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Decembre 2000
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11 - 2000, JS 571 - Candidature de Paris pour l'organisation des Jeux olympiques de 2008

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2000


M. Jean-Antoine GIANSILY, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l'ordre du jour qui appelle le débat sur les Jeux olympiques et je donne de nouveau la parole à M. LEGARET qui va nous décrire le point de la situation.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, au nom de la 1ère Commission. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je vais vous donner connaissance de l'intervention du Maire de Paris qui est retenu mais qui nous rejoindra, je pense, dans quelques instants.
Mes chers collègues, le Maire souhaite aujourd'hui, comme il s'y était engagé, faire avec vous le point de l'avancement de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2008 à quelques semaines maintenant de la transmission de notre dossier définitif au Comité international olympique.
Un pas essentiel a d'ores et déjà été franchi puisque le 29 août, la commission exécutive du C.I.O. réunie à Lausanne a retenu Paris comme ville candidate au côté de Pékin, Toronto, Osaka et Istanbul. Un choix particulièrement encourageant puisque Paris a recueilli 7 fois sur 10 la meilleure note et a obtenu in fine la meilleure moyenne.
La candidature de notre Ville se construit également à travers la qualité et le choix des sites susceptibles de recevoir les Jeux.
En étroite liaison avec les Fédérations internationales, "Paris 2008" a ainsi désigné les sites qui pourraient accueillir d'une part le village olympique et les compétitions, d'autre part les villages des médias et le centre international des médias. Le document qui vous a été remis détaille les implantations retenues.
Pour ce qui concerne les compétitions, nombre de grands équipements sportifs parisiens accueilleront des épreuves des Jeux olympiques. De nouveaux équipements devraient être également réalisés pour accueillir la piscine olympique, sur les terrains de l'ancien hôpital Claude-Bernard et la très grande salle omnisports dans le 19e. Bien évidemment, l'organisation d'un événement de la dimension des Jeux olympiques doit également s'attacher à proposer les meilleures conditions d'accueil aux services de presse nationaux et internationaux et aux très nombreux journalistes qui devront relayer cette manifestation mondiale.
Mes chers collègues, notre commune ambition de voir réussir Paris et la préparation sans faille de notre dossier définitif de candidature, a par ailleurs conduit à réviser les moyens budgétaires initialement prévus avec, désormais, une dépense totale évaluée à 150 millions de francs et contribuant à ce budget, qui a vocation à couvrir l'ensemble de ces dépenses, la Ville de Paris, la Région Ile-de-France, l'Etat ainsi que de nombreux groupes privés.
Le dossier définitif devra être remis le 17 janvier 2001 et devra impérativement comporter un certain nombre d'engagements et de garanties des collectivités publiques afin que le C.I.O. ait la pleine assurance de la faisabilité de notre projet.
A cet égard, il revient à la Ville, à l'Etat et à la Région de prendre les engagements nécessaires pour la mise à disposition des sites pour la réalisation des équipements manquants et des aménagements nécessaires pour le financement du budget.
Les dépenses totales liées à l'organisation des Jeux de 2008 sont évaluées à environ 21 milliards de francs.
Ce budget est inférieur au budget mis en oeuvre pour les Jeux olympiques de Sydney, et qui apparaît probablement comme le plus bas des villes candidates pour 2008. Cela constitue un atout majeur pour la candidature de Paris d'autant que la plupart des équipements sportifs et des aménagements (dessertes aéroportuaire, ferroviaire, autoroutière et routière) existent déjà. L'Etat a accepté d'assumer seul les garanties des budgets des Jeux para-olympiques et le déficit éventuel des Jeux olympiques.
Quant à la Ville, elle prendrait un engagement de bonne fin sur la réalisation des équipements sportifs situés sur son territoire et sur la réalisation de l'aménagement du boulevard MacDonald, c'est un projet urbain majeur, et des bretelles d'accès à la porte de la Villette.
Vous le voyez, mes chers collègues, Paris dispose d'un dossier de candidature d'une remarquable qualité et l'on ne peut que se réjouir du parfait accord qui a présidé à sa réalisation, accord entre la Ville de Paris, la Région Ile-de-France et l'Etat.
Paris, le Maire en est convaincu, nous en sommes tous convaincus, mes chers collègues, Paris a plus que jamais vocation à accueillir les Jeux olympiques de 2008. La solide préparation de notre budget définitif de candidature constitue un atout déterminant. Mes chers collègues, c'est une candidature qui représente un très grand espoir pour Paris, sa région et pour la France entière. Elle requiert plus que jamais, alors que nous avançons vers l'étape ultime, l'adhésion et le soutien de tous, et le Maire sait que vous avez tous à coeur de la défendre et de la promouvoir.
M. Jean-Antoine GIANSILY, adjoint, président. - La parole est à M. BRAVO.
M. Jacques BRAVO. - Merci, Monsieur le Maire.
Si je commence en disant que j'ai tout lieu de me féliciter de la qualité des travaux que nous avons conduits avec les services concernés, ce sera la deuxième fois de la journée, et cela va devenir suspect !
Nous avons pu travailler sur le fond et la forme dans des conditions très convenables. Le premier point que je veux signaler avec force c'est que nous voulons, nous élus socialistes et apparentés, la pleine réussite de ces Jeux olympiques de Paris en 2008.
Ce sera et c'est déjà une chance pour Paris. M. LEGARET vient de le rappeler, à la fois pour le nord-est de Paris et l'inter-communalité de la Région, ce sont diverses opérations structurantes en transports, grands équipements, très grandes salles qui sont visées. Je tiens à souligner que compte tenu des terrains actuellement disponibles, nous sommes convaincus que c'est une opportunité qui risque de ne pas se représenter, et de ne plus exister plus tard car les terrains visés, au-delà des portes de la Villette et d'Aubervilliers, ne resteront pas toujours disponibles.
L'occasion qui se présente en ces lieux précis ne se présentera peut-être pas plus tard.
Evidemment, nous nous félicitons tous de l'acceptation par l'Etat de la couverture des risques de déficit, qui est une donnée majeure de ce dossier.
Nous avons satisfaction sur l'amélioration par rapport au premier projet sur deux points de la délibération. Je tiens à le mentionner pour nos collègues. En page 7, le premier alinéa précise que les partenaires de la Ville devront pouvoir apporter une contribution la plus significative possible s'agissant d'équipements qui, eu égard à leur importance et à leur rôle, auront un intérêt qui dépasse très largement Paris.
Il s'agit, au cas particulier, de défendre au mieux les intérêts des Parisiens et de notre collectivité, par des chefs de financement convenables.
Le deuxième point qui apparaît dans l'article 4 de la délibération, vise l'énumération des équipements qui, à hauteur de 1.002,9 millions de francs, développent les localisations des équipements et les sports concernés. C'est ce que nous voulions.
Je tiens à marquer notre confiance au G.I.P. actuel et, par la suite, au Comité d'organisation à venir pour tout ce qui concerne le contrôle et le suivi de chaque opération, la maîtrise du coût des devis, et, vous n'en serez pas surpris, la transparence nécessaire et la régularité des procédures de mise en concurrence.
Enfin et je me retourne vers le Président de notre Commission des Finances, Monsieur LEGARET, j'avais compris en le citant à la Commission des Finances de jeudi dernier que le Maire de Paris reprendrait, mais peut-être suis-je allé trop vite, le voeu qui a été accepté par l'exécutif régional à l'initiative des élus Verts la semaine dernière, pour veiller à la qualité du contexte environnemental de ces Jeux. En effet, ce voeu du Conseil régional, adopté à l'unanimité, vise la politique de développement durable à l'occasion de rassemblements accessibles au plus grand nombre. Il s'agit de veiller à la qualité environnementale, de faire en sorte que le cahier des charges intègre tous les points de vue nécessaires tant pour les concepteurs que pour le choix des entreprises, de veiller à la qualité de l'air, à la sécurité alimentaire, à l'éthique écologique.
Il me semblait, c'est le voeu que je me permets de faire ici même s'il n'est pas rédigé en la forme, que notre Assemblée pourrait reprendre ce dispositif presque dans les mêmes termes que ce qui a été fait au niveau régional, cela me conviendrait tout à fait.
Voici ce que je tenais à dire sur un dossier qui, en l'état, nous donne satisfaction et que nous approuvons.
Merci.
M. Jean-Antoine GIANSILY, adjoint, président. - La parole est maintenant à M. LAMBERT pour le groupe R.P.P.
M. Claude LAMBERT. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, lorsque notre Assemblée avait examiné le 26 avril 2000 le principe de la candidature de Paris pour les Jeux olympiques de 2008, j'avais dit mon optimisme face à cette candidature et relevé ses points forts. Et je ne suis pas déçu.
La candidature de la Capitale s'appuie sur l'existence d'équipements et d'infrastructures de qualité. D'autre part, la possibilité pour Paris d'organiser les Jeux est indéniablement un facteur de dynamisation exceptionnelle non seulement pour le sport et les équipements sportifs, mais aussi pour la restructuration urbaine du Nord et du Nord-est de Paris, dans les arrondissements des 18e, 19e et 20e arrondissements qui en ont tant besoin.
J'avais souhaité, le 26 avril dernier, que des équipements sportifs majeurs, tels que la piscine olympique et la très grande salle omnisports qui font actuellement défaut à Paris et qui trouveront leur pleine justification au-delà des Jeux soient situés dans Paris. J'avais émis le même souhait pour le Centre international des médias.
Je me félicite donc que, dans le dossier final, tel qu'il sera prochainement transmis au Comité international olympique, ces différents équipements soient bien situés dans Paris.
Je suis certain d'ailleurs que les futurs utilisateurs, qu'ils soient sportifs ou journalistes, mais aussi les Fédérations internationales et le Comité international olympique, adhéreront à ce positionnement géographique et que celui-ci constituera un atout supplémentaire pour obtenir les Jeux olympiques de 2008 face à des rivaux comme Pékin.
Le dossier, qui avait été transmis avant l'été au Comité international olympique et qui a permis à Paris d'être sélectionnée avec 4 autres villes parmi les 10 candidates, était un dossier de grande qualité, les appréciations techniques portées par le C.I.O. l'ont d'ailleurs démontré et confirmé.
Bravo donc à ceux et celles qui ont ?uvré dans ce sens. Je veux citer en particulier l'équipe de la mission "Paris 2008" dont le travail a été efficace, sinon remarquable.
Nul doute que les éléments complémentaires et les quelques modifications qui ont été apportés entre le pré-dossier transmis avant l'été et le dossier final qui va être transmis au C.I.O. confèrent une qualité encore supérieure à ce document avec tous les partenaires, "Paris 2008" a donc pu bâtir un dossier exemplaire.
Les échos que l'on peut avoir au-delà même de l'hexagone montrent non seulement que la candidature de Paris est appréciée, mais qu'elle suscite l'inquiétude de nos principaux concurrents pour 2008. C'est bon signe.
C'est donc un projet cohérent, compact, réaliste, qui va être transmis au C.I.O. Ce projet nous met à l'abri aussi bien des incertitudes sur la capacité à réaliser les équipements en temps et en heure que des dérives financières ou d'engagements excessifs, voire pharaoniques.
Je tiens ici à manifester mon soutien total à cette candidature et à souhaiter bonne chance à Paris dans la perspective du jour où le C.I.O. désignera la ville lauréate, c'est-à-dire le 13 juillet 2001.
Je souhaite aussi, comme le groupe R.P.P., que par delà l'accord manifesté entre les différentes institutions publiques qui ont participé à cette candidature et le soutien des partenaires privés, l'ensemble du monde sportif et des fédérations jusqu'aux plus petits clubs et jusqu'à chaque pratiquant adhèrent avec enthousiasme à cette candidature.
Ils la soutiendront de toutes leurs forces pour montrer que c'est toute la communauté nationale qui espère son succès. Paris vraiment mérite les Jeux olympiques de 2008.
Merci, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. Jean-Antoine GIANSILY, adjoint, président. - Merci, Monsieur LAMBERT.
La parole est à M. FERRAND.
M. Eric FERRAND. - C'est avec une vive satisfaction que nous avons appris la présélection de la candidature de Paris par le Comité international olympique, pour l'organisation des Jeux d'été de 2008.
Disons-le tout de suite : le dossier qui nous est présenté aujourd'hui est sérieux. Il est l'aboutissement de travaux conjoints de l'Etat, de la Région, de la Ville de Paris et d'autres municipalités de la Région, dont nous aimerions qu'ils servent de modèles pour d'autres dossiers d'aménagement, tant il est évident que Paris est indissociable de ces partenaires.
Le groupe du Mouvement des citoyens votera donc pour ce projet. Un projet sérieux, avons-nous dit, mais pas un projet parfait.
Au titre des satisfactions, nous sommes heureux de constater que des équipements dont l'agglomération parisienne a grand besoin pourront enfin être réalisés : la patinoire et la piscine olympique, une grande salle de sports. L'idée du boulevard des Sports situé dans le 19e arrondissement, si les choix architecturaux sont réussis, permettra de donner à ce quartier des atouts nouveaux.
Nous sommes un peu déçus, pour l'implantation du Village olympique, du choix de Saint-Denis par rapport aux Batignolles : il y avait là une opportunité d'aménager de façon créative l'un des derniers grands espaces disponibles dans Paris intra-muros.
Cela dit, nous avons été de constants défenseurs du rééquilibrage à l'Est et au Nord de notre agglomération : nous comprenons donc très bien et nous nous réjouissons que le choix qui nous est proposé y participe.
Concernant toujours le Village olympique, nous regrettons que les perspectives d'utilisation de ses installations après les Jeux ne soient pas suffisamment clairement définies. Pour notre part, nous souhaiterions, par exemple, qu'une partie du Village olympique puisse accueillir une cité universitaire, dont l'agglomération a besoin.
Nous sommes en revanche surpris que le projet d'aménagement ne tienne pas compte du projet de tramway sur les boulevards des Maréchaux. Cette idée, vous le savez, nous tient à c?ur, et nombre d'entre vous, sur les bancs de presque tous les groupes politiques, s'y sont ralliés.
Les Jeux olympiques constituent une opportunité idéale pour implanter un tronçon nord de ce tramway : il favoriserait grandement les déplacements pendant les Jeux, dont on sait qu'ils sont toujours épineux, et il serait ensuite d'une grande utilité et d'une grande commodité pour les Parisiens, ceci pour un coût qui, sans être négligeable, n'est pas exorbitant. Nous souhaiterions donc que le tronçon de tramway soit intégré dans le projet : techniquement, rien ne s'y oppose.
Voilà, Monsieur le Maire, chers collègues, quelles sont nos principales observations. Nous espérons évidemment qu'elles pourront être prises en compte. Elles sont de nature, j'en suis persuadé, à renforcer encore la candidature parisienne dont nous espérons tous, je pense, qu'elle soit bientôt couronnée de succès.
Je vous remercie.
M. Jean-Antoine GIANSILY, adjoint, président. - Merci, Monsieur FERRAND.
La parole est maintenant à M. OGÉ.
M. Yves OGÉ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, 9 mois se sont écoulés depuis notre précédente intervention sur la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2008. Ce temps de gestation nous a été profitable puisque Paris a été retenue par le Comité olympique international comme ville candidate, avec 4 autres métropoles et nous ne pouvons que nous en féliciter et féliciter l'équipe de "Paris 2008" qui a bien travaillé.
En 9 mois, le projet a été bien avancé, subissant de nombreuses modifications dont certaines sont allées, ce qui est très rare, dans le sens de nos demandes.
Nous souhaitions que les engagements financiers de la Ville soient, si possible, plus limités et surtout plus précisés - ils le sont - si l'on considère que ceux-ci sont de l'ordre de 1 milliard 500 millions. Nous ne pouvons cependant que regretter que la clé de répartition de cette somme entre l'Etat, la Région et la Ville ne soit pas encore déterminée à ce jour.
Nous sommes satisfaits que, de façon générale, le budget total de ces Jeux soit inférieur aux derniers Jeux de Sydney et probablement à ceux des autres villes candidates. C'est important dans le cadre de l'Etat et de la Région, c'est important aussi pour le contribuable français.
Concernant la construction ou les aménagements des infrastructures, nous regrettons, vous le savez, que le Village olympique ne puisse être réalisé intra-muros - sur le site des Batignolles, qui semblait en effet le seul site possible dans Paris, mais c'était probablement sans compter sur le caractère thésaurisateur de la S.N.C.F. ou de l'Etat rendant probablement impossible, pour l'échéance de 2008, un aménagement de cette importance.
A contrario, il est évident que cette infrastructure importante n'étant pas à Paris, elle ne vient pas alourdir l'engagement de la Ville sur le plan financier.
Nous nous félicitons, par contre, de l'implantation à Paris de 3 grandes infrastructures que sont le stade nautique olympique, le centre des médias et la grande salle omnisports.
Il manque un équipement nautique à notre Capitale, c'est incontestable, et il faudrait un projet qui soit susceptible de répondre à cette attente en présentant des modules permettant de s'adapter à de nombreuses possibilités d'évolution post-Jeux olympiques.
Le centre des médias peut, si sa conception est bien étendue, répondre par la suite à l'une des préoccupations essentielles de notre Conseil concernant le logement des étudiants à Paris.
Au sujet de la grande salle omnisports, nous nous bornerons à émettre le voeu, si elle est construite, qu'elle soit par la suite bien gérée, qu'elle soit utilisée au maximum, sans prendre exemple sur la mauvaise utilisation actuelle du stade Charléty.
Il est évident que pour un certain nombre de quartiers de Paris, les retombées sociales seront importantes. Elles impliqueront de nombreuses mises en chantier perturbant la vie des Parisiennes et des Parisiens avec, en contrepartie, une augmentation significative des structures sportives pour les habitants mais aussi une amélioration des réseaux de transport dans le Nord-est parisien.
Enfin, nous souhaitons aussi, dans l'élaboration de l'organisation de ces Jeux olympiques, porter une attention toute particulière aux Jeux paralympiques.
La délibération, objet de notre intervention, comporte peu de renseignements sur ces grandes manifestations sportives et l'importance que nous souhaitons leur donner. La Capitale des Droits de l'Homme se doit d'être, dès maintenant, exemplaire dans les éléments de préparation concernant les athlètes handicapés.
Globalement, le Schéma directeur de l'ensemble de ce projet nous semble cohérent et nous espérons que les membres du Comité olympique retiendront Paris pour 2008.
Par contre, si le 13 juillet 2001, nous pouvons fêter notre désignation comme ville olympique, les élus de Paris devront être impliqués beaucoup plus qu'actuellement dans les grandes options à déterminer.
Pour conclure, si nous adhérons à l'ensemble de ce projet, nous sommes attentifs aux négociations sur la clef de répartition des charges financières entre l'Etat, la Région et la Ville, attentifs aussi au respect des estimations budgétaires et aux implications financières dans le fonctionnement des installations.
Avant tout, nous souhaitons la mise en place de moyens relationnels permettant de faire aussi adhérer à ce projet l'ensemble des Parisiens et des Parisiennes, qui seront tous concernés au premier chef par cette formidable manifestation mondiale.
Sous réserve de la prise en compte de nos souhaits, les membres du groupe "U.D.F. et Modérés" voteront ce projet.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "U.D.F. et Modérés").
M. Jean-Antoine GIANSILY, adjoint, président. - Merci, Monsieur OGÉ.
La parole est à M. MALBERG.
M. Henri MALBERG. - Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, si je devais résumer d'un mot le point de vue des élus communistes, c'est le mot "passionnément" que je prendrais.
Nous voulons passionnément les Jeux olympiques à Paris. Nous les voulons depuis 20 ans. C'est en 1980 que dans cette salle du Conseil de Paris, un élu communiste a proposé que Paris relève le défi d'organiser les Jeux olympiques. Cela semblait alors bien aléatoire. Pourtant nous y sommes presque.
Nous savons que d'autres villes du monde ont cet espoir, surtout Pékin. Mais cette fois, nous voudrions vraiment que Paris réussisse. Et cela d'autant plus, comme cela a été dit, que c'est peut-être la dernière occasion pour Paris et le coeur de l'agglomération d'Ile-de-France d'organiser de tels Jeux. Il y a encore de la place. C'est un grand atout. Il ne durerait pas forcément très longtemps sans la perspective des Jeux olympiques.
Nous sommes conscients que les Jeux olympiques sont une grande affaire politique, au vrai sens du terme. D'abord parce que les Jeux olympiques sont porteurs de valeurs : l'amitié entre les peuples, la connaissance et donc le respect de l'autre, dans sa vérité et sa diversité.
Les Jeux olympiques, c'est la fête, l'espoir. C'est le contraire du racisme, de la xénophobie, du regard hostile sur l'autre, sur l'étranger.
Au-delà de l'argent, du mercantilisme, de tout ce que le sport, à notre époque, traîne de malsain et qui est d'ailleurs sérieusement contesté, en partie grâce à la merveilleuse Ministre des Sports actuelle, que tout le monde respecte, au-delà de cela, les Jeux olympiques, c'est la plus grande fête populaire du monde.
Ce genre d'événement structure profondément la conscience des peuples et de la jeunesse, dans le bon sens.
Pour Paris, les Jeux olympiques constitueraient un étonnant cycle sportif. La Coupe du monde en 1998, Paris et les Champs-Elysées pleins de jeunes, les visages des joueurs projetés sur l'Arc-de-Triomphe. Demain les championnats d'athlétisme en 2003. La France sait faire.
Autre enjeu, et non des moindres, c'est ce que représente un tel événement pour le développement urbain. Tout le Nord de la Capitale et les grandes villes qui jouxtent, Saint-Denis, Aubervilliers, vont beaucoup changer. Il faut que ce soit en mieux. Tous ceux qui ont eu l'occasion de prendre, ne serait-ce qu'un peu, connaissance, ce qui est mon cas, des travaux des 12 grands architectes qui travaillent sur "le bébé", savent comment Paris et banlieue vont être joints par un grand passage au Nord de la Capitale et combien la relation Paris-banlieue peut être régénérée. C'est la coopération, la complémentarité de projets communs, au lieu de l'enfermement peureux de Paris sur lui-même.
Il faut imaginer un grand axe Stade de France - Village olympique (à la Plaine-Saint-Denis), la couverture du périphérique sur 600 mètres de large, une nouvelle ligne de tramway Paris-Epinay par le Stade de France, un véritable boulevard olympique qui s'étend sur le boulevard extérieur Macdonald, de la porte d'Aubervilliers à la porte de la Villette.
J'approuve d'ailleurs ce que M. FERRAND a dit : nous pensons aussi que la construction d'un tramway au Nord, en liaison avec le boulevard des Sports, serait une perspective à ne pas repousser.
Si tout cela est intelligemment fait, et pourquoi pas, cela veut dire que le Nord de Paris et toute l'agglomération parisienne s'interpénètreront. Il faut imaginer ce que cela représente comme changement dans la mentalité des Parisiens vers la banlieue et des Parisiens de la périphérie envers "les Parisiens de l'intérieur" que nous sommes.
Puis, chose admirable quand on y pense, plus de la moitié des compétitions auront lieu dans le coeur historique lui-même puisque les Jeux olympiques, ce sera le Village olympique et le stade à Saint-Denis, et un vélodrome à Aubervilliers, mais ce sera aussi Longchamp, Auteuil, Roland-Garros, le Parc-des-Princes, Paris-Bercy, Charléty, Pierre-de-Coubertin, Jean-Bouin, le Grand-Palais, "Paris-Expos", les Invalides, le Champ de Mars...
Il faut imaginer le Marathon parti du Stade de France, à Saint-Denis, traversant Paris, descendant la Seine, remontant par les lieux magnifiques que l'histoire a légués, devant un million de personnes sur le parcours.
Imaginons le boulevard Macdonald devenu boulevard des Sports avec un centre des médias dans la plus grande bâtisse de Paris, les 600 mètres de l'entrepôt "Calberson", une piscine olympique et une salle omnisports de 25.000 places.
Côté finances, comme chacun sait ici, il y a eu un débat serré et sérieux entre l'Etat, la Région et la Ville. Un protocole existe sur le coût de l'ensemble, aux environs de 22 milliards, auxquels s'ajoutent les 5 milliards d'engagement du plan Etat/Région. L'Etat a pris des engagements extrêmement importants et un Conseil interministériel a défini le rôle de l'Etat, sa contribution et ses garanties. Le Conseil régional a fait de même il y a quelques jours et a voté à l'unanimité ce projet sauf l'extrême droite, ce qui n'étonnera personne...
C'est maintenant à nous de nous prononcer ; naturellement, nous voterons pour. Nous voterons conscients que nous n'en sommes qu'au début de l'aventure, et je cite des questions qui vont se poser.
D'abord, quand, en mars, une délégation du Comité olympique viendra à Paris faire le point, l'accueil qu'elle recevra, l'ambiance qu'elle verra dans la Ville et donc notre attitude d'élus peuvent être essentiels pour le choix définitif qui aura lieu le 13 juillet. Nous nous engageons pour notre part, élus communistes, à faire ce qui est possible pour que l'espoir enthousiaste d'avoir les Jeux chez nous soit porté, visible et fort. Et puis il y a un énorme enjeu financier. Nous savons l'importance d'avoir des sponsors prestigieux, comme c'est le cas. Nous ne perdons pas pour autant de vue que ce sont les collectivités publiques qui portent l'essentiel des responsabilités des dépenses. Nous agirons autant qu'il est possible pour que les Jeux de Paris ne soient pas, comme ce fut le cas à Atlanta "les jeux de l'insolence, du fric et du mercantilisme".
Il y a l'après Jeux ; qu'est-ce qui restera pour les habitants, la jeunesse ? A quoi seront destinés tels équipements ou tels locaux ? Que deviendra le Village olympique ? Et les 3.000 chambres construites spécialement pour les journalistes à Paris même ? Et la piscine olympique et cette salle de la Villette destinée à être au Nord-est ce qu'est Paris-Bercy ? Beaucoup de choses sont à maîtriser. Avoir les J.O. à Paris, c'est un merveilleux cadeaux que le peuple de France et les habitants de la Région veulent offrir au reste du monde et à eux-mêmes.
A chacun de prendre sa place dans cette aventure merveilleuse. Je n'ai garde d'oublier qu'à Sydney, une grande part de la réussite des Jeux a été les 50.000 jeunes bénévoles qui ont fait "le pont" entre le peuple, les invités, les sportifs. Rien que cela suffirait à vouloir les J.O. Et je pense ici à la jeunesse et aux sportifs. Les chances de Paris sont réelles, notre candidature est sérieuse, la compacité des lieux est forte, puisqu'on ira à pieds - ce qui n'est jamais arrivé - du Village olympique au Stade de France. Nous avons l'expérience de grandes rencontres. Et beaucoup d'équipements de grande valeur sont déjà là.
Je termine par un point capital. Si on ne veut pas qu'après 2008, certains équipements se retrouvent isolés dans un environnement plat et désertifié, la préservation de l'habitat et sa rénovation sont essentielles dans le cadre de ce grand chantier olympique. Il faut une profonde rénovation de toute la zone nord de Paris comme des villes qui accueillent les Jeux avec maintien de la population. Il faut que le peuple soit gagnant et que la Capitale soit meilleure pour tous et non pas un peu plus une ville de la sélection sociale. Ce sera aussi notre combat.
Permettez-moi de finir, Monsieur LEGARET, en m'excusant et en vous disant quelque chose. Il est très rare que je ne sois pas là lorsque vous répondez aux questions sur le budget. Je m'en excuse. Dès cette réponse tout à l'heure, vous avez dit que j'étais misérabiliste. Eh bien, parlant des J.O., je vous ai trouvé plat !
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Jean-Antoine GIANSILY, adjoint, président. - Merci.
La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, le 26 avril dernier, je vous avais fait part au nom du Mouvement écologiste indépendant de mon scepticisme quant à la pertinence de la candidature de Paris pour l'organisation des Jeux olympiques en 2008.
Je regrettais de voir des millions de francs dépensés par l'Etat, la Région et la Ville pour une candidature virtuelle alors que certains quartiers de Paris manquent d'équipements sportifs de proximité. Comme dans le 15e arrondissement, où le stade Fédération Grenelle est victime en partie de la spéculation immobilière, avec la bénédiction de Mme Marie-Georges BUFFET ; oui, Monsieur MALBERG ! Mme BUFFET est admirable sauf pour ce stade !
Je m'inquiétais de la proposition d'installation du Village olympique aux Batignolles, dans le 17e, le choix de ce site, éloigné du Stade de France, aurait aggravé notamment les problèmes de transports et d'embouteillage.
Aujourd'hui, je suis soulagée de voir que le site de la Plaine-Saint-Denis lui a été préféré. Ce village de 53 hectares serait installé entre le Stade de France et la porte d'Aubervilliers, où le centre des médias, la grande salle et le stade nautique seraient regroupés, ce qui permettrait de limiter les déplacements. Il devra être un exemple d'urbanisme de dimension humaine, respectueux de l'environnement.
La proposition du Maire de Saint-Denis d'inscrire le projet de construction du Village olympique dans la perspective de sa conversion en logements et en résidence étudiante, pourrait donner un nouvel avenir à cette friche industrielle et urbaine en déshérence.
Au cas où la candidature de Paris serait retenue, il faudra éviter les gaspillages. Deux orientations fortes, me semble-t-il, devraient être prises dans l'élaboration du projet : d'une part, éviter les installations provisoires en utilisant au mieux les équipements existants et en créant des équipements nouveaux pérennes. D'autre part, privilégier dans les constructions les meilleures normes environnementales, notamment en matière énergétique.
Néanmoins, je voterai pour le v?u présenté par le groupe socialiste, puisque 11 des 21 sites olympiques proposés pour la candidature au J.O. de 2008 sont situés à proximité de la ceinture des Maréchaux. Il serait souhaitable que la Ville de Paris puisse s'engager à réaliser un grand projet urbain pour l'aménagement et la requalification urbaine de la Ceinture formée par les boulevards des Maréchaux qui profiterait aussi aux Parisiens habitant dans ces quartiers.
Voilà un dossier sur lequel la Ville a progressé, mais qui me paraît encore trop vague sur le plan des aménagements et sur le plan financier.
En conséquence, je m'abstiendrai sur ce projet.
M. Jean-Antoine GIANSILY, adjoint, président. - Merci.
La parole est à Jean-François LEGARET pour répondre aux orateurs.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, rapporteur. - Monsieur le Maire, je voudrais répondre à l'ensemble des intervenants qui ont pour l'essentiel rendu hommage à la qualité de ce projet. Je les remercie donc de leur intervention et de leur soutien. Le soutien étant plus nuancé s'agissant de Mme SCHNEITER, mais s'agissant de M. BRAVO, de M. LAMBERT, de M. FERRAND, OGÉ et de M. MALBERG, à égalité, je salue la qualité de leur intervention, et je voudrais dire qu'on mesure bien qu'il s'agit d'un projet très important, d'un projet qui doit mobiliser les Parisiens, que c'est un projet sur lequel la Ville de Paris s'engage pour être gagnante, qu'elle a des atouts majeurs pour le faire, qu'elle a un dossier de grande qualité, un dossier qui pour l'instant, au stade où il a été présenté, a recueilli un écho très favorable, et je crois que dans la compétition qui est une compétition teintée d'âpreté, avec les grandes villes que j'ai citées tout à l'heure, le dossier de la Ville de Paris fait figure d'excellent dossier.
Par ailleurs, je suis heureux, comme d'autres l'ont dit, de voir que sur un sujet de cette nature, il y a une très grande conjonction d'efforts, une très grande complémentarité d'action, entre l'Etat, la Ville et la Région d'Ile-de-France. C'est un sujet qui, comme d'autres, ne se prête pas aux polémiques de bas étage et je pense qu'il est très heureux qu'il en soit ainsi.
Je voulais, par ailleurs, en notre nom à tous, au nom du Conseil de Paris, au nom du Maire, féliciter M. Noël de SAINT-PULGENT, délégué général, qui assiste à cette séance et qui est le principal responsable de la qualité de ce dossier et qui porte avec beaucoup d'énergie, de talent, de conviction ce dossier auprès de nos différents interlocuteurs à Paris, en France et dans le monde entier.
Je voulais répondre à quelques remarques.
Tout d'abord, M. BRAVO qui a évoqué un amendement de l'exécutif régional qui a été adopté à la séance du Conseil régional de la semaine dernière, jeudi matin. Je constate que cet amendement n'a pas été, dans la forme, déposé en Commission ; donc je ne proposerai pas, Monsieur le Maire, qu'il y ait un vote sur un amendement qui d'abord n'a pas été décliné pour la Ville de Paris et qui n'a pas suivi la procédure de recevabilité habituelle des amendements. Ceci étant dit, je tiens à faire connaître que je suis totalement réceptif aux arguments et aux mentions qui figurent dans cet amendement.
Je crois donc qu'il peut être recommandé en notre nom à tous de tenir compte des éléments de cet amendement et je m'adresse tout spécialement au délégué général en lui disant que notre Assemblée partage les mêmes préoccupations que le Conseil régional et que même si, formellement, nous n'avons pas adopté aujourd'hui un texte en ce sens, nous lui demandons de bien vouloir tenir compte, au nom de la Ville de Paris et du Conseil de Paris, de ces éléments tout comme le Conseil régional l'a prié d'en tenir compte.
Je voudrais dire à M. FERRAND qui a parlé de l'accueil d'une cité universitaire dans le village olympique, que M. LANG vient de confirmer par écrit qu'il était d'accord avec cette orientation ultérieure des équipements et je puis donc lui dire que c'est là aussi une préoccupation partagée.
Sur les questions posées par M. MALBERG, sur le tramway, je voudrais lui dire qu'il est prévu une station Evangile sur la ligne EOLE et qui sera reliée par un tramway jusqu'au coeur de Saint-Denis via la porte d'Aubervilliers ; l'Etat et le Conseil régional s'engagent sur cet aménagement dans le cadre du dossier Jeux olympiques.
Enfin, je réponds très brièvement, je ne reviens pas sur les autres infrastructures, notamment tramway, sur le boulevard des Maréchaux et la Petite Couronne.
Enfin, je répondrai à Mme SCHNEITER que pour le stade Fédération Grenelle, la Ville a saisi l'Etat d'un projet d'aménagement sportif et que sur ce point, la Ville n'a pas reçu, à ce jour en tout cas, de réponse précise mais la Ville réaffirme sa volonté que ce terrain concerne une fonction sportive, la balle étant pour l'instant dans le camp de l'Etat. Je sais que le Maire sera tenace sur ce point et que bien entendu, des réponses seront parvenues sur la part de l'Etat. Ces réponses seront portées devant notre Assemblée.
Voilà, Monsieur le Maire, mes chers collègues, ce que je souhaitais répondre à la suite des interventions, en remerciant l'ensemble des orateurs.
M. Jean-Antoine GIANSILY, adjoint, président. - Nous allons donc passer au vote, à main levée, sur le projet de délibération JS 571 relatif à la candidature de Paris pour l'organisation des Jeux olympiques de 2008.
Qui est pour?
Contre ?
Qui s'abstient?
Le projet de délibération est adopté. (2000, JS 571).