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Mai 1998
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10- 1998, PJEV 30 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec le Port autonome de Paris une convention pour l'aménagement du débouché du parc " André-Citroën " sur le port de Javel bas (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1998



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération PJEV 30 autorisant M. le Maire de Paris à signer avec le Port autonome de Paris une convention pour l'aménagement du débouché du parc " André-Citroën " sur le port de Javel bas (15e).
Mme SCHNEITER a la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Avant d'intervenir sur ce projet, je regrette vivement que vous m'ayez empêchée de présenter un voeu urgent qui concerne le théâtre du Jardin, seul théâtre pour enfants pour Paris, alors que le 5 juin 1998, le Tribunal de grande instance de Paris doit décider de son sort. On m'a menée en bateau depuis ce matin à propos de ce voeu, on m'a dit dix choses différentes depuis ce matin.
Prenons l'exemple du P.S.G., s'il se trouvait dans une situation équivalente, vous trouveriez le moyen de faire passer un voeu en urgence pour voler à son secours, quel que soit le règlement.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous allons examiner les voeux une fois que nous aurons terminé les inscriptions sur les mémoires.
Donc, Madame SCHNEITER, vous souhaitez vous exprimer sur les débouchés du parc André-Citroën ?
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire. Voilà exactement 20 ans que la création du parc André-Citroën a été lancée et, depuis tout ce temps, alors que l'essentiel de la Z.A.C. est terminé, nous attendons toujours l'aménagement du débouché du parc sur le port de Javel bas.
Si la célébration de l'an 2000 ne se rapprochait pas, je me demande si cet aménagement de la berge basse de la Seine aurait jamais été réalisé.
La création de ce parc a fait couler beaucoup d'encre. Je ne suis pas la seule à le considérer comme un " bel espace libre planté " plutôt que comme un jardin. " Le premier parc de Paris entouré de tours et non d'arbres ", c'est hélas mon slogan, avis que partagent bien des habitants qui n'avaient pas besoin d'un quartier neuf de plus dans le 15e, mais d'un espace vert aussi vaste que possible, d'un seul tenant, ouvert à la fois sur la Seine et sur le 15e.
N'oubliez pas, par rapport au projet initial, que la surface bâtie sur la Z.A.C. (j'entends des collègues du 15e protester, mais c'est la vérité) a considérablement augmenté : la surface de la Z.A.C., bien sûr, pas celle du jardin, celle de l'hôpital, a doublé.
Nous sommes loin des plans-masses du début où les arbres à hautes tiges foisonnaient de tous côtés. Canalisations et parkings souterrains ont empêché à de nombreux endroits la plantation de vrais arbres en pleine terre.
Voilà sans doute pourquoi les surfaces dallées ou bétonnées du parc sont presque aussi vastes que celles engazonnées ou plantées.
A lire l'interview de Jean-Paul VIGUIER, l'un des architectes du parc André-Citroën, on conclut que l'on a voulu faire non pas un parc en tant que lieu de détente (c'est M. VIGUIER qui parle), mais un équipement ou une construction " qui n'est pas un jardin, mais un équipement prenant sa place dans le puzzle de la Ville dans le dessin duquel la nature vient s'immiscer ". Sic !
C'est effectivement le résultat obtenu.
On pourra toujours discuter, c'est toujours M. VIGUIER qui parle, " le puzzle dans lequel la nature vient s'immiscer ", qui est une question d'appréciation. Dans la pratique, les enfants n'y sont guère chez eux et les autres personnes non plus. Alors que les documents du P.O.S. tiennent compte de la nécessité de ménager des fuseaux de vue sur la plupart des monuments et sites intéressants de Paris, à Citroën, où l'on disposait d'une grande surface d'un seul tenant, tout se passe comme si les maîtres d'ouvrage avaient déployé un maximum de génie pour que cette surface soit découpée en " tranchettes ", de sorte que l'horizon est étriqué presque partout et que le parterre central de ce parc de 13 hectares est plus étriqué que celui d'un grand square parisien de quelques hectares. Je dois dire que c'est une réussite et une prouesse !
Ce parc avec ses allées labyrinthiques, ses croisements d'allées à deux niveaux différents s'effectuant par des passerelles, ses rampes trop raides est impraticable pour des mères de famille avec de jeunes enfants, des personnes âgées ou handicapées, les dissuadant de descendre dans le bas où se trouve la seule grande pelouse où l'on puisse s'allonger ou jouer.
Voilà pourquoi, pour contrebalancer l'effet minéral de cet espace vert très citadin, M. VIGUIER déclare encore que ces espaces verts conçus et signés par de grands architectes et s'intégrant dans de grandes opérations d'urbanisme ne méritent d'ailleurs pas l'appellation de jardins ! Il le faudrait pourtant, voilà pourquoi il est important de réussir esthétiquement l'ouverture du parc sur la Seine. Qu'au moins, cette ouverture du parc sur la Seine soit réussie, c'est ce que je vous demande maintenant.
Je m'inquiète de la façon dont vous avez traité cette vaste esplanade puisque vous parlez de revêtement en pierre et pavés. Vous avez prouvé, même si le coût en est exorbitant, que vous saviez faire pousser du gazon sur dalle comme au jardin Atlantique ou placer des arbres dans des caissons lorsqu'ils ne peuvent être plantés en pleine terre.
Sans apprécier ces techniques, il faudrait poursuivre votre logique du jardin sur dalle jusqu'au bout et après avoir tant dépensé pour ce parc, ne pas lésiner sur des pelouses et des arbres jusqu'en bord de Seine, qui seuls pourront améliorer l'ensemble de façon spectaculaire.
Si je me réjouis de ce futur aménagement, je voudrais savoir comment vous comptez effectuer sur un plan paysager le raccordement de ce parc à la Seine.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Madame de PANAFIEU, vous avez la parole.
Mme Françoise de PANAFIEU, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Je vous prie de bien vouloir m'excuser de mon retard et je prie Mme SCHNEITER de bien vouloir m'excuser aussi.
La question qu'a posée Mme SCHNEITER, dont elle avait déjà eu l'occasion de m'entretenir auparavant, concerne l'aspect qu'elle estime trop minéral de la troisième et dernière tranche de l'aménagement du parc André-Citroën, qui va donc relier cet espace vert à la Seine. C'est une troisième tranche importante puisque ce sera le dernier parc de Paris qui sera de cette manière-là relié naturellement à notre fleuve.
Deux aspects sont à considérer : un côté esthétique, et je ne partage pas forcément le point de vue esthétique de Mme SCHNEITER, et puis il y a l'aspect " usagers ".
Si l'on regard l'esthétisme, j'avoue être plus tentée par un revêtement en jolies pierres et en pavés. Pas n'importe lequel, bien sûr. Il me semble que si nous avions mis là de la pelouse, nous aurions rompu une unité esthétique qui me paraît être très importante à préserver.
Deuxièmement, et surtout, nombreux seront les usagers à se rendre sur cet espace ; ils vont s'en servir, nous le savons déjà, comme d'un lieu de passage. Or, si les pelouses peuvent accepter de recevoir du public qui les traitent comme aires de repos, elles ne sauraient être considérées comme des lieux de passage car elles ne supporteraient pas d'être en permanence foulées. Donc, à créer là une pelouse, nous prenons le risque de voir rapidement l'endroit se dégrader esthétiquement et devenir poussiéreux.
Ce sont toutes ces raisons, à la fois esthétiques et techniques, qui nous conduisent à privilégier un aménagement sous forme de pavés et de revêtements plus durs que la pelouse évoquée par Mme SCHNEITER.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je vous remercie, Madame de PANAFIEU.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération PJEV 30.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, M. REVEAU ayant voté contre et M. LEGARET n'ayant pas pris part au vote. (1998, PJEV 30).