité, des visites guidées y sont organisées à titre payant. Cela étant, il va de soi que le public peut venir s'y promener librement et gratuitement.
Mais à service rendu, tarif adéquat, et il me semble que la Ville de Paris joue encore une fois parfaitement son rôle en proposant ce genre de service payant qui permet à ceux et à celles qui le souhaitent et qui souhaitent faire cet effort, de mieux connaître le patrimoine parisien. D'autant plus qu'elle propose des tarifs très enviables et appréciés des visiteurs.
Voilà, Monsieur le Maire, les éléments de réponse que je voulais apporter aux questions qui ont été posées par les deux conseillers de Paris.

M. LE MAIRE DE PARIS.- Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 586.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, les groupes communiste et du Mouvement des citoyens ayant voté contre, Mmes SILHOUETTE, SCHERER et M. BLET s'étant abstenus. (1996, D. 586).