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Juin 2002
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17 - 2002, ASES 118 G - Subvention à l'association "Solidarité Sida", 14, rue de Savoie (6e), pour "Solidays 2002". - Montant : 132.500 euros. - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec ladite association une convention

Débat/ Conseil général/ Juin 2002


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération ASES 118 G relatif à l'attribution d'une subvention à l'association Solidarité Sida pour "Solidays 2002".
Je donne la parole à l'oratrice inscrite : Mme Catherine GÉGOUT.
Mme Catherine GÉGOUT. - Merci, Madame la Présidente.
J'interviens sur cette délibération qui accorde une subvention de 132.500 euros à l'association "Solidarité Sida", et il y a aussi à cette séance deux subventions municipales de 55.000 et 33.000 euros à la même association.
En fait, ces subventions traduisent la volonté de notre collectivité de prendre en compte cette manifestation dans ses différents aspects, que ce soit la santé et la prévention mais aussi la culture et la solidarité internationale avec les pays du sud.
Ce sont des sommes très importantes qui représentent 10 % du budget de la manifestation. Et la volonté de la Ville de montrer la force de son engagement dans la lutte contre le Sida est manifeste. Cela en vaut la peine. Je ne conteste pas ces sommes, bien au contraire !
Je voudrais rappeler quelques faits. Le Sida est une catastrophe mondiale. Il a fait, à ce jour, plus de 20 millions de morts, plus de 40 millions de personnes vivent avec le virus V.I.H. de part le monde, et ce chiffre, selon les estimations, devrait s'élever à 100 millions de personnes au moins à l'horizon 2010. La situation de l'Afrique est gravissime, mais les perspectives en Asie, en Chine, en Russie, en Amérique du Sud sont véritablement effrayantes. Le Sida constitue une véritable bombe. Force est de constater que nous n'en mesurons pas véritablement les effets, et encore moins les effets à venir sur l'avenir de la planète.
Les prévisions sont absolument catastrophiques et alarmantes ! Et notre pays n'est pas épargné : tout le monde tire le signal d'alarme.
En France, après une période de diminution du nombre de nouvelles contaminations puis de stagnation, la situation a de nouveau commencé à s'aggraver : plusieurs enquêtes et divers indicateurs le laissent entendre. L'étude épidémiologique n'a que trop tardé, mais se met finalement en place avec le système de déclaration obligatoire de séropositivité. Les modalités de cette déclaration ont enfin trouvé un consensus parmi tous les acteurs concernés, permettant d'avoir une vue claire de l'épidémie pour mieux la combattre, tout en respectant l'anonymat des personnes.
Cette étude risque fort de nous faire découvrir une situation bien pire que nous n'osons l'imaginer. En effet, tout laisse supposer que le nombre de nouvelles contaminations est reparti à la hausse, notamment en raison de l'augmentation des rapports non protégés, comme en témoignent les résultats de la dernière enquête auprès de la population gay et la nette recrudescence des maladies sexuellement transmissibles comme notamment les gonococcies et plus particulièrement la syphilis, qui avait pourtant pratiquement complètement disparu.
Il existe à cela de nombreuses raisons, qui ont été pointées par tous les acteurs de la lutte contre le V.I.H. :
- arrivée d'une nouvelle génération moins concernée par la question ; baisse d'intérêt des médias ;
- impression que le problème du Sida serait aujourd'hui un problème étranger, surtout africain ;
- impression générale que les nouveaux traitements auraient d'une certaine manière réglé le problème (on meurt moins du Sida en France aujourd'hui, et on voit surtout peu de malades ou de personnes vivant avec le V.I.H. témoigner de leur expérience et de leurs difficultés à vivre avec la maladie ou avec les traitements) ;
- extension du virus à de nouvelles populations, notamment aux femmes, aux migrants, aux précaires ;
- baisse de la garde au niveau de l'information et de la prévention.
Je raccourcis car je vais dépasser mon temps de parole.
Dans ce contexte, il ne fait aucun doute que le soutien et l'aide aux associations qui luttent pour l'information sur le Sida et pour l'aide aux malades, est une nécessité et un devoir.
Or, il faut bien en faire le constat, au niveau national, les campagnes sont pour le moins pauvres, voire inexistantes. La dernière en date qui comportait des sports télévisés excellents et réalistes n'a pas vu le jour en raison de pressions réactionnaires et c'est tout à fait regrettable.
La journée mondiale de lutte contre le sida reste un moment fort de la sensibilisation à la question et le deuxième moment fort est le festival "Solidays".
L'Ile-de-France est de loin la région la plus touchée et Paris doit être le fer de lance de la lutte contre le Sida.
Depuis quelques années, le festival "Solidays" joue un rôle important par l'association "Solidarité Sida", mais aussi par de nombreuses autres associations qui participent au festival. L'aspect festif et les concerts permettent d'attirer un public très large, jeune, et de le mobiliser de façon efficace. Enfin, ce festival ne se limite pas à une journée, mais il s'étend dans le temps, décliné en festival in et festival off, ce qui permet d'élargir le public touché et sensibilisé et de tenir le discours de prévention dans le temps.
Depuis le changement de majorité, Paris s'est engagé de façon plus active dans la lutte contre le Sida, comme en témoignent les augmentations des subventions accordées à toutes les associations. Il est nécessaire de poursuivre et d'accroître encore l'effort dans ce sens. Ce sont des batailles quotidiennes ; chaque jour il faut recommencer aussi bien pour les malades, pour les personnes vivant avec le V.I.H., les associations, les professionnels de la santé. Les pouvoirs publics doivent y tenir leur rôle, c'est ce que nous essayons de faire.
Je vous remercie.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Monsieur LHOSTIS, vous avez la parole.
M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - Je ne répondrai pas à Mme GÉGOUT qui a montré la maîtrise qu'elle a de cette situation et qui a souligné les nouveaux efforts faits par la Municipalité parisienne pour s'engager plus résolument.
Elle a évoqué la question de la sensibilisation au travers de campagnes de communication. Vous avez vu que la Ville de Paris a décidé de s'investir fortement et qu'à nouveau, en ce moment, une campagne de sensibilisation à la fois générale et dans des lieux de festivités, de plaisir et d'échanges, est repartie dans une période où justement les rencontres, les échanges, la venue de jeunes de tous pays, et de moins jeunes, nécessite de rappeler les risques graves que vous avez soulignés de recrudescence de la pandémie, y compris à Paris et tout particulièrement également sur les maladies sexuellement transmissibles. Mais, là aussi, nous avons engagé une opération pilote autour de la syphilis dont la presse a longuement parlé en attribuant à la Direction générale de la Santé cette initiative. Je crois que c'est un peu injuste vis-à-vis de la Ville de Paris car cette initiative est partie de nos services et a été reprise par la Municipalité, bien sûr en liaison avec la Direction générale de la Santé. Nous sommes évidemment très sensibilisés sur ces questions.
Nous participerons, le 1er décembre, à la Journée mondiale du Sida, mais notre action est permanente et nous nous saisissons de toutes les occasions pour sensibiliser la jeunesse. L'initiative de "Solidays", quatrième festival international de jeunesse, musique et solidarité, est un moment important pour sensibiliser le public autour des trois axes suivants :
- Santé Solidarité : nous aurons, cette année, une présence forte de la Ville de Paris auprès de la Région Ile-de-France pour mieux sensibiliser que l'an dernier le public jeune qui vient avec beaucoup d'interrogations et de questions. Nous aurons un stand plus documenté, avec le personnel à même de répondre aux questionnements.
- Culture : inauguration du festival par les trois lauréats.
- Et organisation d'Etats généraux à l'Hôtel-de-Ville de Paris que le Maire ouvrira lundi, car vous avez souligné la solidarité que nous devons à l'échelle internationale aux pays pauvres.
Pour toutes ces raisons, nous avons décidé de reconduire la subvention importante de l'an dernier à hauteur de 220.500 euros, au total, soit 132.500 euros sur le budget Santé Solidarité par le Département, 55.000 euros et 33.000 euros au titre de l'animation culturelle et des relations internationales.
Si je tiens à insister sur cette répartition, c'est qu'ainsi, le budget Santé, et notamment de prévention autour du Sida, bénéficiera d'un concours supplémentaire de 88.000 euros puisque mes deux collègues en charge de la politique culturelle, Christophe GIRARD, et des relations internationales, Pierre SCHAPIRA, ont bien volontiers pris sur leur budget cette année pour aider le secteur Santé à soutenir cette importante manifestation. Ces sommes pourront être utilisées et venir conforter l'effort déjà important entrepris depuis l'an dernier pour aider les associations qui luttent contre le Sida.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 118 G.
Qui est pour?
Contre ?
Abstention ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, ASES 118 G).