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Mai 1998
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19- 1998, CABRI 10 - Subvention exceptionnelle à l'Agence culturelle de Paris (4e). - Montant : 37.000 F.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1998



M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons au projet de délibération CABRI 10 accordant une subvention exceptionnelle à l'Agence culturelle de Paris.
Monsieur LE GARREC, vous avez la parole.
M. Alain LE GARREC. - Cette délibération, Monsieur le Maire, est pendante depuis deux mois, tout d'abord pour un complément d'information et ensuite pour un manque de temps.
Je sais que c'est la dernière délibération mais si je pouvais avoir quelques instants de silence tout le monde pourrait rentrer plus rapidement chez soi.
Merci.
Nous avons reçu depuis...
M. LE MAIRE DE PARIS. - On n'est pas obligé de rentrer chez soi ! Il est un peu tôt quand même...
M. Alain LE GARREC. - Pour travailler, bien sûr !
Nous avons reçu quelques documents et j'en remercie M. ROUSSIN. Cependant, ces documents sont autant d'interrogations supplémentaires.
Au départ, notre interrogation était de savoir ce qu'était l'Agence culturelle de Paris, qui touche plus de 5 millions de francs de subvention, subvention que l'on ne retrouve pas dans les lignes budgétaires, sur un budget de 13 millions de francs.
Or, nous apprenons que l'Agence culturelle de Paris n'existe plus depuis le 25 novembre 1997 et est remplacée par " Paris bibliothèques ".
Première question : comment peut-on nous présenter une délibération qui accorde une subvention au nom d'une association qui n'existe plus ?
Dans les documents qui nous ont été donnés figure un devis qui est adressé au Ministère de la Culture. Ce devis date du 4 mars 1998. Je rappelle que l'Agence culturelle n'existe plus depuis novembre 1997.
Parlons de la brochure qui a été imprimée à 50.000 exemplaires, qui apparemment s'inscrivait dans le cadre de la Semaine mondiale de la Francophonie.
Je vais citer quelques éléments, très courts, de cette revue qui s'appelle " Un parcours de la langue française ".
Je lis : " Place Saint-Michel marque le début du quartier étudiant toujours animé par une foule cosmopolite parlant latin hier, et aujourd'hui français avec toutes sortes d'accents ". Passionnant !
" Rue de l'Ecole polytechnique abrita de 1805 à 1977 la prestigieuse école. Dans leur argot, les polytechniciens se désignent entre eux par le symbole X emprunté à l'algèbre ". Passionnant !
Nous sommes tous pour la francophonie et la défense de la langue française, mais je crois que cette délibération et son objet ne correspondent nullement à l'idée que nous en avons.
La francophonie, Monsieur le Maire, ne devrait pas être le recours facile quand il manque quelques dizaines de francs ici et là à une association.
Nous ne participerons pas au vote et je vous en remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur REVEAU, vous avez la parole.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Monsieur le Maire, vous nous demandez d'approuver l'attribution d'une subvention exceptionnelle de 37.000 F à l'ancienne Agence culturelle de Paris pour la réalisation d'une brochure qui présente un intérêt certain.
Cependant, pourquoi cette subvention exceptionnelle alors que la Ville de Paris participe déjà pour un montant de 4.740.000 F aux activités de l'Agence ?
Les frais occasionnés par la publication de cette brochure ne peuvent-ils pas être prélevés sur ce budget sans que le contribuable parisien soit encore obligé de mettre la main à la poche ?
Enfin, quel est le nombre de permanents employés par cette nouvelle structure ?
Je vous remercie, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à M. ROUSSIN.
M. Michel ROUSSIN, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire, merci, chers collègues.
C'est important pour moi puisque, deux fois par an, je peux prendre la parole.
La première, se situe aux environs du 20 mars qui est la date de la Journée mondiale de la Francophonie, et la seconde à l'occasion de l'attribution de subventions.
Donc, si vous faites l'addition des montants, il n'y a rien là qui puisse vraiment vous inquiéter.
Je rappellerai au premier orateur, ou plutôt je lui répondrai par ce qui illustre, dans " le parcours de la langue française ", la rue de la Sorbonne. On y évoque là les événements de mai 68 avec ces mots : " cours, camarade, le vieux monde est derrière toi ".
Je pense qu'on peut tout trouver dans ce petit fascicule, mais je tiens à votre disposition les lettres de remerciements de plus de 23 conseillers de cette Assemblée qui ont trouvé cela sympathique et intéressant.
Il est donc toujours facile de faire de l'humour et de dire qu'on adore la francophonie.
Quant aux observations qui concernent l'Agence culturelle de Paris, il est vrai qu'elle vient de changer de nom, pour être rebaptisée " Paris bibliothèques ". Mais ma demande de subvention exceptionnelle, modique et ponctuelle, est destinée à un organisme placé sous la tutelle de la Direction des Affaires culturelles, dont la gestion n'a jamais entraîné le moindre commentaire ou la moindre critique. Donc, je considère important de pouvoir accorder cette subvention.
Ensuite, il faut savoir que cette petite brochure connaît un véritable succès dans les mairies d'arrondissement et les bibliothèques municipales. Allez-y, interrogez les personnels qui sont chargés de diffuser ce document, et vous verrez qu'en dépit des anecdotes que vous avez soulignées dans un sourire, il intéresse les Parisiens.
Je pense donc que nous avons tout intérêt à encourager ce genre d'action car, avec un investissement modeste, nous avons la possibilité de passer des messages culturels et historiques à nos concitoyens et à leurs familles.
Pour la seconde critique, je crois avoir répondu à M. REVEAU, faisant d'une pierre deux coups et je ne pense pas que vous refuserez, après ces explications, d'accorder cette subvention.
En tout état de cause, vous savez que l'Adjoint aux Affaires culturelles pourra éventuellement vous répondre sur l'agence, rebaptisée " Paris bibliothèques ". Mais je ne pense pas que cela soit nécessaire, les documents que j'ai envoyés à votre demande permettent maintenant d'éclairer le débat.
Nous avons par deux fois, en commission, différé l'étude de ces deux subventions. Je pense que maintenant, la chose est entendue et je compte sur vous pour voter, et qu'enfin cette subvention soit accordée à " Paris bibliothèques ".
Je vous en remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération CABRI 10.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe des Indépendants ayant voté contre, Mme SCHNEITER et M. REVEAU s'étant abstenus, les groupes socialiste et apparentés, du Mouvement des citoyens, Mmes SCHERER, SILHOUETTE, BILLARD et M. BLET n'ayant pas pris part au vote. (1998, CABRI 10).